mardi, 22 juin 2010

Vincenot à l'honneur

Le CLUB DE LA GRAMMAIRE

 

 

vous invite à sa prochaine conférence, la dernière avant les vacances d'été,

 

le Jeudi  24 juin 2010 à 19 heures (entrée libre) 

à l’Institut National Genevois (ING), Promenade du Pin 1, 1204 Genève

 

PIERRE VIAL

Historien, auteur de Vincenot, collection Qui suis-je ? 2010

 

HENRI VINCENOT (1912-1985)

 

livre.jpgHenri Vincenot est, dans la République des Lettres, un personnage parfaitement atypique. Sans doute aurait-il apprécié ce compliment car, au propre comme au figuré, il aimait marcher hors des sentiers battus. Il a longtemps porté en lui une œuvre que le public n’a découvert que très tardivement.

 

Dans ce « Qui suis-je ? » Vincenot, l’auteur nous montre comme le temps perdu a été très vite regagné, comment, en un temps et dans une société où l’anonymat, l’individualisme et la solitude frappent de plein fouet tant de personnes, l’œuvre d’Henri Vincenot continue à nous dire l’importance vitale de l’appartenance à des communautés organiques, le caractère salvateur de l’enracinement, l’impérative nécessité d’une identité – identité parfois niée, souvent oubliée -, que cette lecture nous conduit à redécouvrir. Car le conteur prend par la main celui qui ouvre un de ses livres pour la première fois et il ne le lâche plus ; non pour l’enfermer dans un univers purement livresque, mais pour lui ouvrir les portes d’une vie authentique, libérée des pesanteurs des mensonges et des dogmes de la modernité.

 

À ce titre, Vincenot est un éveilleur. Il connaît l’importance des initiations. Là où il est, il contemple avec ses yeux malicieux et son sourire un peu narquois, sous sa moustache de Gaulois, les pauvres insectes qui s’agitent fébrilement, mais en vain, dans la termitière. Et il montre du doigt, à ceux qui veulent bien regarder et qui méritent de l’entendre dire, le chemin des étoiles.

 

 

 

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jeudi, 20 mai 2010

« Un homme qui crie », 1er film tchadien en lice pour la Palme d’or

« Un homme qui crie n’est pas un ours qui danse. » (Aimé Césaire)

 

 

FilmTch.jpgPour la première fois de son histoire, le Tchad est représenté en compétition au Festival de Cannes avec Un homme qui crie, un conte bouleversant planté au cœur de ce pays à feu et à sang, signé par l’élégantissime Mahamat-Saleh Haroun.

 

Il est question de la guerre. Depuis l’Indépendance, le Tchad se livre sans merci à des guerres civiles entre les ethnies des différentes régions, avec ses camps de réfugiés jusqu’au Darfour. Mais la guerre, on ne la voit pas ; on l’entend, on la subodore, on la sent, on la sait ! Invention essentiellement masculine, elle pose naturellement la question de la filiation, ou plus précisément, de la transmission. Parce que de génération en génération, il n’y a pas d’autre perspective ...

 

Tchad1.jpg

Abéché

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lundi, 19 avril 2010

Le grand retour du mammouth Isabelle Adjani

 

Il n’y a pas de frontière entre le réel et l’imaginaire (Federico Fellini)

 

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Il est des nouvelles qui nous ravissent le cœur sans qu’il n’ y ait aucune familiarité entre l’objet de notre réjouissance et ses préoccupations usuelles … allez savoir pourquoi !

 

Après La Journée de la jupe, on verra bientôt Isabelle Adjani en guest star dans Mammuth, une comédie corrodante partagée avec Gérard Depardieu qu’on a eu le plaisir d’entendre sur les ondes souvent cette semaine. Les deux figures charismatiques du cinéma français campent les rôles principaux comme elles l’ont faites dans Barocco Bon voyage, Camille Claudel.

 

Son franc-parler, son visage mariant le sud et le nord, donnera la réplique pour le plus grand bonheur des cinéphiles fidèles à cette présence qui crève l’écran, dévoilant un univers aussi mystérieux que palpable.mamuth1.jpg

 

À la question de savoir pourquoi elle n’a pas fait de déclaration politique aux César, elle aime à préciser : « Je ne suis pas là pour faire de l’escalade idéologique à chaque intervention. Je n’ai aucun désir de gagner le concours de la pasionaria. »

 

Nul doute que son tempérament passionné saura à nouveau nous transporter avec son acolyte pour qui l’heure de la retraite a sonné, boucher de son état. Désillusionné d’une vie de travail commencée à 16 ans, sans avoir jamais été ni malade ni au chômage, il enfourche sa vieille moto des années ’70, une « Mammuth », à la recherche de son passé, ses points perdus, soit de ses bulletins de mamuth2.jpgsalaires non déclarés par ses anciens employeurs …

 

Loin du psychologisme de bon ton qui affecte trop souvent le cinéma français, cette quête se déroulera dans plusieurs dimensions, l’une administrative, mécanisée, dont la violence reste la pire forme, l’autre, affective, qui lui dictera ce qui est accessoire et ce qui est essentiel. 

 

 

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vendredi, 02 avril 2010

Lucian FREUD à Paris

lucian-freud3.jpg

 

(self portrait) Lucian Freud4.jpgL’exposition de Lucian Freud, actuellement au Centre Pompidou à Paris, transporte à proprement parler le cœur et les sens des visiteurs. 

 

Les quatre parties dédiées aux œuvres du peintre britannique né en 1922 à Berlin, descendant du père de la psychanalyste, reliées par un fil d’Ariane - l’atelier – donnent le ton : son génie artistique embrasse tout ce qui le concerne, lui, et son entourage immédiat.

 

« Mon travail est purement autobiographique», aime-t-il à préciser à l’envi. Des portraits ainsi que des autoportraits peuplent ainsi cette exposition monographique.

 

De ce qu’il y a de plus intime, la chair, aux vues extérieures, sur son jardin lucian_freud5.jpg ou sur la ville industrialisée, il n’y a qu’un pas qu’on n’oserait franchir de crainte d’être saisi de vertige. Les nus expriment un langage propre; les chairs affaissées à l’abandon en disent long sur les états d’âmes qui les torturent au point de se (con) fondre avec les objets alentours en déshérence … La prose du monde qui s’en dégage montre la distance irrémédiable et la proximité absolue constitutive de ma perception et de l'objet observé. Le regard se heurte au mystère d’autrui aussi réel soit-il.

 

Ses toiles forment la plupart du temps des narrations singulières et étranges que le réalisme implacable de l’artiste interroge à chaque trait. Ambivalences, ambiguïtés, aliénations, refoulements, désirs, dépendances, quêtes conscientes ou non, étonnements feints ou sincères des personnages peuvent se lire sans ambages. Mais évitons de grâce toute interprétation sauvage - ce qui déplairait fortement à son auteur en ce qu’elle l’associerait à son grand-père viennois - pour redécouvrir les énigmes de l’œil nu retranscrites si merveilleusement dans toutes ces compositions à voir jusqu’au 19 juillet 2010…

 

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jeudi, 01 avril 2010

Interview en franglais

 

Non, ça n'est pas un Poisson d'Avril ! Hier, je vous parlais du couple improbable, voire insolite du franglais – frenglish, marié à jamais. Aussi n’ai-je pas résisté à la tentation (Oscar Wilde ne prétendait-il pas que le seul moyen de se délivrer d’une tentation, c’est d’y céder ?) de vous faire part de cette interview d'un entraîneur de rugby après un match.

 

À l’heure où beaucoup de francophones ne savent pas toujours si « interview » est féminin ou masculin, il faut tout de même saluer l’effort de notre ami anglophone en question si tant est qu'un anglophone n'a jamais besoin de parler une autre que la sienne, socialement parlant … (pour vidéo, cliquer ci-après) :  

 

 

 

 

 

http://www.youtube.com/watch?v=JBQgDb7Tb_g&feature=pl...

 

 

 

 

 

 

 

 

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mercredi, 31 mars 2010

Le franglish, couple infernal ou fusion parfaite?

languefrancaise.jpg

 

Pendant des siècles, nombre de mots français ont envahi la langue de Shakespear dont les marques sont autant visibles que lisibles. De son côté, la langue française s’est constituée au 17e siècle sur le modèle de l’italien, langue qui avait une longueur d’avance de 4 siècles, pour assimiler au final près de 40% de vocables provenant de cette origine.

 

Il en va ainsi de l’évolution des langues naturelles. Jamais figées, ne découlant pas de normes rationnelles (comme si c’était possible, vu que tout code est une règle arrêtée « arbitrairement » à un moment donné où il devient impératif de trancher !), elles naviguent au-delà des frontières, empruntant ci et là tel concept ou tel terme désignant une chose n’existant pas forcément dans sa culture.

 

Si l’anglais s’est fortement inspiré du français, force est de constater que le balancier est reparti en sens inverse dans notre monde moderne. On peut ainsi trouver fun un meeting one to one. Un turnover permet à chacun de checker les tâches à effectuer tout en squeezant afin de ne pas être trop débordé par ses collègues. Dans ces conditions, il n’est pas impossible d’intuiter ce qui sera forwardé ou awardé. Enfin, que l’on en vienne à préférer les soirées afterwork au working breakfast habituel surtout si elles offrent 2 drinks pour le prix d’1 paraît naturel car on peut y raconter sa life de manière cool.

 

Différents registres (professionnel, économique, sportif, politique) ont pu pénétrer notre langage quotidien. Ce n’est pas hard à trouver … Ainsi day off ou friday look ne choquent plus l’entendement en contexte francophone. Dans cet esprit, qu’un pays soit blacklisté ne dérange personne non plus.

 

Serait-ce la rencontre Sarkozy-Obama à dicter cette envie ? De ces go-betweens, le Secrétariat d'Etat à la Francophonie aimerait bien se débarrasser autant faire se peut. Pour cela, il a lancé un appel à « trouver des traductions innovantes à 5 anglicismes » qu’étrangement la Commission générale de terminologie et de néologie considère ternes ... What a joke ! La blague ! Pas étonnant qu'on ne sache pas s'il faut parler cash ou non ...

 

17:28 Publié dans Culture | Lien permanent | Commentaires (23) | Tags : français, langue naturelle, politique | |  Facebook

mardi, 09 février 2010

Hans Erni, un peintre qui sait faire aimer la Suisse

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Ses oeuvres picturales symbolisent le contraste entre l’Antiquité, les civilisations et le monde moderne.

L’artiste en a fait sa devise : « On est moderne par la manière de concevoir son œuvre, il faut absolument abandonner le superflu ».

 

Après avoir fait partie du groupe Abstraction-Création en 1933-34 à Paris, il offre une fresque de composition abstraite pour la section suisse de la Triennale de Milan.

 

Mais la peinture figurative le rattrape, notamment avec La Suisse, pays de vacances des peuples présentée à l’Exposition nationale de Zürich en 1939.

 

Hans Erni pourrait incarner l’impératif du bonheur dans son sens plein : exprimer les bonnes choses de la vie, que ce soient les plaisirs de la chair, les grands vins ou l’éclat de la nature est un devoir un peu comme pour montrer que le bonheur est possible en ce bas monde.

 

Connu et reconnu à l’étranger comme peu de peintres suisses vivants, il marque pour ses 100 ans de son empreinte l’entrée principale de l’ONU depuis le 6 juin 2009. Ta panta rei (ce qui signifie « tout en mouvement », thème cher à Parménide) représente le combat pour la paix. C’est dire que la gigantesque fresque n’aurait pas pu trouver meilleur logeur pour le plus grand bonheur des badauds.

 

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dimanche, 31 janvier 2010

La crise

La Crise n’a pas fini de faire couler beaucoup d’encre mais surtout de lancer ses piques à beaucoup qui ont dû essuyer ses effets sans en avoir été les instigateurs (dont je fais modestement et solidairement partie) … On trouve ainsi quelques perles :

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Les veilleurs de nuit en ont assez de vivre au jour le jour

 

Les boulangers connaissent des problèmes croissants

 

Les bouchers veulent défendre leur bifteck

 

Les carillonneurs qui ont le bourdon

 

La tuile s’abat sur les couvreurs

 

Les éleveurs de chiens sont aux abois

 

Les pédicures sont contraints de travailler d’arrache-pied

 

Même les prostituées se trouvent dans une mauvaise passe

 

Les éleveurs de volaille sont les dindons de la farce

 

Les ambulanciers ruent dans les brancards

 

 

Les footballeurs de l'équipe sélectionnée gagent à l'arrache

 

 

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Posez-vous la même question vous concernant ! Peut-être êtes-vous plus chanceux …

 

 

Bonne semaine à vous aussi !!!

21:22 Publié dans Culture | Lien permanent | Commentaires (6) | Tags : le langage, la crise, les locutions | |  Facebook

jeudi, 28 janvier 2010

Roland Giraud et la question religieuse

Le décor est planté : Roland Giraud incarne dans « Bonté divine » un prêtre catholique qui tente un vrai dialogue avec trois tenants des autres religions monothéistes et un bonze. Les interlocuteurs devisent sur la foi et ses relations qu’elle entretient avec la raison, du doute hyperbolique ou non, et essentiellement de la nature de l’homme et de sa place dans le monde.

Les auteurs ont choisi la forme humoristique et vivante de la comédie pour traiter un sujet grave et tellement d’actualité. En filigrane, on entend Jouvet : «Au théâtre, c’est important d’avoir de l’émotion. »

 

Mystérieusement enfermés – ou plutôt séquestrés par le chrétien – dans une petite pièce un vendredi soir, les quatre essaient d’aborder les questions que chacun se pose sur Dieu et les religions, à commencer par la plus brûlante : pourquoi autant de discordes entre les croyants des grandes traditions monothéistes puisqu'ils croient au même Dieu, d’autant qu’étymologiquement, religion vient de religere, qui signifie relier ?

 

Le texte soulève tous les problèmes métaphysiques qui torturent l’âme humaine quant au sens de la vie. Le talent des acteurs produits au Théâtre du Léman en relève la substantifique moelle. 

 

C'est tout le talent des auteurs qui non seulement ont concocté des dialogues exceptionnels mais qui ont aussi introduit des connaissances précises sur les différentes religions. Ils répondent ainsi aux questions simples que tout le monde se pose. Si vous avez l'occasion de voir la pièce, je ne peux que vous la recommander chaleureusement, d'autant que Voltaire ou Diderot l'aurait certainement adorée!

 

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16:51 Publié dans Culture | Lien permanent | Commentaires (3) | Tags : théâtre, religion, roland giraud | |  Facebook

mercredi, 20 janvier 2010

Super Nanny a tiré sa révérence

 

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SUPER NANNY, tu nous manqueras ! Celle qui incarna au travers de ses émissions sur M6 la sagesse maternelle n’est plus. Emportée cette nuit par un cancer des poumons à moins de cinquante ans, Cathy Sarraï connut pourtant bien des déboires avant de devenir la star que l’on sait jusqu'à devenir une figure familière dans nos vies ...

Issue elle-même d’une famille très nombreuse tunisienne, elle arriva dans le 19e à Paris sans savoir un mot de français. Héritière des traditions de son pays, elle se maria à 17 ans et accoucha de son premier enfant à 17 … Puis, elle devint nurse chez des riches pour ensuite en faire un métier à grande échelle.

Pourquoi on l’aimait tant? Son rôle de coach d’éducation parentale imposait le respect par ses qualités de cœur autant que spirituelles, quelles qu’aient été les préoccupations du moment. Sans se référer à des crédos de la mouvance pédagogo, la super star nounou aida vingt-deux familles en mal d’autorité dont elle tira un dénominateur commun : « Le sentiment de culpabilité des parents qui travaillent et leur peur d'interdire ou de punir, sous prétexte que leur enfant ne va plus les aimer. Pourtant, dès qu'on met des limites, l'enfant se sent rassuré. »

Par son apparence de gouvernante sévère tirée à quatre épingles sut convaincre de manière naturelle quatre millions de téléspectateurs. On ne la remerciera jamais assez pour ses judicieuses recettes, comme par exemple, transformer un ta gueule ! par un je t’aime.

18:36 Publié dans Culture | Lien permanent | Commentaires (7) | Tags : super nanny | |  Facebook