vendredi, 04 mars 2011

Le ministre pakistanais Shahbaz Bhatti assassiné pour avoir promu le droit des minorités religieuses

shahbaz-bhatti.jpgLe ministre des minorités religieuses pakistanais, Shahbaz Bhatti, vient d’être sauvagement assassiné à Islamabad, capitale du Pakistan, pourtant placée sous très haute surveillance.

D’obédience chrétienne, il vivait sa foi dans un esprit conciliateur à tel point de donner sa vie pour combattre les violences frappant les minorités religieuses dans son pays.

On ne le sait que trop, des chrétiens y sont tués et des églises brûlées à chaque Noël, des directives gouvernementales restreignent sévèrement la construction de nouvelles églises dans un périmètre de 200 m d’une mosquée ainsi que l’utilisation de haut-parleurs, une loi sur le blasphème du Prophète Mahomet y sévit, ce jusqu’à imposer la peine de mort pour le « coupable ». Ces problèmes avaient par ailleurs été exprimés fin 2009 en haut lieu par le Congrès chrétien du Pakistan (CCP).

Outre la perte d’un grand homme, c’est la mise en œuvre d’un système démocratique, respectant le droit à la vie de chacun quelle que soit son identité ou origine, qui est mis en échec.

Ce triste attentat survient juste après celui du gouverneur du Pendjab, Salman Taseer, occis le 4 janvier dernier. Le ministre Shahbaz Bhatti se savait en danger : seul chrétien du cabinet, il avait prédit sa mort dans une vidéo enregistrée … il y a presque 3 mois par laquelle il réaffirmait avec force et conviction sa foi et sa volonté inconditionnelle de supprimer la peine de mort pour blasphème.

Les imprécations des talibans et d’Al Qaïda qu’il a reçues ont malheureusement été mises à exécution ; le crime crapuleux a été revendiqué illico presto par ces auteurs. Ses valeurs, Shahbaz Bhatti les plaçait au-dessus de son existence, à l’image du Christ auquel il se référait constamment. Ses derniers mots ont été : « Je suis prêt à mourir pour une cause. Je vis pour ma communauté et pour les personnes qui souffrent, et je vais mourir pour défendre leurs droits, car ces menaces et avertissements ne sauront changer mes opinions et mes principes. »

Puissions-nous relire quelques vers de Kahil Gibran, selon qui "La vie sans liberté est comme un corps sans âme." De passage à Genève, Javid Iqbal, représentant de Christian Social Link, établi à Londres, invite à consulter son site (cliquez ici ) pour de plus amples informations sur la persécution des chrétiens dans ce pays.