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mercredi, 13 décembre 2017

Le cinéma muet à l'honneur du Festival du Film de Locarno 2018

À l'heure du virtuel à tout crin, qui laisse une empreinte à la fois indélébile et fuyante comme si la vie nous file entre les doigts dans toutes nos actions ou inclinations émotionnelles, le génie de Léo Mc Carey est à l'honneur pour la prochaine édition du célèbre Festival de Locarno (dès le 1er au 11 août 2018).

Par un jeu de miroir, le cinéma s’est défini après coup par son antagonisme grâce à un mécanisme de rupture dans la continuité. Si le 7e art se caractérise foncièrement dans la projection de l’image, le son a joué indéniablement important tout au long de son histoire. Mais cette innovation technique n’a pas provoqué une scission irréparable entre le muet et le parlant. La transition n’aura rien enlevé à l’intérêt du cinéma muet, par son expressivité, au point de ressusciter ce genre qu’on croyait réduit irrémédiablement au silence depuis l’entre-deux guerres en un film en 2011, qui aura connu un franc succès : The Artist de Michel Hazanavicius.

Aussi, redonner vie à cet immense cinéaste qu’est Léo Mc Carey, c’est renouer avec l’essence de la scène cinématographique.

 
Communiqué officiel :

Une scène du film "Liberty" avec Laurel & Hardy

 

"La grande Rétrospective du Locarno Festival sera dédiée à Leo McCarey (1898-1969), un auteur et réalisateur, lauréat de trois Oscars, qui a laissé une empreinte indélébile sur le cinéma burlesque (Laurel & Hardy, les Marx Brothers, Harold Lloyd) comme sur la grande saison de la comédie (Cary Grant, Charles Laughton, Bing Crosby). La Rétrospective fait suite à celles que le Festival a consacrées à d’autres grands maîtres du genre, tels Lubitsch, Minnelli et Cukor. Une Rétrospective qui, pour le dire avec les mots du Directeur artistique Carlo Chatrian, «aura un effet stimulant sur les nouvelles générations de spectateurs et de réalisateurs».

McCarey s’est formé dans les années 1920 auprès du producteur Hal Roach, en travaillant d’abord comme auteur de gag puis comme réalisateur. Ensemble, ils laissent leur empreinte sur la grande saison du burlesque américain, en lançant la carrière d’acteurs comme Charley Chase, Max Davidson et les inoubliables et très populaires Laurel & Hardy. Décidé à donner au slapstick une forme plus moderne, McCarey forge un style reconnaissable entre tous par la construction habile des gags, l’invention des gestes et l’élégance chorégraphique.

Passé au long métrage puis au sonore, McCarey devient un maître de la screwball comedy (comédie loufoque), en lançant Cary Grant (The Awful Truth 1937), et en travaillant à des films entrés dans l’histoire, joués par les plus grands interprètes du genre, à l’instar de Harold Lloyd et Mae West, Charles Laughton et Eddie Cantor, sans oublier les Marx Brothers, pour qui il tourne leur chef-d’œuvre, Duck Soup (1933).

À la fin des années 1930 et après la guerre, McCarey s’oriente vers le mélodrame, tournant des comédies romantiques comme des films religieux. Dans cette phase de sa carrière, McCarey saura exalter le talent de stars comme Ingrid Bergman et Paul Newman, Bing Crosby et Deborah Kerr, et retrouvera son complice Cary Grant dans des films inoubliables comme Good Sam (1948) ou An Affair to Remember (1957).

«Dédier une Rétrospective à Leo McCarey est avant tout rendre hommage à un maître d’un genre devenu rare aujourd’hui. Ses films ont été de grands succès de box office et sont devenus des œuvres appréciées par la critique qui en a redécouvert un peu tardivement les différents niveaux de lecture. Nous pensons que le nom de McCarey doit retrouver sa juste place; nous sommes certains, en effet, que son art, son sens du rythme, son élégance auront un effet stimulant sur les nouvelles générations de spectateurs et de réalisateurs. Enfin, une note plus personnelle: cette Rétrospective est aussi l’occasion, pour chacun de nous, de retrouver l’enfance, cette période peut-être oubliée ; rire avec Laurel & Hardy n’a pas seulement une douce saveur nostalgique mais cela rappelle aussi le pouvoir visionnaire et bénéfique que le comique a toujours eu». Carlo Chatrian, Directeur artistique du Locarno Festival.

La Rétrospective, conçue par Roberto Turigliatto, est organisée en partenariat avec la Cinémathèque suisse et la Cinémathèque française ; elle se prévaut de la collaboration du Festival Le Giornate del Cinema Muto de Pordenone. Elle sera accompagnée par un ouvrage publié en anglais et en français par la maison d’édition Capricci.

«Homme aux multiples talents, assistant de Tod Browning, McCarey fut un réalisateur au sommet du système hollywoodien mais aussi une personnalité secrète encore à déchiffrer. Restent sans égal dans l’histoire du cinéma la sublime alchimie des sentiments et le juste dosage entre comédie et mélodrame que nous trouvons dans ses chefs-d’œuvre comme Love Affair (1939). Make Way for Tomorrow (1937), le film qu’il préférait, même s’il fut un échec commercial, anticipe étrangement le film Tôkyô monogatari (1953) de Yasujirô Ozu». Roberto Turigliatto, responsable de la Rétrospective du Locarno Festival.

Le projet inclut aussi institutions suisses et étrangères prestigieuses; elles permettront à la Rétrospective de voyager jusqu’en 2019. Certaines institutions ont déjà confirmé leur participation: la Rétrospective sera accueillie, en Suisse, par la Cinémathèque suisse, le Filmpodium de Zurich, le Kino REX de Bern et Les Cinémas du Grütli à Genève; en Italie par le musée du Cinéma de Turin et le Festival I Milleocchi de Trieste et en France par la Cinémathèque française. "

Informations et programme de la 71e édition du Locarno Festival : www.locarnofestival.ch

 

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