UA-105021232-1

mercredi, 19 août 2015

Numéro Zéro, dernier roman d'Umberto Eco

 

CAPA-Número-Zero.jpg

 

À lire absolument ! Dans son dernier roman Numéro Zéro, le sémillant sémiologue Umberto Eco se fait l’écho d’une certaine presse cherchant plus à influencer qu’à informer. Imaginant l’histoire d’un richissime homme d’affaires impliqué dans les plus hautes sphères du pouvoir qui crée un journal Demain (traduction littérale) dans le but de salir, calomnier, distiller des doutes – non hyperboliques – pour mieux influer l’opinion publique, il érige une satire en bonne et due forme des pratiques aussi folles que néfastes de ce genre de médias tout en décriant les liens douteux entre ce milieu avec celui du pouvoir. Toute ressemblance avec des faits et des personnages réels est purement fortuite …  

La désinformation se décline sous divers procédés, à ses yeux. Vient à l’esprit en premier lieu « la théorie du complot » qu’il qualifie de maladie très répandue dont le seul effet consiste à annihiler le bon sens et aliéner les individus de leur conscience les plongeant dans un vide sans fond. La saga d’un Mussolini vivant, exilé en Amérique du Sud, protégé par le Vatican et les USA, toujours prêt à reprendre le pouvoir illustre le phénomène avec une aisance déconcertante, simplement avec des arguments par l’absurde. Le lecteur pris entre deux eaux ne sait plus où naviguer en se demandant sérieusement où se situent le vrai et le faux. Cette mise en scène de certaines hypothèses historiques dont les critères de vérification ne sont pas toujours remplis constitue une mise en garde contre la pollution  de nos imaginaires alimentant l’incapacité de pensée (jusqu’à la fainéantise ?) ...

Corrélativement, les fantômes des années de plomb nourris des événements de 1992 hantent la petite cellule de cinglés jusqu’à connaître un assassinat d’un des leurs pour motifs non élucidés et dont l’auteur reste inconnu.

Par ce nouveau récit où la fiction rejoint la réalité, le romancier remet les pendules à l’heure en invitant les porteurs d’une parole, surtout si elle se veut publique, à une recherche sémantique rigoureuse à condition de dépasser les points de Goodwin.

14:45 | Lien permanent | Commentaires (2) | |  Facebook

samedi, 01 août 2015

Nouveaux mots 2016 : "egoportrait" coiffe le seflie, etc, etc.

 

Comme chaque année, un nouveau millésime fait irruption. Les nouveau mots répertoriés surprennent, agacent, réjouissent ou ennuient. Les conditions pour y figurer restent le fait d’être populaire et souvent repris dans les médias ou réseaux sociaux ainsi qu’entretenir un lien avec l’actualité afin de s’assurer qu’ils ne disparaîtront pas dans l’immédiat.

« Selfie » qui a fait son apparition l’an passé, suite à la célèbre scène de Barack Obama se regardant avec une Première Ministre scandinave lors de la cérémonie funéraire de Mandela en décembre 2013 est désormais assimilé dans les régionalismes jusqu’à donner la traduction littérale chez les Québecois « égoportrait ».

mots2016bis.jpgL’anglicisme « open data » pour désigner les données numériques accessibles à tous se généralise. « Désimlocker » signifie désormais débloquer un téléphone mobile verrouillé par un opérateur afin de pouvoir l’employer sur le réseau d’un autre opérateur. Le « gyropode » - véhicule électrique sur deux roues que le conducteur, en position verticale, manie à l’aide d’un guidon - fait sonentrée.  Le « scud » est un missile tactile sol-sol conçu par l’Union soviétique mais aussi une attaque verbale.

La mode culinaire accouche de « goji », baie rouge riche en vitamine C ; elle fait la part belle à « vegan » tiré du veganisme, mouvement affirmant le principe moral que les animaux ne sont pas la propriété des humains et que par conséquent, ils ne doivent pas être instrumentalisés dans un but égoïste.

Les tendances environnementales scellent « la circulation alternée » et « la particule fine ». Parallèlement, le « zadiste » s’oppose à un projet d’aménagement qui porterait atteinte à l’environnement et le « faucheur volontaire » accède au statut de celui qui détruit les parcelles de maïs transgéniques. La bière devient aussi « binouze » et le « beuh », la marijuana.

L’état de grande lassitude « fiu » se retrouve tel quel dans sa même forme adjectivale.

Le « bretonnisme » indique le fait de langue propre au français parlé en Bretagne.

Pour commémorer ses 160 ans d’existence, Le Larousse nous charme avec « amarrer » pour séduire quelqu’un, expression provenant de la Réunion.

La Suisse impose finalement "chneuquer" pour fouiner.

12:31 | Lien permanent | Commentaires (8) | |  Facebook