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mercredi, 24 novembre 2010

Couvre-feu et état d’urgence en Guinée : Hadja Rabiatou Sérah Diallo, Présidente du Conseil National de Transition (CNT) en appelle à la paix

De passage à Genève, dans le cadre de la tenue du Conseil d’administration du B.I.T., dont elle est la vice-présidente, Madame Hadja Rabiatou Sérah Diallo, a donné une conférence au sujet du déroulement des élections présidentielles en Guinée-Conakry, notamment entre les deux tours. « Je remercie le directeur général du B.I.T., M. Somavia pour son incessant soutien à la transition guinéenne. », précise-t-elle. Si le premier tour s’est bien passé le 27 juin, il n’en est pas de même pour le second tour prévu le 19 septembre ; plusieurs fois reporté, il a finalement eu lieu le 7 novembre, portant aux nues Alpha Condé à 52,52% des voix.

 

Présidente du Conseil National de Transition (CNT), Madame Hadja Rabiatou Sérah Diallo tient à exprimer sa profondeRabi(web).gif tristesse pour les tragiques événements survenus à cette occasion historique pour le pays, mettant fin à 52 années de régimes dictatoriaux. « Il semble qu’on oublierait le chemin parcouru et combien nous avons souffert ensemble dans les négociations pour sortir le pays de la crise. », déplore-t-elle. Pour le résultat final, il faut attendre officiellement l’annonce de la Cour Suprême mais elle rappelle que la Guinée a déjà gagné une victoire grâce aux accords de Ouagadougou : en quelques mois, le général Sékouba Konaté, dont la mission essentielle est de garantir les conditions pour la transition, a su mettre en place les structures nécessaires dictées par les textes constitutionnels élaborés par le CNT. Cependant, alors que le maître-mot du CNT est le consensus, les deux candidats n’ont pas réussi à se mettre d’accord et il faut attendre que les plaintes soient traitées avant de promulguer le nom du candidat vainqueur. Les acquis de la transition restent fragiles. « La destruction de biens et des tueries déchirent le pays comme dans le passé. Il est dommage que les deux frères, Alpha Condé et Cellou Dalein Diallo n’arrivent pas à s’entendre quant à l’issue du scrutin. » signale Hadja Rabiatou Sérah Diallo

 

Elle en appelle à la paix et exhorte la communauté internationale pour l’y aider afin que le pays ne finisse pas en un bain de sang car selon ses termes « ramener la paix en Guinée avec un pouvoir élu démocratiquement, pour la première fois, c’est ramener la paix dans les quatre sous-régions, inégales au niveau de l’accès à l’eau, l’électricité, à la santé. Pour atteindre cet objectif, le CNT a déjà réuni les 4 coordinateurs régionaux. Tous les acteurs de la transition souhaitent la paix … Les Musulmans et les Chrétiens ont aussi ce point en commun. »

 

Madame Hadja Rabiatou Sérah Diallo rappelle que le but de la transition est de développer l’unité nationale et ces élections démocratiques, libres et transparentes en sont le ferment. Elle compte sur les médias pour jouer le rôle attendu dans le renforcement de cette unification. Au sujet des soi-disant luttes ethniques entre Malinkés et Peuls, respectivement les camps d’Alpha Condé et Cellou Dalein Diallo, la Présidente du CNT précise qu’elles ont été instrumentalisées par l’opinion publique pour attiser le feu dans cette élection alors ces deux ethnies principales cohabitent pacifiquement au quotidien. Le seul problème sera de convaincre le perdant de la légitimité du vote ultime (et non de réconcilier un antagonisme inexistant).

 

Les dernières émeutes montrent que le chemin est encore long mais l’ordre constitutionnel a été respecté à tous les niveaux. L’armée continue sa réforme engagée dès le début de la création du CNT. Séparée de la FOSSPEL (corps de police et de la gendarmerie), elle ne se mêle plus des troubles ; ce rôle est désormais dévolu aux agents de l’ordre public. L’éventualité d’un coup d’Etat militaire est donc écartée. Pour l’heure, l’état d’urgence décrété par le chef d’orchestre de la transition, le général Sékouba Konaté, vise à protéger la population et leurs biens, ce jusqu’à la publication des résultats définitifs ; mieux formée, éduquée à se mettre au service des citoyens, assurant sa fonction d’arbitre jusqu’au bout l’armée est devenue républicaine et ne fait plus courir de risque à la Guinée. Pour Hadja Rabiatou Sérah Diallo, le bébé est né ! Et ce nouveau-né est la Guinée moderne .

 

Elle conclut en remerciant pour toutes les personnalités, dont le président sénégalais M. Wade et le président l’Organisation internationale de la francophonie M. Diouf, qui se sont mobilisées pour que ce pays connaisse enfin une issue heureuse.

 

lundi, 22 novembre 2010

Une ministre, ex-top modèle, jette l'éponge

 

carfagna1.jpgOn se souvient cet été du divorce à l’italienne entre G. Fini et S. Berlusconi. D’autres démissions suivront … A. Brancher, ministre sans portefeuille pendant seulement 15 jours, proche de S. Berlusconi et de son allié U. Bossi démissionne avec fracas devant les magistrats du tribunal qui étaient en train de le juger dans une affaire mettant en cause une grande banque italienne pour lui avoir versé plus d’un million d’euros dans le but de racheter une autre banque en faussant les règles du marché.

 

On peut continuer sur la même lancée pour les cinq dernières abdications.

 

Mais on apprend que Mara Carfagna, l’ex-Miss Italie, nommée à l’Egalité des chances claque la porte du gouvernement et … du parti de son big boss. C’est un coup de théâtre ressemblant à un coup d’état contre cet Etat déjà empêtré dans une crise politique interne et entaché par les frasques du grand manitou.

 

Si sa nomination avait fait couler beaucoup d’encre à l’époque, nul doute que sa démission en fera de même. Pour la petite histoire, les mauvaises langues lui prêtaient des relations de complaisance avec le Cavaliere, une carrière sans mérite pour un poste fictif avec un cahier des charges des plus flous. C’était sans compter que la femme de charmemaracafargna.jpg déployait un programme choc pour la protection des travailleurs du sexe, contre les mutilations des organes sexuels de femmes musulmanes, la protection contraceptive des tous sans discimination.

 

Après tout, chacun a le droit de mener plusieurs vies, sans être cantonné à une unique étiquette ! (Et il y a si peu d’opportunités dans la vie, et tant de gens sont frustrés de leur environnement professionnel à cause d’une loi du milieu aussi discriminatrice que les pires organisations mafieuses sans ça en porte le nom, qu’il faudrait être idiot pour ne pas sauté sur l’occasion.)

Pas moins compétente que bien d’autres, elle aura su jouer sa partition. D’ores et déjà, on sait que le personnage manquera … On apprendra peut-être des révélations palpitantes bientôt; la seule chose que l'on sait est que son départ est dû à une altercation avec l'empereur gominé suite aux fausses promesses proférées pour la destruction des déchets napolitains (sa région d'origine). Bonne continuation à elle !

09:43 Publié dans Politique | Lien permanent | Commentaires (6) | Tags : ministère italien, démission, mara carfagna | |  Facebook

jeudi, 28 octobre 2010

Interview d’Abderamane Djasnabaille, Ministre au Tchad sur le Cinquantenaire de l'Indépendance

"Dormir sur la natte de l’autre n’offre pas une nuit paisible" (proverbe tchadien)

 

 

De passage à Genève, Abderamane Djasnabaille, Ministre des droits de l'homme du Tchad, un pays douloureusement ébranlé par des guerres effroyables, nous livre son opinion au sujet de la réalité (ou l'illusion) de l'indépendance des pays africains francophones dont nous fêtons le 50e anniversaire. Alors qu'à la sortie de deuxième guerre mondiale, la décolonisation ne faisait pas partie des priorités européennes, nous commémorons officiellement cette année-ci le Cinquantenaire de l'Indépendance des 14 pays francophones. On se demande comment le Tchad a vécu ce tournant historique daté du 11 août 1960, marquant à jamais leur souveraineté en matière de gestion politique, économique et sociale. 

 

Abderamane_Djasnabaille_web.jpg

 

Abderamane Djasnabaille pense que l'accès à l’indépendance présente indéniablement une avancée ! Pour la forme, les Africains concernés ont pu assumé leur liberté même si en réalité elle n’a jamais été effective. Avoir des droits, c’est bien, mais sans le pouvoir de les exercer, cela ne sert à rien. Nous avons dû faire face continuellement à des décisions qui provenaient d’ailleurs sans que nous soyons concertés à aucun moment des processus décisionnels. Ceux qui n’étaient pas d’accord étaient mis au pas comme ce fut le cas pour le président François Tombalbaye. Les dictateurs étaient en grande partie le fait du pouvoir centralisé de la métropole française.

 

Depuis cet événement, le peuple africain peut décider par lui-même, et surtout, il a pu apprendre à décider ; en nous frottant au système politique, éducatif et militaire occidental, nous avons pu évoluer dans ce sens alors que sous un régime colonial, c’était le rapport de force qui prédominait. Mais il reste encore un long chemin pour jouir de notre souveraineté. Nous nous battons toujours pour cette indépendance proclamée. Sur ce point, il eût fallu trouver une date commune à tous les Etats africains concernés; une vision panafricaine de la gouvernance constituerait un avantage certain et désormais un but incontournable !

 

Quant au fond, la question laisse perplexe ... L’Afrique est riche en ressources naturelles mais également humaines. Mais nos richesses sont systématiquement drainées vers l’étranger. Il nous est demandé de cultiver les ressources tirées de notre sol mais nous ne recevons pas en retour les bénéfices de notre travail. Les prix sont fixés par Paris aussi bien pour les ventes que pour les achats.

 

Par exemple, l’activité cotonnière, première source des devises dans le pays fait vivre plus de 2 millions de paysans mais ne connaît pas les retombées économiques attendues car les sociétés nationales occidentales exploitantes ne redistribuent équitablement pas le fruit de la production. Autre exemple : il a été dit que le Tchad ne renfermait aucune ressource en pétrole … si ce n’est à partir de 2030 alors qu’en fait, ce n’est pas le cas; les experts du service de recherche d’une multinationale française bien connue avaient simplement voulu cacher cette réalité. Ce mensonge avéré a eu pour conséquence les guerres civiles qui ont déchiré le pays durant si longtemps.

 

Notre développement économique se trouve sans cesse entravé à cause du manque de leviers nécessaires à une action réfléchie et responsable.

 

Depuis lors, une société tchadienne de pétrole a été créée et nous avons rompu avec la Banque Mondiale. Le remboursement des investissements a été réglé en 3 ans et la somme de 150 milliards a été déposée pour le compte des générations futures avec la construction de 400 écoles et 400 dispensaires sur toute la surface du pays. Avec l’aide de la Banque Mondiale aux infrastructures pétrolières, le Tchad ne percevait que les royalties, des miettes en somme, et se trouvait devant l’obligation de devoir brûler du gaz à leur demande. Nous avons ainsi mis fin à un rapport de domination.

 

Pour se débarrasser définitivement du modèle colonial, il faut développer l’éducation car l’ignorance empêche le libre-arbitre. À l’exception du Sénégal, grâce à Senghor, le reste de l’Afrique est demeurée à la traîne à cause de ce manque cruel, rendant impossible les conditions de réflexion, à la base de la capacité de livrer des conseils techniques et au final de prendre les bonnes décisions pour une autogestion de toutes les affaires. Pour aperçu, un changement de taille touche désormais le sort des fillettes : il s’agit de les scolariser et d’interdire les mariages forcés de mineures, l’âge légal étant fixé dorénavant à 20 ans. Il faut tout de même préciser que cette évolution des mœurs sociales et juridiques ne peut s’accomplir sans partir des structures mentales des Africains ; elle ne peut découler d’un décret stipulé « d’en haut » !

 

lac-tchad.jpg

 vue sur le Lac Tchad

 

 Post-scriptum : à lire 2 interviews  :

 

http://www.unspecial.org/UNS701/UnSpecial_Decembre_2010_WEB.pdf

 

http://www.lesafriques.com/actualite/abderamane-djasnabai...

 

vendredi, 17 septembre 2010

Report du second tour en Guinée

Le 7 septembre 2010, une conférence sur l’état des lieux de la transition en Guinée a eu lieu à Genève.

 

Sous la houlette du médiateur de la crise institutionnelle guinéenne, Monsieur Blaise Compaoré, Président du Burkina Faso, lors de cet accord entre les 2 candidats en lice pour le 2e tour le 3 septembre à Ouagadougou, Cellou Diallo de l’Union des Forces Républicaines de Guinée et Alpha Condé du Rassemblement du Peuple de Guinée, la RADDHO, entre autres organisations internationales soucieuses de la paix, reste très préoccupée par la montée de la tension entre les militants des deux candidats, soldée d’ores et déjà par la perte d’une vie humaine et une cinquantaine de blessés graves durant la nuit du 10 au 11 septembre de cette même année à Conakry.

 

Si la RADDHO a salué publiquement la signature de l’accord portant sur le code de conduite à adopter pour les élections présidentielles, force est de constater qu'il subsiste de réels risques de confrontations entre ethnies, partisans de l’un ou l’autre candidat, qui pourraient se terminer même en une guerre civile. Tout d'abord, elle condamne fermement ces manifestations violentes, incompatibles à la règle du jeu édictée lors du protocole d’accord indispensable pour la cohésion du pays.

 

Le fait d’avoir dû reporter la date du second tour prévue pour le dimanche 19 courant constitue un fait alarmant, notamment suite aux tensions d'une violence extrême survenues le week-end passé. Il est à espérer que chacun des organismes officiels mis en place pour ces premières élections démocratiques, dont le CNT, arrivent à assumer leurs responsabilités face à cet état de fait afin que tous ces efforts entrepris durant cette année ne finisse pas en un bain de sang. Le dépôt du matériel électoral a été incendié hier soir ... La Guinée est à l'heure actuelle dans une impasse qu'il serait de mauvais augure de miniser. La question subsiste : à qui profite ce report?

mardi, 07 septembre 2010

Le Conseil fédéral reconnaît formellement l'excision comme un crime punissable

berlusconi_gheddafi.jpgOn est tous assaillis ces jours par de nouvelles insultes d’une violence inouïe du colonel Kadhafi à l’encontre d’un continent dont il rêve paradoxalement d’être le président. Ces insanités ont été émises dans la Ville éternelle à l’occasion d’un petit coucou fait à son cher ami Berlusconi pour fêter ensemble le dernier jour du Ramadan.

 

Le Fou de Syrte nourrit ses dires en faisant le prosélytisme de la religion islamique en exprimant une volonté propre à ce qu’elle devienne la première religion européenne, ce toujours dans la Rome chrétienne.

 

Environ 500 jeunes femmes venues l’écouter sont reparties avec le Coran traduit engheddafi_ragazze_corano.jpg italien sous le bras … convaincues ??? que la femme en Orient est mieux traitée qu’en Occident, selon l’argumentation fine du Leader Maximo.

 

Afin de se remettre les neurones en place en cette rentrée déjà très chargée, on apprend heureusement ces jours une nouvelle de taille concernant l’état des travaux sur la lutte contre les mutilations génitales féminines dans notre pays, initiées par l’UNICEF-Suisse en 1999. Toutes les dix secondes, une jeune fille est excisée dans le monde et cette monstruosité concerne aussi les immigrées dans notre pays, lesquelles subissent ce sort tragique et douloureux notamment pendant les vacances scolaires.

 

sion.jpgOr, nos us et coutumes ainsi que nos lois interdisent ces cruelles pratiques, reconnues aussi de barbares par moult citoyens de ces mêmes pays qui les promeuvent. Elles tombent simplement sous le coup du Code pénal vu qu’elles constituent des lésions corporelles graves, une atteinte à la dignité humaine et une maltraitance des mineures innommable. En exemple, des parents somaliens ont été condamnés en 1996 dans l’Oberland zurichois pour avoir fait exciser leur fillette de deux ans.

 

En 2008, les parlementaires fédéraux ont commencé à prendre à bras-le-corps ce problème humain, juridique, politique. L’UNICEF-Suisse poursuit ses efforts de sensibilisation et de prévention dans les pays concernés … et le parlement fédéral s’est doté d’une motion exigeant la mise en place des mesures allant dans ce sens. C’est désormais un fait : le Conseil fédéral a annoncé le 25 août 2010 ( cliquer ici ) sa position en vue de l’introduction d’une norme pénale uniforme. Fortes de ce statut juridique, les mutilations génitales seront dorénavant poursuivies ainsi que les actions politiques de prévention ici comme dans le pays étranger .

 

Une autre actualité vient alimenter cette réflexion avec Sakineh Mohammadi Ashtian, l'Iranienne condamnée à être lapidéepetanque-islam.jpg et qui mobilise l’opinion publique mondiale au point de traiter lapidairement Carla Bruni de prostituée italienne par les tenants de ces pratiques inhumaines, ce qui fait dire à Roberto Saviano qu’ abandonner cette femme à son destin, c’est comme jeter la pierre à toues les femmes. On connaît par ailleurs le combat d’une autre Iranienne, la musulmane Shirin Ebadi, Nobel de la Paix, contre ces exactions ...

 

Dans la cacophonie générale qui règne ces jours, je pense qu’il s’agit d’une information qui méritait d’être relevée … Un signal fort a été donné. On ne peut pas impunément accomplir des actes d'une ignominie telle au nom de "phantasmes multiculturels"; les valeurs véhiculées par la Charte des droits humains sont universelles! Gageons que les débats publics sur les dangers d'un islamisme radical rampant de ces derniers mois et la réaffirmation du principe de laïcité n'aient pas été un vain mot. La politique helvétique a heureusement pris le train en marche!

samedi, 04 septembre 2010

Le 19 septembre 2010, 2e tour des élections démocratiques en Guinée

Le 19 septembre 2010, la Guinée vivra son second tour des Présidentielles! À la suite du premier tour le 27 juin dernier déroulé sans incident grâce au long travail d’une Dame étonnante, Madame Hadja Rabiatou Sérah Diallo, Présidente du Conseil National de Transition, est venu le moment crucial de cristalliser le choix d'un nouveau régime.

 

Pour l'occasion, un débat public sur la transition et le processus électoral aura lieu mardi 7 courant au B.I.T., de 15-17 h (salle V-R3 Sud).

 

Des questions relatives à la situation socio-économique et politique en Guinée seront soulevées en profondeur avec 

 

Ø       M. Elhadj Abdoulaye Lelouma Diallo, Membre du Conseil National de la Transiton (CNT) et Représentant de l’Organisation de l’Unité Syndicale Africaine (OUSA) à Genève

 

Ø       Biro Diawara, Représentant du CECIDE et de la RADDHO à Genève, assurera le rôle de modérateur

 

 

« En démocratie, écrivait Ernest Naville, le droit d’être représenté appartient à tous, celui de gouverner appartient à la majorité. » Que ce soit d’un point de vue interne ou de ses relations internationales, la mise en place de ce type de gouvernement constitue la première pierre sur laquelles on peut fonder ses échanges! 

 

Qu'un pays ayant vécu sous le joug d'une dictature sanglante en vienne à connaître des élections démocratiques, libres et transparentes, est un grand moment!

 

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L’événement est ouvert au public, libre d’accès et gratuit …

 

dimanche, 27 juin 2010

Victoire démocratique de la Guinée

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La Guinée vit des heures uniques ...  une élection présidentielle historique ! Se voulant libre, transparente et démocratique, cette élection est en effet une première.

 

 "La dictature est une forme autoritaire dans laquelle tout ce qui n'est pas obligatoire est interdit", disait Léo Campion. Le pays a connu pour la première fois les débats publics et un réel recensement de la population votante à l’intérieur de ses terres comme à l’étranger, avec un bureau de vote instauré à Paris. Près de 4 millions d’électeurs ont ainsi pu exprimer leur volonté en leur âme et conscience … pour la première fois. Cet acte civique et politique met fin en quelque sorte à un demi-siècle de dictatures, civiles et militaires, ce après seulement 9 mois le massacre honteux de près 156 opposants selon une source officielle. Il n'est point de justice que par la force ...

 

2010 marque un anniversaire capital en milieu international : les 50 ans d’indépendance. Cette élection paraît donc doublement importante. À une période de 26 années, très sanglante, où le père de l’indépendance , Ahmed Sékou Touré, "président à vie", régna en maître absolu, succéda un régime militaire de 24 années sous la houlette du général Lansana Conté.

 

En ce jour, les Guinées souhaitent croire à la paix. La grande nouveauté est que chacun est libre de choisir son candidat et les militaires votent même « en civil » … Si l’on doit attendre mercredi probablement jusqu'à pour les résultats provisoires, il faudra peut-être s’attendre à un deuxième tour. Là, c’est encore un signe d’un changement des temps … le terme d’un demi-siècle de junte militaire et de coups d’état forcés.

 

Ce n’est pas sans rappeler que cette élection libre, démocratique et transparente a lieu grâce au Conseil National de Transition mis en place depuis les événements de septembre 2009 incarné en la personne de Madame Hadja Rabiatou Sérah Diallo, présidente, qui continuera à officier afin que la paix sociale soit assurée ( cliquer ici ). Car comme le clamait un illustre pionnier  de la démocratie représentative au 19e siècle : "En démocratie, le droit d’être représenté appartient à tous, celui de gouverner à appartient à la majorité!"

 

guinée1.jpg

 

mercredi, 16 juin 2010

Elections libres, transparentes et démocratiques en Guinée et le Conseil National de Transition

Des événements qui tissent la vie quotidienne à Genève, il en est un qui rameute beaucoup de mondecarte_guinee.jpg provenant  des quatre coins de la terre. Les rues et les trams en attestent … La 14 session des droits de l’homme déploie actuellement ses panels et dévoile ses personnalités dans toute sa splendeur. À la veille des élections en Guinée, une Dame est venue parler des enjeux de cette échéance en termes de liberté, de transparence et de démocratie.

 

Loin des discours langue de bois qui finissent par faire ronfler l’auditoire tant la manivelle est souvent trop bien rodée et connue d’avance, Madame Hadja Rabiatou Sérah Diallo est venue nous parler de l'institution qu'elle représente, en qualité de Présidente du Conseil National de la Transition en Guinée (CNT).

 

La calme marmoréen qui se dégage de son visage lisse aux contours généreux frappe au premier abord tant l’aspect jure avec le sujet chaud, passionné, déchirant. De ce régime répressif dont elle connaîtra des drames inoubliables, Madame Hadja Rabiatou Sérah Diallo en a tirés les grands axes qui guideront son existence. En cette année du 50e anniversaire de l’indépendance des pays africains, elle aime à reconnaître que le seul fait de travailler dans un bureau constituait en soi une grande conquête … pour les femmes ! Son parcours est à l'image de ses idéaux : conjointement à sa fonction de secrétaire de direction, elle mène des actions syndicales (dont l’importance du mouvement ne fait plus de doute dans les processus d’indépendance). Devenue haut fonctionnaire du BIT, elle poursuivra son combat pour l’exercice des droits sociaux et économiques ainsi que … politiques et civils.

 

Son pays traverse une crise politico-sociale sans précédent en 2007; les meurtres se succèdent pour la prise du pouvoir. Afin d'éviter que de nouveaux affrontements sanglants n'aient lieu pendant cette période d'élections prévues le 27 juin 2010, un Conseil National de Transition est créé, avec le soutien d’autres états. C’est dire que ce beau et vaste pays sort de son désert médiatique, ignoré même des touristes tant ses richesses restent méconnues du grand public.

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lundi, 14 juin 2010

Enfin libre!

 

« Le plus grand mal, à part l’injustice, serait que l’auteur de l’injustice

ne paie pas la peine de sa faute. » (Platon, Gorgias)

 

 

Il est libre Max ! Y en a même qui l’ont vu voler ! Enfin, l’otage Max Göldi a pu s'envoler et foulé cette nuit le sol suisse, ce après 23 mois ou 695 (et +) jours de captivité …

 

N’étant ni un prisonnier de droit commun (son emprisonnement ne résulte pas d’un délit commis, si ce n’est d’avoir été là au mauvais moment et arbitrairement désigné comme le bouc-émissaire d’un système au sens plein du terme), ni un prisonnier de guerre (qui, pour l’anecdote, à une époque pas très éloignée étaient pris comme esclaves), ni bien évidemment un prisonnier politique (expatrié, travaillant pour le compte d’une boîte privée, il ne représentait pas des idées activistes contre le gouvernement en place ; il n’était pas non plus un professionnel de l’humanitaire gênant quelque vérité et risquant sa peau à chaque instant), Max Göldi restera la victime expiatoire de la folie assassine de quelques orgueilleux  mégalos à la masse.

 

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Jusqu’au bout, nos lèvres étaient suspendues à quelque bonne nouvelle … sa libération de la prison ne signifiant pas encore une liberté retrouvée. L’attente de son passeport et de son visa pour quitter le territoire lybien fut de trop, les deux formalités n’ayant pas été bouclées en même temps.

 

Une chose est sûre pourtant : Max Göldi est de retour parmi les siens ! Mais le délire juridique et le vide diplomatique qui ont entouré cette tristissime affaire devraient faire pâlir de honte plus d’une personnalité « de haut niveau » dont la fadeur et la lâcheté ne font plus de doute.

 

Pour espérer en savoir plus, glaner les infos clés il faudra aussi attendre, à considérer qu'un jour, les langues se délieront ... L’heure des comptes s’ensuivra d'après le décompte des jours … Pour l’heure, l’ordre reste renversé :

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-         le plan d’action signé en vue de la constitution d’un « tribunal arbitral » (idée pourtant auparavant abandonnée) prévoit injustement une indemnisation aussi disproportionnée qu’insensée. La victime paie et le bourreau s’en tire avec le pactole;

 

-         au lieu que le clan Kadhafi présente ses excuses et tente de réparer son erreur, c’est encore la Suisse qui baisse son froc … (à moins que ça soit une stratégie … pour sauver son honneur une fois le manche du couteau changé de mains).

 

Dans cette attente, espérons que des politicards ne tirent la couverture à eux et instrumentalisent ce drame humain pour des raisons électorales comme on l’a déjà constaté ces dernières mois … alors que des amis et membres de la diplomatie, africaine notamment, ont œuvré discrètement (eh oui, cette vertu reconnue usuellement comme helvétique) en coulisse avec leurs homologues lybiens, sans oublier l'ONG Amnesty Internationale et Otages du monde. Mais ça c’est une autre histoire et l’histoire est souvent ironique ! Parions toutefois que les vérités éclateront bientôt … Espérons scerètement que les actions de soutien qui lui ont été témoignés ci et là durant ces deux interminables années lui soient parvenues et auront su le faire sentir un peu moins seul. Bienvenue à Max Göldi dans sa patrie et sa famille!

 

 

 

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dimanche, 16 mai 2010

La Lybie, héraut des droits de l'homme

1065259587.jpgUne fois encore l'absurde atteint des sommets. Décidément, la réalité dépasse parfois la fiction … La Lybie élue au Conseil des droits de l’ONU *, malgré les exhortations de 37 ONG reconnues en la matière à ne pas voter pour elle, constitue une information qui tombe comme un oxymore ! Mais ça n’est malheureusement pas une blague  …

Les 192 Etat membres auxquels étaient adressés ces appels restés sans écho se sont laissé happer par la Jamahirijya lybienne : 155 voix à bulletins secrets lui ont été attribuées ! L’orchestration du résultat n’en est pas moins « drôle ». l’insigne charge de l’annoncer devant l’Assemblée générale a été dévolue à Ali Triki, qui est de nationalité lybienne!

Le colonel Mouammar Kadhafi peut donc continuer à se frotter les mains … Des rapports officiels pointent du doigt les graves exactions aux droits humains fondamentaux, un compatriote, Max Göldi, reste l’otage du terrorisme d’Etat en place depuis 667 jours, ce avec ne suite d’épisodes aussi dramatiques que scandaleux, un djiad lancé contre un pays souverain comme la Suisse (tout comme son appel à le démanteler à différentes occasions) n’auront ainsi pas convaincu des personnalités à hautes responsabilités que la défense des droits de l’homme n’est pas un jouet dans le mains de potentats avides et sanguinaires.

On sait qu’il fut loué par un sociologue occidental pour son interprétation des valeurs universelles de la Charte  en le faisant le héraut des droits de l’homme mais pousser le witz jusque là reste problématique pour une institution de cette envergure. Dans son essence, lesmouammar-kadhafi.jpg mécanismes des droits de l’homme ne découlent pas de la force, bien au contraire …

Il faut dire que les manœuvres de coulisses ont été savamment conduites … un nombre égal à celui des sièges à repourvoir évitant une élection compétitive (paradoxalement) ont sauvé la mise ! Grâce aux 4 places dévolues au groupe Afrique, l’Ouganda, la Mauritanie, l’Angola ont été assurées de siéger aux côtés de la Lybie (bien qu'elle ait perdu sa place de numéro 1 sur le continent). Il faut préciser que ce jeu des chaises musicales ne correspond pas à la logique des quotas : les candidatures suisses à des postes à l'ONU sont systématiquement discriminées au profit de profils le plus souvent moins engageants. Le cynisme - sans contre-pouvoir - dans toute sa splendeur!

 

* Le Conseil des droits de l'homme de l'ONU a été créé en 2006. Pour remplacer une Commission, qui avait elle-même été discréditée parce que des pays au bilan peu glorieux en matière de droits de l’homme pouvaient y siéger.

18:49 Publié dans Politique | Lien permanent | Commentaires (24) | Tags : droits de l'homme, kadhafi, lybie, suisse | |  Facebook