mardi, 31 mars 2009

La sexualité dévoilée aux enfants

J'espère que vous avez passé un bon week-end et réglé le tic-tac de vos horloges, montres (rolex ou pas). Pour bien commencer la semaine ainsi que la saison d'été, penchons-nous sur un fait marquant qui va avoir lieu tout soudain : l'exposition sur le Zizi.  C’est désormais un fait incontestable : Le Guide du zizi sexuel  » de Zep et Hélène Bruller est un best-seller planétaire ! Titeuf_1-2af86.jpgTraduite en plusieurs langues, même en chinois, l’oeuvre présente visiblement une valeur didactique aux yeux de beaucoup de monde, malgré la diversité culturelle existant en la matière. On y livre des bons trucs pour draguer … ou encore tout ce que l’on peut savoir sur les préliminaires.

Or, plus qu’un mode d’emploi à la manière de Georges Perec, l’expo se veut pédagogique (non pas pédagogiste), soucieuse de l'éveil culturel des jeunes générations.

 

 Une adaptation de l’album a été ainsi réalisée pour le plus grand bonheur … des pré-ados. Après la Cité des Sciences dans la capitale française, l’exposition le Zizi sexuel se déroulera à Palexpo-Genève. 

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mardi, 17 février 2009

La NOVLANGUE aura-t-elle raison du "politiquement correct"?

Comment économistes, publicistes, politiques jouent avec les mots pour nous faire avaler des couleuvres ? Décrypter la novlangue des médias et de la sphère politicienne pourrait être une piste intéressante pour comprendre un nouveau phénomène pas encore décrit.

La novlangue est-elle en train de gagner du terrain? Si dénoncer le politiquement correct n’est plus vraiment tendance, fustiger la novlangue devient gentiment une mode. S’opposant à l’ancilangue (langue ancienne), la novlangue (nouvelle langue) n’est pas à proprement une simplification du vocabulaire, mais le remplacement de mots par d’autres jusqu’à ce que des concepts considérés comme subversifs par le pouvoir disparaissent véritablement. Si le terme « justice » n’existe plus, qui pourrait avoir l’idée de la revendiquer ? Voyons de plus près comment ce discours totalitaire fonctionne. 

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mardi, 10 février 2009

Contrefaire le français? 5 rectifications de 1990

Lorsqu’on effleure le thème d’une réforme possible des règles grammaticales et orthographiques de notre langue, un grand auteur classique nous vient presque naturellement à l’esprit : Alcofrybas Nasier, anagramme de François Rabelais. L’humaniste se moque joyeusement des jargons prétentieux des « Sorbonnards », notamment lorsque l’usage abusif du latin conduit à latiniser sa propre langue … au point de parler sans être compris. Les galimatias -  procédés comiques particulièrement chéris par ce gourmand de la langue - dévoilent le ridicule de certains plaideurs tels que Baisecul et Humevesne. En outre, l'encyclopédiste avant la lettre nous apprend que malmener les conventions de la langue est chose aussi que violer n'importe quelle convention sociale.

 

Rappelons-nous ainsi  comment Pantagruel rencontra ung Lymousin qui contrefaisoit le Françoys :

 

«  A quoy Pantagruel dist : Pantagruel1.jpg

-  Quel diable de langaige est cecy ? Par Dieu, tu es quelque hérétique.      

- Seignor non, dist l'eschollier.

- Et bren, bren ! dist Pantagruel, qu'est ce que veult dire ce fol ? Je croy qu'il nous forge icy quelque langaige diabolique, et qu'il nous cherme comme enchanteur.

- Par Dieu, dist Pantagruel : je vous apprendray à parler. Mais devant, responds moy : dont es tu ? 

 

A quoy dist l'escholier :

- L'origine primeves de mes aves et ataves fut indigene des regions Lemovicques, où requiesce le corpore de l'agiotate sainct Martial. ­ 

- J'entens bien, dist Pantagruel ; tu es Lymosin, pour tout potaige. Et tu veulx icy contrefaire le Parisian. Or vien çza, que je te donne un tour de pigne ! 

 

Lors le print à la gorge, luy disant :

-Tu escorche le latin ; par sainct Jean, je te feray escorcher le renard, car je te escorcheray tout vif. »

 

 

 

Dans le débat qui fait rage aujourd’hui pour renouveller (ou dépoussiérer) les normes langagières, ce qu’il faudrait, c’est que la réforme soit de grande ampleur, sans qu’un retour soit possible. Avec Internet, ce serait enfin possible, contrairement à l'ère des copistes, s'avant et après la codification du 17e siècle.

 

Pour l’heure, livrons-nous ici à un bref récapitulatif de quelques rectifications orthographiques apportées au français en 1990. Jamais imposées, ces rectifications ont été officiellement adoptées dans toute la francophonie!

 

 

1-       Le trait d'union : un certain nombre de mots remplaceront le trait d'union par la soudure. Exemple : « porte-monnaie » devient « portemonnaie » (comme « portefeuille  ») ;

2-       Le pluriel des noms composés : les mots composés du type « pèse-lettre » suivront au pluriel la règle des mots simples (des « pèse-lettres  », le verbe n’étant jamais accordé comme un nom) ;

3-       L'accent circonflexe : il ne sera plus obligatoire sur les lettres « i » et « u  », sauf dans les terminaisons verbales et dans quelques mots. Exemples : « qu'il fût  », « mûr  ») ;

4-       Le participe passé des verbes pronominaux : il sera invariable dans le cas de « laisser » suivi d'un infinitif. Exemple : « elle s'est laissé mourir de faim»;

5-       Les anomalies :

a)       mots empruntés : pour l'accentuation et le pluriel, les mots empruntés suivront les règles des mots français (dans pas mal de cas, il s'agit non de nouvelles formes mais de trancher des cohabitations existantes). Exemple : un « imprésario », des « imprésarios », un « référendum », des « référendums » plutôt que « referenda »; un ou des « spaghetti » ;

b)       séries désaccordées : des graphies seront rendues conformes aux règles de l'écriture du français, comme par exemple, « douçâtre » remplace « douceâtre  », ou à la cohérence d'une série précise, « boursoufler » devient « boursouffler » comme « souffler  », « chariot » devient « charriot » comme « charrette »).

 

 

A vos Jeux !!!

 

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mardi, 27 janvier 2009

Fôt il simplifié l'ortograf ?

Notre chère orthographe fait couler souvent beaucoup d’encre. Elle suscite un débat sans trop d’invectives ni d’étalages tignous4.jpgcomplaisants de sa vie privée (comme il arrive souvent dans la blogosphère). Mais pourquoi cet engouement, périodique certes, mais néanmoins persistant ?

Des défenseurs de la langue française du 16e à ceux de nos jours, force est de constater que les raisons ont changé. Dès qu’il est question de réforme de l’orthographe, ce sont surtout les partisans de ce qu’il faut bien appeler l’immobilisme qui s’expriment. La motivation psychologique reste souvent mue par le ressentiment, du genre « j’en ai bien bavé pour apprendre toutes ces chinoiseries, je ne vois donc pas pourquoi les autres en devraient en faire autrement !» D’ailleurs, la différence entre les registres de l’oral et de l’écrit tend à renforcer cette posture.

Plus sérieusement : si la question soulève tant de passions dans les cercles fermés d’initiés mais aussi dans toute la société, c’est sûrement qu’on touche là à un symbole. Plus qu’une question d’identité, il s’agit bien de toucher aux normes constitutives de conventions sociales établies : réputée la plus ardue des langues européennes, l’orthographe française s’est vue au fil des siècles accumuler tout ce qui a fait sa richesse.

C’était sans « prévoir » les difficultés énormes d’en maîtriser toutes les normes. Il apparaît donc presque légitime de vouloir la simplifier aujourd’hui. L’origine de cette volonté de changement se trouve dans l’observation d’un fait de société se résume en ces termes par les linguistes modernes, André Chervel en tête, tenants de la thèse :

Ø      pour éviter que l’orthographe devienne une pratique d’élite et vu l’extrême difficulté pour les élèves d’en maîtriser les règles, il conviendrait de la simplifier.

Mettons ici de côté l'argument "social" qui voudrait que les règles d'orthographe ont pour but l'exculsion. D'un point de vue technique, les propositions ne manquent pas : suppression de certaines lettres étymologiques, des consonnes doubles inutiles à la prononciation, maintien des cinq voyelles en laissant tomber d' autres sons, etc. Une simplification ne rimerait pas avec un appauvrissement de la langue. Loin s'en faut ... L'allemand connaît 112 règles depuis 2007 à la place de 212. L'italien, autre langue indo-européenne, d'origine latine, "a opté" pour une certaine musicalité, avec une orthographe plutôt phonétique, ce dès sa codification; si le français abandonnait certaines absurdités tout en gardant ses structures historiques fondamentales, cela n'enlèverait rien à sa clarté. Par exemple, si accepter "se justifie" plus que difficile, c'est que les deux consonnes cc ont lieu d'être contrairement aux deux f; filosofie ou rétorique se conçoivent aisément tout comme pous ou eaus; enfin, innovation pourrait s'écrire sur le modèle d'iniquité, avec un seul n.

 

tignous3.jpgLe problème est bien plus politique que culturel. Reste à savoir si le politique suivra … Quelle autorité aura le courage de proclamer un « Oui, nous le pouvons ! » ? Autant dire avec Coluche : « les technocrates, si on leur donnait le Sahara, dans cinq ans il faudrait qu'ils achètent du sable ailleurs » alors que des solutions intelligentes, sensées, réelles existent !

 

Et puis, il y aura toujours plus puriste que les puristes comme il y a plus royaliste que le roi…

 

 

 

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samedi, 10 janvier 2009

Omar Khayyâm, poète musulman

O coeur, puisque en ce Monde, au fond tout est chimère,
Pourquoi tant de soucis devant ce long calvaire?
(Omar Khayyâm) 

slave.jpgQui n’a pas entendu parler du savant persan musulman Omar Khayyâm ? Révéré comme l'un des plus grands mathématiciens et philosophe du Moyen Age, il vécut au XI e siècle. Connu pour avoir traité des équations cubiques, cet esprit encyclopédique embrassa tous les savoirs ainsi que divers postes honorifiques. Directeur de l'observatoire d'Ispahan en 1074, il réforma - à la demande du sultan de l’époque - le calendrier persan (=la réforme Jelaléenne).

Il nous livra des quatrains reconnus universellement, qu'on peut s'octroyer en traduction dans nos librairies. Au delà du premier degré hédoniste, ces poèmes sont des véritables perles mystiques où  Khayyâm prôna l'ivresse de Dieu ainsi que les plaisirs de la dive Bouteille. Se disant infidèle mais croyant, déiste mais ne pratiquant pas les dogmes de sa religion, le poète garda toute sa vie une distance par rapport à l’islam orthodoxe.

Considéré comme un matérialiste « moderne », dasn le sens où il n'existe aucune extase au-delà de notre nature charnelle, il fit de la figure du vin, une sorte de manne céleste, un présage divin.

(XXVI) Sache ceci : que de ton âme tu seras séparé,

Tu passeras derrière le rideau des secrets de Dieu.

Sois heureux … tu ne sais d’où tu es venu ;

Bois du vin … tu ne sais où tu iras.

Aussi, si les interprétations à géométrie variable se collent à la culture arabe, on devrait aisément faire la différence entre les positions officielles (et les intérêts particuliers de ceux qui le défendent) et l’appel des gens dans la guerre sans fin qui déchire le Moyen-Orient. Omar Khayyâm dit par exemple :

(VI) Le Koran, que les hommes nomment le Mot suprême,

On le lit de temps à autre, mais qui le lit sans cesse ?

Ah, sur les lignes de la Coupe, un texte adorable est gravé

Que la bouche, à défaut des yeux, elle-même, sait lire.

A l’aune du grave incident survenu dans l'affaire du journaliste (musulman, de surcroît) interdit d’accès dans la mosquée parce que ses articles déplaisent à « l’intelligentia » en place, on peut se demander au cas où ces vers avaient été publiés aujourd’hui (le serait-ils, déjà ?), si l’auteur aurait subi le sort réservé aux « libres penseurs », à savoir cent coups de fouets ou/et la pendaison sur la place publique, sous les huées de la foule.

Notre grand intellectuel Tariq Ramamdan, musulman et genevois, l’invité de cette soirée en l'occurrence, qu’en pense-t-il ?…

 

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