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mercredi, 19 mars 2014

Journée de la Francophonie et liberté d'expression. Le cas d'un prisonnier d'opinion tunisien libéré

 "Toute personne a droit à la liberté d'expression. Ce droit comprend la liberté d'opinion et la liberté de recevoir ou de communiquer des informations ou des idées sans qu'il puisse y avoir ingérence d'autorités publiques et sans considération de frontière." (art.10 de la Convention européenne des droits de l'homme)


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Il est rare qu’on fasse état d’une bonne nouvelle. Le combat contre la liberté d’expression bafouée pour des raisons obscures sur décisions arbitraires connaît parfois des dénouements heureux. Car il ne s’apparente pas à un combat à la Don Quichotte ; il est bien au contraire le cœur battant de tous les droits convergents (inaliénables, universels, indivisibles et transversaux). La liberté de conscience est autant importante que le doit à l'autosuffisance alimentaire ou le droit au logement.

On apprend par Amnesty International la libération du Tunisien Jabeur Mejri, condamné le 28 mars 2012 (1 an après la révolution de jasmin) à 7 ans et demi de prison pour avoir … publié sur Facebook des caricatures du prophète Mahomet et des critiques acerbes sur l’islam. Reconnu coupable pour ces publications, il encourra une  lourde sanction prononcée par un tribunal. Une pétition de ladite ONG stipulant que ce jeune homme de 29 ans était victime de délit d’opinion alors qu’il n’avait essayé que d’exprimer son droit à la liberté d’expression a recueillit des milliers de voix.

Entre-temps, la nouvelle Constitution tunisienne (art. 31) adoptée le dimanche 26 janvier au soir (3 ans après la première révolution arabe) a abandonné le crime d’apostasie au nom de la liberté de conscience et le respect du sacré (quel que soit le dieu invoqué), ce qui a pour conséquence notoire de ne plus être persécuté pour ses croyances religieuses ou pour son incroyance. L’impiété ni le blasphème ne sont plus retenus par l’appareil judiciaire, pas plus que par le politique.

La Journée de la Francophonie est là pour nous rappeler que la liberté d’expression fait partie intégrante de sa Charte. Le 20 mars est aussi le jour de la fête nationale de la Tunisie. De quoi fêter doublement cet heureux événement (sans oublier les autres prisonniers d’opinion).


En ce 25e Conseil des droits de l'homme où il a été beaucoup question de ce pays, notamment autour de la présence de son Président - M. Moncef Marzuki - remettant une copie de la Constitution tunisienne en mains propres au Secrétaire Général de l'ONU - M. Ban Ki Moon - ainsi qu'un panel vibrant de la 1ère Vice-Présidente de l'Assemblée National de la Constituante - Mme Mehrezia Labidi - cette libération est une concrétisation des dispositions adoptées du texte fondateur. Pour en avoir un aperçu, on pourra visionner l'interview télévisée par Pascal Décaillet dans Genève à chaud du dimanche 16 mars du Président de l'ANC - M. Mustapha Ben Jaafar - contacté par mes soins pour l'émission.

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Commentaires

Un de moins qui demandera l'asile politique en Suisse! Comment des états peuvent-ils avilir pareillement leurs concitoyens et demander des comptes à autrui? Y a encore du boulot ... Merci pour cette nouvelle réjouissante!

Écrit par : Nobody | dimanche, 23 mars 2014

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