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vendredi, 24 octobre 2014

La langue malmenée jusque dans ses entrailles

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Bescherelle1.jpgPropos/Interrogation. La confédération britannique de l’industrie a demandé à 300 entreprises de classer les langues étrangères les plus utiles, apprend-on dans le Cahier de la Grammaire N° 157 (automne2014). Le français arrive en tête. La longue tradition de la langue diplomatique, prolongée par son statut de 2e langue internationale, est sauve. On  l’oublie souvent : les Lumières auront largement contribué à la rendre universelle en véhiculant les principes d’auto-détermination des peuples, l’instrument de l’émancipation sociale et de l’égalité fondamentale de chaque individu devant la loi et les règles du jeu en vigueur dans toute société qui se respecte, d’où l’émergence d’institutions pour la communauté des nations.

Le dernier Sommet de la Francophonie, à Kinshasa, a constitué une avancée incontestable dans la prise de conscience par les dirigeants francophones des nouveaux enjeux linguistiques dans ce monde multipolaire, affirment Dominique Gallet et Jean-Louis Roy.

Et alors ? On est parfois surpris, au gré de nos déambulations, de constater à quel point la langue est maltraitée, même dans des expressions simples et usuelles, à tel point d’échapper à tout correcteur potentiel avant sa mise en bouche. Le site Bescherelle. Ta mère nous en donne régulièrement un florilège. Puisse le prochain Sommet de la Francophonie organisé les 29-30 novembre 2014 à Dakar - autour du sujet des femmes, des jeunes et de l'entreprenariat - attirer l'attention sur cette posture, qui veut qu'on se fiche des règles élémentaires de notre belle langue dans l'indifférence générale, faisant de conventions séculaires! De toutes les valeurs, il est stipulé que l'éducation est une valeur universelle, indivisible et transversale; investir dans la correction des locutions Bescherelle2.jpgécrites n'est pas une dépense (inutile). Il en va de la maîtrise de son expression, donc de l'être. Car une phrase, c'est tout ... on ne fait rien sans phrase : on prête serment avec une phrase, on déclare son amour ou la guerre avec une phrase, le fait de nommer les choses ne se peut se passer sans phrase. Il en va de la préservation de notre patrimoine culturel et historique.




(cité dans la Tribune de Genève, week-end du 25-26 octobre 2014)

 

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Commentaires

Malmener ainsi la langue - une institution culturelle, politique et sociale, qui fait partie d'un patrimoine mondial - est un foutage de gueule !!! On peut légitimement se demander à qui profite le crime.
Merci, Micheline, pour ces billets bien informés, où l'on apprend toujours quelque chose.

Écrit par : Philippe B. | dimanche, 26 octobre 2014

Il suffit de lire certains commentaires sur les blogs hébergés par la TDG pour comprendre que notre belle langue se perd ... dans les méandres de l'écriture expresse ... !!!

Écrit par : Marie | dimanche, 26 octobre 2014

@ Philippe B. et Marie : il est navrant en effet de constater à quel point beaucoup ne font plus d'efforts, se fichent de se relire, voire se font un point d'honneur de ne pas maîtriser la langue, comme pour mieux montrer leur indifférence ou leur arrogance.

On aimerait parfois rappeler le bon mot du Roi Louis XIV :"les règles de la langue sont les seules auxquelles tout le monde doit s'adapter, même le roi"

Bonne journée quand même!!!

Écrit par : Micheline P. | lundi, 27 octobre 2014

@ Mme Micheline P. : merci de votre mise au point, vous avez raison chez certaines personnes, l'arrogance doit faire partie de leur personnalité.

Je ne connaissais pas la citation du Roi Louis XIV mais j'aime celle de Talleyrand qui avait écrit : Quand je m'observe, je m'inquiète, quand je me compare, je me rassure.

Belle journée à vous.

Écrit par : Marie | lundi, 27 octobre 2014

Si même ceux qui doivent donner l'exemple commettent ce genre d'absurdité et des jeux pourris sur les mots, comment espérer que la langue survive?

Écrit par : annuaire suisse | jeudi, 06 novembre 2014

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