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mardi, 10 mars 2015

Prospérité ou rigueur : l'exemple de l'Islande

L'inversion des valeurs instrumentales et téléologiques fait beaucoup de dégâts, ce dans la plus grande indifférence; la lâcheté du pouvoir qui dicte la marche à suivre ainsi que l'herméneutique des phénomènes sont souvent aliénants. Et si le politique pouvait rétablir l'ordre de la raison en renversant les habitus ancrés ?

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Le président de l’Islande étonne. Òlafur Ragnar Grìmsson détonne avec les dogmes économiques en vigueur. Si l’activité politique est le secteur où la liberté humaine s’exprime, alors le Chef d'Etat en question incarne cet idéal : une politique qui suit des mécanismes obtus sans créativité rendue possible par une raison critique n’est pas.

On entend ci et là des plans de rigueur au grand dam des hommes de bonne volonté qui résistent et qui ne servent les intérêts que d’une caste fort aisée sans mérite particulier. L’arrogance sans égard est de mise en cette fin de civilisation ... L’expérience n’y fait rien : partout où l’on prône des rigueurs budgétaires sur une longue durée, l’emploi n’a pas été relancé et les suicides ont augmenté. Ontario constitue l’exemple contraire. Et l’Islande lui emboîte le pas ... en créant encore d’autres modèles !

La crise des subprimes de 2008 a entraîné la capitale islandaise dans une spirale – positive – dont l’issue restait encore inconnue. Pari fou, pari gagné ! Refusant le plan de sauvetage – qui se présente comme sauveur, tue ? – du FMI, le pays insulaire s’est exprimé à 93% par référendum contre la proposition de résorber la dette privée pour renflouer les banques en réduisant le budget de l’état; le challenge a été d'appeler à re-construire l’économie dite « réelle ». Le président islandais a ainsi pu s'exclamer avec l'élégance de la formule-choc :« J'ai eu le choix entre la démocratie et les règles du marché. Le choix était facile. »

Le résultat ne s’est pas fait attendre. L’Islande a affirmé le choix d’accroître ses dépenses vouées à la protection sociale, ce en période de haute récession. Déjà en 2012, l’économie islandaise connaissait une croissance de 3% et le chômage descendait la barre des 5% … Et le remboursement de la dette a été effectué plus tôt qu’espéré … au point que le FMI s’est vu obligé de reconnaître à l’Islande une reprise étonnamment forte ! La prospérité ne saurait se faire sans qu’elle soit partagée par le plus grand nombre et non à son détriment. C’est sûrement la leçon à tirer de ce laboratoire savamment orchestré.

Un homme, suivi de son peuple, l'a fait. Qu'il serve d'exemple !

Qu'il nous soit permis ici d'utiliser aussi cet espace de réflexion pour rendre modestement hommage à un célèbre économiste victime des attentats de Charlie Hebdo en début d'année, Bernard Maris, connu pour avoir esquissé des pistes pour "comprendre" la dette et la vitalité de l'économie

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