jeudi, 27 avril 2017

Le goût des mots et le choc des cultures au Salon du Livre 2017

On s’ambiance à 31ème édition du Salon du Livre ! Près de 600 auteurs de tous les genres littéraires l’animent  pour le plus grand bonheur des grands et des petits. Les appels au voyage, la fiction littéraire avec ses accents particuliers, les recettes culinaires, les romans d’espionnage jouant sur le documentaire et déjouant des fake news se côtoient d’un stand à l’autre.

La Place Suisse offre une floraison d’écrivains connus qui font notre légende en plus d’une belle exposition relatant l’histoire d’amour, de raison essentiellement, des Suisses qui ont fait la France depuis la bataille de Marignan. Avec le Canada comme Hôte d’Honneur, on ne peut qu’être déçus en bien pour tout ce qui ressort de la défense et de la promotion des minorités sans oublier son rôle de plus gros contributeurs en mots francophones pour faire la nique de l’assimilation d’anglicismes plus ou moins inutiles donnant le la à la suprématie du grand voisin.

Comme il en a été souvent question sur cette plateforme, le Qébec reste un fidèle allié sur la désintégration du langage, la pollution de mots qui n’apportent rien de plus aux vocables existants ou à la possibilité de néologismes francophones (plutôt qu’anglophones, selon la règle tacite en vigueur) ; en témoigne sa façon de « traduire » certaines locutions en forme plus littérale – un hot dog s’appelle un chien chaud – ou de trouver un pendant en français à un affreux anglicisme (que certains locuteurs anglophones voudraient aussi bien vouloir retraduire dans leur langue tant sa conceptualisation étonne) – courriel, baladodiffusion, clavardage, hameçonnage et le fameux égoportrait pour contrer le célèbre selfie par la prise de photo d’Obama avec son homologue danoise lors de la cérémonie d’adieu à Nelson Mandela.

Cet effort de franciser s’enracine à contre-courant de la globalisation (simplification et vulgarisation du langage) tout en freinant le phénomène du globish. Faire la part belle aux mots est bien une vocation de ce rendez-vous international car trop souvent, « il n’y a rien que l’homme gouverne moins que sa langue », selon les termes du philosophe Spinoza. 

Les plaisirs du texte et l'art culinaire souvent indissociables étonneront le badaud par le goût du cidre glacé, véritable patrimoine "immatériel" de la culture du pays.

 

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