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samedi, 24 juillet 2010

Delicatessen

 

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Delicatessen désigne en québécois une sorte de charcuterie ou épicerie fine qui parfois fait office de lieu de restauration, souvent ouverte en dehors des heures usuelles …

 

C’est aussi un film qu’on peut revoir ce soir à cinetransat, à la tombée de la nuit. Au contraire du réalisme grotesque ambiant, il plonge le spectateur dans un monde étrange et loufoque sur fond de guerre et de terrorisme.

 

L’action se passe dans un immeuble de banlieue érigé dans un terrain vague hors horizons grouillant de personnages improbables confortés par des incontournables du cinéma français.

 

La vie s'y déroule indifféremment ... exister prend tout son sens.  (Ex-sistere renferme les temes signifiant originellement "être placé, se tenir là" et "en dehors, en provenance de", un peu comme dans un vers de Lucrèce où il est mentionné que les vers naissent du fumier). De l’éleveur de grenouilles au concierge d’un hôtel qui fut clown dans une autre vie, tous se pourvoient chez le boucher-charcutier débonnaire à l’enseigne Delicatessendelicatessen4.jpg

 

Vive Genève en été !!!

 

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lundi, 19 avril 2010

Le grand retour du mammouth Isabelle Adjani

 

Il n’y a pas de frontière entre le réel et l’imaginaire (Federico Fellini)

 

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Il est des nouvelles qui nous ravissent le cœur sans qu’il n’ y ait aucune familiarité entre l’objet de notre réjouissance et ses préoccupations usuelles … allez savoir pourquoi !

 

Après La Journée de la jupe, on verra bientôt Isabelle Adjani en guest star dans Mammuth, une comédie corrodante partagée avec Gérard Depardieu qu’on a eu le plaisir d’entendre sur les ondes souvent cette semaine. Les deux figures charismatiques du cinéma français campent les rôles principaux comme elles l’ont faites dans Barocco Bon voyage, Camille Claudel.

 

Son franc-parler, son visage mariant le sud et le nord, donnera la réplique pour le plus grand bonheur des cinéphiles fidèles à cette présence qui crève l’écran, dévoilant un univers aussi mystérieux que palpable.mamuth1.jpg

 

À la question de savoir pourquoi elle n’a pas fait de déclaration politique aux César, elle aime à préciser : « Je ne suis pas là pour faire de l’escalade idéologique à chaque intervention. Je n’ai aucun désir de gagner le concours de la pasionaria. »

 

Nul doute que son tempérament passionné saura à nouveau nous transporter avec son acolyte pour qui l’heure de la retraite a sonné, boucher de son état. Désillusionné d’une vie de travail commencée à 16 ans, sans avoir jamais été ni malade ni au chômage, il enfourche sa vieille moto des années ’70, une « Mammuth », à la recherche de son passé, ses points perdus, soit de ses bulletins de mamuth2.jpgsalaires non déclarés par ses anciens employeurs …

 

Loin du psychologisme de bon ton qui affecte trop souvent le cinéma français, cette quête se déroulera dans plusieurs dimensions, l’une administrative, mécanisée, dont la violence reste la pire forme, l’autre, affective, qui lui dictera ce qui est accessoire et ce qui est essentiel. 

 

 

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mardi, 12 janvier 2010

Merci ROHMER!

"L'émotion la plus belle est le sens du mystère" (Einstein)


Eric Rohmer n’est plus. Amoureux par-dessus tout des jeunes filles en fleur et des idylles naissantes, il a séduit plusieurs générations avec ses films d’une profondeur philosophique indubitable en parlant avec un langage commun.

Prémonitoire, le cinéaste déclamait, à l’occasion de sa présentation au festival de Venise en 2007, vouloir prendre sa retraite après son … dernier bébé « Les Amours d’Astrée et de Céladon » .

Spécialiste dans la description du marivaudage et du badinage amoureux, Rohmer était souvent considéré comme le Marivaux ou le Musset du cinéma français.

Parmi les 80 longs métrages réalisés durant 50 ans, on se souviendra avec la même première émotion du Rayon vert - Pauline à la plage - Ma nuit chez Maud - Triple agent - Perceval le Gallois - L'arbre, le maire et la médiathèque - les Contes des 4 saisons.

Ses personnages ne sont pas des héros mais des caractères banals (en apparence seulement, puisque dans le fond, indécrottablement mystérieux tout comme l'a flamme qui les lie). Déchirés par les grandes questions métaphysiques, ils tentent de naviguer entre réalité et idéal, entre rêve et matérialité, besoin de liberté et sens de la responsabilité, ils tissent derrière l’anecdote superficielle un pont imaginaire entre une quête intérieure et une vie déchiffrable.

Inutile donc d’y chercher une intrigue tressée par une force supérieure … les personnages ne sont pas des objets du Destin; ils restent essentiellement libres et ... seuls ! Aspirant à une vie authentique, les hommes et les femmes produits veulent mener leur destinée selon des valeurs ils croient et … qu’ils se choisissent autant que possible.

Merci Rohmer pour cette éternelle fraîcheur! Merci d'avoir su ainsi transformer nos vies!

 

 

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dimanche, 22 novembre 2009

L'homme est une herbe folle

 Qui vous rend à vous-même, en un jour, si contraire?

Quoi! même vos regards ont appris à se taire?

(Racine, Britannicus, v.735-736)

 

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Quand on sort du cinéma, plus rien ne vous étonne. Tout peut arriver avec le plus grand naturel! Le nouveau film d’Alain Resnais, Les herbes folles, est un rafraîchissement ! En saisissant l’insoutenable légèreté des propos des protagonistes, il révèle les dysfonctionnements de l’être, ses difficultés à exprimer les ressorts de son imaginaire.

 

Un florilège des loufoqueries plus ou moins cocasses interpellent le spectateur, le faisant basculer entre illusion et évidence, bousculant ses attentes. Les cocasseries traduites verbalement donnent lieu à des jeux de mots aussi délirants que sensés parce que les sens sont les garants du principe de réalité et de la raison.

 

Inspiré du roman de Christian Gailly, L’incident, le film retrace l’improbable Resnais1.jpghistoire d’amour entre l’inénarrable André Dussollier et l’imparable Sabine Azéma, les deux acteurs fétiches d’une fidélité inégalable du grand cinéaste. Les plaisirs des yeux se mêlent à ceux des oreilles : de la baguette à la braguette, il n’y a qu’un air, d’autant qu’il s’agit d’une histoire de bagatelle.

 

L’amour naîtra-t-il néanmoins de ces jeux du hasard ?

 

Laissons le suspens à ceux qui ne l’ont pas encore vu à qui il est chaudement recommandé en ces temps de grisaille !

 

10:12 Publié dans Culture | Lien permanent | Commentaires (8) | Tags : cinéma français, film humoristique | |  Facebook