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dimanche, 12 octobre 2014

Patrick Modiano nobélisé

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Le Nobel de littérature attribué cette année à l’écrivain français, Patrick Modiano, remplit de joie les amoureux de la belle langue et les critères décidés par le fondateur des ces prix prestigieux, Alfred Nobel. L’œuvre de Patrick Modiano  fait preuve d’un puissant idéal dont la percée du mystère en tisse la trame. Né en 1945 à Boulogne-Billancourt, il n’aura de cesse d’extraire la quintessence de cette période trouble dans le Paris de la Seconde Guerre mondiale, en dessinant les contours – souvent flous – le destin de personnages en apparence ordinaire englués dans ou responsables des événements tragiques dont le poids pèse encore même sur les générations futures, qui ne les ont pas vécus.

"Je n'avais pas 20 ans mais ma mémoire précédait ma naissance", s’exclamait Modiano, à l’occasion de sa rencontre avec Raymond Queneau, ami de sa mère, dont le souvenir le hantera toute sa vie, pour son manque de tendresse. La mélancolie qui se dégage dans ses écrits est le reflet de l’abandon, la perte, la mémoire (ou l’oubli), la recherche d’un temps perdu que l’on ne sait pas toujours s’il est rêvé ou vécu, remémoré ou inventé, peut-être aussi parfois désiré à l’image d’un manque irrémédiable impossible à dater et à en connaître l’objet.

Son premier roman « La place de l’étoile » publié en 1967, à 22 ans, donne le ton. Le récit – dans le genre autobiographique où le narrateur est le personnage central – d’un juif antisémite appartenant à la Gestapo française et vivant à Genève, mêle réalité et fiction, au point de dégager ce qu’il sera convenu de qualifier de  modianesque  tout personnage ou toute situation à mi-chemin entre logique et absurde, ombre et lumière, existence et imaginaire, romantisme et roman policier en trompe-l’oeil. « Je ne puis donner la réalité des faits, je n’en puis présenter que l’ombre », insiste le Lauréat du Prix Nobel de Littérature 2014, récompensé pour ses ballades dans le passé sur lesquelles planent quête identitaire sans fin, secrets et révélations, informations et mystères jamais élucidés, jeux de faux-semblants et dévoilement de choses inattendues, le doute entre vérités établies (officiellement) et réalités souterraines, le plus souvent tues, au nom d’une raison d’état, à jamais obscure.

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Commentaires

Orwell aurait été heureux de cet événement. Pour comprendre Modiano, il faut une refonte radicale de toutes les conceptions artistiques et idéologiques, la capacité de jeter aux orties un grand nombre d'habitus, de partis pris.
Sa défiance de l'Etat a marqué son oeuvre. Le Lauréat du Prix Nobel de Littérature 2014 a su inventer des personnages réfractaires ä toute investigation psychologique, qui n'a d'autre but que de poser des responsabilités là où il n'en existe aucune. L'individu reste l'otage des puissants par des procédés de manipulations extrêmes. Personne ne choisit de naître juif en plein génocide.

Modiano n'en appelle pas à la culture de la place publique, non plus. Seul ce qui compte à ses yeux est la vérité des personnages, avec leurs forces et ... leurs faiblesses. L'important est de savoir ce qui constitue leur choix au-delà des faux-semblants, des hypocrisies convenues, de la non communication qui gangrène nos sociétés dites modernes.

Le néologisme "modianesque" en dit long.

On attend avec impatience le discours de cet homme discret, presque timide, voire ahuri, dont l'esprit aura su fait faire le chemin qu'il mérite. Beau mec, doté d'une belle âme, Modiano nous étonne comme dirait la chanson röcitée par Françoise Hardy. Merci.

Écrit par : Guethev | dimanche, 12 octobre 2014

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