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vendredi, 06 février 2015

La blague du jour

 

 

·       Churchill fit un jour la remarque suivante à son George Bernard Shaw (alors très maigre contrairement à ce premier de forte corpulence) :« À vous voir, tout le monde pourrait penser que la famine règne en Angleterre. »

 Réplique de Shaw : « À vous voir, tout le monde pourrait penser que c'est vous qui en êtes la cause. »


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dimanche, 01 février 2015

Iphigénie en Tauride, la Grèce et Maître Bonnant le 3 février

 

 

L'opéra Iphigénie en Tauride qui se produit actuellement au Grand-Théâtre de Genève est une très belle réalisation sous tous les aspects.

Cette figure de la mythologie grecque a inspiré les plus grands auteurs : Homère, Eschyle, Sophocle, Euripide jusqu'à Racine et Goethe. La culture grecque ressuscitée de ses cendres par la Renaissance reprend sa place ici dans toute sa splendeur avec la tragédie en quatre actes du compositeur allemand Gluck.

Victime de la logique du bouc-émissaire, la Grèce vient de vivre des élections importantes pour sa destinée. Le demos a parlé, il a choisi.

Un clin d'oeil et un bel hommage à ce grand pays à qui il faudrait verser des droits d'auteurs pendant tous ces siècles!

Mardi 3 février 2015, se tiendra à 19h30 dans l'auguste institution citée une soirée exceptionnelle autour de cette figure tragique de l'héroïsme féminin ou de l'éternelle question du devoir et des sentiments ou sens moral, du respect des lois de la république et de l'épineuse problématique du libre-arbitre, animée notamment par le lumineux orateur Me Marc Bonnant, grand connaisseur des procès historiques à la manière de la tradition philosophique de la disputatio.


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vendredi, 16 janvier 2015

Boko-Haram : le Tchad envoie des soldats au Cameroun

 

Les diverses factions terroristes sévissent ci et là. Boko Haram (contre l'éducation occidentale) ont déjà à maintes reprises foulé le sol camerounais. C’est décidé. C’est fait. Le Tchad envoie des soldats au pays voisin, le Cameroun pour stopper la progression de la secte malfaitrice provenant du Nigeria. On se souvient, ces jours-ci, Boko Haram a publié le guide expliquant le viol des femmes après avoir rendu en esclavage sexuel (et le mariage forcé) les deux-cents filles kidnappées, drame qui maintient en émoi le monde entier.

En début de semaine, 143 terroristes avaient été neutralisés dans la région du Cameroun déjà touchée, l’extrême-nord faisant frontière avec le Nigeria. On se souvient que par des fois, un curé avait été pris en otage par ces factions alors que le Cameroun n’avait jamais connu de tels événements, ce qui lui octroyait une réputation d’agent stabilisateur de la région d’Afrique centrale, condition de développement qu’il a connu jusque là.

Idriss Deby, le président du Tchad, a promis de ne pas rester les bras croiser et de secourir le pays ami. La décision mérite d’être saluée dans la cacophonie actuelle du jeu de diversion réitérée, de désinformations savamment orchestrées, du « je te tiens par la barbichette », du faire porter le chapeau à qui ne prend part à aucune décision et de son corollaire, le « ponce-pilatisme », ou encore du cache-cache entretenu par une rhétorique de la duplicité exprimée par des « oui … mais » à l’infini. L’importance de cette décision suivie de sa mise en œuvre n’est plus à démontrer; la lutte du Tchad contre les dijhadismes est évidente au niveau international.

(référencé dans le journal "La Tribune de Genève" du week-end 17-18 janivier 2014, p.17)

 

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vendredi, 09 janvier 2015

Qui peut tuer des gentils ?

 

 

Charlie Hebdo. Un mot qui sonne comme un refrain familier. Des visages qui nous accompagnent depuis toujours. Des éternels adolescents enragés par une recherche de vérité à toute épreuve, qui n’avait d’autre but que de faire réfléchir, de révéler des connaissances insoupçonnées, loin des culs bénis et du bal des Tartuffe avec leurs dogmes et leurs mots d’ordre. Les dernières personnes auxquelles on pense tuer ont été victimes d’un attentat inimaginable qui ne porte pas de nom. La fiction a rejoint la réalité, l’inimaginable s’est réalisé.

La culture de l’impertinence, héritée des Lumières, a été blessée à mort. Voltaire doit se retourner dans sa tombe s’il assistait é ce spectacle innommable au 21 e siècle. Le romancier et ancien Ministre de la Culture, Malraux, qui prédisait ce siècle comme spirituel ou le néant, doit y perdre son latin. À qui profite le crime, s’interrogerait tout auteur de polar, dans sa recherche de mobile déterminant l’action.

Les premières minutes de l’attentat nous ont fait croire une seconde à une farce, une blague à la Charlie Hebdo, à l’instar du dernier dessin de Charb, le directeur de la rédaction, dans la veine « Tiens, pas d’attentas encore en France ?!? »

Cabu, avec ses lunettes d’élève insolent et attachant, a pénétré nos foyers ; la lueur de ses yeux, on ne l’oubliera jamais, nous accompagnera toujours dans l’investigation des mouvements destinés à asseoir un pouvoir funeste.

Wolinsky, né en Tunisie, un père assassiné alors qu’il n’avait que deux ans, nous aura fait rire aux éclats pendant des décennies avec ses caricatures sur la sexualité tant masculine que féminine, nous révélant la folie douce qui meut le monde.

La liberté d’expression a été neutralisée de façon abjecte et sans raison. L’article 8  de la Charte des droits de l’homme pose la question philosophique de la manière d’exercer ce talent, un des plus nobles que l’être humain possède comme son existence. Des hommes d’une élégance et d’une intelligence hors pair dont le seul combat était de donner sens au logos dans un monde robotisé à l’extrême que la langue de bois a réussi à annihiler de sa substantifique moelle ont été visés volontairement par trois débiles mentaux, ne se représentant qu’eux-mêmes, au nom d’un dieu dont les contours ne sont pas définis.

Les frères Kouchai ont bénéficié du laxisme ambiant, se jouant du pseudo vie juridique dans les affaires de terrorisme pour tout homme de loi souhaitant faire durer un cas pour gagner plus alors que tout est là pour savoir et pour décider. Seule la volonté manque comme c’est souvent le cas dans notre société formatée mais sans contenu. Condamné une première fois en 2008 pour avoir participé à une filière d’envoi de combattants en Irak. L’enquête a déjà mentionné ce point. Cependant, le principal cerveau de ce commando était aussi bien connu : le franco-tunisien Boubaker Al-Hakim. Qui est cet homme ? Le célèbre organisateur des sassisnats politiques de Chokri Belaïd et de Mohamed Brahmi, en 2013, en pleine période de transition qui a suivi de la révolution de jasmin. Né à Paris le 1er août 1983 de parents tunisiens, Boubakaer Al-Hakim, est un terroriste notoire que l'ancien régime de Ben Ali avait rejeté en demandant l'extradition par le biais d'Interpol le 6 mai 2001. Après l'exécution des procédures usuelles, il a été mis en examen "pour son association à un groupe de malfaiteurs" en 2005 et c'est grâce au gouvernement syrien que ce terroriste a été livré à la France cette même année, au moment où il combattait les djihadistes. Condamné en 2008 à 8 ans de prison ferme, il a eu la chance d'être relâché pendant le printemps arabe. Rentré en Tunisie, il a pu fomenté les assassinats de Chokri Belaïd le 6 février 2013 et de Mohamed Brahmi le 25 juillet 2013.

Loin d'avoir agi en loups solitaires - formule prêtée désormais à l'affaire Merah en 2012 et qui veille hypocritement à éviter tout amalgame - ils ont bel et bien fonctionné selon un mode opératoire huilé de bons petits soldats obéissant aux ordres de cet autre fou sanguinaire, l'un des plus dangereux cerveaux de Daech en Irak et en Syrie.

Tués dans l'assaut mené par les forces de l'ordre, ils n'auront pas eu le dernier mot. Les prendre vivants eut été impossible. Les informations qu'ils recelaient n'auraient pas été divulgués par eux et leur donner une tribune par le biais un procès retentissant où toutes les caméras du monde seraient braquées n'aurait probablement rien apporté de plus que ce que l'enquête approfondi est en train de tisser. Le seul regret est qu'ils ont obtenu en un certain sens ce qu'ils souhaitaient : mourir (en martyr, donc en héros, ah, ah, ah). Si la politique de l'autruche aura gagné une nouvelle fois, rien ne pourra cet élan de chercher le vrai, le bien, le juste. Les lanceurs d'alerte ne sont pas toujours bien traités mais l'intelligence reste un rempart contre la folie et la barbarie.

Aujourd'hui, le recueillement est de mise  pour toutes les victimes illustres ou non de cette immonde attentat ainsi qu'aux forces de l'ordre pour leur bravoure et le immense savoir-faire de tous les instants! Tuer l'intelligence constitue l'un des actes plus barbares que l'humanité peut offrir. R.I.P.

 

 

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vendredi, 26 décembre 2014

CROIRE

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CROIRE OU NE PAS CROIRE, TELLE EST LA QUESTION. MAIS DERRIERE CET ACTE D'INCLINATION, QUE CROIT-ON? L'ABSENCE DE VOLONTE DE RECHERCHER LA VERACITE D'UN FAIT OU D'UN PROPOS, LA DESINFORMATION OU L'INSTRUMENTALISATION DE DONNEES N'AIDENT PAS À SAVOIR QUE CROIRE, QUE FAIRE OU QU'ESPERER.

ST-THOMAS NE DISAIT-IL PAS QU'IL NE CROYAIT QUE CE QU'IL VOYAIT? LA DEVISE "PERSONNELLE" DEVINT AINSI UN PROVERBE POPULAIRE, UTILISE SURTOUT DANS UN SENS CYNIQUE POUR DESIGNER UNE SITUATION AMBIGÜE. 

EN CES TEMPS FESTIFS QUI MARQUENT LA FIN D'UNE ANNEE AVEC L'ANNONCE D'UNE NOUVELLE, UNE LEGENDE AUTOUR DES MYSTERES DE LA VIE, VOICI UN quizz CONCONCTE PAR LE SERVICE DE LA PROTECTION DES DONNEES DU VALAIS QUI REND COMPTE DES QUESTIONS RELATIVES À LA SPHERE PRIVEE ET SON COROLLAIRE, LES PUBLICATIONS SUR LA TOILE, QUI NOUS FERONT OUBLIER LES PHOTOS MOCHES, LES RETENTIONS D'INFORMATION FORCEES, LES "PIQUAGES" DE DONNEES EN TOUS GENRES, LA STUPIDITE DU CHOC DES DOGMES, LES ENFUMAGES SAVAMMENT ORCHESTRES, LES DELIRES EN VUE DE FAIRE DIVERSION :

 

FAUT-IL CROIRE AU PERE NOËL SUR INTERNET ?

 

 

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ET EXCELLENTE ANNEE 2015 !!!

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mardi, 04 novembre 2014

Quel est le mode de transport idéal ?

 

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Un questionnaire des Etats Généraux des transports a été soumis à la population.

 

12'000 personnes volontaires ont joué le jeu en répondant aux 44 questions posées par les autorités genevoises, dont le but est de tirer quelques (r)enseignements.

À l’heure du Grand Genève, des interrogations au sujet de la circulation et du mode de transport possible se posent de manière encore plus insistante bien que "la guerre des transports" date de plus d'un siècle. Les décors changent mais les problèmes restent? Pas forcément.

La problématique du transfert modal a bel et bien évolué au gré du boom démographique et des nouvelles technologiques. Et le choix du mode de se mouvoir s'est élargi au niveau individuel, ce qui ne va pas sans besoin d'un cadrage.

Il n’a pas fallu attendre l’entrée en vigueur de la Convention de Schenger en 1995 pour asseoir cette liberté de circulation… A contrario, les déplacements sous l’Ancien Régime faisaient l’objet de contrôles très stricts en ce qui concerne tant les personnes que les marchandises. Dès 1948, singulièrement avec la Déclaration universelle des droits de l’homme, elle s’est affirmée et la possibilité d’utiliser tel ou tel mode de transport s’est aussi accrue : pour me rendre à Paris ou à Florence, j’ai le choix de prendre la voiture, le train ou l’avion (pour n’en citer que quelques-uns parmi les plus habituels).

Cette enquête a le mérite d'appeler les citoyens à une concertation, étape préliminaire à la négociation dans une démocratie vivante comme l'est notre pays.

Comme promis, les résultats sont révélés en ce mois de novembre.


 

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mardi, 28 octobre 2014

L'essor économique de Djibouti présenté à l’OMC

 

 

Djibouti1.gifZoom sur Djibouti. Ce petit pays de moins d’1 million d’habitants constitué en 1977 dans la Corne d’Afrique, vient de présenter son bilan économique à l’OMC.

Une forte délégation a été conduite par S.E M. Mohamed-Siad Doualeh, A mbassadeur plénipotentiaire de Djibouti à Genève ; le Ministre du Commerce, M. Hassan Ahmed Boulaleh, Ministre du Commerce de Djibouti, a fait le déplacement pour présenter  le second examen de la politique commerciale de l’état djiboutien, le premier ayant été exposé en 2006. Il en a dégagé une vision économique, tout en soulignant les contraintes et les efforts déployés selon 18 indicateurs référencés par l’organisation internationale.

Sa place géographique lui confère une qualité particulière, celle d’’incarner un carrefour commercial entre l’Afrique et l’Asie et singulièrement la péninsule arabique.  Les échanges de toute nature à travers les siècles en ont fait un pays cosmopolite. Djibouti est reconnu par ailleurs comme étant un pays très stable de la Corne de l’Afrique. Cette donnée engendre les conditions essentielles à un développement socio-économique durable du pays ainsi que la poursuite des échanges internationaux, nord-sud et sud-sud, et la valorisation des actions d’intégration régionale. Les résultats viennent appuyer cette observation de manière significative : une croissance forte a été enregistrée entre 2007 et 2013, réalisant une progression du PIB de 5% d’année en année ; les investissements directs étrangers (IDE) et les activités portuaires forment les deux causes principales du développement libellé. Les autorités djiboutiennes prévoient subséquemment d’importants investissements pour développer les infrastructures assurant au pays sa place stratégique au sein de la COMESA, dont l’augmentation de l’approvisionnement énergétique et hydrique.

Djibouti2.jpgCes projets permettront d’attirer les entreprises et continuer à favoriser la création d’emploi. À noter que les conditions de vie de la population ont été largement améliorées depuis le dernier examen : le revenu par habitant serait passé de 850 à 1200. C’est ce qui fait dire à M. Roberto Azevêdo, dircteur général de l’OMC, que Djibouti sera le Singapour de cette région de l’est-continent africain. Comme disait le philosophe romain Sénèque, il n’y pas de vent favorable pour qui ne connaît pas son port. Djibouti a prouvé qu’il sait où il va … Dans le cadre de Vision 2035, la République de Djibouti tient à mettre l’accent sur la création de 6 ports supplémentaires aux existants ; visant à promouvoir son énorme patrimoine naturel et culturel, Djibouti prévoit le développement du secteur touristique, notamment en prolongeant les circuits ethiopiens, en partenariat entre les deux états. Les pays du Golfe goûtent déjà depuis longtemps des potentialités touristiques mis en place par Djibouti.

 

 

Micheline PACE

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vendredi, 24 octobre 2014

La langue malmenée jusque dans ses entrailles

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Bescherelle1.jpgPropos/Interrogation. La confédération britannique de l’industrie a demandé à 300 entreprises de classer les langues étrangères les plus utiles, apprend-on dans le Cahier de la Grammaire N° 157 (automne2014). Le français arrive en tête. La longue tradition de la langue diplomatique, prolongée par son statut de 2e langue internationale, est sauve. On  l’oublie souvent : les Lumières auront largement contribué à la rendre universelle en véhiculant les principes d’auto-détermination des peuples, l’instrument de l’émancipation sociale et de l’égalité fondamentale de chaque individu devant la loi et les règles du jeu en vigueur dans toute société qui se respecte, d’où l’émergence d’institutions pour la communauté des nations.

Le dernier Sommet de la Francophonie, à Kinshasa, a constitué une avancée incontestable dans la prise de conscience par les dirigeants francophones des nouveaux enjeux linguistiques dans ce monde multipolaire, affirment Dominique Gallet et Jean-Louis Roy.

Et alors ? On est parfois surpris, au gré de nos déambulations, de constater à quel point la langue est maltraitée, même dans des expressions simples et usuelles, à tel point d’échapper à tout correcteur potentiel avant sa mise en bouche. Le site Bescherelle. Ta mère nous en donne régulièrement un florilège. Puisse le prochain Sommet de la Francophonie organisé les 29-30 novembre 2014 à Dakar - autour du sujet des femmes, des jeunes et de l'entreprenariat - attirer l'attention sur cette posture, qui veut qu'on se fiche des règles élémentaires de notre belle langue dans l'indifférence générale, faisant de conventions séculaires! De toutes les valeurs, il est stipulé que l'éducation est une valeur universelle, indivisible et transversale; investir dans la correction des locutions Bescherelle2.jpgécrites n'est pas une dépense (inutile). Il en va de la maîtrise de son expression, donc de l'être. Car une phrase, c'est tout ... on ne fait rien sans phrase : on prête serment avec une phrase, on déclare son amour ou la guerre avec une phrase, le fait de nommer les choses ne se peut se passer sans phrase. Il en va de la préservation de notre patrimoine culturel et historique.




(cité dans la Tribune de Genève, week-end du 25-26 octobre 2014)

 

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vendredi, 17 octobre 2014

Cellou Dalein Diallo, Chef de file de l’opposition de Guinée-Conakry, de passage à Genève, nous parle d'Ebola

 

 

Le virus d’Ebola poursuit sa propagation. Son spectre hante toutes les discussions depuis cet été. On vient d'apprendre qu’un passager d’Air France, sur le vol Madrid-Paris, présentant des symptômes de la maladie a été hospitalisé en urgence. Cellou Dalein Diallo, Anc. Premier Ministre, Président de l'UFDG et Vice-Président de l'Internationale Libérale, séjourne actuellement à Genève pour rencontrer des Guinéens de Suisse et participer à un symposium économique de haut niveau où il est inévitablement aussi question d'Ebola.


-         -  L’Ebola a fait plus de 4000 morts depuis son apparition en Guinée-Conakry. Quelles sont pour vous ses répercussions sur les plans politiques et du développement ?

Cellou.jpgCellou Dalein Diallo : "La situation s’aggrave aussi bien en Guinée que dans les pays avoisinants, la Sierra-Leone et le Libéria. Ce drame s'est accentué à cause de la mauvaise prise en charge de le cette crise sanitaire sans précédent par les Etats concernés. Le Président de Guinée, Alpha Condé, a voulu ménager l'image du pays en prenant beaucoup de retard pour y faire face. tout en critiquant les organismes internationaux qui se sont rendus sur les lieux, arguant qu'ils se font de l'argent sur le malheur des victimes et en créant la psychose à l'échelle mondiale. C'est seulement le 23 mars 2014, qu'il a commencé à en parler alors qu'Ebola a fait son apparition en décembre 2013, déjà! Près de 4500 morts sont recencés dans les régions touchées; 831 décès et 145 personnes hospitalisées ont pu,être comptabilisées seulement en Guinée. Plusieurs facteurs expliquent cette indigence, évidemment ... La circonscription des localités touchées par le fléau a mis beaucoup de temps si bien que le virus a pu se propager, au-delà des frontières, jusqu'à la sous-région. La Sierra-Leone et le Libéria sortent d'une guerre effroyable, ce qui signifie que les deux pays étaient très affaiblis, à tous points de vue, pour affronter une telle maladie. Les répercussions sur le développement sont tangibles. En Guinée, on observe un taux de croissance extrêmement bas depuis le nouveau régime, à savoir 2,3% alors qu'en Sierra Leone, il s'élève à plus de 14% et au Libéria, aux alentours de 8%. Avec le rythme de la propagation de la maladie, on assiste à une recrudescence de besoins et un recul dans le développement socio-économique.  Le manque de solidarité avec ces pays n'a pas aidé à l'éradication du virus dès son origine. Il faut que plus de moyens financiers mais surtout humains soient déployés, en mettant en place les infrastructures sanitaires nécessaires. "

Cellou Dalein Diallo rappelle son parcours : économiste de son état, il a été directeur général de la Banque Centrale de la Guinée, avant d'embrasser la carrière politique. Il fut battu aux élections présidentielles de 2010 tandis qu'il avait comptabilisé 44% des suffrages sur les 25 candidats au 1er tour et Alpha Condé, 18%; mais au 2e tour, il a été décrété qu'Alpha Condé avait emporté les élections avec près de 52%. Le charismatique président de UFDG revient d'une longue tournée en Amérique et en Europe. Il en appelle à la communauté internationale à accroître de manière significative les moyens tant logistiques qu'humains pour endiguer le fléau. Son séjour à Genève s'est terminé par une rencontre des plus chaleureuses avec la diaspora guinéenne résidente en Suisse, occasion rêvée pour présenter ses voeux en faveur de la construction d'une nouvelle Guinée dans un esprit fédérateur.

    Micheline PACE


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dimanche, 12 octobre 2014

Patrick Modiano nobélisé

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Le Nobel de littérature attribué cette année à l’écrivain français, Patrick Modiano, remplit de joie les amoureux de la belle langue et les critères décidés par le fondateur des ces prix prestigieux, Alfred Nobel. L’œuvre de Patrick Modiano  fait preuve d’un puissant idéal dont la percée du mystère en tisse la trame. Né en 1945 à Boulogne-Billancourt, il n’aura de cesse d’extraire la quintessence de cette période trouble dans le Paris de la Seconde Guerre mondiale, en dessinant les contours – souvent flous – le destin de personnages en apparence ordinaire englués dans ou responsables des événements tragiques dont le poids pèse encore même sur les générations futures, qui ne les ont pas vécus.

"Je n'avais pas 20 ans mais ma mémoire précédait ma naissance", s’exclamait Modiano, à l’occasion de sa rencontre avec Raymond Queneau, ami de sa mère, dont le souvenir le hantera toute sa vie, pour son manque de tendresse. La mélancolie qui se dégage dans ses écrits est le reflet de l’abandon, la perte, la mémoire (ou l’oubli), la recherche d’un temps perdu que l’on ne sait pas toujours s’il est rêvé ou vécu, remémoré ou inventé, peut-être aussi parfois désiré à l’image d’un manque irrémédiable impossible à dater et à en connaître l’objet.

Son premier roman « La place de l’étoile » publié en 1967, à 22 ans, donne le ton. Le récit – dans le genre autobiographique où le narrateur est le personnage central – d’un juif antisémite appartenant à la Gestapo française et vivant à Genève, mêle réalité et fiction, au point de dégager ce qu’il sera convenu de qualifier de  modianesque  tout personnage ou toute situation à mi-chemin entre logique et absurde, ombre et lumière, existence et imaginaire, romantisme et roman policier en trompe-l’oeil. « Je ne puis donner la réalité des faits, je n’en puis présenter que l’ombre », insiste le Lauréat du Prix Nobel de Littérature 2014, récompensé pour ses ballades dans le passé sur lesquelles planent quête identitaire sans fin, secrets et révélations, informations et mystères jamais élucidés, jeux de faux-semblants et dévoilement de choses inattendues, le doute entre vérités établies (officiellement) et réalités souterraines, le plus souvent tues, au nom d’une raison d’état, à jamais obscure.

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