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lundi, 26 octobre 2015

Un Prix Nobel de la Paix si sensé ...

 

En voilà un Prix Nobel de la Paix mérité et sans ambigüité! La Tunisie accueillera ce mardi 27 octobre l'équipe du Prix Goncourt pour dévoiler la liste des nominés. Un geste fort qui souligne le combat contre tous les obscurantismes dont la littérature fait consubstantiellement parmi les armes les puissantes ...

IMG_0041.jpgSi on peut compter parmi les candidats au Nobel de nombreux criminels de guerre ou terroristes depuis la naissance de la vénérable institution, cette nouvelle édition voit consacrer une noble initiative dans le pays du premier printemps arabe : le Dialogue national tunisien composé de quatre organismes de la société civile - le syndicat UGTT, le patronat UTTICA, l'Ordre des avocats et la Ligue tunisienne des droits de l'homme LTDH - ayant pour mission de prendre langue avec les partis politiques durant la période de transition. Né en été 2013, après les innommables attentats politiques à l'encontre de Chokri Belaïd (6 février) et Mohamed Brahmi (23 juin), ce quartet a été de tous les rendez-vous pour faire empêcher que le pays ne sombre dans une guerre civile due aux djihadistes qui ont élu domicile. On se souvient aussi de l'encerclement de certaines ambassades en cette même année et le couvre-feu. Le pire a été évité (contrairement aux autres pays en leur période post-révolutionnaire).

Les esprits chagrins aiment à dire que le Nobel de la paix a toujours une guerre de retard. Cette fois, il IMG_0056.jpgétonne à plusieurs titres pour sa vision prospective. Le jury a voulu encourager le peuple tunisien pour ses efforts incessants dans le processus démocratique, la recherche d'une paix sociale, une stabilisation de ses relations bilatérales, un meilleur essor socio-économique et un raffermissement des mesures sécuritaires.

Berceau de civilisations diverses qui ont su cohabiter et pont entre les continents européen et africain, la Tunisie est un phare et un modèle pour d'autres nations qui vivent les tribulations d'une crise politique sans précédent jusqu'à s'asseoir à la table des négociations. Pour preuve supplémentaire, ces quatre organismes n'ont jamais boudé les sessions onusiennes périodiques.

La réconciliation nationale a été comprise comme une absolue nécessité - condition et but, tout à la fois - par ces acteurs principaux.

La révolution tunisienne a été possible grâce au réseau internet.

Elle est une réussite. Tout au long de l'élaboration de sa constitution jusqu'aux élections présidentielles (en décembre 2014) , le pays a surmonté l'écueil de certains articles relatifs au recours à la charia ou le statut de la femme.

IMG_0064.jpgLa délégation suisse qui s'est rendue en Tunisie en septembre a salué cette heureuse évolution. (Faut-il le rappeler? La Confédération helvétique et les associations amies ont répondu présent dès les premières heures du changement de régime, en particulier avec sa contribution dans le domaine de la formation et de la création d'emploi. ) Peu après, d'autres pays ont levé l'interdiction de s'y rendre.

En attendant le Lauréat du Prix Goncourt, le choix de la Tunisie cristallise les préférences et les options qui font d'un pays de prédilection, un pays qu'on aime et qu'on veut voir s'épanouir en une société résiliente et prospère.

 

"Dans la nuit épaisse qui nous entoure, est-il une lueur que nous puissions repousser ? Au milieu du torrent qui nous entraîne, est-il une branche à laquelle nous osions refuser de nous retenir ?", s'interrogeait Adolphe de Benjamin Constant. C'est certain, les espoirs recelés au début de la révolution jasmin se retrouvent comblés dans les mérites relevés par l'attribution de ce Prix Nobel de la Paix 2015!

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Commentaires

Et si le futur Goncourt désignait un écrivain tunisien ? Un nom circule dans les sélections des prix littéraires : Hédi Kaddour âgé de 70 ans pour "Les Prépondérants", qui relate la société coloniale figée des années 1920 en Afrique du Nord.

Demain, Pivot sera au Bardo avec le jury du Goncourt. C'est un symbole fort. Rien ne peut détruire les lumières. Et le pays est bien debout; il ne se laissera pas faire ni aller. Vive la littérature! La plume reste l'arme la plus puissante contre l'obscurantisme.

Écrit par : Guethev | lundi, 26 octobre 2015

« Nous avons choisi le musée du Bardo pour faire passer un message de paix et de démocratie », ce sont les mots de Bernard Pivot. Avec son comité composé de Régis Debray, Tahar Ben Jelloun, Paule Constant, Pierre Assouline et Françoise Chandernagor, il a dévoilé la liste des finalistes du concours. Leur point commun est de cristalliser le rapport orient-occident.

Les quatre finalistes sont :
- Hédi Kaddour pour "Les Prépondérants" (Gallimard)
- Nathalie Azoulai pour "Titus n'aimait pas Bérénice" (P.O.L.)
- Mathias Énard pour "Boussole" (Actes Sud)
- Tobie Nathan pour "Ce pays qui te ressemble" (Stock)

Le site culturel n'a évidemment pas été choisi par hasard ...
"Dans ce musée où la tyrannie la plus cruelle et la plus idiote a dit son mépris de liberté, nous, Académie Goncourt, sommes venus pour faire un acte qui relève de la démocratie." Cette déclaration de la bouche du Président du jury était accompagnée de la pose d'une gerbe sur la stèle rendant hommage aux 28 victimes de l'attaque djihadiste du 18 mars.

Hédi Kaddour, né à Tunis il y a 70 ans, figure parmi les finalistes "comme on pouvait s'y attendre" avec "Les Prépondérants", fresque sans concession de la Tunisie colonisée en particulier et du Maghreb en général des années 1920.

Le suspens nous tien en haleine jusqu'au 3 novembre, date où l'on connaîtra le nom du Lauréat du Prix Goncourt 2015 lors d'une cérémonie officielle qui se tiendra à Paris.

Écrit par : Micheline P. | mercredi, 28 octobre 2015

Wolinsky, tunisien d'origine, aurait été heureux de ces distinctions prestigieuses qui frappent la Tunisie !!!

Écrit par : Nobody | samedi, 31 octobre 2015

Figurant parmi les finalistes dévoilés au Bardo, le Lauréat du Prix Goncourt parle d'Orient, des relations entre les deux mondes, de pont et de séparations. Avec "Boussole", Mathias Énard trace un itinéraire aussi réel qu'imaginaire entre les pays qu'il a passionnément aimés - La Turquie, la Syrie, le Liban - où se mêlent fougue, paradoxes et désir d'infini. Diplômé de persan et d’arabe, l'auteur retrace la vie d'un musicien viennois insomniaque tout en mélangeant époques, lieux, cultures, langues, personnages. Digne des "orientalistes francophones, il fait revivre les images véhiculées par Denis de Rougemont, Nerval, Montesquieu, Molière. Outre ces attributs littéraires, la musique - avec ses accents orientalistes - n'est pas en reste.

En filigrane, Boussole est un hymne à Palyre, haut lieu sacré détruit par les obscurantistes.

En ce jour de la disparition de René Girard, on défifinira le roman d'Enard comme celui de l'altérité, du double mais aussi du rival et désir mimétique. Empreint tout à la fois de nostalgie autant que de sensualité, le texte nous fait donc balader, d'un temps à un autre, d'un monde à au autre sans tomber dans le piège de l'identité.

Écrit par : Karim H. | jeudi, 05 novembre 2015

En voici une action pour contrer l'obscurantisme et le terrorisme ... L'Italie initie une action pour l'"archéologie blessée par le terrorisme" par une exposition au musée national d'Aquilée rendue possible en partenariat avec celui du Bardo à Tunis.

"Le Bardo à Aquilée" présentera huit pièces du musée Bardo visé par un attentat en mars. L'inauguration aura lieu samedi. À visiter jusqu'à fin janvier.

Aquilée est une ville symbole. Dans l'Antiquité, elle abritait en paix des Juifs, des Phéniciens, des Hellénes et des Romains. Cette tolérance mise à mal comme jamais doit être revivifiée par un événement culturel fort, un peu pour rappeler que le bassin méditerranéen est marqué par des liens indestructibles bien plus importants que ce qui le divise.

Il s'agit d'affirmer avec détermination des valeurs communes contre le terrorisme ... selon le chef du gouvernement, Matteo Renzi.
Des décisions de cette nature aident à rester debout devant l'innommable et à consolider les rapports de solidarité entre peuples cultivés qu'un seul bras de mer sépare.

Écrit par : Terrien | mercredi, 02 décembre 2015

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