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lundi, 21 avril 2014

Juste pour le plaisir (une image peut dire ce que les mots ne peuvent) 2

En ces temps de résurrection et de printemps en tous genres, encore quelques photos prises au bon moment pour nous dévoiler le surnaturel dans les situations ordinaires de la vie quotidienne (ou presque) qui nous font oublier en quelques instantanés la robotisation rampante et déjà bien amorcée ...

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vendredi, 18 avril 2014

Juste pour le plaisir (une image peut dire ce que les mots ne peuvent) 1

La réalité comme elle vous apparaît, dirait Pirandello ... certains instants peuvent nous montrer des images imprenables que les mots seuls ne sauraient restituer. En ces jours féériques de Pâques qui nous interrogent encore sur la nativité, la résurrection, le bien, le mal, le libre-arbitre là où il n'y a point et le sens de la responsabilité proportionnellement inverse à la réelle, que les paraboles tentent en vain d'expliquer (malgré la valeur esthétique de quelques-unes), ces photos que m'a envoyées un ami artiste plasticien nous donne un aperçu des visions inédites que nous offrent les différentes prismatiques de la vie. Juste pour le plaisir, sans autre prétention ...

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mardi, 08 avril 2014

La NOVLANGUE (mots de gauche, mots de droite)

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Mercredi 9 avril 2014 à 18 h 30 se tiendra une conférence-débat de Robert Steuckers autour de la novlangue à l'Institut National Genevois. Le terme revient à Georges Orwell, l'auteur de 1984 et de La ferme des animaux. De la novlangue au politiquement correct, le pas est vite franchi.

Qu'on remonte à Nietzsche, qui mettait en garde son époque d'une nouveau langage, sémantiquement douteux, composé de concepts valises frisant le vide, ou Heidegger, inquiet par l'hégémonie de l'empire du "on" impersonnel par essence, ou encore au philosophe australien Robert Hugues, observant la manière dont les Américains s'engouffraient dans cet abîme en codifiant la langue de l'opinion publique,  médiatique autant que politique, jusqu'à pratiquer l'inversion sans vergogne au point d'atteindre un idiome complètement aberrant, on remarque que le sujet est d'une actualité brûlante.

Des mots vidés de leur sens sont utilisés ci et là, à tort et à travers :

- parler de déontologie ou d'éthique dans certains milieux veut dire le plus souvent le contraire; soit le conflit d'intérêt, un renversement des valeurs, la fin pour le moyen;

- afficher l'audace d'une action cache mal une ambition très personnelle;

- se référer aux générations futures signifie simplement le mépris des gens à qui s'adressent des propositions visant à leur faire avaler la pilule en se dédouanant de toute responsabilité sous des airs de rigueur tout en masquant le désir de puissance du tenant du pouvoir;

- avoir beaucoup oeuvré signifie selon les contextes tantôt "on a rien fait" que "on a servi les besoins des patrons"

Il arrive même que certaines locutions changent en cours de route pour en produire de nouveaux codes de novlangue :

- on ne dit plus "égalité hommes-femmes" mais "égalité femmes-hommes" pour la simple raison que les femmes n'ont pas à occuper la seconde position comme l'impose d'ailleurs l'ordre alphabétique;

- on ne doit plus vouloir détruire l'identité sexuée mais déconstruire les stéréotypes de genre.

Le conférencier Robert Steuckers ne s'arrêtera à brosser le tableau des monstruosités. Il nous livrera sa solution pour se sortir du caractère "verbicide" de ces expressions langagières. Il est impératif de rétablir la vérité du langage basée sur les liens du sens, l'historicité des faits tangibles, en dehors desquels tout n'est que fictions et constructions fabriquées de toutes pièces, plus délirantes que les autres.

Soyez les bienvenus à cette soirée littéraire organisée par le Club de la Grammaire (entrée libre) !!!

 

 

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mardi, 25 mars 2014

Philippe de Saint-Robert à Genève mercredi 26 mars 2014 : "Montherlant ou l'indignation tragique"

 

Le CLUB DE LA GRAMMAIRE
fondé par Honoré Snell en 1959
affilié à l’Institut national genevois et présidé par Pascal Junod


organise une soirée littéraire mercredi 26 mars 2014 à 18 h 30 (entrée libre)

Institut national genevois, Promenade 1 - 1204 Genève

avec Philippe de Saint-Robert

qui nous parlera de son dernier ouvrage

« Montherlant ou l’indignation tragique»

 

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Montherlant (1895-1972) est reconnu comme étant un des plus grands auteurs de langue française du XXe siècle, tant par ses romans que par ses pièces de théâtre. Il est un passeur entre nos traditions littéraires et religieuses et leurs expressions actuelles. Maître du langage, il nous incite à redécouvrir que la rigueur d’une langue classique, et non moins libérée, demeure un atout puissant pour la pensée d’aujourd’hui. Il est vrai que parfois la tenue de sa langue française gêne dans le débridé de l’expression contemporaine. Mais c’est par là-même qu’il nous engage à nous réapproprier la permanence des qualités de notre langue et de notre pensée. Montherlant a écrit dans ses Carnets : « On a dit que je n’ai pas beaucoup d’amour, mais j’ai de l’indignation qui est une forme d’amour. » Puisque l’indignation est aujourd’hui un mouvement agissant, allons plutôt en chercher les raisons chez un Montherlant que dans le laxisme de nos penseurs modernes. 

Fondateur et président de l’Association pour la sauvegarde et l’expansion de la langue française, président du Jury des Nouveaux Droits de l’homme, Philippe de Saint Robert fut commissaire général de la langue française de 1984 à 1987, puis conseiller culturel et scientifique près l’ambassade de France à Bruxelles. Ecrivain et collaborateur auprès de nombreux organes de presse, il a été membre du Haut Conseil à la francophonie jusqu’en 2003. Il préside l’Académie de la Carpette anglaise, qui décerne chaque année le prix éponyme d’indignité civique à un membre des « élites françaises » qui s’est particulièrement distingué en promouvant la domination de l’anglo-américain, en France même, au détriment de la langue française.

Philippe de Saint-Robert présente un Montherlant très actuel, qui aimait à dire : "Il n'y pas de pouvoir. Il y a l'abus de pouvoir, rien d'autre." Il relève astucieusement la manière de Montherlant de nous mettre en garde des formes de metis (procédé analysé par les démocrates grecs) qui gangrènent nos sociétés. L'abus de langage n'est pas loin ... l'univers superficiel des mots utilisés dans certains discours dominants gardent la trace de ce procédé dont la caractéristique essentiel est de parer les pires actions d'un vernis de bonnes intentions. Le style, la forme, le ton des oeuvres de Montherlant offrent un nouveau souffle dans l'ambiance ignifuge et asphyxiante qui tue lentement mais surement notre modis vivendi par trop de langue de bois, par le jeu des idées et des procédures au profit de qui détient le pouvoir verbal.


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mercredi, 19 mars 2014

Journée de la Francophonie et liberté d'expression. Le cas d'un prisonnier d'opinion tunisien libéré

 "Toute personne a droit à la liberté d'expression. Ce droit comprend la liberté d'opinion et la liberté de recevoir ou de communiquer des informations ou des idées sans qu'il puisse y avoir ingérence d'autorités publiques et sans considération de frontière." (art.10 de la Convention européenne des droits de l'homme)


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Il est rare qu’on fasse état d’une bonne nouvelle. Le combat contre la liberté d’expression bafouée pour des raisons obscures sur décisions arbitraires connaît parfois des dénouements heureux. Car il ne s’apparente pas à un combat à la Don Quichotte ; il est bien au contraire le cœur battant de tous les droits convergents (inaliénables, universels, indivisibles et transversaux). La liberté de conscience est autant importante que le doit à l'autosuffisance alimentaire ou le droit au logement.

On apprend par Amnesty International la libération du Tunisien Jabeur Mejri, condamné le 28 mars 2012 (1 an après la révolution de jasmin) à 7 ans et demi de prison pour avoir … publié sur Facebook des caricatures du prophète Mahomet et des critiques acerbes sur l’islam. Reconnu coupable pour ces publications, il encourra une  lourde sanction prononcée par un tribunal. Une pétition de ladite ONG stipulant que ce jeune homme de 29 ans était victime de délit d’opinion alors qu’il n’avait essayé que d’exprimer son droit à la liberté d’expression a recueillit des milliers de voix.

Entre-temps, la nouvelle Constitution tunisienne (art. 31) adoptée le dimanche 26 janvier au soir (3 ans après la première révolution arabe) a abandonné le crime d’apostasie au nom de la liberté de conscience et le respect du sacré (quel que soit le dieu invoqué), ce qui a pour conséquence notoire de ne plus être persécuté pour ses croyances religieuses ou pour son incroyance. L’impiété ni le blasphème ne sont plus retenus par l’appareil judiciaire, pas plus que par le politique.

La Journée de la Francophonie est là pour nous rappeler que la liberté d’expression fait partie intégrante de sa Charte. Le 20 mars est aussi le jour de la fête nationale de la Tunisie. De quoi fêter doublement cet heureux événement (sans oublier les autres prisonniers d’opinion).


En ce 25e Conseil des droits de l'homme où il a été beaucoup question de ce pays, notamment autour de la présence de son Président - M. Moncef Marzuki - remettant une copie de la Constitution tunisienne en mains propres au Secrétaire Général de l'ONU - M. Ban Ki Moon - ainsi qu'un panel vibrant de la 1ère Vice-Présidente de l'Assemblée National de la Constituante - Mme Mehrezia Labidi - cette libération est une concrétisation des dispositions adoptées du texte fondateur. Pour en avoir un aperçu, on pourra visionner l'interview télévisée par Pascal Décaillet dans Genève à chaud du dimanche 16 mars du Président de l'ANC - M. Mustapha Ben Jaafar - contacté par mes soins pour l'émission.

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lundi, 17 mars 2014

Panel sur les relations Pakistan-Cachemire

 

Invitation

Human Rights in Pakistan

Tuesday 18th March 2014  @ 16:00h to 18:00h          

Room: XXII     Palais des Nations


Panelist

Sardar Shaukat Ali Kashmiri

Chairman United Kashmir People's National Party(UKPNP)

 

Prof. Nebo Dimitrijevic,

Geneva School of Diplomacy and International   Relations.

 

Dr.Shabir Chaudary.

Director Institute of Kashmir Affairs London

 

Mr.Farag, Aziz

Ex-Diplomat of the Organization of African Unity (OAU),

 

Jamil Maqsood

Human Rights Defender

 

Moderator:

Mr. Maluza Wasiluado Mavula,

President CIRAC (ECOSOC)

 

Comité International pour le Respect et l’Application e la Charte Africaine des Droits de l’Homme et des Peuples CIRAC

Refreshments and soft drinks will  be served

English /French interpretation will be available.


 

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vendredi, 14 mars 2014

Burkhalter à l'ONU pour le Conseil des droits de l'homme

 

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La 25e session du Conseil des droits de l’homme a été inaugurée, comme le veut la tradition par le discours d’ouverture du Président de la Confédération. Didier Burkhalter l’a honorée à double titre, en sa qualité de Ministre des affaires étrangères, avec la classe qu’on lui connaît. Fidèle à son discours d’investiture, où il exprimait sa vision de la fonction qu’il allait incarner (« Je crois qu’il nous est réellement possible d’agir, de faire évoluer, de faire les lignes (…) grâce à l’immense travail, patient, intelligent, souvent dans l’ombre, nous pouvoir agir utilement pour notre pays et pour l’humanité », l’édile a mis l’accent sur les problématiques de la sécurité, des instruments de la paix, de la démocratie, dont la Suisse est souvent un modèle, et des droits de l’homme, en tant que cœur battant de l'humanité. Conjointement, il a inauguré l’exposition d’Arthus Bertrand Wild and Precious au même étage que la légendaire Salle des Assemblées.

Originaire d’un canton qui a développé les secteurs très porteurs du chocolat (avec son fondateur Philippe Suchard) et de de l’horlogerie, donné le traité pour la paix sociale au travail en 1937, longtemps sous domination prussienne, Burkhalter a donné un éclairage nouveau à la protection des données privées véhiculées aujourd’hui par le digital. L'histoire nous rappelle que des émissaires du Soleil Levant se rendaient, une mallette à la main, dans les très ignifuges montagnes neuchâteloises pour s'enquérir des techniques à l'oeuvre dans la réalisation à grande échelle du produit indiquant l'heure, transposés ainsi jusqu'au développement d'une véritable industrie dans leur propre pays, provoquant automatiquement une crise sans précédent dans la région. 

Qu’on ne nous dise plus que les Suisses manquent de charisme ! Qualifié souvent d’ « austère », « discret », « sérieux », le Président du pays hôte de ce nouveau Conseil présidé par le Gabonnais, Baudelaire N’dong Ella, a exprimé avec force et conviction, le regard habité, ses engagements, laissant entrevoir au-delà du masque lisse le tempérament d’un homme d’action dont les décisions ne sont jamais prises à la légère et chez qui la devise proverbiale « gouverner, c’est prévoir » prend tout son sens.

Les nouvelles brèches qu'il ouvrira, notamment autour de la problématique de l'immunité diplomatique, effleurée discrètement sur un plateau télévisé, seront profondes, à l'image du personnage.

En hommage à Nelson Mandela, à qui le Président de la Confédération faisait référence dans son discours d'investiture, il est possible de visionner l'interview télévisée par Pascal Décaillet pour Genève à chaud le 10 mars du ténor du mouvement de l'anti-apartheid et avocat du leader - Georges Bisos - contacté par mes soins pour l'émission.

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mardi, 04 février 2014

FACEBOOK fête ses 10 ans

 

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Facebook souffle ses 10 bougies. Le réseau social a provoqué une révolution planétaire sans précédent. Le fait de pouvoir être connecté à toute heure avec le monde entier a entraîné un changement dans les relations humaines irréfutable, qui appelle quelques remarques.

Il arrive que les hiérarchies "s'estompent" par la magie de l'interactivité directe. L'illusion est entretenue par l'immédiateté de l'échange.

L'utilisation du téléphone a connu une baisse d'attractivité tant le tchatting remplace l'outil vocalisé.

De touts les sentiments, c'est la colère qui est le plus exprimé et le plus contagieux.

La propagation d'une information se fait presque à la vitesse de la lumière. Il permet ainsi d'emmagasiner une foule de connaissances comme jamais avant dans l'histoire.

Certains décrient la superficialité des rapports entre facebookeurs. Personnellement, je ne m'en plains pas ... La nature de ces rapports humains entretenus par le réseau ne se trouve pas affectée. Le seul malaise qu'on pourrait relever est la gestion des différents publics avec lesquels on se trouve connectés. Comme l'expliquait déjà un célèbre orateur latin : un message se construit en fonction de qui, à qui, où, quand, comment il s'exprime ... les trois critères de Cicéron à remplir ne constituent pas la seule référence. Le défoulement, la déconnade s'invitent sur la place publique. Des informations qui renferment le pouvoir de changer la face du monde y sont révélées. Mais le pillage des données demeure le problème crucial en termes déontologiques, soit de reconnaissance de l'émetteur et de certains destinatairent qui en tirent profit.

Des miracles produits grâce à ce nouvel instrument de communication, on en compte par milliers : retrouvailles, maintien d'un contact avec des personnes connues résidant sur d'autres continents, la création de nouveaux contacts, qui pour certains importunent à cause de la malhonnêteté de leur procédé et d'autres apportent étonnement, sympathie et parfois un nouveau projet.

Que dire de plus, de cet outil magnifique autant qu'effrayant? Merci, quand même !!!

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mercredi, 29 janvier 2014

Droits des femmes d'ici et d'ailleurs. Le 6 février, Journée contre l'excision.

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 Il faut le dire tout net : l’excision constitue une violation des droits humains. On se souvient qu’un tribunal en Suisse a condamné cette cruelle pratique subie par une jeune fille faite à l’étranger. Le 11 juin 2008, la justice fribourgeoise a reconnu coupable cette violation infligée à une jeune fille somalienne de sept ans par une compatriote à elle, réfugiée en Suisse.

L’argument juridique portait sur le manquement d’assistance et d’éducation, et fut traduit en une peine de six mois de prison.

Notons que l'UNICEF estime que près de 7000 femmes victimes d’une mutilation génitale sur sol suisse.

 

On sait que les artefacts multiculturalistes n'y font rien à l'affaire.  Beaucoup  trop de personnes souffrent de cette violence ... En plus du film " Fleur du désert" où se produit la bergère somalienne, Waris Dirie, devenue mannequin et chantre de la lutte contre la coutume barbare, on reverra avec plaisir "Femmes sans hommes" de l'Iranienne Shirin Neshat, primé à Venise en 2009 par le Lion Argent à Venise, qui raconte l'état d'indigence de millions de femmes face à la terrible violence orchestrée pour des motifs religieux politisés.

 

À lire mon article paru dans le 700e numéro de UNSpecial, organe de communication de l'ONU, du mois de novembre 2010: http://www.unspecial.org/UNS700/t33.html .

 

 

 

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Cette note fut rédigée sur cette plateforme le 13 novembre 2010. Depuis, une conscientisation du problème a fait son chemin; le sujet a été traité plus assidument dans des débats à l'ONU, entre autre dans le cadre des sessions des droits de l'homme.


L'excision est formellement interdite en Suisse depuis le 1er juillet 2012 pour toute personne résidant en Suisse, même lorsqu'elle se rend à l'étranger.


En Suisse, vivent près de 12'000 femmes issues de pays où l'excision se pratique traditionnellement; plus de la moitié de ces femmes souffrent de troubles de tous ordres. Une sérieuse sensibilisation est véhiculée dans les milieux migrants en provenance des pays où elle sévit, dont les résultats commencent à se faire sentir : moins de cas sont comptabilisés sur sol suisse autant qu'à l'occasion des voyages effectués des fillettes dans leur pays d'origine.


Si une loi ne suffit pas pour interdire un rite aussi cruel ancré culturellement et cultuellement, il est important de poursuivre ce noble effort parti d'un élan de la société civile. Le 6 février, la Journée contre l'excision est là pour nous le rappeler.

21:42 Publié dans Société | Lien permanent | Commentaires (20) | Tags : droits des femmes, excision, suisse, islam | |  Facebook

mardi, 14 janvier 2014

Tunisie : 3e anniversaire d'une transition

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C'était un 14 janvier. L'anniversaire de la transition en Tunisie, marquée par la chute d'un dictateur kleptomane, le 14 janvier 2011, ne passera pas inaperçu. Le New York Times titrait ainsi la une un peu avant le Réveillon.

Les articles de la nouvelle constitution sont en train d'être adoptés. Elle ne portera pas le nom de "laïque" pour des raisons de mauvaise compréhension de sa définition - laïc signifie "séparation des pouvoirs religieux et politiques", et par extension, "séparation de tous les pouvoirs" (par exemple, un éthicien est un laïc dans un milieux médical composé exclusivement de médecins) mais elle stipule la liberté cultuelle dans le respect de la conviction religieuse. Cette acception, plus civile que politique, est une finesse qu'on ne peut ignorer dans ce contexte. En outre, la parité entre hommes et femmes est sauvée. Hérité du premier président d'après la libération, Bourguiba ayant accédé au pouvoir en 1956 et ayant inscrit ce principe dans la constitution tunisienne adoptée en 1959 - ce principe constitutionnel fut salué comme une exception dans la région du Maghreb et d'ailleurs, bien en avance de la plupart des pays européens, pétris d'idéologie droit-de-l'hommiste oubliant sans l'ombre d'une gêne la moitié de l'humanité. L'épisode de la Femen tunisienne a été primordial dans cette évolution tant par son courage politique que par son exemple. Peu soutenue parce que mal comprise par les siens, arguant que ce n'est pas dans la leur culture de se balader au sens littéral les seins nus sur la place publique - par rapport aux Femen de l'Est - elle porte en grande partie la réussite de cette victoire.

L'exception tunisienne s'est poursuivie avec "la révolution de jasmin", initiée en ce 17 septembre 2010 où un jeune dilpômé, Mohamed Bouazizi, s'est vu interdit de vendre ses oranges et qui décida de s'immoler par le feu, dans la merveilleuse ville de Sidi Bousaid. L'évènement est sans précédent et constitua un cas d'école en changeant la face du monde par ce geste hautement tragique. Le dictateur déchu, Ben Ali, s'était penché à son chevet avant d'être destitué le 14 janvier 2011.

Entre-temps, le terrorisme s'est invité dans le théâtre du changement. Des assassinats d'élus à l'ANC de l'opposition ont été commis entraînant des familles endeuillées à jamais et la peur de se voir une révolution confisquée pour tout un peuple. Qui a tué Chokri Belaïd le 6 février, père de famille qui aurait fêté 50 ans cette année-ci? À ce jour l'enquête s'enlise malgré les tentatives de désigner quelques coupables échappés dans le pays voisin, le grand frère, l'Algérie. S'en est suivi l'assassinat politique de Mohamed Brahmi le 25 juillet, quelques jours après l'annonce de nouvelles fraîches concernant le premier martyr. Le 28 août 2013 (juste après la destitution du président égyptien élu, issu des Frères Musulmans, Morsi, et avant la commémoration du drame du 11 septembre), 100 attentats terroristes étaient prévus en Tunisie tandis que le Premier Ministre, ancien Ministre de l'Intérieur, Ali Larayedh, décrétait l'association Ansar Al-Charia (littéralement, Les Partisans de la Charia) de terroriste. Il a démissionné la semaine dernière pour laisser place à un pouvoir indépendant des partis, selon sa promesse. L'homme n'est pas dénué d'humour ... On se souvient de son exclamation en entrant dans l'hémicycle il y a quelques mois : "Hommage à tous ces arbres morts pour autant de langue de bois!"

Le 23 octobre 2012, la nouvelle constitution n'a pas pu être votée comme prévu le 23 octobre 2011 et les ministres ayant signé ce fameux document resté mystérieux - on ne sait pourquoi - qui stipulait qu'ils partiraient à cette date-là, jour de l'adoption du nouveau texte officiel jetant les bases d'une nouvelle société née après une révolution. Les "Dégage! Je m'engage." ont fait leur chemin ...

Il y eut l'exode de nombreux Tunisiens face à cette situation trouble, remontés contre le manque d'opportunités qui ont fait s'occire le jeune vendeur désespéré de se voir confisquer sa marchandise sur l'ordre d'un des frères de l'ex-première dame. Plusieurs pays impliqués dans des programmes de coopération et de développement ont baptisé ce joli pays composé entre mer et désert comme prioritaire. Un Chef d'Etat genevois a eu l'intelligence de s'entretenir avec son homologue tunisien lors de sa venue dans le cadre d'une conférence sur la diaspora ministérielle organisée par l'OIM (Organisation Internationale des Migrations) pour emmancher le dossier des migrants ressortissants du pays en question. L'investissement et l'exportation de deux secteurs porteurs sont à l'arrêt. L'inflation s'incruste durablement au point de provoquer actuellement des guerres de tranchées. Les tuwars font la loi en certaines régions. Les PME peinent à financer leurs importations de matières premières. Le navire va à vau-l'eau ...

Face au parti de l'Ennadha (le pendant des Frères Musulmans d'Egypte, qui vient d'être décrété comme mouvement terroriste dans ce même pays), un technocrate a été nommé pour gouverner le nouveau gouvernement qui doit mener à la votation de la nouvelle constitution - attendue le 23 octobre 2012 et qui a valu aussi l'annulation de la visite officielle de la secrétaire d'Etat du département fédéral de l'Economie en septembre de la même année pour signifier son désaccord avec la "politique" en vigueur - et souhaiter à ce beau et cultivé pays que les groupuscules islamistes ne continuent à détériorer son climat afin que son développement puisse se réaliser, enfin! Parce qu'il le vaut bien.

L'importance n'est pas dans l'étiquette mais dans le contenu...

Il n'est tout de même pas normal qu'un ambassadeur, soi-disant ami, contracte un budget à coups de plusieurs millions pour un projet de coopération et de développement dans le domaine du traitement de l'eau et des déchets dans une région où se déploie un camp d'entraînement de djiadhistes, ni d'octroyer des billets d'avions ainsi que des contrats de travail à des migrants en situation illégale et très peu qualifiés pour le job, tout en ignorant des Suisses méritants.

C'est l'occasion de montrer que la politique internationale - ni la politique, tout court - n'est pas fatalement un jeu de dupes.

Pour terminer sur ce sujet, on relèvera encore que dans le mouvement de cette première semaine de l'an qui signe un tournant pour ce pays, l'ancien Ministre des Affaires étrangères, gendre du président du parti au pouvoir, Rafik Abdessalem, vient d'être inculpé, le 8 janvier 2014, par le pôle judiciaire pour abus de pouvoir et détournement (dont la pointe de l'iceberg a été révélée par la blogueuse Olfa Riahi le 31 décembre 2012 dans l'affaire du Sheratongate) bien qu'il se soit volatilisé ailleurs, sentant l'étau se resserrer sur lui. Et portant ainsi le contre-pied de la constatation amère de Platon du politique : " La rhétorique est la contrefaçon d'une partie de la politique".

(cité dans la Tribune de Genève du mercredi 16 janvier 2014, page 11)

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