UA-105021232-1

mardi, 26 avril 2016

La Tunisie, hôte d'honneur du Salon du Livre de Genève (27 avril-1er mai 2016).

Le Quartet du Dialogue National tunisien était à Genève du 20 au 22 avril. Le pays qui a réussi le mieux sa transition a force d'exemplarité. Et c'est un bienfait pour la région ainsi que pour le reste du monde. La Tunisie a suscité beaucoup de mobilisation au lendemain du changement de régime survenu comme une météore. La 13063015_10153556162498008_3480083687107282167_o.jpgrévolution de jasmin ne s'est évidemment pas déroulée sans douleur; des assassinats politiques, des risques d'une nouvelle constitution qui aurait fait fi des avancées du bourguibisme, la formation d'un bastion de djihadistes, une croissance difficile à décoller, les blessures profondes causées par une série d'attentats innommables. Mais le génie tunisien a su surmonter ces énormes défis qui l'attendaient dans sa reconstruction. Entraînant un vent de sympathie, elle a bénéficié de l'aide d'états amis pour son développement que pour les bons offices dans le domaine politique. Son mérite couronné par le Prix Nobel de la Paix 2015 en fait un modèle à suivre. Joli hasard : la Norvège a décidé d'attribuer cette distinction des plus prestigieuses et a déposé en mars une résolution en faveur de la protection des défenseurs des droits humains (notamment économiques, sociaux, culturels). C'est la société civile qui est valorisée pour son apport considérable en la matière.

Cette année, le Salon du Livre de Genève a choisi ce pays francophone comme hôte d'honneur. Un hommage appuyé au poète disparu récemment - Mohamed Sghaier Ouled Ahmed - s'impose ici; le poète, à Genève le 17 novembre, aurait certainement aimé être de la partie.

12239619_809822395793877_6799040030635086652_n.jpgPoésies tunisiennes !
Belle soirée organisée par l’association Le Pont Genève avec le poète tunisien Mohamed Sghaier Ouled Ahmed. Son excellence Walid Doudech a honoré de sa présence la joute littéraire. Ses poèmes expriment les années noires de son pays natal, le désenchantement autant que l’esprit de révolte épris de liberté d’une époque. Préfiguration du thème platonicien de la disparition du poète de la cité et de sa nécessaire habilitation, son art tend tout entier à reconstruire un nouveau monde après les années de plomb. ©Micheline Pace agence 7ex

"Que la Tunisie ait choisi, comme fil conducteur, la thématique « Révélations de la révolution tunisienne » témoigne de son désir de se démarquer des visions folkloriques mystificatrices, longtemps alimentées et véhiculées par la propagande touristique. Ce pays ne veut plus être constamment réduit aux images splendides de ses plages, ni à son climat revigorant, et encore moins à quelques sites célèbres ; il vaut certainement davantage que ces stéréotypes. La Tunisie avait entamé, depuis des siècles, les temps modernes et vit une modernité en étroit dialogue avec son immense héritage. Le célèbre musée du Bardo ne représente à ce propos qu’un échantillon de ce patrimoine, car dans chaque ville tunisienne gisent des mémoires millénaires, dont l’éclat montre que l’homme tunisien de jadis était et demeure farouchement libre et qu’il était et restera toujours un agent de la paix perpétuelle.

Durant sa participation à la 30e édition du Salon du livre et de la presse, la Tunisie célèbrera son 160e anniversaire de l’abolition de l’esclavage, le prix Nobel de la paix et la mémoire de Tahar Hadded, ce penseur qui a obstinément soutenu aussi bien la liberté des femmes que la justice sociale. Quant à la révolution tunisienne, elle a appelé son peuple, et l’a même poussé à réexaminer son passé sans l’incriminer, à le recréer, sans le trahir et à le considérer autrement, afin de le révéler sous une autre lumière. Ainsi, la présentation de ses plats et gâteaux, de ses vins et huiles ne sera point séparée de sa mémoire culinaire, puisqu’à la base de chaque table, on vénère quotidiennement la trilogie de l’antiquité : le blé, l’olivier et la vigne. L’exposition des photos de la Révolution, des affiches de films tunisiens, des mosaïques et des tableaux de peinture sera sûrement fidèle à cette mémoire visuelle, régulièrement renouvelée par un regard, tantôt émerveillé, tantôt inquiet, mais toujours vigilant et bien attaché à une réalité étonnement changeante.

Ce regard est en effet traduit de multiples manières : d’abord par l’écriture d’une nouvelle constitution, puis par une littérature qui ne cesse de se chercher en suivant de nouvelles voies de création, et enfin par la presse, laquelle, sous ses différentes formes, a su donner à la liberté d’expression une tonalité neuve et réellement bouleversante. Sans l’ombre d’un doute, le Salon du livre et de la presse de Genève représente pour les intellectuels de ce pays, pour ses écrivains et écrivaines, pour ses artistes et ses journalistes, une belle invitation à partager avec le très estimable public du salon les révélations d’une inépuisable révolution." (Texte du site du Salon du Livre)

 

IMG_0061.jpg

Prix-Nobel-de-la-Paix.jpg

 

IMG_0071.jpg

IMG_0043.jpg

IMG_0047.jpg

07:54 | Lien permanent | Commentaires (1) | |  Facebook

Commentaires

Bonjour,

On s'attache à un pays comme à une personne. Plus on le connaît, plus on le suit dans chacun de ses pas, cet attachement ne fait que croître. Vos écrits tout au long de cette plateforme le démontrent. Merci.

En ce jour de la venue du Prix Nobel de la Paix 2015 en Suisse, à Genève, le Quartet du Dialogue National Tunisien, un collectif de la société civile, qui a déployé un esprit constructif durant toute la transition en évitant le chaos où sont plongés d'autres pays ayant voulu opérer une révolution dans la région, on peut souligner que les livres qui seront récoltés lors du Salon du Livre et de la Presse seront acheminés vers les écoles des zones rurales de la Tunisie.

C'était le coup de coeur ... j'aime les actions concrètes au-delà des blabla convenus en pareille occasion où l'on exprime plus de voeux pieux, dictant ce que l'autre devrait être être plutôt que d'apprendre à l'aimer et l'accompagner.

Bonne journée

Écrit par : TUN | mercredi, 20 avril 2016

Les commentaires sont fermés.