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Evian ressuscite les derniers impressionnistes

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Le flamboyant Palais Lumière d’Evian fait la part belle aux peintres du courant intimiste de la Belle Epoque. L’exposition Les Derniers impressionnistes à voir absolument jusqu’au 2 juin 2019 consacrée à la Société nouvelle de peintres et de sculpteurs recouvre l’une des périodes, à cheval sur deux siècles, les plus riches de l’art Européen, dramatiquement rétrogradés après la deuxième guerre mondiale au profit des avant-gardistes considérés comme modernes.

Y sont présentés comme jamais les œuvres d’Edmond Aman-Jean, Albert Baertsoen, Albert Besnard, Jacques-Emile Blanche, Eugène Carrière, Emile Claus, Charles Cottet, André Dauchez, Georges Desvallières, Henri Duhem, Antonio de La Gandara, Gaston La Touche, Ernest Laurent, Henri Le Sidaner, Henri Martin, René Ménard, René-Xavier Prinet, Jean-François Raffaelli, John Singer Sargent, Lucien Simon, Frits Thaulow et Eugène Vail. Le rituel annuel de réunir ces artistes au printemps à Paris – d’abord sous la présidence de l’écrivain Gabriel Mourey, puis sous celle d’Auguste Rodin – ces peintres et sculpteurs a joué un rôle incontestable dans les processus de reconnaissance publique pour le plus grand bonheur des historiens de l’art, des galeristes, des conservateurs de musée, des amateurs d’art et des visiteurs. Quel est le dénominateur commun entre tous ? D’abord, le goût de l’intimité – découlant en partie d’une littérature mettant en lumière des portraits – et un ravissement devant le spectacle de la nature – propre au romantisme – détachée de son instrumentalisation et aimée pour elle-même.

De 1895 à 1939, ils ont su s’imposer sur la scène internationale en leur qualité de derniers impressionnistes bien que chacun d’eux nourrissait un style propre totalement identifiable; c’est cette appellation qui perdure jusqu’à nos jours !

Cette vision sentimentale des objets et des êtres se traduit par l’aspect tragique ou mystérieux dans toutes ces représentations, rendant une profondeur immatérielle que peut-être peu de mots seraient capables de retranscrire. Leur devise touche une perception plongeante de l'espace : montrer ce que l'on ne voit pas en peignant ce que l'on perçoit et non ce que l'on croit savoir du sujet.

Pendant un demi-siècle, les artistes de la Société nouvelle façonneront une nouvelle conception du monde parallèlement à la naissance de nouvelles disciplines ayant pour dessein de décrire la nature humaine en interaction (le psychanalyste Sigmund Freud naît en 1899 et le philosophe phénoménologue Edmund Husserl meurt en 1939).

La quête d'une vérité authentifiée des êtres au-delà des formes apparentes s’exprime de fait aussi bien dans les portraits que dans les paysages dessinés : en attestent par exemple les jardins nus ou les tables bien garnies sans âme qui vive de Henri Le Sidaner ou encore les scènes peuplées de René-Xavier Prinet à la recherche d’un temps perdu. Les traits psychologiques se lisent sur les visages autant que la solitude se dégage des décors naturels. Si le paysage comme état d’âme caractérise le plus fortement les derniers impressionnistes grâce au respect de la prédominance du dessin et des valeurs sur la couleur, ceux-ci prirent une place de premier plan dans le concert artistique mondial par leur génie de l’intrusion psychologique (mieux que leurs prédécesseurs) permettant de relever une ambiance singulière auréolée d’énigmatiques ressentis irréductibles.

Derniers impressionnistes – Le temps de l’intimité  à voir jusqu’au 2 juin 2019
Palais Lumière // Quai Charles-Albert Besson, 74500 Evian

www.palaislumiere.fr
  Lundi et mardi de 14h à 18h / du mercredi au dimanche de 10h à 18h

  Charles Cottet-La Pointe du Toulinguet à Camaret.jpgFemmes de Plougastel-Charles Cottet (1863-1925).jpg

 

 

 

 

 

 

 

René-Xavier PRINET(1861-1946)-Au bord de la Manche.jpgAndré Dauchez-Les Brûleurs de goémon (1931).jpg

 

 

 

 

 

 

 

 

 

1. Charles Cottet (1863-1925) - La Pointe du Toulinguet à Camaret

2. Charles Cottet (1863-1925) - Les Femmes de Plougastel

3. René-Xavier Prinet (1861-1946) - Au bord de la Manche

4. André Dauchez (1870-1948) - Les Brûleurs de goémon

 

 

 

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