mercredi, 06 mai 2009

Taser et hausse de la criminalité à Genève

Sortons un peu de la perspective des votations du 21 courant. «Patience et longueur de temps font plus que force ni que rage.» Telle est la morale à laquelle conclut la fable de La Fontaine, Le Lion et le Rat. Indéniablement, les citoyens genevois sont las de se savoir constamment astiqués, harcelés, voire agressés par la faute d’un laxisme politique en matière de protection de leur sphère vitale, dont la sécurité fait partie.

 

La conférence de presse tenue dernièrement par la Police révèle que les années se suivent. Et se ressemblent du point de vue de la lente mais sûre progression de la criminalité. C’est aussi étrangement à cette occasion, qu’elle a annoncé officiellement l’introduction d’armes de neutralisation momentanée de type Taser X26.

Qu’on ne se méprenne : les faits divers récents qui ont frayé la chronique montrent autant que les chiffres du rapport de police 2008 que la hausse de la criminalité à Genève est un fait avéré. Aussi, n’elle-elle n’est pas le résultat d’un sentiment d’insécurité diffus comme il est communément admis dans certains cercles politiques.

 

Ce phénomène de recrudescence s’est observé d’ailleurs l’année précédente contrairement à ce qui s’est produit dans d’autres cantons romands où l’on en a même noté … une baisse effective.

 

Aussi, les infractions au code pénal ont-elles crû de 2,5% en 2008 par rapport à 2007 dont 80% touchent les dommages à la propriété. Parmi les 46'367 infractions recensées contre le patrimoine, force est de constater que bien que le nombre des vols de véhicules n’a pas augmenté, les vols dans et sur les véhicules, à l’instar des vols par effraction dans les appartements, sévissent de manière exponentielle, soit de 21,6%.

  

Les brigandages (432) et les vols à la tire (6'077) et à l’arraché (516) ont continué malgré les démarches de « visibilité accrue » promises, notamment sur les quais et au Jardin Anglais, sous le nom de code de Gelati.

 

Si le nombre d’arrestations ne constitue pas un indicateur fiable, vu que l’activité de la police dépend largement de la capacité carcérale du canton, on perçoit la difficulté du politique à faire appliquer la loi. À l’heure où l’on parle (pour la énième fois) d’un prolongement de l’établissement de détention provisoire de Champ-Dollon, on sait qu’il est plein à craquer et que, par conséquent, il n’a pas été « possible » de procéder à toutes les arrestations. Autrement dit, beaucoup d’opérations menées par l’autorité policière ont été diffusées.

 

On apprend hier dans le Matin Bleu d’hier qu’un policier se voit condamné pour avoir frappé un détenu menotté ; parallèlement, on articule le chiffre des plaintes pénales contre la police : 41 en 2008, à savoir -37% par rapport à 2007. De plus en plus de violences sont commises contre les forces de l’ordre : 81 policiers ont été blessés durant l’année écoulée contre 67 précédemment. La peur du gendarme n’est plus d’actualité depuis longtemps. Or, ce constat est à mettre en relation directe avec un manque de soutien du corps de police de la part du pouvoir en place que l’on ne peut que déplorer ... Qui se soucie du bien-être des habitants?

 

 

police.jpg

11:03 Publié dans Politique | Lien permanent | Commentaires (12) | Tags : police, sécurité, arme, suisse. genève | |  Facebook