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mardi, 28 octobre 2014

L'essor économique de Djibouti présenté à l’OMC

 

 

Djibouti1.gifZoom sur Djibouti. Ce petit pays de moins d’1 million d’habitants constitué en 1977 dans la Corne d’Afrique, vient de présenter son bilan économique à l’OMC.

Une forte délégation a été conduite par S.E M. Mohamed-Siad Doualeh, A mbassadeur plénipotentiaire de Djibouti à Genève ; le Ministre du Commerce, M. Hassan Ahmed Boulaleh, Ministre du Commerce de Djibouti, a fait le déplacement pour présenter  le second examen de la politique commerciale de l’état djiboutien, le premier ayant été exposé en 2006. Il en a dégagé une vision économique, tout en soulignant les contraintes et les efforts déployés selon 18 indicateurs référencés par l’organisation internationale.

Sa place géographique lui confère une qualité particulière, celle d’’incarner un carrefour commercial entre l’Afrique et l’Asie et singulièrement la péninsule arabique.  Les échanges de toute nature à travers les siècles en ont fait un pays cosmopolite. Djibouti est reconnu par ailleurs comme étant un pays très stable de la Corne de l’Afrique. Cette donnée engendre les conditions essentielles à un développement socio-économique durable du pays ainsi que la poursuite des échanges internationaux, nord-sud et sud-sud, et la valorisation des actions d’intégration régionale. Les résultats viennent appuyer cette observation de manière significative : une croissance forte a été enregistrée entre 2007 et 2013, réalisant une progression du PIB de 5% d’année en année ; les investissements directs étrangers (IDE) et les activités portuaires forment les deux causes principales du développement libellé. Les autorités djiboutiennes prévoient subséquemment d’importants investissements pour développer les infrastructures assurant au pays sa place stratégique au sein de la COMESA, dont l’augmentation de l’approvisionnement énergétique et hydrique.

Djibouti2.jpgCes projets permettront d’attirer les entreprises et continuer à favoriser la création d’emploi. À noter que les conditions de vie de la population ont été largement améliorées depuis le dernier examen : le revenu par habitant serait passé de 850 à 1200. C’est ce qui fait dire à M. Roberto Azevêdo, dircteur général de l’OMC, que Djibouti sera le Singapour de cette région de l’est-continent africain. Comme disait le philosophe romain Sénèque, il n’y pas de vent favorable pour qui ne connaît pas son port. Djibouti a prouvé qu’il sait où il va … Dans le cadre de Vision 2035, la République de Djibouti tient à mettre l’accent sur la création de 6 ports supplémentaires aux existants ; visant à promouvoir son énorme patrimoine naturel et culturel, Djibouti prévoit le développement du secteur touristique, notamment en prolongeant les circuits ethiopiens, en partenariat entre les deux états. Les pays du Golfe goûtent déjà depuis longtemps des potentialités touristiques mis en place par Djibouti.

 

 

Micheline PACE

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vendredi, 24 octobre 2014

La langue malmenée jusque dans ses entrailles

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Bescherelle1.jpgPropos/Interrogation. La confédération britannique de l’industrie a demandé à 300 entreprises de classer les langues étrangères les plus utiles, apprend-on dans le Cahier de la Grammaire N° 157 (automne2014). Le français arrive en tête. La longue tradition de la langue diplomatique, prolongée par son statut de 2e langue internationale, est sauve. On  l’oublie souvent : les Lumières auront largement contribué à la rendre universelle en véhiculant les principes d’auto-détermination des peuples, l’instrument de l’émancipation sociale et de l’égalité fondamentale de chaque individu devant la loi et les règles du jeu en vigueur dans toute société qui se respecte, d’où l’émergence d’institutions pour la communauté des nations.

Le dernier Sommet de la Francophonie, à Kinshasa, a constitué une avancée incontestable dans la prise de conscience par les dirigeants francophones des nouveaux enjeux linguistiques dans ce monde multipolaire, affirment Dominique Gallet et Jean-Louis Roy.

Et alors ? On est parfois surpris, au gré de nos déambulations, de constater à quel point la langue est maltraitée, même dans des expressions simples et usuelles, à tel point d’échapper à tout correcteur potentiel avant sa mise en bouche. Le site Bescherelle. Ta mère nous en donne régulièrement un florilège. Puisse le prochain Sommet de la Francophonie organisé les 29-30 novembre 2014 à Dakar - autour du sujet des femmes, des jeunes et de l'entreprenariat - attirer l'attention sur cette posture, qui veut qu'on se fiche des règles élémentaires de notre belle langue dans l'indifférence générale, faisant de conventions séculaires! De toutes les valeurs, il est stipulé que l'éducation est une valeur universelle, indivisible et transversale; investir dans la correction des locutions Bescherelle2.jpgécrites n'est pas une dépense (inutile). Il en va de la maîtrise de son expression, donc de l'être. Car une phrase, c'est tout ... on ne fait rien sans phrase : on prête serment avec une phrase, on déclare son amour ou la guerre avec une phrase, le fait de nommer les choses ne se peut se passer sans phrase. Il en va de la préservation de notre patrimoine culturel et historique.




(cité dans la Tribune de Genève, week-end du 25-26 octobre 2014)

 

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dimanche, 12 octobre 2014

Patrick Modiano nobélisé

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Le Nobel de littérature attribué cette année à l’écrivain français, Patrick Modiano, remplit de joie les amoureux de la belle langue et les critères décidés par le fondateur des ces prix prestigieux, Alfred Nobel. L’œuvre de Patrick Modiano  fait preuve d’un puissant idéal dont la percée du mystère en tisse la trame. Né en 1945 à Boulogne-Billancourt, il n’aura de cesse d’extraire la quintessence de cette période trouble dans le Paris de la Seconde Guerre mondiale, en dessinant les contours – souvent flous – le destin de personnages en apparence ordinaire englués dans ou responsables des événements tragiques dont le poids pèse encore même sur les générations futures, qui ne les ont pas vécus.

"Je n'avais pas 20 ans mais ma mémoire précédait ma naissance", s’exclamait Modiano, à l’occasion de sa rencontre avec Raymond Queneau, ami de sa mère, dont le souvenir le hantera toute sa vie, pour son manque de tendresse. La mélancolie qui se dégage dans ses écrits est le reflet de l’abandon, la perte, la mémoire (ou l’oubli), la recherche d’un temps perdu que l’on ne sait pas toujours s’il est rêvé ou vécu, remémoré ou inventé, peut-être aussi parfois désiré à l’image d’un manque irrémédiable impossible à dater et à en connaître l’objet.

Son premier roman « La place de l’étoile » publié en 1967, à 22 ans, donne le ton. Le récit – dans le genre autobiographique où le narrateur est le personnage central – d’un juif antisémite appartenant à la Gestapo française et vivant à Genève, mêle réalité et fiction, au point de dégager ce qu’il sera convenu de qualifier de  modianesque  tout personnage ou toute situation à mi-chemin entre logique et absurde, ombre et lumière, existence et imaginaire, romantisme et roman policier en trompe-l’oeil. « Je ne puis donner la réalité des faits, je n’en puis présenter que l’ombre », insiste le Lauréat du Prix Nobel de Littérature 2014, récompensé pour ses ballades dans le passé sur lesquelles planent quête identitaire sans fin, secrets et révélations, informations et mystères jamais élucidés, jeux de faux-semblants et dévoilement de choses inattendues, le doute entre vérités établies (officiellement) et réalités souterraines, le plus souvent tues, au nom d’une raison d’état, à jamais obscure.

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