lundi, 19 avril 2010

Le grand retour du mammouth Isabelle Adjani

 

Il n’y a pas de frontière entre le réel et l’imaginaire (Federico Fellini)

 

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Il est des nouvelles qui nous ravissent le cœur sans qu’il n’ y ait aucune familiarité entre l’objet de notre réjouissance et ses préoccupations usuelles … allez savoir pourquoi !

 

Après La Journée de la jupe, on verra bientôt Isabelle Adjani en guest star dans Mammuth, une comédie corrodante partagée avec Gérard Depardieu qu’on a eu le plaisir d’entendre sur les ondes souvent cette semaine. Les deux figures charismatiques du cinéma français campent les rôles principaux comme elles l’ont faites dans Barocco Bon voyage, Camille Claudel.

 

Son franc-parler, son visage mariant le sud et le nord, donnera la réplique pour le plus grand bonheur des cinéphiles fidèles à cette présence qui crève l’écran, dévoilant un univers aussi mystérieux que palpable.mamuth1.jpg

 

À la question de savoir pourquoi elle n’a pas fait de déclaration politique aux César, elle aime à préciser : « Je ne suis pas là pour faire de l’escalade idéologique à chaque intervention. Je n’ai aucun désir de gagner le concours de la pasionaria. »

 

Nul doute que son tempérament passionné saura à nouveau nous transporter avec son acolyte pour qui l’heure de la retraite a sonné, boucher de son état. Désillusionné d’une vie de travail commencée à 16 ans, sans avoir jamais été ni malade ni au chômage, il enfourche sa vieille moto des années ’70, une « Mammuth », à la recherche de son passé, ses points perdus, soit de ses bulletins de mamuth2.jpgsalaires non déclarés par ses anciens employeurs …

 

Loin du psychologisme de bon ton qui affecte trop souvent le cinéma français, cette quête se déroulera dans plusieurs dimensions, l’une administrative, mécanisée, dont la violence reste la pire forme, l’autre, affective, qui lui dictera ce qui est accessoire et ce qui est essentiel. 

 

 

22:47 Publié dans Culture | Lien permanent | Commentaires (1) | Tags : isabelle adjani, gérard depardieu, cinéma français | |  Facebook

jeudi, 04 mars 2010

Le retour d'Isabelle Adjani : LA CLASSE !

"Donnez-moi n'importe quelle séquence et je trouverais bien

une règle à laquelle elle obéit!" (Wittgenstein)isabelle2.jpg

 

Avec La journée de la jupe, Isabelle Adjani revient en force dans un rôle-choc d’une prof de français exerçant dans un lycée réputé difficile. Bravant non pas les codes, inexistants au demeurant, mais les mécanismes d’une institution à la dérive, qui ose douter « qu’on puisse mettre une jupe sans être une pute », la prof pète un jour les plombs et prend ses élèves en otage en les menaçant d’une arme qu’elle trouve par hasard ... dans la classe. La vision angélique du septième art sur l’enseignement en est toute bousculée. 

À l’opposé d’Entre les murs, ce film-choc présente la problématique sous l’angle politico-sociétal : le désarroi de la prof ne relève donc pas d’une supposée incapacité à gérer une classe ni même d’une jeunesse soi-disant en perdition (ah, les jeunes ne sont plus ce qu’ils étaient !) mais l’absence de soutien de l’institution. Pour preuve, le scénario s’inspire en grande partie d’une initiative réellement défendue en 2007 !

 

 

log_enseigner.jpgPas moralisateur pour un sou, il ne cherche pas à donner des leçons, encore moins à apporter des solutions, mais simplement à (se) poser toutes les bonnes questions.

 

Face à une institution en dérive, dont les méthodes se posent en remède contre la démotivation des élèves, mais qui, en fait, substitue l'agitation à l'activité, l'enseignant (e) n'a plus sa place dans l'acte d'enseigner au point de ne pouvoir répondre qu'à partir de ses in-puts / out-puts ... Un métier qui s'apprend?

 

L’aspect politiquement incorrect a séduit la star trop mystérieuse, dont on ne voyait plus que le visage pâle sur les pubs Lancel, jouant sur le clair-obscur. Enfin de retour, elle s’exprimait ainsi aux médias au sujet du film: « Quand j’en parlais autour de moi, on se montrait embarrassé et on m’incitait plus ou moins à renoncer parce que le film abordait un véritable tabou. » 

 

 

 

Pour une visualisation du sketch d'Anne Roumanoff

sur "La classe sensible" http://www.youtube.com/watch?v=6gqIKiI4eA8

 

21:27 Publié dans Formation | Lien permanent | Commentaires (12) | Tags : école, la classe, prof, isabelle adjani, violence | |  Facebook