UA-105021232-1

vendredi, 16 janvier 2015

Boko-Haram : le Tchad envoie des soldats au Cameroun

 

Les diverses factions terroristes sévissent ci et là. Boko Haram (contre l'éducation occidentale) ont déjà à maintes reprises foulé le sol camerounais. C’est décidé. C’est fait. Le Tchad envoie des soldats au pays voisin, le Cameroun pour stopper la progression de la secte malfaitrice provenant du Nigeria. On se souvient, ces jours-ci, Boko Haram a publié le guide expliquant le viol des femmes après avoir rendu en esclavage sexuel (et le mariage forcé) les deux-cents filles kidnappées, drame qui maintient en émoi le monde entier.

En début de semaine, 143 terroristes avaient été neutralisés dans la région du Cameroun déjà touchée, l’extrême-nord faisant frontière avec le Nigeria. On se souvient que par des fois, un curé avait été pris en otage par ces factions alors que le Cameroun n’avait jamais connu de tels événements, ce qui lui octroyait une réputation d’agent stabilisateur de la région d’Afrique centrale, condition de développement qu’il a connu jusque là.

Idriss Deby, le président du Tchad, a promis de ne pas rester les bras croiser et de secourir le pays ami. La décision mérite d’être saluée dans la cacophonie actuelle du jeu de diversion réitérée, de désinformations savamment orchestrées, du « je te tiens par la barbichette », du faire porter le chapeau à qui ne prend part à aucune décision et de son corollaire, le « ponce-pilatisme », ou encore du cache-cache entretenu par une rhétorique de la duplicité exprimée par des « oui … mais » à l’infini. L’importance de cette décision suivie de sa mise en œuvre n’est plus à démontrer; la lutte du Tchad contre les dijhadismes est évidente au niveau international.

(référencé dans le journal "La Tribune de Genève" du week-end 17-18 janivier 2014, p.17)

 

Tchad.jpg


11:47 | Lien permanent | Commentaires (6) | |  Facebook

vendredi, 09 janvier 2015

Qui peut tuer des gentils ?

 

 

Charlie Hebdo. Un mot qui sonne comme un refrain familier. Des visages qui nous accompagnent depuis toujours. Des éternels adolescents enragés par une recherche de vérité à toute épreuve, qui n’avait d’autre but que de faire réfléchir, de révéler des connaissances insoupçonnées, loin des culs bénis et du bal des Tartuffe avec leurs dogmes et leurs mots d’ordre. Les dernières personnes auxquelles on pense tuer ont été victimes d’un attentat inimaginable qui ne porte pas de nom. La fiction a rejoint la réalité, l’inimaginable s’est réalisé.

La culture de l’impertinence, héritée des Lumières, a été blessée à mort. Voltaire doit se retourner dans sa tombe s’il assistait é ce spectacle innommable au 21 e siècle. Le romancier et ancien Ministre de la Culture, Malraux, qui prédisait ce siècle comme spirituel ou le néant, doit y perdre son latin. À qui profite le crime, s’interrogerait tout auteur de polar, dans sa recherche de mobile déterminant l’action.

Les premières minutes de l’attentat nous ont fait croire une seconde à une farce, une blague à la Charlie Hebdo, à l’instar du dernier dessin de Charb, le directeur de la rédaction, dans la veine « Tiens, pas d’attentas encore en France ?!? »

Cabu, avec ses lunettes d’élève insolent et attachant, a pénétré nos foyers ; la lueur de ses yeux, on ne l’oubliera jamais, nous accompagnera toujours dans l’investigation des mouvements destinés à asseoir un pouvoir funeste.

Wolinsky, né en Tunisie, un père assassiné alors qu’il n’avait que deux ans, nous aura fait rire aux éclats pendant des décennies avec ses caricatures sur la sexualité tant masculine que féminine, nous révélant la folie douce qui meut le monde.

La liberté d’expression a été neutralisée de façon abjecte et sans raison. L’article 8  de la Charte des droits de l’homme pose la question philosophique de la manière d’exercer ce talent, un des plus nobles que l’être humain possède comme son existence. Des hommes d’une élégance et d’une intelligence hors pair dont le seul combat était de donner sens au logos dans un monde robotisé à l’extrême que la langue de bois a réussi à annihiler de sa substantifique moelle ont été visés volontairement par trois débiles mentaux, ne se représentant qu’eux-mêmes, au nom d’un dieu dont les contours ne sont pas définis.

Les frères Kouchai ont bénéficié du laxisme ambiant, se jouant du pseudo vie juridique dans les affaires de terrorisme pour tout homme de loi souhaitant faire durer un cas pour gagner plus alors que tout est là pour savoir et pour décider. Seule la volonté manque comme c’est souvent le cas dans notre société formatée mais sans contenu. Condamné une première fois en 2008 pour avoir participé à une filière d’envoi de combattants en Irak. L’enquête a déjà mentionné ce point. Cependant, le principal cerveau de ce commando était aussi bien connu : le franco-tunisien Boubaker Al-Hakim. Qui est cet homme ? Le célèbre organisateur des sassisnats politiques de Chokri Belaïd et de Mohamed Brahmi, en 2013, en pleine période de transition qui a suivi de la révolution de jasmin. Né à Paris le 1er août 1983 de parents tunisiens, Boubakaer Al-Hakim, est un terroriste notoire que l'ancien régime de Ben Ali avait rejeté en demandant l'extradition par le biais d'Interpol le 6 mai 2001. Après l'exécution des procédures usuelles, il a été mis en examen "pour son association à un groupe de malfaiteurs" en 2005 et c'est grâce au gouvernement syrien que ce terroriste a été livré à la France cette même année, au moment où il combattait les djihadistes. Condamné en 2008 à 8 ans de prison ferme, il a eu la chance d'être relâché pendant le printemps arabe. Rentré en Tunisie, il a pu fomenté les assassinats de Chokri Belaïd le 6 février 2013 et de Mohamed Brahmi le 25 juillet 2013.

Loin d'avoir agi en loups solitaires - formule prêtée désormais à l'affaire Merah en 2012 et qui veille hypocritement à éviter tout amalgame - ils ont bel et bien fonctionné selon un mode opératoire huilé de bons petits soldats obéissant aux ordres de cet autre fou sanguinaire, l'un des plus dangereux cerveaux de Daech en Irak et en Syrie.

Tués dans l'assaut mené par les forces de l'ordre, ils n'auront pas eu le dernier mot. Les prendre vivants eut été impossible. Les informations qu'ils recelaient n'auraient pas été divulgués par eux et leur donner une tribune par le biais un procès retentissant où toutes les caméras du monde seraient braquées n'aurait probablement rien apporté de plus que ce que l'enquête approfondi est en train de tisser. Le seul regret est qu'ils ont obtenu en un certain sens ce qu'ils souhaitaient : mourir (en martyr, donc en héros, ah, ah, ah). Si la politique de l'autruche aura gagné une nouvelle fois, rien ne pourra cet élan de chercher le vrai, le bien, le juste. Les lanceurs d'alerte ne sont pas toujours bien traités mais l'intelligence reste un rempart contre la folie et la barbarie.

Aujourd'hui, le recueillement est de mise  pour toutes les victimes illustres ou non de cette immonde attentat ainsi qu'aux forces de l'ordre pour leur bravoure et le immense savoir-faire de tous les instants! Tuer l'intelligence constitue l'un des actes plus barbares que l'humanité peut offrir. R.I.P.

 

 

22:49 | Lien permanent | Commentaires (0) | |  Facebook

vendredi, 26 décembre 2014

CROIRE

Croire1.jpg

CROIRE OU NE PAS CROIRE, TELLE EST LA QUESTION. MAIS DERRIERE CET ACTE D'INCLINATION, QUE CROIT-ON? L'ABSENCE DE VOLONTE DE RECHERCHER LA VERACITE D'UN FAIT OU D'UN PROPOS, LA DESINFORMATION OU L'INSTRUMENTALISATION DE DONNEES N'AIDENT PAS À SAVOIR QUE CROIRE, QUE FAIRE OU QU'ESPERER.

ST-THOMAS NE DISAIT-IL PAS QU'IL NE CROYAIT QUE CE QU'IL VOYAIT? LA DEVISE "PERSONNELLE" DEVINT AINSI UN PROVERBE POPULAIRE, UTILISE SURTOUT DANS UN SENS CYNIQUE POUR DESIGNER UNE SITUATION AMBIGÜE. 

EN CES TEMPS FESTIFS QUI MARQUENT LA FIN D'UNE ANNEE AVEC L'ANNONCE D'UNE NOUVELLE, UNE LEGENDE AUTOUR DES MYSTERES DE LA VIE, VOICI UN quizz CONCONCTE PAR LE SERVICE DE LA PROTECTION DES DONNEES DU VALAIS QUI REND COMPTE DES QUESTIONS RELATIVES À LA SPHERE PRIVEE ET SON COROLLAIRE, LES PUBLICATIONS SUR LA TOILE, QUI NOUS FERONT OUBLIER LES PHOTOS MOCHES, LES RETENTIONS D'INFORMATION FORCEES, LES "PIQUAGES" DE DONNEES EN TOUS GENRES, LA STUPIDITE DU CHOC DES DOGMES, LES ENFUMAGES SAVAMMENT ORCHESTRES, LES DELIRES EN VUE DE FAIRE DIVERSION :

 

FAUT-IL CROIRE AU PERE NOËL SUR INTERNET ?

 

 

croire2.gif

ET EXCELLENTE ANNEE 2015 !!!

09:39 | Lien permanent | Commentaires (8) | |  Facebook

mardi, 04 novembre 2014

Quel est le mode de transport idéal ?

 

Transfert2.JPG

Un questionnaire des Etats Généraux des transports a été soumis à la population.

 

12'000 personnes volontaires ont joué le jeu en répondant aux 44 questions posées par les autorités genevoises, dont le but est de tirer quelques (r)enseignements.

À l’heure du Grand Genève, des interrogations au sujet de la circulation et du mode de transport possible se posent de manière encore plus insistante bien que "la guerre des transports" date de plus d'un siècle. Les décors changent mais les problèmes restent? Pas forcément.

La problématique du transfert modal a bel et bien évolué au gré du boom démographique et des nouvelles technologiques. Et le choix du mode de se mouvoir s'est élargi au niveau individuel, ce qui ne va pas sans besoin d'un cadrage.

Il n’a pas fallu attendre l’entrée en vigueur de la Convention de Schenger en 1995 pour asseoir cette liberté de circulation… A contrario, les déplacements sous l’Ancien Régime faisaient l’objet de contrôles très stricts en ce qui concerne tant les personnes que les marchandises. Dès 1948, singulièrement avec la Déclaration universelle des droits de l’homme, elle s’est affirmée et la possibilité d’utiliser tel ou tel mode de transport s’est aussi accrue : pour me rendre à Paris ou à Florence, j’ai le choix de prendre la voiture, le train ou l’avion (pour n’en citer que quelques-uns parmi les plus habituels).

Cette enquête a le mérite d'appeler les citoyens à une concertation, étape préliminaire à la négociation dans une démocratie vivante comme l'est notre pays.

Comme promis, les résultats sont révélés en ce mois de novembre.


 

Transport1.jpg



 

20:59 | Lien permanent | Commentaires (5) | |  Facebook

mardi, 28 octobre 2014

L'essor économique de Djibouti présenté à l’OMC

 

 

Djibouti1.gifZoom sur Djibouti. Ce petit pays de moins d’1 million d’habitants constitué en 1977 dans la Corne d’Afrique, vient de présenter son bilan économique à l’OMC.

Une forte délégation a été conduite par S.E M. Mohamed-Siad Doualeh, A mbassadeur plénipotentiaire de Djibouti à Genève ; le Ministre du Commerce, M. Hassan Ahmed Boulaleh, Ministre du Commerce de Djibouti, a fait le déplacement pour présenter  le second examen de la politique commerciale de l’état djiboutien, le premier ayant été exposé en 2006. Il en a dégagé une vision économique, tout en soulignant les contraintes et les efforts déployés selon 18 indicateurs référencés par l’organisation internationale.

Sa place géographique lui confère une qualité particulière, celle d’’incarner un carrefour commercial entre l’Afrique et l’Asie et singulièrement la péninsule arabique.  Les échanges de toute nature à travers les siècles en ont fait un pays cosmopolite. Djibouti est reconnu par ailleurs comme étant un pays très stable de la Corne de l’Afrique. Cette donnée engendre les conditions essentielles à un développement socio-économique durable du pays ainsi que la poursuite des échanges internationaux, nord-sud et sud-sud, et la valorisation des actions d’intégration régionale. Les résultats viennent appuyer cette observation de manière significative : une croissance forte a été enregistrée entre 2007 et 2013, réalisant une progression du PIB de 5% d’année en année ; les investissements directs étrangers (IDE) et les activités portuaires forment les deux causes principales du développement libellé. Les autorités djiboutiennes prévoient subséquemment d’importants investissements pour développer les infrastructures assurant au pays sa place stratégique au sein de la COMESA, dont l’augmentation de l’approvisionnement énergétique et hydrique.

Djibouti2.jpgCes projets permettront d’attirer les entreprises et continuer à favoriser la création d’emploi. À noter que les conditions de vie de la population ont été largement améliorées depuis le dernier examen : le revenu par habitant serait passé de 850 à 1200. C’est ce qui fait dire à M. Roberto Azevêdo, dircteur général de l’OMC, que Djibouti sera le Singapour de cette région de l’est-continent africain. Comme disait le philosophe romain Sénèque, il n’y pas de vent favorable pour qui ne connaît pas son port. Djibouti a prouvé qu’il sait où il va … Dans le cadre de Vision 2035, la République de Djibouti tient à mettre l’accent sur la création de 6 ports supplémentaires aux existants ; visant à promouvoir son énorme patrimoine naturel et culturel, Djibouti prévoit le développement du secteur touristique, notamment en prolongeant les circuits ethiopiens, en partenariat entre les deux états. Les pays du Golfe goûtent déjà depuis longtemps des potentialités touristiques mis en place par Djibouti.

 

 

Micheline PACE

15:28 | Lien permanent | Commentaires (2) | |  Facebook

vendredi, 24 octobre 2014

La langue malmenée jusque dans ses entrailles

 Bescherelle3.jpg

 

Bescherelle1.jpgPropos/Interrogation. La confédération britannique de l’industrie a demandé à 300 entreprises de classer les langues étrangères les plus utiles, apprend-on dans le Cahier de la Grammaire N° 157 (automne2014). Le français arrive en tête. La longue tradition de la langue diplomatique, prolongée par son statut de 2e langue internationale, est sauve. On  l’oublie souvent : les Lumières auront largement contribué à la rendre universelle en véhiculant les principes d’auto-détermination des peuples, l’instrument de l’émancipation sociale et de l’égalité fondamentale de chaque individu devant la loi et les règles du jeu en vigueur dans toute société qui se respecte, d’où l’émergence d’institutions pour la communauté des nations.

Le dernier Sommet de la Francophonie, à Kinshasa, a constitué une avancée incontestable dans la prise de conscience par les dirigeants francophones des nouveaux enjeux linguistiques dans ce monde multipolaire, affirment Dominique Gallet et Jean-Louis Roy.

Et alors ? On est parfois surpris, au gré de nos déambulations, de constater à quel point la langue est maltraitée, même dans des expressions simples et usuelles, à tel point d’échapper à tout correcteur potentiel avant sa mise en bouche. Le site Bescherelle. Ta mère nous en donne régulièrement un florilège. Puisse le prochain Sommet de la Francophonie organisé les 29-30 novembre 2014 à Dakar - autour du sujet des femmes, des jeunes et de l'entreprenariat - attirer l'attention sur cette posture, qui veut qu'on se fiche des règles élémentaires de notre belle langue dans l'indifférence générale, faisant de conventions séculaires! De toutes les valeurs, il est stipulé que l'éducation est une valeur universelle, indivisible et transversale; investir dans la correction des locutions Bescherelle2.jpgécrites n'est pas une dépense (inutile). Il en va de la maîtrise de son expression, donc de l'être. Car une phrase, c'est tout ... on ne fait rien sans phrase : on prête serment avec une phrase, on déclare son amour ou la guerre avec une phrase, le fait de nommer les choses ne se peut se passer sans phrase. Il en va de la préservation de notre patrimoine culturel et historique.




(cité dans la Tribune de Genève, week-end du 25-26 octobre 2014)

 

Bescherelle4.jpg


14:45 | Lien permanent | Commentaires (5) | |  Facebook

dimanche, 12 octobre 2014

Patrick Modiano nobélisé

 PrixLitt.jpg

 

Le Nobel de littérature attribué cette année à l’écrivain français, Patrick Modiano, remplit de joie les amoureux de la belle langue et les critères décidés par le fondateur des ces prix prestigieux, Alfred Nobel. L’œuvre de Patrick Modiano  fait preuve d’un puissant idéal dont la percée du mystère en tisse la trame. Né en 1945 à Boulogne-Billancourt, il n’aura de cesse d’extraire la quintessence de cette période trouble dans le Paris de la Seconde Guerre mondiale, en dessinant les contours – souvent flous – le destin de personnages en apparence ordinaire englués dans ou responsables des événements tragiques dont le poids pèse encore même sur les générations futures, qui ne les ont pas vécus.

"Je n'avais pas 20 ans mais ma mémoire précédait ma naissance", s’exclamait Modiano, à l’occasion de sa rencontre avec Raymond Queneau, ami de sa mère, dont le souvenir le hantera toute sa vie, pour son manque de tendresse. La mélancolie qui se dégage dans ses écrits est le reflet de l’abandon, la perte, la mémoire (ou l’oubli), la recherche d’un temps perdu que l’on ne sait pas toujours s’il est rêvé ou vécu, remémoré ou inventé, peut-être aussi parfois désiré à l’image d’un manque irrémédiable impossible à dater et à en connaître l’objet.

Son premier roman « La place de l’étoile » publié en 1967, à 22 ans, donne le ton. Le récit – dans le genre autobiographique où le narrateur est le personnage central – d’un juif antisémite appartenant à la Gestapo française et vivant à Genève, mêle réalité et fiction, au point de dégager ce qu’il sera convenu de qualifier de  modianesque  tout personnage ou toute situation à mi-chemin entre logique et absurde, ombre et lumière, existence et imaginaire, romantisme et roman policier en trompe-l’oeil. « Je ne puis donner la réalité des faits, je n’en puis présenter que l’ombre », insiste le Lauréat du Prix Nobel de Littérature 2014, récompensé pour ses ballades dans le passé sur lesquelles planent quête identitaire sans fin, secrets et révélations, informations et mystères jamais élucidés, jeux de faux-semblants et dévoilement de choses inattendues, le doute entre vérités établies (officiellement) et réalités souterraines, le plus souvent tues, au nom d’une raison d’état, à jamais obscure.

11:08 | Lien permanent | Commentaires (1) | |  Facebook

lundi, 08 septembre 2014

La Genève internationale a son jour de commémoration au plan national

 

Suisse-ONU.jpgUne journée suisse de la Genève internationale est en train de prendre forme suite au traitement favorable de la motion 13.3962 déposée par l’ancien Conseiller national, Luc Barthassat en septembre 2013, élu depuis lors Conseiller d’Etat. Un groupe parlementaire – où siège son successeur, Guillaume Barazzone - est constitué à Berne pour définir les points à réaliser.

 Il y a une journée internationale pour toutes sortes de sujet et il apparaît bel et bien qu’une telle initiative arrive à point nommé après plus de soixante ans d’existence du siège des organisations internationales à Genève, dont la renommée mondiale n’est plus à démontrer, ses retombées économiques non plus. Or, Genève sans la Suisse n’est rien et vice-versa. Haut lieu incontournable de négociations tant politiques qu’apolitiques, la Genève internationale apporte à la Suisse une visibilité  et représente un modèle démocratique pour de très nombreux pays dans le monde. C’est autour de cet axe que s’inscrit l’intérêt d’une telle journée commémorative. De Solférino au Conventions de Genève dont on vient de fêter le 150e anniversaire, en passant par le 50e de la CNUCED célébré en juin dernier dans l’enceinte du Palais des Nations-Unies pendant trois jours consécutifs, aux récentes Conférences sur la Syrie ainsi que sur la question du nucléaire iranien, Genève offre une plate-forme sans égal qu’il convient de célébrer pour mieux faire perdurer son esprit et ses actions de première importance.

Le Conseil fédéral a donc accepté cette proposition avec enthousiasme, relevant surtout son aspect stratégique pour asseoir la positon de Genève et par là de la Suisse à travers le monde en se dotant d’un meilleur outil de communication de et sur la Genève internationale. Une telle journée nationale aurait aussi pour conséquence de consolider un sentiment d’appartenance entre les différents cantons autour d’événements concrets tels que l’étude dans les écoles du pays de cette réalité (encore trop souvent méconnue par les autres cantons autres que celui du bout du lac), mais également  via les ambassades helvétiques. On sait combien le gouvernement soutient la Genève internationale à travers les budgets importants affectés à la rénovation des bâtiments onusiens, aux structures d’accueil des fonctionnaires internationaux ou encore à l’accroissement des mesures sécuritaires qui permettent la viabilité d’une telle institution unique en son genre basée sur des valeurs pacifiques efficaces. C’est le bon moment pour mettre en avant tous ces atouts.

17:02 | Lien permanent | Commentaires (4) | |  Facebook

lundi, 01 septembre 2014

Quelques perles pour la rentrée

Perle1.jpg

Beaucoup moins d’articles sur ce blog. Le manque de temps y est pour beaucoup. Sans oublier la variété des supports et leurs codes propres. Mais cette rentrée mérite bien qu’on s’y arrête quand même un peu.

Les nouveaux mots de la langue française n’échappent pas à la règle de l’intégration d’anglicismes ... avec une question lancinante à propos du selfie : est-ce Obama qui aurait matérialisé cette mode largement diffusée par tous les réseaux à la vitesse grand « v » en décembre dernier lors des obsèques de Mandela ? Toujours est-il que le terme a été gravé dans les dicos dès l’édition successive (contrairement à l’expression helvétique « déçu en bien », par exemple, également inscrite au panthéon.)

Il est courant de dire que le français serait plus répandu si son orthographe était plus simple. Le grec – langue à laquelle doit beaucoup étymologiquement - a su faire sa réforme en abandonnant moult accents, certes. Chaque langue renferme des locutions idiomatiques particulières et cet aspect fait le charme de chacune.

Les aberrations frisant le contre-sens ne manquent pas. En espérant que ces exemples vous  feront sourire au pire ou vous apporter une nouvelle information, voici quelques perles (tirées du Cahier de la Grammaire n°156, été 2014) :

 

Pourquoi un bruit transpire-t-il avant d’avoir couru ?

*****

Pourquoi parle-ton des quatre coins du monde de la terre, alors qu’elle est ronde ?

*****

Pourquoi appelle-t-on un coup de grâce le coup qui tue?

*****

 Pourquoi remercier un employé quand on veut se séparer de lui?

*****

 Comment distinguer le locataire du propriétaire lorsque ces deux personnes disent à la fois qu'elles veulent louer un appartement?

*****

Pourquoi dit-on qu'on passe des nuits blanches lorsqu'on a des idées noires ?

*****

Pourquoi parle-t-on d'avis partagés lorsque l'on ne partage pas le même avis?

*****

 En conclusion, réjouissons-nous que ce soient les meilleurs crus qui donnent les meilleures cuites.

 

On découvrira aussi non sans émerveillement les bourdes de la rentrée dans l'excellent site Bescherelle Ta Meire!!!

Perle2.jpg

13:34 | Lien permanent | Commentaires (4) | |  Facebook

dimanche, 27 juillet 2014

Nouveau millésime de mots

 

15mot2.jpg

 

Les vacances aident à la flânerie mais sonnent aussi le moment de la sortie des nouveaux dictionnaires. Si les mots ne sont pas de ce monde, ils reflètent pourtant un changement de vision. L’usage seul, donc le temps qui passe, décide de nouvelles appellations. Cette année ne fait pas exception : de nouvelles réalités sont exprimées, reconnues, répertoriées, codifiées. Incontestablement, l'homme se distingue des autres créatures par son pouvoir de nommer ce qui l'entoure.

Les nouveaux mots suivent les technologies, l’économie, les sciences, le politique parfois (bien que c’est le plus souvent l’inverse qui advient, heureusement, et il faut espérer que certains contenus sémantiques de certains événements l’emportent sur leur instrumentalisation entraînant une re-qualification selon les intérêts immédiats).

Le « selfie » - autoportrait numérique publié sur les réseaux sociaux - fait désormais son apparition dans le dico. Obama aurait-il lancé une mode en se faisant prendre en photo avec une première ministre scandinave (laissant entrevoir le mécontentement de son épouse) en décembre 2013 lors de la cérémonie d’adieu à Mandela ? L’urgence a certainement scellé le destin du mot … Les derniers rebondissements dans les affaires d’espionnage – Edward Snowden était un hacker que les autorités américaines ont voulu engager pour ces compétences - donnent « Cyberattaque » alors que cybercriminalité est déjà bien implanté. L’introduction de l’e-cigarette dans les mœurs il y a près de trois ans consacre le terme de « vapoter ». Après le baba et le bobo, est enfin consacré, ce en toute bonne logique le « hipster » qui désignait les amateurs de jazz dans les années ’50 et qui aujourd’hui prend sa revanche en labellisant le jeune citadin (new-yorkais en particulier) dont le style vestimentaire est empreint de second degré et à contrecourant : casquette, grosses lunettes et … barbe hirsute. « Hystériser » (qui n’est pas sans rappeler psychoter du millésime écoulé) se voit consacré pour avoir été utilisé par Harlem Désir ou François Barouin dans l’affaire de Leonarda et de son irrésistible retour. « Triper » - prendre son pied, s’éclater – accompagne enfin kifer. Pour une histoire rocambolesque, celle-ci en est une qui porte bien son nom : « capillotracté » - amené d’une manière forcée et sans raison évidente - entre dans la danse ! L’heure de la vengeance a sonné pour les « éco-responsables » qui mettent en garde contre l’ « obsolescence programmée » de certains produits de consommation dont la durée de vie ou d'utilisation est limitée dès leur conception afin d’amener les utilisateurs à les remplacer plus fréquemment sous couvert de dynamisme économique (imprimantes, ampoules, i-phones, etc.). Un mouvement d’actualité cherchant à défendre les droits des hommes jusque là réservés dans la société principalement aux femmes, comme par exemple, la garde des enfants accouche du mot « masculinisme ». Les Femen entrent dans la danse. Les associations de « Ansar Al-Charia » et de « Boko Haram » recouvriront également une description dans cette nouvelle édition. 

Ce bref aperçu du nouveau cru de mots rappelle que les mots ont une vie propre comme dirait George Orwell, inventeur du terme "novlangue" et que s'interroger sur sur le sens des mots contribue à lutter contre le faux langage, contre la folie du monde. Encore faut-il appeler un chat, un chat. Les insultes et le politiquement correct en viennent à se mêler au point de faire dire à Mélanchon, en parlant du Président Hollande, qu'il n'est qu'un capitaine de pédalo.

 

15mot3.jpg

Micheline PACE

(référencé in Tribune de Genève du 28 juillet 2014, p.18)