mardi, 07 janvier 2014

Notre belle langue, une langue animale?

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L’actualité de ce début d’année se focalise sur les dérapages verbaux d’un certain Dieudonné à qui l’on prête beaucoup ou pas du tout d’attention (circulaire officielle visant l'interdiction de ses spectacles).  Rien ne sert ici de s’attarder sur ces apories que le langage résorbe difficilement et qui ne font pas rire tout le monde. L’histoire du loup refait surface aussi avec la volonté exprimée du vert Bové de tuer ces animaux dans un pays voisin, soit le nôtre, et dont on ne devine que très difficilement la légitimité. Toute association libre d’idées étant fortuite, ces non-évènements amènent à une petite réflexion  sur un aspect, un peu oublié, de notre belle langue, à savoir les expressions tirées du bestiaire. … Juste pour le plaisir, un texte publié dans le Cahier du Club de la Grammaire (N°154).

« Donner sa langue au chat », « serrées comme des sardines », « rusé comme un renard », les termes empruntés au monde animal ne se retrouvent pas seulement dans les fables de La Fontaine, ils sont partout. La preuve :

Que vous soyez fort comme un bœuf, têtu comme un âme, malin comme un singe ou simplement un chaud lapin, vous êtes tous, un jour ou l’autre, devenu chèvre pour une caille aux yeux de biche.

Vous arrivez à votre premier rendez-vous fier comme un paon, frais comme un gardon.

Pas un chat !

Vous faites le pied de grue vous demandant si cette bécasse vous a réellement posé un lapin. Il y a anguille sous roche et pourtant le bouc émissaire qui vous a obtenu ce rancard, la tête de linotte avec qui vous êtes copain comme cochon, vous l’a certifié : cette poule a du chien, une vraie panthère.

C’est sûr, vous serez un crapaud mort d’amour. Mais tout de même, elle vous traite comme un chien. Vous êtes prêt à gueuler comme un putois quand finalement la fine mouche arrive.

Bon, vous vous dites que dix minutes de retard, il n’y a pas de quoi casser trois pattes à un canard. Sauf que la fameuse souris, malgré son cou de cygne et sa crinière,  de lion, est en fait aussi plate qu’une limande, myope comme une taupe, elle souffle comme une phoque et rit comme une baleine. Une vraie peau de vache, quoi !

Et vous, vous êtes fait comme un rat. Vous roulez des yeux de merlan frit vous êtes rouge comme une écrevisse, mais vous restez muet comme une carpe. Elle essaie bien vous tirer les vers du nez mais vous sautez du coq à l’âne et finissez par noyer le poisson. Vous avez le cafard, l’envie vous prend de pleurer comme un veau (ou de verser des larmes de crocodile, c’est selon). Vous finissez par prendre le taureau par les cornes et vous inventer une fièvre de cheval qui vous permet de filer comme un lièvre.

Ce n’est pas que vous êtes une poule mouillée, vous ne voulez pas être le dindon de la farce. Vous avez beau être doux comme un agneau sous vos airs d’ours mal léché. Il ne faut pas vous prendre pour un pigeon car vous pourriez devenir le loup dans la bergerie. Et puis, cela aurait servi à quoi de se regarder en chiens de faïence?

Après tout, revenons à nos moutons : vous avez maintenant une faim de loup, l’envie de dormir comme un loir et surtout vous avez d’autres chats à fouetter.

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Commentaires

"volonté exprimée du vert Bové de tuer ces animaux dans un pays voisin, soit le nôtre, et dont on ne devine que très difficilement la légitimité.
"C'est cela, abscons ? A propos de langue française...
Bové veut-il tuer les loups chez nous, en Suisse ?
Et vous ne devinez pas pourquoi ? Peut-être à cause de cela :

"Depuis lors, un affreux doute en l'humanité nous tenaille, en cette humanité dont nous sommes faits et dont nous sommes une parcelle. Certes pareille dégénérescence suppose la réalisation de certaines conditions préalables, dont la principale est l'accumulation de masses citadines, industrialisées, c'est-à-dire occupées à des travaux spécialisés et monotones, masses humaines déracinées qui ont perdu les instincts les plus sains, jusqu'à l'instinct de conservation."
Tiré de :C.G Jung, 1945, Aspects du drame contemporain
(Article paru dans la « Neue Schweizer Rundschau »)

Perte de l'instinct de conservation qui fait oublier que les loups ne sont pas en peluche ?

Écrit par : Géo | mardi, 07 janvier 2014

Je ne sais si j'ai tout compris, Géo! Mais je suis d'accord avec vous sur la perte de l'instinct chez l'humain ... nos vies technocrates à l'extrême nous ont fait perdre beaucoup de choses, dont le bon sens, le sens commun et l'intentionnalité propre aux émotions.

Quant aux expressions tirées du bestiaire, elles ont l'avantage d'être animées, certainement à cause de ce que vous avez soulevé, un peu comme si la physicalité apportait un plus aux considérations morales, intellectuelles, spirituelles, etc.

En plus, elles sont le plus souvent charmantes contrairement à certains néologismes inutiles et très moches comme dirait très justement "Jememêledetout".

Bonne journée à vous!

Écrit par : Micheline P. | mercredi, 08 janvier 2014

On ne sait pas si c'est du lard ou du cochon ... Les expressions animales sont fascinantes.

« Donner sa langue au chat », « serrées comme des sardines », « rusé comme un renard », les termes empruntés au monde animal ne se retrouvent pas seulement dans les fables de La Fontaine, ils sont partout. La preuve :

Que vous soyez fort comme un bœuf, têtu comme un âme, malin comme un singe ou simplement un chaud lapin, vous êtes tous, un jour ou l’autre, devenu chèvre pour une caille aux yeux de biche.

Vous arrivez à votre premier rendez-vous fier comme un paon, frais comme un gardon.

Pas un chat !

Vous faites le pied de grue vous demandant si cette bécasse vous a réellement posé un lapin. Il y a anguille sous roche et pourtant le bouc émissaire qui vous a obtenu ce rancard, la tête de linotte avec qui vous êtes copain comme cochon, vous l’a certifié : cette poule a du chien, une vraie panthère.

C’est sûr, vous serez un crapaud mort d’amour. Mais tout de même, elle vous traite comme un chien. Vous êtes prêt à gueuler comme un putois quand finalement la fine mouche arrive.

Bon, vous vous dites que dix minutes de retard, il n’y a pas de quoi casser trois pattes à un canard. Sauf que la fameuse souris, malgré son cou de cygne et sa crinière, de lion, est en fait aussi plate qu’une limande, myope comme une taupe, elle souffle comme une phoque et rit comme une baleine. Une vraie peau de vache, quoi !

Et vous, vous êtes fait comme un rat. Vous roulez des yeux de merlan frit vous êtes rouge comme une écrevisse, mais vous restez muet comme une carpe. Elle essaie bien vous tirer les vers du nez mais vous sautez du coq à l’âne et finissez par noyer le poisson. Vous avez le cafard, l’envie vous prend de pleurer comme un veau (ou de verser des larmes de crocodile, c’est selon). Vous finissez par prendre le taureau par les cornes et vous inventer une fièvre de cheval qui vous permet de filer comme un lièvre.

-une poule mouillée
-le dindon de la farce
-doux comme un agneau
-des airs d’ours mal léché
-un pigeon
-le loup dans la bergerie
-chiens de faïence
-revenir à ses moutons
-avoir une faim de loup
-dormir comme un loir
-avoir d’autres chats à fouetter.

Je kiffe graaaaaaaaave!

Écrit par : Francolie | vendredi, 10 janvier 2014

Travailler "comme un cochon", "singer" pour des simagrées, pleurer comme vache qui pisse, sont à rajouter à cette anthologie.

Écrit par : Francolie | dimanche, 19 janvier 2014

Les commentaires sont fermés.