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mercredi, 22 septembre 2010

Quand le francé tire la langue …

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En cette rentrée  des classes, (date qui rythme toutes les rentrées de la vie civile et politique, par ailleurs), les vieux démons sur l’apprentissage, l’institution de la langue, l’appareil scolaire, les idéologies sociales se cristallisent à nouveau.

 

Titillée par une question d’un lecteur internaute, du nom énigmatique autant qu’éloquent  (pseudo) de Hot pictures of Artists exprimée à la suite d’un ancien billet sur la problématique de la simplification de l’orthographe, je pense judicieux de préciser que si la langue structure la pensée, elle ne présuppose aucunement qu’elle soit un ensemble de signes liées entre eux de manière logique. À cette interrogation « Changer la langue changerait-il notre maniaire d'être en changeant notre maniaire de penser? Je donne ma langue au chat... », on peut suivre sans complexe le précepte d’un grand auteur français

 

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Les tenants de la simplification de l’orthographe, avec André Chervel en tête, s’accordent à dire que notre système orthographique indigne du XXIe siècle, désormais trop baroque, voire ringarde. 

Le chef de file cité propose, par exemple de :

 

-         simplifier la formation des pluriels

-         supprimer les doubles consonnes inutiles pour la prononciation (comme immobile ou arriver)

-         supprimer les y – ainsi que toutes les lettres grecques - et le remplacer général par le i

-         supprimer les h après les t ou les r (ce qui donnerait bibliothèque, ortograf)

 

Il reste néanmoins qu’une telle réforme fait fi de l’évolution étymologique, ce qui ouvre la porte à la création illimitée de néologismes. Une chose est sûre : cette volonté de simplifier, de rationaliser procède certainement de l’idéologie ambiante de tout vouloir unifier, rassembler, fusionner (entreprises, lois, collectivités publiques, croyances).

 

Cette réflexion sans prétention n’exprime aucune position arrêtée; elle se veut juste libre et ouverte comme l’air, à l’instar de ce que peut paraître l’émission de phonèmes. Mais l’indécidabilité reste de mise … L'argument imposant une plus grande facilitation de l'apprentissage de la langue est irrelevant (oups, un anglicisme!)  

 

Notre langue ne se réduit pas non plus à un instrument – de communication, en l’occurrence – entre nos mains ; sa maîtrise, ne reflétant qu’un seul aspect de la maîtrise de soi, constitue à en connaître les règles, certes, mais aussi à être capable d’en apprécier le charme, la bizarrerie apparente de certains vocables, le caractère immotivé des liens entre signifiés et signifiants … Il est question de notre identité, celle de la langue.