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mardi, 04 février 2014

FACEBOOK fête ses 10 ans

 

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Facebook souffle ses 10 bougies. Le réseau social a provoqué une révolution planétaire sans précédent. Le fait de pouvoir être connecté à toute heure avec le monde entier a entraîné un changement dans les relations humaines irréfutable, qui appelle quelques remarques.

Il arrive que les hiérarchies "s'estompent" par la magie de l'interactivité directe. L'illusion est entretenue par l'immédiateté de l'échange.

L'utilisation du téléphone a connu une baisse d'attractivité tant le tchatting remplace l'outil vocalisé.

De touts les sentiments, c'est la colère qui est le plus exprimé et le plus contagieux.

La propagation d'une information se fait presque à la vitesse de la lumière. Il permet ainsi d'emmagasiner une foule de connaissances comme jamais avant dans l'histoire.

Certains décrient la superficialité des rapports entre facebookeurs. Personnellement, je ne m'en plains pas ... La nature de ces rapports humains entretenus par le réseau ne se trouve pas affectée. Le seul malaise qu'on pourrait relever est la gestion des différents publics avec lesquels on se trouve connectés. Comme l'expliquait déjà un célèbre orateur latin : un message se construit en fonction de qui, à qui, où, quand, comment il s'exprime ... les trois critères de Cicéron à remplir ne constituent pas la seule référence. Le défoulement, la déconnade s'invitent sur la place publique. Des informations qui renferment le pouvoir de changer la face du monde y sont révélées. Mais le pillage des données demeure le problème crucial en termes déontologiques, soit de reconnaissance de l'émetteur et de certains destinatairent qui en tirent profit.

Des miracles produits grâce à ce nouvel instrument de communication, on en compte par milliers : retrouvailles, maintien d'un contact avec des personnes connues résidant sur d'autres continents, la création de nouveaux contacts, qui pour certains importunent à cause de la malhonnêteté de leur procédé et d'autres apportent étonnement, sympathie et parfois un nouveau projet.

Que dire de plus, de cet outil magnifique autant qu'effrayant? Merci, quand même !!!

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mercredi, 29 janvier 2014

Droits des femmes d'ici et d'ailleurs. Le 6 février, Journée contre l'excision.

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 Il faut le dire tout net : l’excision constitue une violation des droits humains. On se souvient qu’un tribunal en Suisse a condamné cette cruelle pratique subie par une jeune fille faite à l’étranger. Le 11 juin 2008, la justice fribourgeoise a reconnu coupable cette violation infligée à une jeune fille somalienne de sept ans par une compatriote à elle, réfugiée en Suisse.

L’argument juridique portait sur le manquement d’assistance et d’éducation, et fut traduit en une peine de six mois de prison.

Notons que l'UNICEF estime que près de 7000 femmes victimes d’une mutilation génitale sur sol suisse.

 

On sait que les artefacts multiculturalistes n'y font rien à l'affaire.  Beaucoup  trop de personnes souffrent de cette violence ... En plus du film " Fleur du désert" où se produit la bergère somalienne, Waris Dirie, devenue mannequin et chantre de la lutte contre la coutume barbare, on reverra avec plaisir "Femmes sans hommes" de l'Iranienne Shirin Neshat, primé à Venise en 2009 par le Lion Argent à Venise, qui raconte l'état d'indigence de millions de femmes face à la terrible violence orchestrée pour des motifs religieux politisés.

 

À lire mon article paru dans le 700e numéro de UNSpecial, organe de communication de l'ONU, du mois de novembre 2010: http://www.unspecial.org/UNS700/t33.html .

 

 

 

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Cette note fut rédigée sur cette plateforme le 13 novembre 2010. Depuis, une conscientisation du problème a fait son chemin; le sujet a été traité plus assidument dans des débats à l'ONU, entre autre dans le cadre des sessions des droits de l'homme.


L'excision est formellement interdite en Suisse depuis le 1er juillet 2012 pour toute personne résidant en Suisse, même lorsqu'elle se rend à l'étranger.


En Suisse, vivent près de 12'000 femmes issues de pays où l'excision se pratique traditionnellement; plus de la moitié de ces femmes souffrent de troubles de tous ordres. Une sérieuse sensibilisation est véhiculée dans les milieux migrants en provenance des pays où elle sévit, dont les résultats commencent à se faire sentir : moins de cas sont comptabilisés sur sol suisse autant qu'à l'occasion des voyages effectués des fillettes dans leur pays d'origine.


Si une loi ne suffit pas pour interdire un rite aussi cruel ancré culturellement et cultuellement, il est important de poursuivre ce noble effort parti d'un élan de la société civile. Le 6 février, la Journée contre l'excision est là pour nous le rappeler.

21:42 Publié dans Société | Lien permanent | Commentaires (20) | Tags : droits des femmes, excision, suisse, islam | |  Facebook

mardi, 14 janvier 2014

Tunisie : 3e anniversaire d'une transition

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C'était un 14 janvier. L'anniversaire de la transition en Tunisie, marquée par la chute d'un dictateur kleptomane, le 14 janvier 2011, ne passera pas inaperçu. Le New York Times titrait ainsi la une un peu avant le Réveillon.

Les articles de la nouvelle constitution sont en train d'être adoptés. Elle ne portera pas le nom de "laïque" pour des raisons de mauvaise compréhension de sa définition - laïc signifie "séparation des pouvoirs religieux et politiques", et par extension, "séparation de tous les pouvoirs" (par exemple, un éthicien est un laïc dans un milieux médical composé exclusivement de médecins) mais elle stipule la liberté cultuelle dans le respect de la conviction religieuse. Cette acception, plus civile que politique, est une finesse qu'on ne peut ignorer dans ce contexte. En outre, la parité entre hommes et femmes est sauvée. Hérité du premier président d'après la libération, Bourguiba ayant accédé au pouvoir en 1956 et ayant inscrit ce principe dans la constitution tunisienne adoptée en 1959 - ce principe constitutionnel fut salué comme une exception dans la région du Maghreb et d'ailleurs, bien en avance de la plupart des pays européens, pétris d'idéologie droit-de-l'hommiste oubliant sans l'ombre d'une gêne la moitié de l'humanité. L'épisode de la Femen tunisienne a été primordial dans cette évolution tant par son courage politique que par son exemple. Peu soutenue parce que mal comprise par les siens, arguant que ce n'est pas dans la leur culture de se balader au sens littéral les seins nus sur la place publique - par rapport aux Femen de l'Est - elle porte en grande partie la réussite de cette victoire.

L'exception tunisienne s'est poursuivie avec "la révolution de jasmin", initiée en ce 17 septembre 2010 où un jeune dilpômé, Mohamed Bouazizi, s'est vu interdit de vendre ses oranges et qui décida de s'immoler par le feu, dans la merveilleuse ville de Sidi Bousaid. L'évènement est sans précédent et constitua un cas d'école en changeant la face du monde par ce geste hautement tragique. Le dictateur déchu, Ben Ali, s'était penché à son chevet avant d'être destitué le 14 janvier 2011.

Entre-temps, le terrorisme s'est invité dans le théâtre du changement. Des assassinats d'élus à l'ANC de l'opposition ont été commis entraînant des familles endeuillées à jamais et la peur de se voir une révolution confisquée pour tout un peuple. Qui a tué Chokri Belaïd le 6 février, père de famille qui aurait fêté 50 ans cette année-ci? À ce jour l'enquête s'enlise malgré les tentatives de désigner quelques coupables échappés dans le pays voisin, le grand frère, l'Algérie. S'en est suivi l'assassinat politique de Mohamed Brahmi le 25 juillet, quelques jours après l'annonce de nouvelles fraîches concernant le premier martyr. Le 28 août 2013 (juste après la destitution du président égyptien élu, issu des Frères Musulmans, Morsi, et avant la commémoration du drame du 11 septembre), 100 attentats terroristes étaient prévus en Tunisie tandis que le Premier Ministre, ancien Ministre de l'Intérieur, Ali Larayedh, décrétait l'association Ansar Al-Charia (littéralement, Les Partisans de la Charia) de terroriste. Il a démissionné la semaine dernière pour laisser place à un pouvoir indépendant des partis, selon sa promesse. L'homme n'est pas dénué d'humour ... On se souvient de son exclamation en entrant dans l'hémicycle il y a quelques mois : "Hommage à tous ces arbres morts pour autant de langue de bois!"

Le 23 octobre 2012, la nouvelle constitution n'a pas pu être votée comme prévu le 23 octobre 2011 et les ministres ayant signé ce fameux document resté mystérieux - on ne sait pourquoi - qui stipulait qu'ils partiraient à cette date-là, jour de l'adoption du nouveau texte officiel jetant les bases d'une nouvelle société née après une révolution. Les "Dégage! Je m'engage." ont fait leur chemin ...

Il y eut l'exode de nombreux Tunisiens face à cette situation trouble, remontés contre le manque d'opportunités qui ont fait s'occire le jeune vendeur désespéré de se voir confisquer sa marchandise sur l'ordre d'un des frères de l'ex-première dame. Plusieurs pays impliqués dans des programmes de coopération et de développement ont baptisé ce joli pays composé entre mer et désert comme prioritaire. Un Chef d'Etat genevois a eu l'intelligence de s'entretenir avec son homologue tunisien lors de sa venue dans le cadre d'une conférence sur la diaspora ministérielle organisée par l'OIM (Organisation Internationale des Migrations) pour emmancher le dossier des migrants ressortissants du pays en question. L'investissement et l'exportation de deux secteurs porteurs sont à l'arrêt. L'inflation s'incruste durablement au point de provoquer actuellement des guerres de tranchées. Les tuwars font la loi en certaines régions. Les PME peinent à financer leurs importations de matières premières. Le navire va à vau-l'eau ...

Face au parti de l'Ennadha (le pendant des Frères Musulmans d'Egypte, qui vient d'être décrété comme mouvement terroriste dans ce même pays), un technocrate a été nommé pour gouverner le nouveau gouvernement qui doit mener à la votation de la nouvelle constitution - attendue le 23 octobre 2012 et qui a valu aussi l'annulation de la visite officielle de la secrétaire d'Etat du département fédéral de l'Economie en septembre de la même année pour signifier son désaccord avec la "politique" en vigueur - et souhaiter à ce beau et cultivé pays que les groupuscules islamistes ne continuent à détériorer son climat afin que son développement puisse se réaliser, enfin! Parce qu'il le vaut bien.

L'importance n'est pas dans l'étiquette mais dans le contenu...

Il n'est tout de même pas normal qu'un ambassadeur, soi-disant ami, contracte un budget à coups de plusieurs millions pour un projet de coopération et de développement dans le domaine du traitement de l'eau et des déchets dans une région où se déploie un camp d'entraînement de djiadhistes, ni d'octroyer des billets d'avions ainsi que des contrats de travail à des migrants en situation illégale et très peu qualifiés pour le job, tout en ignorant des Suisses méritants.

C'est l'occasion de montrer que la politique internationale - ni la politique, tout court - n'est pas fatalement un jeu de dupes.

Pour terminer sur ce sujet, on relèvera encore que dans le mouvement de cette première semaine de l'an qui signe un tournant pour ce pays, l'ancien Ministre des Affaires étrangères, gendre du président du parti au pouvoir, Rafik Abdessalem, vient d'être inculpé, le 8 janvier 2014, par le pôle judiciaire pour abus de pouvoir et détournement (dont la pointe de l'iceberg a été révélée par la blogueuse Olfa Riahi le 31 décembre 2012 dans l'affaire du Sheratongate) bien qu'il se soit volatilisé ailleurs, sentant l'étau se resserrer sur lui. Et portant ainsi le contre-pied de la constatation amère de Platon du politique : " La rhétorique est la contrefaçon d'une partie de la politique".

(cité dans la Tribune de Genève du mercredi 16 janvier 2014, page 11)

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mardi, 07 janvier 2014

Notre belle langue, une langue animale?

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L’actualité de ce début d’année se focalise sur les dérapages verbaux d’un certain Dieudonné à qui l’on prête beaucoup ou pas du tout d’attention (circulaire officielle visant l'interdiction de ses spectacles).  Rien ne sert ici de s’attarder sur ces apories que le langage résorbe difficilement et qui ne font pas rire tout le monde. L’histoire du loup refait surface aussi avec la volonté exprimée du vert Bové de tuer ces animaux dans un pays voisin, soit le nôtre, et dont on ne devine que très difficilement la légitimité. Toute association libre d’idées étant fortuite, ces non-évènements amènent à une petite réflexion  sur un aspect, un peu oublié, de notre belle langue, à savoir les expressions tirées du bestiaire. … Juste pour le plaisir, un texte publié dans le Cahier du Club de la Grammaire (N°154).

« Donner sa langue au chat », « serrées comme des sardines », « rusé comme un renard », les termes empruntés au monde animal ne se retrouvent pas seulement dans les fables de La Fontaine, ils sont partout. La preuve :

Que vous soyez fort comme un bœuf, têtu comme un âme, malin comme un singe ou simplement un chaud lapin, vous êtes tous, un jour ou l’autre, devenu chèvre pour une caille aux yeux de biche.

Vous arrivez à votre premier rendez-vous fier comme un paon, frais comme un gardon.

Pas un chat !

Vous faites le pied de grue vous demandant si cette bécasse vous a réellement posé un lapin. Il y a anguille sous roche et pourtant le bouc émissaire qui vous a obtenu ce rancard, la tête de linotte avec qui vous êtes copain comme cochon, vous l’a certifié : cette poule a du chien, une vraie panthère.

C’est sûr, vous serez un crapaud mort d’amour. Mais tout de même, elle vous traite comme un chien. Vous êtes prêt à gueuler comme un putois quand finalement la fine mouche arrive.

Bon, vous vous dites que dix minutes de retard, il n’y a pas de quoi casser trois pattes à un canard. Sauf que la fameuse souris, malgré son cou de cygne et sa crinière,  de lion, est en fait aussi plate qu’une limande, myope comme une taupe, elle souffle comme une phoque et rit comme une baleine. Une vraie peau de vache, quoi !

Et vous, vous êtes fait comme un rat. Vous roulez des yeux de merlan frit vous êtes rouge comme une écrevisse, mais vous restez muet comme une carpe. Elle essaie bien vous tirer les vers du nez mais vous sautez du coq à l’âne et finissez par noyer le poisson. Vous avez le cafard, l’envie vous prend de pleurer comme un veau (ou de verser des larmes de crocodile, c’est selon). Vous finissez par prendre le taureau par les cornes et vous inventer une fièvre de cheval qui vous permet de filer comme un lièvre.

Ce n’est pas que vous êtes une poule mouillée, vous ne voulez pas être le dindon de la farce. Vous avez beau être doux comme un agneau sous vos airs d’ours mal léché. Il ne faut pas vous prendre pour un pigeon car vous pourriez devenir le loup dans la bergerie. Et puis, cela aurait servi à quoi de se regarder en chiens de faïence?

Après tout, revenons à nos moutons : vous avez maintenant une faim de loup, l’envie de dormir comme un loir et surtout vous avez d’autres chats à fouetter.

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dimanche, 05 janvier 2014

Bicentenaire et bons voeux

 

 « Ce qui constitue une nation, ce n’est pas de parler une même langue, ou d’appartenir à un groupe ethnographique commun, c’est d’avoir fait ensemble de grandes choses dans le passé et de vouloir en faire encore dans l’avenir » (Ernest Renan, in Qu'est-ce qu'une nation?)

 

 

bicentenaire1.jpgLe passage de l’an est marqué annuellement par la commémoration de la Restauration de la République et Canton de Genève. Cette fois, l’évènement a été pointé par le lancement des festivités pour le Bicentenaire de l’adhésion de Genève à la Confédération, inauguré par M. Pierre Maudet (Président de GE200 depuis sa création), qui s'est évertué à préciser les liens tant spirituels que matériels entre les deux "états". 

Peut-on imaginer Genève sans la Suisse et vice-versa, la Suisse sans Genève ? Peut-on imaginer ce que serait devenue Genève si elle était restée française ? Quelques dates … Le 31 décembre 1813, Genève retrouve son statut de république indépendante après quinze ans d’annexion à la France et suite aux défaites de l’armée napoléonienne ; le 1er juin 1814, des Confédérés débarquent au Port-Noir pour inviter les Genevois à entrer dans la Confédération ; en 1815, Genève rejoint la Confédération suite à un appel du pied d’autres confédérés.

À cette occasion, des drapeaux suisse et genevois sont projetés sur les murs de la Tour Baudet et de l’Hôtel-de-Ville, deux cents pots à feu parcourent les contours de la Treille, des roulements de tambours et une marche des Cents-Suisses scandent la manifestation.

Sous une tente chauffée (Dieu, merci !), on pouvait goûter une spécialité helvétique et une genevoise composées de longeole et de rösti.

Une foule de près de mille personne intéressées, provenant de toutes parts ( le reportage de FR3 ) était rassemblée pour participer à l’aventure. Une convive tente d’expliquer à sa voisine : "Ch’sais pas exactement ce qui se fête mais je crois que c’est le jour où les Genevois ont débarqué en Suisse."

Le discours du Vice-Président du Conseil d'Etat genevois, M. Pierre Maudet, retraçait les points forts de cette sagaBI.jpg motivée essentiellement non par un coup d’Etat mais par une volonté réciproque à réunir ses forces de part et d’autre afin de réaliser avec intelligence un destin commun. L’émotion était palpable tant de l'émetteur que des récepteurs.

Trop de gens oublient que Genève fait partie de la Suisse … Les festivités qui jalonneront jusqu’au 19 mai 2015 le rappelleront à intervalles réguliers.

On aimerait, à l'instar du personnage du film Jamais le premier soir - sorti le 1er janvier - décréter le malheur comme état hors-la-loi en cette nouvelle année. Ou encore 2014 sera l'année où l'impunité ne sera éradiquée, tout comme la pauvreté à jamais évitée. Il reste à espérer un peu plus de sagesse dans les décisions, un peu moins de violence commise sous couvert d'un vernis d'une soi-disant légitimité et que dans des pays en transition avec lesquels la Suisse entretient de fortes relations, des horribles crimes personnifiés ne soient plus perpétrés contre des hommes qui ont osé prononcé des mots tels que "séparation des pouvoirs", "laïcité", "respect des minorités religieuses ou ethniques" ou encore "égalité de tous les citoyens devant la loi et les principes démocratiques". 

(Sur le sujet : ici , encore ici et ici ou encore  là)

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lundi, 23 décembre 2013

Quelques vers pour Noël

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Qu'on aime ou non - par snobisme ou conviction - Noël, le rythme de nos vies change. Sa magie opère dans les coeurs ou les esprits. Les échoppes et les rues qui nous sont familières se drapent d'objets merveilleux. Outre les exhortations mièvres auxquelles nous sommes habitués, la plupart du temps assez hypocrites, un peu comme si elles donnaient le blanc-seing à toutes les saloperies le reste du temps, volontairement ou par omission, nous sommes tout de même contents de cette "trêve".

Enoel2.jpgtrangement, la joie se mêle à la tristesse. L'ambiance festive autour de quelques retrouvailles peut faire place au souvenir des personnes disparues de l'année écoulée (ou de bien avant), proches ou pas.

Désormais, Noël, sa légende sur la nativité (et par là, le mystère de la mort), fait le tour du monde. Les éléments surnaturels qui entourent la venue au monde de ce bébé, présenté aux yeux de tous dans sa plus simple expression, nu et réchauffé par un boeuf et un âne, comme pour symboliser peut-être l'extrême dénuement - un état de déréliction - où commence toute existence humaine, font rire aux éclats ou charment, selon.

L'essentiel reste invisible à l'oeil nu, dit le proverbe ecclésiastique ... Avec cette ballade du poète François Villon (1431-1463), je souhaite de belles fêtes à tout visiteur de ces pages. Certains commentateurs me sont chers (même si je ne réponds pas toujours parce qu'il n'y aurait rien à rajouter ou parce que l'interactivité n'oeuvrerait plus trois heures ou jours après), d'autres, je leur sais gré de leur impertinence, souvent pertinente, même si on ne sait toujours si c'est du lard ou cochon. Une pensée pour ceux qui bûchent à Noël dans des secteurs vitaux de la société ainsi qu'aux Chrétiens dans certaines zones à risque, cibles désignées de fous furieux. L'année 13 bientôt enterrée, l'essentiel est de se faire du bien. Joyeux Noël!

 

Noël (Ballade de François Villon)

Tant gratte chèvre que mal gît,
Tant va le pot à l'eau qu'il brise,
Tant chauffe-on le fer qu'il rougit,
Tant le maille-on qu'il se débrise,
Tant vaut l'homme comme on le prise,
Tant s'élogne-il qu'il n'en souvient,
Tant mauvais est qu'on le déprise,
Tant crie-l'on Noël qu'il vient.

Tant parle-on qu'on se contredit,
Tant vaut bon bruit que grâce acquise,
Tant promet-on qu'on s'en dédit,
Tant prie-on que chose est acquise,
Tant plus est chère et plus est quise,
Tant la quiert-on qu'on y parvient,
Tant plus commune et moins requise,
Tant crie-l'on Noël qu'il vient.

Tant aime-on chien qu'on le nourrit,
Tant court chanson qu'elle est apprise,
Tant garde-on fruit qu'il se pourrit,
Tant bat-on place qu'elle est prise,
Tant tarde-on que faut l'entreprise,
Tant se hâte-on que mal advient,
Tant embrasse-on que chet la prise,
Tant crie-l'on Noël qu'il vient.

Tant raille-on que plus on n'en rit,
Tant dépent-on qu'on n'a chemise,
Tant est-on franc que tout y frit,
Tant vaut « Tiens ! » que chose promise,
Tant aime-on Dieu qu'on fuit l'Eglise,
Tant donne-on qu'emprunter convient,
Tant tourne vent qu'il chet en bise,
Tant crie-l'on Noël qu'il vient.

Prince, tant vit fol qu'il s'avise,
Tant va-il q'après il revient,
Tant le mate-on qu'il se ravise,
Tant crie-l'on Noël qu'il vient.

 



(Photo d'un arbre de Noël en Thaïlande

envoyée par un ami)

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lundi, 09 décembre 2013

R.I.P. Mandela

 mandela.jpg"Tata", "Papa", Madiba n'est plus. L'émotion est planétaire, comme on pouvait s'y attendre. Le monde entier a assisté à sa longue agonie durant des mois.

L'homme a assurément changé la face du monde. Toute discrimination envers des caractéristiques naturelles, physiques - couleur de la peau, forme des yeux, taille, sexe, etc - est déplorable en soi et surtout quand on s'appuie sur ces traits pour asseoir une politique des statuts. Logiquement, la notion de légitimité ne doit ni ne peut formellement découler de ce qui relève du naturel, qui par définition, échappe à la responsabilité.

Mandela a incarné aux yeux de beaucoup le héros qui a transformé sa colère en créativité pour changer des situations politiques insupportables, au prix fort. On ne change pas les choses que sur papier ... Le nombre de dispositifs qui restent lettre morte et qui ne servent que la carrière de certains (souvent de l'opposition, paradoxalement) ne se comptent plus dans nos sociétés technocrates, ce qui n'est pas sans poser de problèmes majeurs. Le vide et le néant, à qui profitent-ils? L'exercice des libertés négatives est-il un gage d'évolution?

Par respect à ce grand homme, adulé ou dénigré pour ses mérites (ah, il n'était pas si sage que ça!, entend-on), qui aura marqué l'histoire, et dont le visage rayonnant a hanté les esprits, voici un lien d'un site d'Amnesty International en sa mémoire, ou chacun peut lisser un message. La paix sociale n'est jamais acquise; toujours en construction, elle mérite une attention particulière.

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mercredi, 04 décembre 2013

Zoom sur Plainpalais

 

 

Le Club de la Grammaire organise sa prochaine soirée littéraire le 5 décembre 2013 à 18 h 30 (entrée libre), dans les locaux de l’Institut national genevois avec l’auteur suisse Corinne JAQUET autour de Zoom sur Plainpalais (ainsi que d’autres polars se passant à Genève).

Politologue de formation, Corinne Jaquet fut responsable de la rubrique judiciaire de feu « La Suisse ». Elle nous fait participer à ses connaissances de l’histoire de notre canton en nous le faisant revisiter, quartier par quartier, en élucidant le mystère de certaines affaires à l’aune du charme des noms de rue et des places à connotation militaire : Les Vieux-Grenadiers, la Place des Volontaires, la rue du Stand, le Pont de la Coulouvrenière, la rue du Tir ou encore le cimetière des Rois, qui fait bien référence aux rois - mais quels rois, les Français ? – eh, non, les rois du tir.

zoom.jpgLe scénario de Zoom sur Plainpalais se déroule, comme son l’indique, sur la Plaine de Plainpalais. C’est en avril 2004. Alors que la Télévision suisse romande fête son cinquantième anniversaire, un de ses réalisateurs y est assassiné, en plein marché aux puces. Il faut préciser entre parenthèse que ce lieu n'a rien à voir avec le marché aux poissons de N'Djamena où l'on peut assister en direct à ce type d'évènement. Le Commissaire Mallaury vient d’être nommé à la succession du Commissaire au nom évocateur, Simon, au bénéfice d'une retraite ... bien méritée. Le bleu se serait évidemment bien passé de cette grosse affaire criminelle pour ses débuts, d’autant qu’elle concerne un people et la place même où est né le cinéma suisse il y a un siècle. Le ton est donné dès la première ligne : "Que ferait un homme sachant qu’il va mourir dans moins d’une heure? Il n’irait certainement pas se préparer un café."

Comme à chacun de ses romans policiers, Corinne Jaquet nous entraîne dans les méandres de la conscience humaine incarnée dans des lieux tangibles, connus : Les Larmes de St-Gervais (2006), Bain fatal aux Pâquis (2005), Les Degrés-de-Poules (2003), Maudit Foot paru au moment de l’Euro 2008. Pour toutes ses connaissances approfondies de l’histoire judiciaire genevoise, elle avait été mandatée en 2006 pour un ouvrage en hommage à l’avocat Dominique Poncet.

Partant du fait divers, le plus souvent resté anodin pour cause de la banale indifférence environnante, l’auteur genevoise excelle dans l’art de décrire l’imbrication du vivant et de l’inaminé, le lieu où l’intime se transforme en ombre déchirée, soit l’inquiétante étrangeté des lieux et des situations qui paraissent les plus familiers, là même où les explications mécanistes usuelles ne suffisent pas, avec cette interrogation lancinante de savoir si l’étrangeté ne constituerait pas la règle plutôt que l’exception qui la justifierait.


 


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mardi, 12 novembre 2013

La bonne gouvernance ... ici et ailleurs

En ces temps où les question de gouvernance sont de prime importance sur toutes les bouches, un édito d'un grand homme du Cameroun, directeur du Magazine ASDECA (numéro de septembre 2013) livre quelques réflexions toujours  d'actualité dans un monde inter-relié. Evariste Abessolo est venu à Genève lors du Forum DAVOC en octobre 2012. Juste pour le plaisir, il est publié ici :

"Ne repousse pas du pied la pirogue qui t’a déposé sur la berge ». L’histoire des empires et royaumes africains raconte que l’observation ou pas de cette sagesse noire aura fait la prospérité ou le déclin de presque tous les détenteurs du pouvoir de la parole dans ces démocraties précoloniales. Même s’il est évident que nombreux demeurent sceptiques sur la connaissance des droits et libertés des peuples du continent avant l’invasion occidentale, ils souffriront de l’admettre. De notre avis, nourrir des ambitions politiques est un idéal de vie pour tout Homme. C’est d’ailleurs ce qui, d’après Aristote, en fait un zoon politikon autrement dit un animal politique ou social. Ainsi, au Cameroun et sous d’autres cieux, un mariage insolite naît rapidement entre le logos et la dynamique des acteurs de la scène politique, exempts d’ « objectivité absolue » (à notre avis), à partir du moment où les choix tactiques et stratégiques d’un parti politique auquel ils ont fait allégeance n’épousent pas leurs faveurs. Alors, l’on crie aux frustrations et à la prépotence des sectes installées.
Des véritables tortionnaires à génies ! Ces génies qui tardent à comprendre qu’en politique il y a « son temps », différent du « temps politique ». Et puis, dans les artifices des jugements esthétiques, le sens commun oppose le «goût pur» au «goût barbare ». Le premier permettant l’évaluation des forces et des positions à occuper, le second lui, s’opposant à toute logique de construction. Que les méritants méritent ; qu’ils soient visibles par voie de présentation dans nos médias ou dans l’ombre des « shadow cabinets ». Il s’avère tout de même indiqué de féliciter toutes les actions de développement des collectivités territoriales décentralisées. Nous sommes d’ailleurs pour ce progrès stratégique. Il nous a été donné d’observer le travail abattu du côté de Douala par la compatriote Françoise Foning et du côté de Sangmélima, par le compatriote André Noël Essian.
Un effort qui saura donner de la valeur à tous les grands chantiers de la nation camerounaise. Par ailleurs, un port, un vrai, grand et sur les eaux profondes de Kribi, véritable ouverture vers le monde est un chantier qui illustre si bien la Nouvelle Dynamique du Renouveau. C’est alors que nous arrivons à nous rappeler toutes les priorités de la nation. Le « goût pur ». Il viendra achever sa course assurément au lendemain des élections législatives et municipales du 30 septembre 2013. L’ère de la tolérance et des excuses insensées est révolue…nous sommes dans l’ERE DU TEMPS, le temps des réalisations et de la fin de l’inertie des élus du peuple. L’instant des hommes d’action qui se sont arrimés aux hommes de pensée. La conception précédant tout. Que ceux qui bientôt sortiront de l’appareil gouvernemental, n’oublient cette pirogue qui les y avait portés.
Ils ne lâcheront pas le gouvernail uniquement parce qu’ils auront mal travaillé, mais aussi et surtout parce que « leur temps politique » aura fait place à celui des autres. Nous sommes dans une République et la pratique démocratique nous y prédispose. Pour ces élections, que les meilleurs gagnent. "

 

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Forum DAVOC 2012 - CICG (à gauche, Evariste Evassolo)

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dimanche, 03 novembre 2013

Le père des S.A.S. passe l'arme à gauche

 

Hommage. Gérard de Villiers se disait faire partie de la génération qui s’en irait au cimetière à pied. Considéré par tout le monde et par le New York Times comme l’homme le mieux renseigné de la planète, il a rendu les armes, laissant Malko, orphelin. On n’aurait pu s’attendre pour un probable dernier numéro à ce que le héros éternel, d’origine autrichienne, qu’il fût terrassé, ce qui aurait marqué la fin de l’aventure romanesque des 200 romans d’espionnage qui ont tenu en haleine tout lecteur à la recherche de vérité.

264817854.jpgAristo courageux, très fortuné, l’auteur des S.A.S. aura su démontrer combien et comment la réalité dépasse la fiction. Jugé par la critique comme simple auteur de romans de gare, il démentira par sa plume engagée, qui fut sa véritable arme, ces préjugés. Le diable se cache dans les détails … Il fut un magnifique reporter, et l’investigation, son seul dessein. Provocateur ? Certes, il l’a été, à l’image de son personnage fétiche. Mais ce procédé relevait plus d’une vision du monde, scruté avec ferveur jusque dans les parts d’ombre insoupçonnées par tout observateur à prime abord, que d’un trait psychologique. Ses intrigues policières ou d’espionnage, mêlant sexe, argent, intérêt supérieur, violence et voyage maintenaient le suspens jusqu’au bout, en tissant les liens inattendus mais ténus entre les différents épisodes historiques et leurs acteurs, un canon de beauté assurant la trame.

Les « romanquêtes » du père de Son Altesse Sérénissime nous révélaient des pans de la réalité inconnus du grand public ; très bien informés, ils servaient certains chercheurs, diplomates, militaires et émissaires de toutes sortes, dans leur travail respectif. Parallèlement, ils savaient aussi devancer l’actualité : des évènements ont été prédits par l’auteur grâce à une mise en boîte des données factuelles pas toujours conceptualisées pour des raisons obscures ou par simple indifférence ...

On lui pardonnera les petites gentillesses faites à notre pays, qualifié notamment d’ennuyeux comme un furoncle, par la bouche de l’espion plénipotentiaire Malko, dans La filière suisse (Le marcé noir de la Bombe iranienne). Son avant-dernier ouvrage, Les fantômes de Lockerbie (De Beyrouth à Tunis, les fantômes de Lockerbie tuent encore) se termine sur une exclamation sortie d’un représentant d’une banque prestigieuse suisse - dont un des patrons s’était tiré une balle dans la vraie vie, arguant que le métier changeait - abritant les opérations clandestines destinées à perpétrer le fameux attentat.

À coup sûr, il aura inventé un nouveau genre littéraire. Le sérieux des investigations n’enlevait en rien les ironies des hommes et des situations. Merci à ce grand écrivain, qui a su donner tout son sens à ce qu’est une vérité romanesque !!! R.I.P.

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