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mercredi, 20 décembre 2017

Le politiquement correct, une diversion aux vrais problèmes ?

Lasse d'observer le nombre de tentatives de réinterpréter, de réécrire, de réinventer des contes de fée et légendes, par définition relevant d'une herméneutique multiple mais essentiellement métaphorique (deuxième degré au moins), avec une petite morale en conclusion, j'ai posé une question anodine sur un réseau social sur le bien-fondé de ce type d'entreprise :

                       "C'est quoi cette manie de revisiter et ré-écrire les bandes dessinées et contes ? Le baiser de prince charmant à la Belle au bois dormant, qui la réveille de son long sommeil, jugé un viol par manque de consentement mutuel ou encore le Schtroumpf noir jugé à l'aune de relents racistes. Tant que ce genre de délire continue, les problèmes de fond ne seront pas résolus par le ridicule lié au discrédit de ces pratiques!"

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Les réactions ne se sont pas fait attendre. En respectant l'anonymat de l'auteur des commentaires, je les relate ici avec un réel intérêt. Ils disent long sur l'impact de ces fictions, les intentions qu'on leur prête en fonction de l'époque, de paramètres sociologiques, du genre sexué. Libre à chacun de forger son opinion ! Parfois, les historiettes ludiques et innocentes, qui n'ont l'air de rien, peuvent entraîner des conséquences insoupçonnables :

                     "Bah tu vas rire, mais à l'origine, le prince viole bien la Belle aux bois dormants. L'idée du simple baiser vient de Perreault pour adoucir la scène, parce que déjà au 19è, ça ne passait plus très bien. Donc oui, ça reste un baiser non-consensuel et donc problématique, même si c'est moins violent qu'un viol. Et je t'avoue que je l'ai toujours ressenti ainsi, même quand j'étais petite.

Je n'ai pas d'enfants, mais si j'en avais, je n'hésiterais pas à leur en faire une lecture très critique et à leur présenter d'autres contes modernes plus "politiquement corrects" (i.e., qui respectent la dignité des femmes). Parce qu'il y a vraiment des valeurs fondamentalement machistes dans ces légendes "traditionnelles" et que je ne vois pas je devrais laisser mes enfants les absorber ainsi, sans apporter un contre-poids."
 
                      "Je suis d'accord qu'il y a beaucoup de sexisme dans beaucoup de genres littéraires. Mais il se pose la question déontologique de la "correction" que certains veulent leur apporter ainsi que des interprétations psy à deux balles politiquement correcte qui ne font que masquer des réalités brutales passées sous silence même si le langage est châtié. Certains actes passent inaperçus et ne sont pas interprétés comme tels, sexistes, alors qu'on apprend à dire ce qu'il faut dire. Une fiction tel qu'un conte ou une légende n'est évidemment pas à prendre dans un sens littéral et on dirait que les différentes interprétations soient vouées aux oubliettes. Même si on ne croit pas aux contes de fée, il faut se méfier de ces tentatives de coller une interprétation "nouvelle" a détriment de celle qu'a voulu l'auteur. Perso, je ne vois en Perrault un appel au crime."

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