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L’habit ne fait pas le moine ou le cas Fillon

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Le procès de l’ancien premier ministre français et candidat malheureux à la présidentielle va débuter. L’objet porte sur le fonds d’investissement auquel il est partenaire et en aval la question sur les méthodes masquées de l’argent amassé. C’est dans cette veine que s’inscrit tout l’intérêt du fascinant livre de Véronique Jaquier L’homme qui ne voulait pas être président paru chez L’Artilleur.

L’habit ne fait pas le moine, s’écriait déjà en 2014 Rachida Dati, en désignant l’ancien chef du gouvernement. Ces mots d’une valeur de mise en garde ont été ignorés et n’ont pas empêché que l’homme gagne la primaire devant son parti grâce à un boulevard imprenable au vu du prévisible mouvement de balancier gauche-droite qui aurait pu le promouvoir au sommet de l’Etat. Or, la campagne d’une médiocrité difficilement qualifiable menée après cet adoubement surprenant a révélé le visage d’un personnage qui véhiculait une apparence de bosseur sérieux, discret sans attirer le moindre soupçon, une absence d’expression en toutes circonstance attribuée à un self-control à toute épreuve et une volonté de réaliser des actions politiques selon les dogmes de son camp assises sur un programme bien établi. L’armure s’est cassée pour révéler un hédoniste, plutôt paresseux mais toujours prompt à se lancer dans une course de motocross ou de chasse au chevreuil et à se prélasser dans son manoir de la Sarthe.

À chaque page, son addiction à l’argent apparaît comme le fil conducteur de son parcours politique où il est tombé presque par hasard, la cuillère d’argent à la bouche. Ses contrats, l’emploi de sa femme fictif selon les enquêteurs ainsi que celui de deux de ses enfants, ses costumes offerts afin d’éviter l’attention sur la circulation de cash dépassant les 1000 euros légaux dans l’hexagone jusqu’au remboursement du mariage de sa fille découleraient principalement de combines bien peu présidentielles et en filigrane un tempérament bien peu présidentiable. Quatre décennies utilisées à tromper d’abord son monde – sa famille politique, ses soutiens – et ensuite les citoyens, ce en s’enrichissant de manière spectaculaire, l’air de rien. Avec sa célèbre maxime « Je ne vous demande pas de m’aimer ni de trouver un copain mais d’élire un président » (même pas « votre » président), le candidat qui a provoqué à chaque étape sa propre perte en traînant dans son sillon le naufrage de la droite tout entière, le châtelain n’aura jamais apparu comme une bête politique au mépris de ses sujets. On serait tenté de conclure qu’une si grande et belle nation n’a pas, heureusement, élu à sa tête un roi sans cour et sans couronne.

À lire absolument pour comprendre dans chaque détail les dessous des éléctions présidentielles de 2017 et de l’avènement Macron !

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