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Quelle horreur, l'écriture inclusive !

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L’horreur de la langue inclusive

 

Le traumatisme du socio-constructivisme n’a pas dit son dernier mot. On croyait savoir enfin comment se comporter langagièrement parlant mais … que nenni ! Les différentes modes pédagogiques (pedagogo, comme disent certains) se suivent, plus ridicules et bêtifiantes les unes que les autres et voilà qu’une nouvelle manière d’écrire est en train de se répandre insidieusement, sans crier gare. « L’écriture inclusive » entre dans la danse. L’interrogation de la féminisation des mots, des titres et des fonctions a été certes malmenée car initiées par des instances publiques sans consultation des organes de promotion de la langue française faisant comme si les problèmes d’égalité de traitement des genres allaient être résolues par un coup de baguette magique grâce à des signes scripturaux visibles et soi-disant lisibles. Or, force est de constater que le politiquement correct continue sur sa lancée et qu’il n’est pas près de s’ingénier à rejoindre une sémantique plus intelligible.

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Comment fonctionne l'écriture inclusive ?

« Les infirmier.èr.s. reçoivent leurs nouveaux.elles patient.e.s » (point médian, pour mettre le féminin à égalité avec le masculin).

« Le Centaure et la Pythie sont fabuleuses » (accord de proximité remplaçant la règle grammaticale du masculin qui l’emporte sur le féminin par un mécanisme pavlovien en réation à la règle inverse qu’on retrouve par exemple « s’il y a une femme et cinq chats, on accorde au masculin » car celui-ci l’emporte grammaticalement).

« L’actrice Sophie Trucmuche  a promu les  journées du Matrimoine » (féminisation des métiers et des concepts).

« Les décorateurs et la décoratrice sont satisfaits » (le verbe s’accorde avec le sujet le plus proche mais également avec le plus grand nombre).

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Franchement, en tant que femme – que dis-je ? … en tant que représentante cis-genre - , je concède ne pas bien comprendre en quoi ce style défend la cause des femmes, comme l’affirment certaines féministes qui le défendent. En revanche, ce qu’on observe, c’est que ces règles étranges sont étrangères à la promotion de notre belle et grande langue, en somme, une véritable arme de destruction massive.

On imagine en filigrane le casse-tête chinois pour les enseignants, la rédaction des manuels scolaires, les correcteurs, les journalistes, les rédacteurs de discours et les dégâts incommensurables sur les enfants, qui peinent à apprendre à lire et écrire avec l’orthographe habituelle et des règles grammaticales constituées au point de devenir des parasites assez aisément, abandonnés sur le bord du chemin. Sans parler du fossé générationnel au sein d’une même famille, à l’instar d’autres leviers instaurés ces cinquante dernières années activés par l’état, par l’école, jetant l’opprobre sur ses membres, qui finissent par ne plus se comprendre du tout. Le malaise dans les meilleurs professionnels, chez les recruteurs et les candidats à un poste, sera aussi prévisible.

Il est impératif d’arrêter ce massacre programmé de notre langue, instrument issu de notre patrimoine culturel, notre ciment principal pour la cohésion sociale afin que les dirigeants politiques ne s’approprient de ce genre de niaiseries pour l’imposer à tous les maillons de la logistique quand bien même cette écriture volontairement moche et fortement estropiée s’insinue illicitement déjà dans les métiers d’expression.

 

 

Micheline PACE

 

 

 

 

 

 

Lien permanent 5 commentaires

Commentaires

  • Vous laissez parler le bon sens au dépend d'une idéologie mal fondée.
    Lors de images retransmises par la télévision du rassemblement des femmes sur la Plaine de Plainpalais, une jeune femme dénonçait avec émotion et conviction le fait qu'en grammaire "le masculin l'emporte sur le féminin".
    Je ne sais pas si une reconstitution historique du phénomène linguistique a un sens, mais je cède à la tentation: comme le français comporte deux genres grammaticaux (qui ne sont pas essentiellement liés au genre sexuel), il a bien fallu choisir celui avec lequel l'accord se ferait. Il est bien possible que la prédominance masculine dans le domaine public ait eu pour conséquence le choix du masculin, qui paraissait tout naturel.
    Si le féminin avait été choisi, nous aurions peut-être une assemblée d'hommes dans le même lieu pour dénoncer cette "discrimination".
    Je ne sache pas que les vigies des navires d'antan aient jamais été traités d'homosexuels parce que le nom par lequel ils (pronom masculin singulier) étaient désignés était du genre féminin. D'autres exemples peuvent être trouvés, mais c'est celui qui m'est venu à l'esprit le plus spontanément.
    En ce qui concerne les substantifs, les anglophones ont depuis longtemps ajouté le mot "male" (employé comme adjectif lorsqu'il s'agit de préciser qu'une profession traditionnellement occupée par les femmes l'était par une homme en l'occurrence, comme dans l'expression "male nurse".
    Tout cela pour exprimer l'idée que c'est dans l'éducation et le savoir, et l'accès à eux (le masculin grammatical l'emporte) que devrait se livrer la vraie et première bataille de l'égalité des sexes, plutôt que dans l'emploi de slogans qui rappellent trop leur usage en politique, où tout est bon à prendre du moment que cela rapporte des voix.

  • La connerie n' pas besoin d'être féminisée tout comme la pensée unique et la décadence.

  • En premier lieu, je rappellerai que la langue est un bien culturel commun, qu’elle évolue selon un usage dont nul n’est habilité à fixer les règles, pas davantage le législateur, que des grammairiens, ou même l’Académie française, qui se refuse à régenter le vocabulaire, ni légiférer en matière de syntaxe, et ne se reconnaît pas davantage le droit de réformer l’orthographe (citation extraite de la préface de son dictionnaire).
    Je ne comprends pas que des rédactrices ou des rédacteurs intelligents, instruits, cultivés ne soient pas conscients que représenter le féminin par un appendice caudal, conférant forcément la prééminence au masculin, renforce l’inégalité qu’ils désirent justement combattre. Si les bureaux de l’égalité et les féministes acceptent cette discrimination, tant pis. En ce qui me concerne, trouvant cette pratique insupportable, je cesse de lire dès sa première apparition. Je suis conscient que je manque certainement l'occasion de prendre connaissance de textes intéressants, mais je préfère mon confort plutôt que de subir passivement ce que je considère comme un manque d’égard pour la lectrice ou le lecteur, rien n’empêchant d’écrire le mot féminin intégralement.
    Enfin, hors de toute idéologie, ces ultras pensent-ils que des e additionnels fassent progresser d'un iota la cause de l'égalité ?

  • Notre bref échange de commentaires sur le dernier billet d'Aurélie Friedli illustre bien le sujet.
    http://aureliefriedli.blog.tdg.ch/archive/2019/06/21/quand-tout-disparait-le-temps-d-un-concert.html

  • Merci Madame pour cet excellent billet. La chose pourrait faire sourire, mais cest beaucoup plus grave qu'il n'y paraît. A Zürich, par exemple, le parlement communal refuse d'examiner une interpellation qui nest pas rédigée en écriture inclusive. Bref, une minorité d'illuminés impose son diktat:

    https://www.rts.ch/play/radio/le-12h30/audio/zh-le-parlement-communal-refuse-dexaminer-une-interpellation-pas-redigee-en-ecriture-inclusive?id=10517292

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