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vendredi, 24 décembre 2010

Michel Onfray et Sigmund Freud : lutte à mort entre philosophie et psychologie

Les-philosophes-Raphael-300x223.jpgLe très prolixe philosophe Michel Onfray a signé un pamphlet contre le fondateur de la psychanalyse, Sigmund Freud : Crépuscule d’une idole, l’affabulation freudienne.

Brillant créateur d’universités populaires à Caen, où il tâche de rendre accessible la philosophie à tous afin de démontrer qu’elle s’ancre dans la vie, conditio sine qua non à son existence, le philosophe tend à démonter que la psychologie est une gageure autant qu’à démontrer la supériorité du génie philosophique sur toute connaissance empirique subjective. On sait pourtant que Freud ne se prenait pas pour un philosophe, sa pratique ne se résumait pas en une théorie scientifique; l'écoute devint l'élément fondamental de cet art  nouveau de la parole, mis en place après qu'une patiente lui demanda de se taire lors d'une consultation.

À part certaines assertions malheureuses – Kant est le précurseur du nazi Adolf Eichmann « parce qu’il se proclamait kantien »; les trois religions monothéistes résidaient en des entreprises essentiellement génocidaires, etc. – il ne faudrait pas ignorer la pertinence de son œuvre anti-freudienne.  

Le point de Godwin atteint, on se dit qu’on est toujours le fasciste de quelqu’un! Le philosophe cite justement une lettre du père de la psychanalyse adressée à Mussolini où il exprime son désir de tuer la figure paternelle des Juifs incarnée par le fondateur de la table des Lois, Moïse l'enfant trouvé ayant connu un destin hors du commun, malgré une volonté d’affirmer sa judéité foncière. Chacun commet son Oedipe comme il peut ! ... Cette réaction psychologique s’inscrit bien évidemment au moment où le nazisme s’installe au pouvoir (n’oublions pas que l’Etat personnifie la violence légitime par excellence !)  

 

L’athéologie de Michel Onfray veut peut-être nous mettre en garde contre toutes les dérives des idéologies, quelles qu’elles soient. Là où son entreprise échoue est quand le philosophe tient systématiquement à se référer à la vie personnelle du psychanalyste (laquelle nous reste inconnue, sans vérification indubitable, secrète). L’homme reste certes un tas de secrets qu’il emporte dans sa tombe mais une telle réflexion tend tout de même à nous interroger sur les relations entre logique et psychologie, représentation du monde et réalité, impressions provenantConscience-vue-par-les-philosophes.jpg des sens et concepts objectifs, perceptions et idées, connaissance empirique ou vérité mathématique, imaginaire et raison.

 

Rien que pour cette raison, la lecture de Crépuscule d’une idole, l’affabulation freudienne constitue une pierre d’achoppement pour la construction de la personnalité dans la manière de mener sa barque. Si les interprérations psy restent souvent fumeuses, c'est parce qu'elles ne font que refléter un point de vue très circonstancié, qui existe seulement dans la tête du locuteur investi de la mission herméneutique, sans relation avec l'extérieur, un sens qui dépasse les pulsions causées (lois du milieu, rapports de force établis, intentionnalités, stratégie) !

 

René Descartes, auteur du premier texte en français moderne, n'affirmait-il pas qu'il vaut mieux changer ses désirs que l'ordre du monde? Cette vérité ne renferme en effet aucun contenu psychologique, mais seulement un devoir d'éviter l'erreur par manque de discernemnent, base intellectuelle pour construite une morale qui tienne la route.

 

pompom.jpgLe temps des fêtes est arrivé ... C'est aussi une vérité. Qu'elles soient belles pour toutes et tous, prélude à plus de paix dans le monde, à plus de créativité et parallèlement à moins d'angoisses handicapantes!

 

 

 

 

 

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samedi, 30 octobre 2010

Gorges Haldas s'en est allé rejoindre le panthéon

L'écrivain suisse Georges Haldas est décédé. De père italo-grec et de mère suisse, il aura vécu 93 ans d’intensité.

Bien qu’on ne connaîtra jamais son illustre mésentente d'avec Albert Cohen (comme dans les meilleures familles), on le sait né pour les livres … à tel point d’avoir animé une librairie Payot à la rue de l'Université à Genève.

Malade depuis plusieurs semaines, il s'éteignit dans les bras de sa compagne ...

La question de Dieu le titillait au point d’embrasser des études de théologie conjointement aux lettres.

On le rencontrait en train d’écrire dans les cafés … il aimait parler de la résurrection sans partis pris.

Son destin ne fut pas celui des poètes maudits : il reçut le Prix Schiller en 1971 et en 1977, notamment pour l’Emergence.

Son Boulevard des Philosophes rappelait un temps que les moins de quarante ne peuvent pas connaître.

Aussi Ulysse ou la lumière grecque préfigurait-il son destin homérique. Clairvoyant jusqu’au bout sur la condition humaine qu’il essaya de partager toute sa vie par l’écriture et les contacts chaleureux dont lui seul détenait le secret, il s’en est allé pour rejoindre le panthéon des écrivains qui comptent.

 

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samedi, 16 octobre 2010

Et la ponctuation? (II)

 

Comment doit-on ponctuer et comment peut-on ponctuer? Telle est l’éternelle question dans l’exercice scriptural. La mode de la phrase courte a provoqué un certain délaissement du point-virgule, à tort, malgré le fait que son existence remonte au Moyen-Âge.

 

interrobang.gifMais d’autres signes de ponctuation ont connu un fatum non moins tragique. Provenant de l’anglais, il en est un inventé durant les sixties qui exprimait des émotions, qui est aujourd’hui presque perdu de vue : l’interrobang, dont le sens marie exclamation(clam) et interrogation (rog) « ?! ». L’expression What the hell ?! en dit long … Evidemment, on ne l'a jamais croisé et on ne le croisera probablement pas non plus sur un clavier d’ordinateu mais pourquoi ne pas le rétablir ou le redécouvrir ?!

 pointdironie.jpg

Le point d’ironie me fait remarquer un internaute assidu très connu sur la place publique aurait subi un non moins triste  sort, son tour. Placé aussi à la fin d’une phrase, le signe exprimerait le deuxième degré. À part dans la prose d'Alcanter de Brahm au 19siècle, on le goûte dans le Canard enchaîné. Bien qu'il ait été "inconsciemment" remplacé aujourd’hui par des binettes et autres trombines, on est en droit de penser que la réhabilitation de ce glyphe expliquerait au mieux l’ambiguïté …

 

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lundi, 11 octobre 2010

Et la ponctuation? (I) Funeste destin du point-virgule

« On reconnaît tout de suite un homme de jugement à l'usage qu'il fait du point et de la virgule. »

(Henry de Montherlant)

 

 

Bien qu’on lise toujours avec ravissement James Joyce, qui a opté d’écrire sans ponctuation, nul n’affirmera de bonne foi que les sigles dont la mission est d’assurer le rythme du texte soient inutiles, voire insignifiants. On se souviendra ainsi également du roman de Christian Prigent publié en 1996, Une phrase pour ma mère, sans point (et forcément sans majuscule) …

 

Il n’y a pas longtemps, un mouvement transfrontalier avait lancé un vibrant appel contre la disparition du point-virgule.

Point_Virgule.jpgSuite au désespérant constat de la rareté de ce fameux signe de ponctuation tant dans les journaux que dans les romans sans oublier toutes sortes de rapports techniques, des comités de soutien se sont créés pour sa justification et enfin sa sauvegarde. Certes, d’aucuns hasardent une explication : la faute au raccourcissement des phrases selon le sacro-saint principe d’économie! Son funeste sort viendrait aussi du malaise que son emploi suscite : entre le point et la virgule, sa place paraît indéfinie ou indécidable ; alors que le « ; » s’utilise entre deux segments distincts qu’on veut mettre en opposition ou en parallèle, son affectation est souvent maladroite. On se rappellera enfin combien ce signe a été dévalorisé par Cavanna, qualifié par ses soins de parasite timoré!  

 

À l’opposé, sa consoeur, la virgule trouve grâce aux yeux de tout le monde, un peu comme si elle incarnait le sommet du style … Calqué sur son aspect, ce signe vient du latin virgula (petite baguette, bâtonnet), terme formé à partir de virga (verge, baguette). C’est dire que le hasard connaît des chemins que la raison ignore : la valeur moindre attribuée à ce diminutif est proportionnellement inverse à son essor … Inutile de préciser que la virgule reste le signe de ponctuation le plus utilisé, au point d’avoir donné un synonyme aux correcteurs, appelés aussi « virguleux ». De ce sigle est tirée la locution ne pas changer une virgule qui veut dire « n’apporter aucune modification dans le texte », ce qui a donné par extension « ne rien changer ».

 

 

De grands auteurs en attestent. « J'ai tout pesé, jusqu'à la dernière virgule, je n'ai pas un zeste à changer», s’exclamait Villiers de L'Isle-Adam dans sa Correspondance en 1889. Dans la même veine, on entend Cyrano de Bergerac, qui réagit à la seule idée que l’un des vers pourrait être corrigé : « Mon sang se coagule, / En pensant qu'on y peut changer une virgule.»

 

Pour mettre un point final à l’affaire, il n'est pas inutile d'insister sur la nécessité de ne pas mettre entre parenthèses le point-virgule pour des raisons tant théorique qu’esthétique – l’idéologie n’ayant pas cours ici – car la richesse de la langue en dépend ... ?! ...; ...!? ... !!!

 

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vendredi, 08 octobre 2010

Pierre Gripari au Club de la Grammaire

 

Le CLUB DE LA GRAMMAIRE
fondé par Honoré Snell en 1959 - affilié à l’Institut national genevois et présidé par Pascal Junod
Décerne le prix Vaugelas

CONVOCATION À L’ASSEMBLEE GENERALE 2010
Samedi 9 octobre 2010 à 16 heures précises
(Accueil des participants dès 15h30)
au café-restaurant « Le Papon »,
Rue Henri Fazy 1, 1204 Genève.
(Immeuble de l’Hôtel de Ville dans la vieille ville ; parking St-Antoine)

  

Apéritif offert par le Club de la Grammaire

Dès 17h 30 :  Soirée Pierre GRIPARI avec Anne Martin-Conrad,
co-auteur d’un GRIPARI avec Jacques Marlaud

dans la Collection «Qui suis-je? » (Pardès)
Exposé sur l’écrivain et lectures de textes de GRIPARI.

Animation avec le Dr Merlin (chansons sur des paroles de Pierre GRIPARI)

 


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 Pierre Gripari, décédé il y a tout juste 20 ans, a traversé son siècle comme un poète : il a mis en ordre avec des mots le chaos du monde, des images, des idées qui ont exalté, nourri ou détruit ses contemporains. Sa vie fut difficile, mais son engagement corps et âme dans la littérature nous laisse une œuvre précieuse pour tous ceux qui aiment lire. Connu et reconnu pour ses contes, il a aussi écrit 141 nouvelles, 14 romans, 34 pièces de théâtre, dont 21 pour la jeunesse, des anthologies, essais, poèmes…
 
La tâche de l’écrivain est de revivre et de réinterpréter à neuf des situations et des archétypes qui sont de tous les temps. Gripari raconte des histoires avec délectation, humour et profondeur. Loin de la littérature de laboratoire, en vogue dans les années d’après-guerre, il obéit à l’élan du rythme de l’histoire qui veut naître, qui veut s’écrire, qui veut émouvoir. Le réalisme est banni de son œuvre, mais la vérité y gagne : Tout au moins celle qui nous confronte à la tragique condition humaine, tout en nous donnant aussi les clés pour l’affronter.
 
Dans ce « Qui suis-je ? » Gripari, les auteurs, qui l’ont bien connu, mêlent informations biographiques et description de livres à l’analyse, en particulier en ce qui concerne Dieu… traité, il est vrai, comme un personnage purement littéraire, d’une manière qui n’appartient qu’à Gripari.
 
La sincérité caractérise toute l’œuvre de Gripari, qu’elle s’adresse aux enfants ou aux adultes, mais elle se mêle à une grande pudeur. Ce livre tente de mettre en valeur et d’éclairer l’exemplaire destinée de cet écrivain si original qui aimait expliquer son écriture :
 
 

« J’écris pour être aimé, longtemps après ma mort, comme j’ai aimé Dickens. J’écris pour faire du bien, comme Jack London m’a fait du bien, à quelques individus que je ne connaîtrai jamais, dont les pensées ne seront pas les miennes, qui vivront dans un monde que je puis concevoir. »



La soirée GRIPARI est ouverte à tous ; n’hésitez pas à inviter vos amis. Un repas convivial suivra à 20 h où chacun peut s'inscrire.
 


Club de la grammaire, case postale 3763, 1211 Genève 3
Tél. 022 319 42 41 – fax 022 319 42 43
pjunod@europae.ch


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lundi, 04 octobre 2010

Corot, le Suisse

" Il est toujours le plus grand, il a tout anticipé..." (Edgar Degas, 1883)

 

Corot-Geneve-2.jpgCes jours, on peut jouir des chefs-d’œuvre de Jean-Baptiste Camille Corot (1796-1875) à Genève, au Musée Rath. Ces heures perdues à rechercher le temps nous sont rendues au centuple.

 

La Suisse peupla son imaginaire plus qu’aucun autre pays voisin. Cinquante ans avant sa mort, il parcoura l’Italie sans passer par la Suisse où il séjourna avec délectation auprès d’amis tels que Barthélémy-Menn ou Léopold Robert.

 

Sa mère, d’origine fribourgeoise, descendante d’un garde suisse, n’y est pas pour rien dans son amour pour notre pays.

 

Dans son jeu de lumières, l’artiste met en évidence cette topographie qui nous est familière autant qu’étonnante. Une ferme à Dardagny, Les Alpes au soleil, vue sur Genève, côté des Pâquis, en témoignent généreusement … jusqu'au Château de Gruyères.

 

Sotheby mit aux enchères le 2 juin 2010 La Jeune femme à la fontaine (env.1860) et le Musée Rath en fit acquisition !

 

De ces points de vue agrestes, on ne peut retenir que le génie d’un homme, né une cuillère dans la bouche, sachant faire partager l’émotion de paysages rupestres inachetables exprimant à chaque fois un état d’âme, même sans personnage …

 

Affichant une nette volonté de se distancer du mouvement néo-classique, il apportera une véritable révolution dans les codes prévalant dans l’art pour devenir un digne représentant de l’Impressionnisme dont tous les grands s’inspireront.

Reconnu comme tel, Claude Monet s’exclamait à son endroit : « Il y a un seul maître, Corot. Nous ne sommes rien en comparaison, rien. »

 

 

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mercredi, 22 septembre 2010

Quand le francé tire la langue …

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En cette rentrée  des classes, (date qui rythme toutes les rentrées de la vie civile et politique, par ailleurs), les vieux démons sur l’apprentissage, l’institution de la langue, l’appareil scolaire, les idéologies sociales se cristallisent à nouveau.

 

Titillée par une question d’un lecteur internaute, du nom énigmatique autant qu’éloquent  (pseudo) de Hot pictures of Artists exprimée à la suite d’un ancien billet sur la problématique de la simplification de l’orthographe, je pense judicieux de préciser que si la langue structure la pensée, elle ne présuppose aucunement qu’elle soit un ensemble de signes liées entre eux de manière logique. À cette interrogation « Changer la langue changerait-il notre maniaire d'être en changeant notre maniaire de penser? Je donne ma langue au chat... », on peut suivre sans complexe le précepte d’un grand auteur français

 

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Les tenants de la simplification de l’orthographe, avec André Chervel en tête, s’accordent à dire que notre système orthographique indigne du XXIe siècle, désormais trop baroque, voire ringarde. 

Le chef de file cité propose, par exemple de :

 

-         simplifier la formation des pluriels

-         supprimer les doubles consonnes inutiles pour la prononciation (comme immobile ou arriver)

-         supprimer les y – ainsi que toutes les lettres grecques - et le remplacer général par le i

-         supprimer les h après les t ou les r (ce qui donnerait bibliothèque, ortograf)

 

Il reste néanmoins qu’une telle réforme fait fi de l’évolution étymologique, ce qui ouvre la porte à la création illimitée de néologismes. Une chose est sûre : cette volonté de simplifier, de rationaliser procède certainement de l’idéologie ambiante de tout vouloir unifier, rassembler, fusionner (entreprises, lois, collectivités publiques, croyances).

 

Cette réflexion sans prétention n’exprime aucune position arrêtée; elle se veut juste libre et ouverte comme l’air, à l’instar de ce que peut paraître l’émission de phonèmes. Mais l’indécidabilité reste de mise … L'argument imposant une plus grande facilitation de l'apprentissage de la langue est irrelevant (oups, un anglicisme!)  

 

Notre langue ne se réduit pas non plus à un instrument – de communication, en l’occurrence – entre nos mains ; sa maîtrise, ne reflétant qu’un seul aspect de la maîtrise de soi, constitue à en connaître les règles, certes, mais aussi à être capable d’en apprécier le charme, la bizarrerie apparente de certains vocables, le caractère immotivé des liens entre signifiés et signifiants … Il est question de notre identité, celle de la langue.

 

lundi, 09 août 2010

Bruno Crémer a cassé sa pipe

« Le cinéma c'est la vie et vice-versa. » (Sergio Leone)

 

L’acteur qui incarnait de 1991 à 2006 le commissaire Maigret, durant près d’une cinquantaine d’épisodes, a cassé sa pipe.

Une "gueule" - une belle gueule, ma foi - du cinéma vient de disparaître ... Avec son physique impressionnant, sa voix grave autant que chaude, ses grands yeux clairs expressifs, son regard malicieux presqu'enfantin, Bruno Cremer a su émouvoir, interpeller, surprendre tout au long de sa longue filmographie et sa carrière théâtrale : immortalisé par Yves Boisset, Pierre Scheondoerffer, François Ozon, Goretta, Jean-Claude Brisseau, il joua Shakespeare, Oscar Wilde ou Anouilh de manière inégalable! 

Pipe au bec, le personnage marquera les esprits grâce à son sens psychologique convaincant, son goût pour la justice et la vérité, sa passion jamais démentie dans l'art de déjouer les mensonges.

 

Ses amis – auxquels il resta fidèle tout au long de son existence – sont Claude Rich, Jean-Paul Belmondo, Jean-Pierre Marielle, Jean Rochefort, Michel Bouquet entre tant d’autres génies artistiques.

 

Hommage à celui, qui aimait expliquer que ce métier, désiré dès son plus jeune âge, lui avait sauvé la vie et qu’il était plus à l’aise sur la toile ou sur les planches que dans la vie, emporté par cette saloperie de cancer qui lui vola à jamais sa voix inimitable. 

 

Cette présence massive et rassurante a quitté les feux de la rampe mais viendra assurément hanter encore longtemps les méandres de notre mémoire …

 

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samedi, 24 juillet 2010

Delicatessen

 

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Delicatessen désigne en québécois une sorte de charcuterie ou épicerie fine qui parfois fait office de lieu de restauration, souvent ouverte en dehors des heures usuelles …

 

C’est aussi un film qu’on peut revoir ce soir à cinetransat, à la tombée de la nuit. Au contraire du réalisme grotesque ambiant, il plonge le spectateur dans un monde étrange et loufoque sur fond de guerre et de terrorisme.

 

L’action se passe dans un immeuble de banlieue érigé dans un terrain vague hors horizons grouillant de personnages improbables confortés par des incontournables du cinéma français.

 

La vie s'y déroule indifféremment ... exister prend tout son sens.  (Ex-sistere renferme les temes signifiant originellement "être placé, se tenir là" et "en dehors, en provenance de", un peu comme dans un vers de Lucrèce où il est mentionné que les vers naissent du fumier). De l’éleveur de grenouilles au concierge d’un hôtel qui fut clown dans une autre vie, tous se pourvoient chez le boucher-charcutier débonnaire à l’enseigne Delicatessendelicatessen4.jpg

 

Vive Genève en été !!!

 

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jeudi, 15 juillet 2010

La filière suisse

Voici un livre de plage qui saura égayer les neurones et augmenter l’adrénaline! Tous les ingrédients d'un bon polar y sont renfermés (suspens, pub, sexe, armes, pouvoir, argent) ...SASsuisse.jpg

 

« Karl Kruger ouvrit les yeux et les referma aussitôt pour ne pas voir le plafond se gondoler. Ce n’est qu’à la troisième tentative qu’il parvint à garder les yeux ouverts sans éprouver une sensation de mal de mer … Il était couché de biais dans son lit de deux mètres sur deux, vêtu encore d’un superbe caleçon de soie mauve. En s’étirant, il heurta quelque chose de chaud et d’élastique : la croupe de Martha qui dormait encore à poings fermés. Elle aussi avait conservé son string.

         Le Suisse s’étira : leur tenue signifiait qu’ils n’avaient pas fait l’amour à la fin de la soirée. (…) Même si Martha avait tout fait pour l’allumer toute la soirée. (…) Il détestait baiser l’estomac vide. »

 

Les inconditionnels de Son Altesse Sérénissime ne seront pas déçus de ce roman d’espionnage dont l’histoire se passe pour une fois … en Suisse, aux bords du lac Léman !

 

Mais de quoi s’agit-il ? Le tome 182 de SAS évoque le marché noir de la bombe iranienne. On comprend instantanément que le thème du roman s'inspire tout droit de l’affaire des frères Tinner, (lesquels n’ont pas fini de défrayer la chronique malgré les apparences; un procès est attendu pour bientôt). 

 

L’action se déroule en deux temps :

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10:50 Publié dans Culture | Lien permanent | Commentaires (7) | Tags : s.a.s., littérature, suisse, gérard de villiers, affaire tinner | |  Facebook