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mardi, 01 octobre 2013

Masculin ou féminin, l'ordinateur?

 La langue française regorge de chinoiseries, selon les dires de certains locuteurs, qui s'efforcent de la maîtriser dans les moindres détails, par souci de respect des conventions. Des étrangetés existent, certes, surtout si l'on cherche un sens à tout prix. Nonobstant, les normes n'obéissent pas à des impératifs sémantiques; le lien entre signifiant et signifié reste arbitraire, comme nous l'expliquait Ferdinand de Saussure, dont on fête le centenaire. Les substantifs à accorder au féminin ou au masculin n'y dérogent pas, d'autant qu'ils ne désignent pas un sexe particulier ... par exemple, le vagin, la prostate, la liberté, la vérité, le sens, le langage, la langue.

L'ordinateur, notre outil, dont la fonction essentielle est de prolonger notre bras, n'échappe pas à la règle.


 

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Un ou une ordinateur ?



Une enseignante francophone

expliquait à sa classe que, dans la langue française,

les noms, contrairement à l'anglais,

sont désignés au masculin et au féminin.

Par exemple : maison est féminin... une maison;

crayon par contre est masculin... un crayon.

Un élève demanda à l'enseignante

de quel genre est donc le nom "ordinateur" ?

Au lieu de donner la réponse,

l'enseignante a séparé la classe en deux groupes, garçons et filles,

leur demandant de décider d'eux-mêmes

si "ordinateur" est masculin ou féminin.

Elle a demandé à chaque groupe

de donner 4 bonnes raisons pour appuyer sa recommandation.

Les garçons ont décidé à l'unanimité que "ordinateur"

est effectivement du genre féminin (une ordinateur)

parce que :

1. Personne d'autre que son créateur

ne comprend sa logique intérieure;

2. Le langage de base que les ordinateurs

utilisent avec d'autres ordinateurs

est incompréhensible pour quiconque;

3. Même la plus petite erreur est conservée

en mémoire à long terme

pour être ramenée à la surface plus tard;

4. Aussitôt que vous utilisez régulièrement une ordinateur,

vous vous exposez à dépenser la moitié

de votre chèque de paie pour acheter

des accessoires pour elle.

Le groupe de filles, toutefois, a conclu que l'ordinateur

est de genre masculin parce que :

1. Afin d'accomplir quoi que ce soit avec lui,

tu dois l'allumer;

2. Il est bourré de matériel de base,

mais ne peut penser par lui même;

3. Il est censé régler beaucoup de problèmes,

mais, la moitié du temps, c'est lui le problème;

4. Aussitôt que tu en utilises un régulièrement,

tu te rends compte que si tu avais attendu un peu,

tu aurais obtenu un meilleur modèle.



Les filles ont gagné.



Envoie ce message aux femmes intelligentes que tu

connais et aux hommes qui aiment rire.

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mercredi, 18 septembre 2013

Claude Hagège à Genève

À l'heure où une dispute éclate en Russie pour une discussion sur l'existence de Dieu, d'après l'argumentaire de Kant, jusqu'à un échange de balles perdues qui mènera un des interlocuteurs à l'hôpital dans un état critique, on sait que des goûts et des couleurs, on en discute, contrairement à ce que prétend le dicton populaire. Rappelons que le grand philosophe allemand était né à Königsberg, l'actuelle Kaliningrad, enclave russe à la frontière de l'union européenne. Un questionnement sur la sémantique se tiendra à Genève par un grand intellectuel français qui aura marqué les années '80.

Pr Claude Hagège, Professeur au Collège de France
"Contre la pensée unique  - Pour la diversité des langues
"
Conférence mardi 17 septembre 2013 à 18h30 à Uni Dufour
(24 rue Général Dufour)
Entrée libre

La linguistique générale se propose pour objet d’étude :
le
langage comme faculté définitoire de l’être humain,
le
s langues comme manifestation historique et sociale de cette faculté.

Ma
chaire dont l’intitulé est " Théorie Linguistique " illustre cette polarité. En effet, au centre se trouve le langage, étudié à travers les thématiques de l’acquisition par l’enfant sur fond de compétences innées et avec l’apport de l’environnement social et d’autre part les langues, étudiées dans leur diversité et par leur contenu symbolique. La diversité est mise en relief par l’étude typologique, c’est à dire la recherche des types de langues dans les domaines phonologique, morpho-syntaxique et sémantique ; cette répartition typologique peut coïncider ou non avec les parentés génétiques, c’est à dire l’appartenance des diverses langues humaines à une des grandes familles : indo-européenne, sémitique, ouralienne, altaïque, bantoue, caucasique, amérindienne, sino-tibétaine, austronésienne etc…

Le
contenu symbolique des langues correspond à leur pouvoir identitaire, c’est à dire au reflet qu’elles offrent des nations les plus variées. L’attachement de ces dernières à leurs langues est le plus souvent très puissant et peut être générateur de conflit.

Contre la pensée unique: le dernier ouvrage de Claude Hagège
   
Le dernier ouvrage du Claude Hagège, intitulé "Contre la pensée unique", est un plaidoyer, un appel à la résistance. Quand l'essentiel n'est plus distingué de l'accessoire, quand les projets intellectuels de haute volée se heurtent à la puissante inertie de la médiocrité ambiante et des petits desseins, quand l'uniformisation s'installe dans les goûts, les idées, dans la vie quotidienne, dans la conception même de l'existence, alors la pensée unique domine. La langue anglaise domine le monde et sert aujourd'hui de support à cette pensée unique.

Mais le français est bien vivant. Et nombreux sont ceux, de par le monde, qui en mesurent l'apport au combat de l'homme pour la liberté de l'esprit. C'est l'objet de ce livre que de proposer de nouvelles pistes pour déployer encore plus largement de nouvelles formes d'inventivité et de créativité.

L'auteur en quelques mots... Claude Hagège est linguiste, professeur honoraire au Collège de France et lauréat de la médaille d'or du CNRS. Il est l'auteur de livres qui sont d'immenses succès : Le Français et les Siècles, Le Souffle de la langue, L'Enfant aux deux langues, Halte à la mort des langues et Combat pour le français.

p.o. le Club de la Grammaire clubdelagrammaire@europae.ch

 

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lundi, 16 septembre 2013

Adieu, Adeline!

 

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Ce soir, à 18 h00, une marche blanche initiera à l'Hôtel-de-Ville, en mémoire d'Adeline, sauvagement assassinée de la manière la plus sauvage par un détraqué doté d'une cruauté incommensurable, irrécupérable, alors qu'elle assurait son accompagnement pour une sortie thérapeutique. C'est aujourd'hui que sa fillette restée orpheline accomplit ses 8 mois d'existence sur terre. Quoi de plus horrible pour un être humain qui n'a rien demandé?

Ici, il ne sera question ni de crier avec les loups, sur le coup d'une émotion aussi vite oubliée qu'exprimée, ni de feindre une recherche de responsable/bouc-émissaire voué à la vindicte pour mieux noyer le poisson, ni de décrire la scène de crime où le corps de la victime est trouvée dans une position des plus humiliantes, par pudeur, par respect de ses proches et des enquêtes en vigueur. Rien ne sert à jouer à faire porter le chapeau ou à patroner les erreurs de discernement et les fautes graves ...

Dès les premiers instants où le monde a pris connaissance du beau visage, souriant, les yeux pétillants d'intelligence, c'est la consternation. Une inconnue : pourquoi laisser cette charmante personne, réputée pour ses innombrables compétences transversales et interdisciplinaires, toute seule avec un tel individu, inqualifiable, partir dans les bois et s'arrêter entre-temps pour l'achat d'un super couteau suisse bien aiguisé, dont l'autorisation avait été livrée par trois autres décideurs internes au service qui l'employait?

Ce n'est pas l'heure de tirer des plans sur la comète ou de laisser la place à tous les pédagogos du meilleur système juridico-pénitenciaire en tirant la couverture à soi. Place au recueillement et au souvenir d'une héroïne de la république, qui croyait à sa mission!

De là où tu trouves maintenant, tu te fous de ces quelques mots mais ils sont sincères. Toutes ces tergiversations et toutes les tentatives de récupération politique te sembleront bien vaines. À juste titre!

Mais sache quand même qu'il y a des gens saluant ton action et ta belle personnalité qui se dégage des effigies murales, qui marcheront avec toi ce soir!

Adieu, Adeline!

 

 

 Micheline PACE

 

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mercredi, 11 septembre 2013

La vision de Maudet de la sécurité

 

 

Le style de Maudet aura marqué la gestion des affaires publiques, en l'occurrence, dans le champs sécuritaire, à l'instar des campagnes électorales menées (une par année depuis 2011).

Sa volonté de ne pas arrêter d’arrêter les malfaiteurs est motivée par un axiome irréfutable qui veut que ce n’est pas « le nombre de places  contenues» dans les prisons qui doivent déterminer les arrestations ou non.

L’inversion n’est pas son genre. La politique de l'autruche, non plus.

La connaissance des dossiers est toujours à l’origine de ses décisions, lesquelles sont politiques. Bien que notre régime ne soit pas vraiment celui d'une expertocratie, ce trait inédit dans certaine (s) caste (s) élue (s) (ou même nommée (s) ) fait de ce génie politique né que Genève soit redevenue plus vivable.

La baisse de la criminalité, décrite par les rapports de police, ainsi que les patrouilles, plus visibles, donnent une lisibilité de son action, qui jure avec ce qu’on a pu observer jusqu’ici. À chaque réalité, sa méthode, comme diraient les phénoménologues !

Pierre Maudet n’attend pas de découvrir une nouvelle forme de criminalité pour prendre des mesures « ad hoc », qui ressemblent plus à du saupoudrage, faisant suite à des "ah, je ne savais pas!". La prévention fait partie de ses préoccupations. Et elle ne s’arrête pas à de la rhétorique, si souvent même mal maîtrisée chez certains, incapables d’expliquer leurs décisions, ressemblant plus à de la lâcheté mêlée à de l’ignorance!

Chez lui, le respect des dogmes qui le font élire ne signifie pas fermeture ou partisanisme béat et désincarné. N'étant pas homme vendu à une idéologie, le magistrat se définit par le courage de l'action et la capacité de prendre des décisions en compte des composantes aussi diverses que variées dans leur nature.

Rien n'échappe à sa vigilance : La formation des représentants des forces de l'ordre quant à leurs missions et le refus de tout communautariste, la coopération internationale en matière sécuritaire, par les voies diplomatiques (qui n'a rien à voir avec des budgets alloués pour des projets d'aide au développement dans des zones en mains de terroristes de tous genres, ne servant que la carrière de certains couards), une nouvelle conception de la manière de répondre à l'afflux de migrants et - aussi - de l'endiguer comme l'atteste son dernier voyage au Kosovo, dans la droite ligne de son engagement en tant que Maire dans le projet de coopération avec la capitale de la Bulgarie.

6a00d83451b69769e201311000b8e8970c-800wi.jpgPour redécouvrir son bilan et ses perspectives, voici l'excellent débat ( ici ) animé par Pascal Décaillet dans son émission Genève à chaud.

 

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dimanche, 01 septembre 2013

Le play-boy de la diplomatie sous enquête

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La nouvelle a fait l’effet d’une bombe dans les milieux feutrés où l’omerta est souvent de mise. L’art de tourner autour du pot, d’esquiver, de ne rien lâcher tout en tirant la couverture à soi, de nier des faits, de donner raison ou tort selon le statut de l’interlocuteur n’aura pas suffi pour étouffer l’affaire. Les temps changeraient-ils ?

Boris Boillon, ex-ambassadeur de France à Tunis, proche de Sarkozy  a été interpellé par la douane française, à la gare du Nord, avec 350 000 euros et 40 000 dollars en liquide. Il était sur le point de prendre place dans le Thalys en direction de la capitale belge où désormais il a pris ses quartiers en tant que consultant.

Sans pièce d’identité ni téléphone portable mais trois cartes bleues à son nom, son ex-Excellence a le plus simplement du monde expliqué que cette coquette somme d’argent provenait de ses mandats en Irak où il avait été ambassadeur avant son fracassant périple tunisien et était destiné à alimenter sa boîte de consulting fraîchement créée.

Son passage en Tunisie n’était pas passé inaperçu. Tout le monde s’en souvient. Nommé à ce poste pour sa maîtrise de l’arabe juste après la chute de Ben Ali  dans le but de minimiser les complicités françaises avec l’ancien régime, il avait insulté des journalistes tunisiens en traitant les questions de débiles et avait averti qu’il ne tomberait pas pour si peu.

L’arrogance et l’usage outrancier des privilèges liées à sa fonction ne connaissaient pas de limite. Déjà détesté par la population tunisienne, qui avait brandi une pancarte « Dégage ! » devant l’Ambassade de France, il ne se gênait pas de confondre les genres, se faisant passer pour le James Bond de la diplomatie dans un média tunisien ou se faisant photographier en maillot de bain, le corps sculpté et bien huilé, qui lui avait valu le qualificatif de « Sarkobody » par Marie Le Pen.

Heureusement, l’audition ne tombera pas dans l’oreille d’un sourd. Une enquête est ouverte pour faire toute la lumière sur cet argent itinérant du play-boy en fuite. L’article 464 du code des douanes interdit le transfert d’une somme supérieure à 10 000 euros dans un autre pays européen sans déclaration préalable. En cas d’infraction, l’amende peut aller jusqu’au quart de la somme saisie. Il serait judicieux de voir si un tel comportement ne s’est pas produit auparavant … L’ancien diplomate que Khadafi surnommait « mon fils » et qui le lui rendait bien en le défendant devant les caméras, arguant que tout le monde avait le droit de se tromper et au rachat, se trouve de toutes façons sans de sales draps. Gageons que la justice fasse son travail avec impartialité, sans complaisance.

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lundi, 26 août 2013

Bill Gates: Les 10 choses qu'on n'apprend pas à l'école!

La rentrée est là après un été raccourci, faute d'un printemps digne de ce nom. Pour nous "consoler" de ce désagrément, Bille Gates, dont le seul nom rime avec réussite éclatante et incontestée, donne quelques conseils pédagogiques existentialistes.

 

Bill Gates s'est prêté à l'exercice : il a prononcé un discours dans une école secondaire, à propos des 10 choses qu'on n'apprend pas mais qu'il exhorte impérativement à apprendre le plus vite possible, à l'école. La sagesse du bien aimé homme fort de Microsoft donne les dix règles à suivre pour réussir dans la vie :

 

 

Règle 1: La vie est injuste: habituez vous!

Règle 2: Le monde se fout de votre amour-propre. Le monde s’attendra à ce que vous accomplissiez quelque chose AVANT que vous ne vous félicitiez vous-même.

Règle 3: Vous ne gagnerez pas 60,000 $ par an en sortant de l’école. Vous ne serez pas vice-président en commençant, avec GSM et voiture de fonction fournis, avant d’avoir mérité, gagné ces privilèges.

Règle 4: Si vous croyez que votre professeur est dur avec vous, attendez d’avoir un patron.

Règle 5: Travailler dans une friterie n’est pas s’abaisser. Vos grands-parents avaient un mot différent pour ça: ils l’appelaient une opportunité.

Règle 6: Si vous gaffez, CE N’EST PAS LA FAUTE DE VOS PARENTS, arrêtez de chialer et apprenez de vos erreurs.

Règle 7: Avant que vous naissiez, vos parents n’étaient pas aussi ennuyants qu’ils le sont maintenant ! Ils sont devenus comme ça : * En payant vos factures, * En nettoyant vos vêtements * Et en vous entendant répéter sans arrêt combien vous êtes bons et cools. Ainsi, avant de sauver les forêts tropicales des parasites de la génération de vos parents, commencez donc par faire le ménage dans votre propre chambre et tout ce qui s’y trouve

Règle 8: Votre école s’est peut-être débarrassé du système « gagnant-perdant », PAS LA VIE ! Dans certaines écoles, on a aboli les notes de passage et on vous donne autant de chances que vous voulez pour obtenir la bonne réponse. Ceci n’existe pas dans la vraie vie !

Règle 9: La vie n’est pas divisée en semestres. L’été n’est pas une période de congé. Et très peu d’employeurs sont disposés à vous aider à VOUS ASSUMER, c’est votre responsabilité.

Règle 10: La télévision n’est pas la «vraie vie». Dans la vraie vie, les gens quittent le café et vont travailler. Si vous êtes d’accord, faites circuler, sinon, mettez-vous la tête dans le sable et prenez une grande respiration.


En conclusion, c'est à demander pourquoi tous ces efforts dans une ambiance si ennuyeuse et qui n'assurent ni le bonheur ni la sagesse des quelques futurs décideurs.


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mercredi, 31 juillet 2013

Plus de 54.000 personnes ont signé l'appel «Nous avons le droit de savoir»

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« Ce sont les paroles les moins tapageuses qui suscitent la tempête et les pensées qui mènent le monde viennent surdes pattes de colombe. » (Friedrich Nietzsche in Le Gai Savoir)

 

Ce mois de juillet, on apprend que plus de 54'000 personnes ont signé la pétition lancée par MEDIAPART « Nous avons le droit de savoir. » Selon, Plenel, son fondateur,

« nous avons le droit de savoir

La liberté de l’information n’est pas un privilège des journalistes mais un droit des citoyens. Dans une démocratie vivante, le pouvoir du peuple souverain suppose le savoir d’un public informé. Être libre dans ses choix et autonome dans ses décisions nécessite de connaître ce qui est d’intérêt public, c’est-à-dire tout ce qui détermine et conditionne nos vies en société. 

S’agissant des affaires publiques, la publicité doit donc être la règle et le secret l’exception. Rendre public ce qui est d’intérêt public est toujours légitime, notamment quand le secret protège indûment des injustices et des délits, des atteintes au bien collectif ou aux droits humains. Ainsi la sécurité des États ne saurait empêcher la révélation de violations des libertés individuelles, pas plus que la sauvegarde de l'intimité de la vie privée, impératif par ailleurs légitime, ne saurait être l’alibi d’infractions aux lois communes.

C’est pourquoi il importe de défendre les journalistes professionnels, les sources d’information et les lanceurs d’alerte ayant permis la révélation de faits d’intérêt général qui, sans leur travail et leur audace, seraient restés inconnus du public. Les soutenir, c’est protéger et étendre un droit de savoir universel, garantie d’un renforcement de la démocratie mondiale à l’heure de la révolution numérique. »

Même si les ciseaux d'Anastasie restent la menace principale à la transmission d'informations que certains souhaitent voir niées, déniées, le droit de savoir et de dire ne doit jamais être aliéné car il est aussi vital pour l'être humain que celui de respirer, de boire, etc.

À ce stade, la question de savoir à qui profite l'information, qui paie son émissaire, quels liens instaurer entre ce dernier et celui qui la traite, est ouverte : des esprits malveillants peuvent en effet aussi utiliser ou instrumentaliser une info capitale pour se faire du blé alors que le sujet sachant est relégué aux oubliettes. Ce serait si dommage car encore plus de mystères ou des secrets resteraient non élucidés.

Pour sortir de la loi du silence imposée par la politique de l’autruche en vigueur dans beaucoup de domaines sociaux, pour contrer les techniques de désinformation usuelles, pour découvrir des vérités en dépit du statut du locuteur déterminant trop souvent le pouvoir de la parole, il est donc encore possible de signer cet appel . Félicitations à Plenel d'avoir créé un nouveau concept, avec courage et intelligence, qui rend ses lettres de noblesse au savoir, mû par le désir de vérité et de justice!

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jeudi, 25 juillet 2013

Elisabeth Badinter dévoile ses arguments sur la question du port du voile dans un état de droit démocratique et laïc

 

La philosophe Elizabeth Badinter publiait dans le Nouvel Observateur… c’était il y a quatre ans déjà … une bien belle lettre aux femmes qui décident de porter le voile intégral, avec la volonté de « montrer » qu’il ne s’agit pas d’une attitude de contrition ou d’obéissance à des injonctions sociales ou familiales. Toujours d'actualité, le sujet mérite l’éclairage de cette grande dame de la pensée, avec des propos toujours si clairs exprimés par des mots aussi précis que simples. Loin des débats hypocrites dont on ne perçoit souvent qui est le fou de roi et quand chacun croit l’autre fou, des bavardages inutiles qui ressemblent plus à des jeux de ping-pong où le langage dépasse sa fonction essentielle. Quand la vérité rejoint le droit ...

 

« Après que les plus hautes autorités religieuses musulmanes ont déclaré que les vêtements qui couvrent la totalité du corps et du visage ne relèvent pas du commandement religieux mais de la tradition, wahhabite (Arabie Saoudite) pour l’un, pachtoune (Afghanistan/Pakistan) pour l’autre, allez-vous continuer à cacher l’intégralité de votre visage ?
Ainsi dissimulée au regard d’autrui, vous devez bien vous rendre compte que vous suscitez la défiance et la peur, des enfants comme des adultes. Sommes-nous à ce point méprisables et impurs à vos yeux pour que vous nous refusiez tout contact, toute relation, et jusqu’à la connivence d’un sourire ?
Dans une démocratie moderne, où l’on tente d’instaurer transparence et égalité des sexes, vous nous signifiez brutalement que tout ceci n’est pas votre affaire, que les relations avec les autres ne vous concernent pas et que nos combats ne sont pas les vôtres.
Alors je m’interroge : pourquoi ne pas gagner les terres saoudiennes ou afghanes où nul ne vous demandera de montrer votre visage, où vos filles seront voilées à leur tour, où votre époux pourra être polygame et vous répudier quand bon lui semble, ce qui fait tant souffrir nombre de femmes là- bas ?
En vérité, vous utilisez les libertés démocratiques pour les retourner contre la démocratie. Subversion, provocation ou ignorance, le scandale est moins l’offense de votre rejet que la gifle que vous adressez à toutes vos soeurs opprimées qui, elles, risquent la mort pour jouir enfin des libertés que vous méprisez. C’est aujourd’hui votre choix, mais qui sait si demain vous ne serez pas heureuses de pouvoir en changer. Elles ne le peuvent pas… Pensez-y ».

 

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vendredi, 28 juin 2013

Les intempéries appellent impérativement à l’avènement d’une nouvelle architecture, exhorte Daniel Grataloup

 

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L’architecte-plasticien futuriste Daniel Grataloup s’étonne de l’absence d’innovation quant aux réponses apportées des décideurs en matière de (re) construction des maisons détruites par les effroyables intempéries que plusieurs régions de France et d’ailleurs ont subies récemment, dont les dégâts causés se traduisent par un coût s’élevant à près de 500 mios d’euros. Il regrette notamment que le domaine de l’architecture n’ait pas évolué ces dernières décennies alors que la majorité de toutes les autres disciplines, dont l’essentiel est d’avoir suivi les composantes de leur époque, s’adapter aux nouvelles connaissances ou/et technologies, et avoir su être une force de proposition, ce avec l’objectif d’améliorer la situation tant du point de vue écologique, économique que sécuritaire, comme c’est le cas, par exemple, pour les avions, les voitures. En architecture, on assiste même à un phénomène inverse : l’habitus est plutôt de reconstruire à l’identique, peu importent les déductions à tirer des expériences tragiques, de la somme des connaissances véhiculées par les autres champs d’expérimentation théorisés.

Le génie démiurgique de Daniel Grataloup a pourtant accouché d’une nouvelle conception de la bâtisse ! Il a révolutionné le paysage architectural. Sa techné, dont le résultat réside en une sorte de sculpture métallique, libre et toute en courbe, inscrite dans une volumétrie très naturelle, a le mérite inédit de répondre aux aspirations de l’humanité ; elle découle de différents systèmes sémiologiques qui font penser naturellement au premier habitat n’existant plus que dans notre monde onirique ; inutile d’ajouter que les formes d’habitat conçues par le futuriste s’adaptent en toutes circonstances et sous n’importe quelle latitude. Les coques réalisées par Daniel Grataloup sont aérodynamiques, soit elles résistent aux tourmentes climatiques ; ne procédant pas de plans droits, toutes en courbes, elles se défendent de toute attaque de face par le vent ; sans toiture à proprement parler, elles intègrent toutes les parties dont chacune exprime une fonction particulière ; les fenêtres, et les portes, hors-normes apparaissent comme un lien avec le cosmos et en plus, elles permettent techniquement de protéger l’habitat de la pluie étant donné que l’eau coule, n’étant évidemment retenue par aucune façade en angle droit.

Les récentes catastrophes devraient offrir enfin l’opportunité de prendre conscience de ces données, d’inciter les décideurs (techniciens ou politiques) à prendre de nouvelles mesures pour la reconstruction de ces villages entièrement détruits, afin d’éviter à l’avenir ces drames humains, d’autant que des solutions sont à portée de main. Transformer une tragédie en une possibilité d’expérimenter quelque chose de nouveau pourrait constituer ainsi une réponse plausible, attendue. Cette découverte d’une construction originale et d’une autre façon d’habiter présuppose qu’on recouvre une certaine liberté dans l’exercice de l’architecture, à l’instar de ce qui se pratiquait dans des temps reculés, qui considéraient les architectes comme des artistes. Pour preuve, le charme procuré par la visite d’une vieille-ville provient du fait qu’aucune maison ne ressemble à sa voisine, aucun alignement n’est imposé ; on sent la liberté créatrice de l’agent constructeur, son désir d’assouvir les besoins humains aussi différents qu’ils puissent être, sa volonté de réaliser de la variété. Pourtant, la Constitution protège les libertés individuelles et publiques. Retrouver le plaisir esthétique lié la fonctionnalité pourrait revêtir une nouvel idéal architectural.

Par leurs caractéristiques antisismiques, aérodynamiques et sculpturales, les nouvelles conceptions de Daniel Grataloup changeraient la donne : seules ses œuvres sont restées debout dans les endroits où les autres maisons ont été anéanties. Elles peuvent merveilleusement s’implanter en montagne alors qu’on reproduit, paradoxalement, les mêmes bâtisses qu’en ville. Pour en savoir plus, se référer à son ouvrage Architecture, Pour les dieux, pour les hommes.


 

Micheline PACE

(in "CIVITAS", blog de la Tribune de Genève le 28 juin 2013)

(à voir aussi l'interview de l'auteur in Unspecial- décembre 2013:

http://www.unspecial.org/2013/12/l%E2%80%99architecte-plasticien-franco-suisse-daniel-grataloup-modele-le-monde-de-l%E2%80%99interiorite/)

 

 

(À lire aussi l'interview de Daniel Grataloup dans le Mensuel de l'ONU, Unspecial décembre 2013)

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lundi, 24 juin 2013

Choupinet, bombasse, droit-de-l’hommiste, plan-cul entrent dans la danse

 

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On se souvient de l’entrée du mot courriel dans le Petit Robert il y a maintenant déjà 10 ans. (Mel est rejeté car il n’est qu’une abréviation.) Comme chaque année, une nouvelle terminologie vient se greffer à l’existante. Certains nouveaux mots sont accueillis avec stupeur, d’autres avec bonheur. D’origine contrôlée ou pas, ils peuvent jouir d’un certificat de naissance récent ou découlent d’un usage généralisé de longue date, qu’on est presqu’étonnés qu’ils soient ainsi adoubés. De quoi psychoter à coup sûr ou à faire se retourner dans sa tombe, Molière!

Bombasse: voici une reconnaissance qu'on peut juger déplacée, pour un mot plutôt vulgaire désignant une femme ou, théorie du genre oblige, un homme sexy…

Choupinet: terme qui signifie «joli, mignon» sonne bien, avec une tendresse indéniable dans sa sonorité.

Fadette: voilà un mot charmant! Même si ce qu'il définit: «relevé des échanges téléphoniques» n'a rien pour faire rêver!

 

Palmé: défini comme «qui a reçu la palme au Festival de Cannes» … joli, formé avec un bien d’humour, qui frise le ridicule, on imagine les diversions possibles dans d’autres registres.

 

Kéké : désigne le frimeur (comme si le mot existant ne suffisait pas !)

 

Kriek : si on hésite entre la référence germanique ou anglophone à l’église ou à la cerise, on apprend que le mot, d’origine belge, désigne la … bière à la cerise.

- D’origine inconnue, le terme plan-cul dont on imagine aisément le sens passe la rampe …

- Le verlan a aussi accouché d’un mot codé :

Chelou : louche

- De Suisse, on retrouve comme le veut la « tradition », un mot relatif au génie de l’organisation qui fait notre réputation internationale. On se souvient des mots tels que dicastère ou district (ex. : district de Boudry, Canton de Neuchâtel) entrés dans le dico l’an passé :

Agender : l’acte de fixer une date, un rendez-vous, un évènement

 

 

- Notons que c'est du côté des mots venus du Québec que les nouveautés les plus savoureuses nous arrivent:

Bas-culotte: un mot amusant pour désigner les «collants»( comme pour faire la concurrance aux bas qui ne recouvrent que les jambes?).

Chialage: provenant de chialer, ce mot défini comme «action de se plaindre sans cesse» possède quelque chose d'attendrissant et d'évocateur.

 

Denturologie: un terme séduisant qu'on comprend aisément, qui évoque la «discipline qui traite la fabrication, la pose et l'entretien des prothèses dentaires amovibles».


Traînerie: pour une chose qui «traîne, qui n'est pas rangée», nous renvoie drôlement à ânerie.


Traîneux: là aussi, ce mot va comme un gant à sa définition: «personne désœuvrée, qui tarde à agir, qui est désordonnée».

 

Patenteux : simplement bricoleur

 


- Parmi les nouveaux élus les plus nuls, on peut mentionner:

 

Droit-de-l'hommiste: qualificatif définissant tout agent qui défend, bénévolement ou pour sa carrière, les droits de l'Homme.

 

Hénaurme: signifie «énorme»! Véritable bizarrerie, très laide de surcroît, on ne comprend pas pourquoi retenir un tel mot sous prétexte de réformite aigüe de l'orthographe?

 

Low cost: un anglicisme dont on peut raisonnablement se passer … pourquoi ne pas retenir uniquement «à bas coût»?

 

Triple A ou AAA: pourquoi diable cette appellation a-t-elle reçu l’extrême onction du dictionnaire? À quand Triple B, Triple C, Triple D?


 

- Enfin, il y a les nouveaux vocables presque neutres, émotionnellement parlant, qui ne dérangent pas et présentent un semblant d’utilité mais non dénués de charme:

 

Clasher: «donner lieu à un conflit.»

 

Comorbidité: «présence simultanée de plusieurs pathologies chez un même patient.»

 

Dédiaboliser: si le terme est souvent utilisé dans le langage courant, signifiant «faire disparaître l'image diabolique.», il est le bienvenu. Il en est presque mignon.

 

Goncourable: se dit d'un livre «susceptible de remporter le prix Goncourt

 

Microblog: «blog qui permet de communiquer en temps réel.»

 

Psychoter: «angoisser.»

 

Traçable: «dont on peut identifier l'origine et reconstituer le parcours.»

 

Transgénérationnel: «qui concerne plusieurs générations.»

 

Viralité: «caractère viral de tout ce qui se propage par voie électronique.»

 

À chacun de savourer sans modération ce florilège (d'origine latin, désignant les fleurs et leur cueillette légère) de mots sélectionnés avec soin !!!

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