mercredi, 04 mars 2015

Combien coûtent les fautes de français ?

 

Pourquoi la langue française est-elle si malmenée? Faut-il y trouver même un snobisme à rebours ou un je-m'en-foutisme inqualifiable?

Accords ignorés, participes passés piétinés, conjugaisons approximatives, phrases aussi alambiquées qu'indéchiffrables ... Beaucoup trop de francophones boudent l'orthographe.

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Bien qu'on ait perdu en partie le contact tactile avec l'écriture - le clavier impose une certaine distance par rapport à la feuille et au stylo - on continue à écrire et à lire. Les courriers électroniques, devenus légion, exigent moins d'efforts, hélas; outil d'échange principal entre locuteurs, ce support présente, certes, une immédiateté dont l'efficacité n'est plus à démontrer, mais la forme du message en pâtit trop souvent.


À quelques jours de la Journée de la Francophonie, événement pour lequel se déroulera un concert de Youssou Ndour au Palais des Nations, pour la 3e édition, après Ismaël Lô et Keita, il n'est pas inutile de rappeler que la maîtrise de la langue ajoute à celle de la marche du monde.

Michaëlle Jean, la nouvelle patronne de l'Organisation de la Francophonie (OIF) a du pain sur la planche, orthographe2-1024x1024.jpgnotamment dans la lutte contre les anglicismes à laquelle le maire de Québec voudrait allier, une femme- enfin!- courageuse, charismatique et talentueuse, y est sensible. "Nous, on se force pour trouver le bon mot français tout le temps. [...] Des fois, j'ai l'impression qu'on est les seuls à se préoccuper de la qualité de la langue française », disait lundi l'élu québécois, avançant l'hypothèse que les francophones d'Europe n'ont pas le sentiment que leur langue est menacée." Francophones, réveillons-nous! Si le volet culturel est parfois oublié au profit du politique ou de l'économique, il reste qu'il interfère sur ces deux domaines, quoique l'on dise ou fait croire.

Parce que les fautes d'orthographe coûtent cher, très cher ... ( ici,, ou encore ici ) !

 

 

 

   

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Commentaires

Ma fille de 18 ans fait partie de cette génération sacrifiée dans le domaine de l'orthographe et c'est vrai que ça lui coûte cher puisqu'elle perd facilement 1 à deux points sur chaque épreuve à cause de ses manquements dans le domaine.
Mais ma seconde de 13 ans fait déjà mieux. Il semble que le corps enseignant et les autorités en charge aient réalisé leur erreur et corrigé le tir.

Écrit par : PIerre Jenni | jeudi, 05 mars 2015

Merci Pierre Jenni pour votre témoignage. Triste constat partagé... Le lien affectif et intellectuel avec le savoir fait défaut dans sa transmission, sous prétexte qu'il faut éviter des contraintes inutiles au lieu de se dire qu'on accroît la confiance en soi avec la maîtrise des savoirs.
Belle soirée à vous!

Écrit par : Micheline P. | jeudi, 05 mars 2015

Vous pouvez sortir vos mouchoirs (et jeter vos crayons), un sinistre personnage anglais a émis récemment l'idée qu'il fallait supprimer l'apprentissage de l'écriture cursive, d'ailleurs c'est déjà le cas aux USA, en Finlande, et c'est la menace qui plane au Québec.



En 2012, Isabelle Montésinos-Gelet, professeure à la Faculté des sciences de l'éducation, de même que les professeures Marie-France Morin, de l'Université de Sherbrooke, et Natalie Lavoie, de l'Université du Québec à Rimouski, publiaient les résultats d'une étude menée auprès de 718 enfants de 54 classes de 2e année du primaire.

Depuis longtemps, la plupart des élèves québécois apprennent à écrire en scripte en 1re année, avant de passer à la cursive en 2e année.

Les chercheuses ont comparé ce cas de figure classique à l'enseignement exclusif en lettres attachées ou en lettres détachées.

Premier constat: la façon dont on apprend à tracer nos lettres n'est pas sans conséquence. Si les scripteurs experts forment leurs lettres sans aucun mal et ne butent sur l'orthographe que de quelques mots, les enfants, eux, doivent consacrer beaucoup d'attention au seul tracé des lettres (la graphomotricité).

Or, à peine commencent-ils à maîtriser cet art, à peine développent-ils certains automatismes qu'on leur demande de passer à un autre type d'écriture en deuxième année, ce qui détourne plus longtemps leur attention de l'orthographe ou de la construction de phrase, relève Mme Montésinos-Gelet.

Un seul type d'écriture

Ce qu'il faut donc surtout éviter, à son avis, c'est d'enseigner les deux types d'écriture. «Qu'ils apprennent à écrire en script ou en cursive, les enfants sont avantagés lorsqu'un seul type d'écriture est enseigné.»

Et entre la cursive et les lettres détachées, quel enseignement privilégier?

Mme Montésinos-Gelet croit que l'enseignement exclusif de l'écriture cursive est préférable. «Les élèves qui n'avaient appris que la cursive avaient la meilleure syntaxe.»

Cela ne signifie pas pour autant que les parents d'enfants d'âge préscolaire doivent se garder d'enseigner à leurs enfants à reconnaître les lettres détachées.

D'une façon ou d'une autre, dit Mme Montésinos-Gelet, il est important de savoir identifier toutes les lettres.

Au Québec, le choix de la graphie relève de chaque école ou de chaque commission scolaire et non pas du ministère de l'Éducation.

source : http://www.lapresse.ca/actualites/education/201412/21/01-4830214-abandon-de-lecriture-cursive-a-eviter-selon-une-chercheuse.php

Écrit par : Keren Dispa | jeudi, 05 mars 2015

Merci Keren pour ces informations.
Je peine à comprendre la tendance actuelle de ménager nos petits en évitant de les bombarder de notions parfois contradictoires. Le débat sur l'enseignement d'une deuxième langue nationale au primaire illustre bien la tendance.
J'observe pourtant depuis mon taxi que des gamins à d'à peine 5 ans savent déjà s'exprimer dans 3 langues avec leurs parents qui ont certainement beaucoup d'ambition pour leur progéniture.
Quand j'étais petit, mon père s'est opposé à ce que ma mère nous parle en Schwytzertüütsch. Il craignait que nous prenions du retard à l'école.
Résultat des courses, je galère à 57 ans pour apprendre ce dialecte aux cours de la Migros. Heureusement, on se marre bien !

Écrit par : PIerre Jenni | vendredi, 06 mars 2015

Et que pensez-vous de la détestable pratique des boutiques et grandes surfaces en Suisse romande d'afficher partout "SALE" lors des soldes. Comme si tout ce qui était en vente était sale, dégoutant et devait être nettoyé avant usage.
Le problème est que toutes les directives proviennent des sièges sociaux qui se trouvent pour la plupart en Suisse allemande. Et là-bas le français on s'en fout.

Écrit par : Lambert | samedi, 07 mars 2015

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