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lundi, 19 décembre 2011

Vaclav Havel : chapeau bas l'artiste!

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« La fonction présidentielle ne vous condamne pas à mentir ou à affirmer une opinion qui n'est pas la vôtre. Non, mais elle vous oblige à tout formuler dans une langue... officielle. Les discours par exemple que je devais prononcer m'ont causé beaucoup de tourments. En tant qu'écrivain, auparavant maître de mes mots, (...) j'ai du mal à comprendre comment j'ai réussi pendant quinze ans à écrire pratiquement tous les week-ends un discours pour lequel je disposais d'un temps limité de rédaction, alors que personne ne voulait savoir si j'étais inspiré. Il se peut que ce bagne que j'ai vécu constitue l'une des causes de ma difficulté actuelle à écrire. »

 

Ces mots sont ceux d’un dissident devenu président. Témoin d’un siècle en proie à toutes les formes de totalitarisme que toute pensée a désertées, Vaclav Havel aura su renverser l’ordre d’un monde grâce à ses talents d’artiste et de philosophe.

"Rien de grand ne s'est accompli dans le monde sans passion", s'exclamait l'ascète philosophe Hegel ... En guerre contre la robotisation de la société où la valeur de l’individu dépouillée de son âme n’est réduit qu’à l’utilité de la place qu’il occupe dans une machine à broyer – on reconnaîtra ici la marque d’un autre génie, compatriote – cet homme politique hors du commun, à l’image de l’idéal platonicien du philosophe-roi, aura montré qu’il n’y a de révolution que culturelle. Ayant eu l’honneur de le rencontrer à l’occasion du 50e anniversaire de la Déclaration de l’ONU, je dois avouer qu’il m’a laissé une impression durable au-delà de ses œuvres littéraires, tant l’homme habillait sa pensée de par sa voix profonde. Tout le contraire d’un discours vide récité. Chapeau bas l’artiste !

 

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lundi, 09 août 2010

Bruno Crémer a cassé sa pipe

« Le cinéma c'est la vie et vice-versa. » (Sergio Leone)

 

L’acteur qui incarnait de 1991 à 2006 le commissaire Maigret, durant près d’une cinquantaine d’épisodes, a cassé sa pipe.

Une "gueule" - une belle gueule, ma foi - du cinéma vient de disparaître ... Avec son physique impressionnant, sa voix grave autant que chaude, ses grands yeux clairs expressifs, son regard malicieux presqu'enfantin, Bruno Cremer a su émouvoir, interpeller, surprendre tout au long de sa longue filmographie et sa carrière théâtrale : immortalisé par Yves Boisset, Pierre Scheondoerffer, François Ozon, Goretta, Jean-Claude Brisseau, il joua Shakespeare, Oscar Wilde ou Anouilh de manière inégalable! 

Pipe au bec, le personnage marquera les esprits grâce à son sens psychologique convaincant, son goût pour la justice et la vérité, sa passion jamais démentie dans l'art de déjouer les mensonges.

 

Ses amis – auxquels il resta fidèle tout au long de son existence – sont Claude Rich, Jean-Paul Belmondo, Jean-Pierre Marielle, Jean Rochefort, Michel Bouquet entre tant d’autres génies artistiques.

 

Hommage à celui, qui aimait expliquer que ce métier, désiré dès son plus jeune âge, lui avait sauvé la vie et qu’il était plus à l’aise sur la toile ou sur les planches que dans la vie, emporté par cette saloperie de cancer qui lui vola à jamais sa voix inimitable. 

 

Cette présence massive et rassurante a quitté les feux de la rampe mais viendra assurément hanter encore longtemps les méandres de notre mémoire …

 

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