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CIVITAS

  • Eté 85, un mélodrame rafraîchissant

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    Eté 85. François Ozon empreinte les codes du teen movie mais en le deviant de son but : le spectateur ne ressortira pas désespéré par des considérations existentielles sur la vie, la mort, l’amour, le hasard. Un mélodrame d’été rafraîchissant sur l’irruption sans contrainte, la liberté sans entrave, la naissance d’un sentiment et son issue fatale, la légèreté de l’être face à la gravité des situations.

    De son thème de prédilection – l’adolescence – le célèbre cinéaste revit peut-être en partie une saison où il était lui-même adolescent. Un temps où le spectre du sida n’avait pas encore fait son apparition.

    Un blondinet sauvé des eaux par le fils d’une patronne de boutique de luxe – Valeria Bruni-Tedeschi grandiose comme d’habitude dans ce rôle comme dans celui de la mère « un peu hystérique » dans la mer normande, la relation ambigue qu’il entretient avec son professeur qui croit en lui tout en lui expliquant que ses aptitudes littéraires ne lui serviront à rien si ce n’est à assurer sa défense devant un tribunal qui le condamne au nom de la paix des morts, et bien évidemment, en exergue, sa fascination de l’anéantissement d’une vie nourrie par l’imaginaire de l’Egypte antique, considérée par la société sous l’angle de la maladie mentale. « Tu viendras danser sur ma tombe ? », lui demandait son sauveur alors que rien ne présageait l’issue fatale. Le blondinet ne le savait pas encore mais il tiendra littéralement sa promesse lancée en l’air sur un ton badin, un soir de beuverie.  Du tout grand Ozon (à voir au Ciné Lux-Genève) !

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  • La cri de Michel Houellebecq

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    S'exprimant sur France Inter, Michel Houellebecq décrit sa vision dramtique du monde post-confinement.

    "Nous ne nous réveillerons pas, après le confinement, dans un nouveau monde ; ce sera le même, en un peu pire" ... avec ces mots lapidaires qui se passent de démonstration risquant d'être superflue, le célèbre écrivain surligne la vacuité des relations humaines pré-existante à la pandémie de coronavirus.

    Si comptabiliser les morts ci et là devint le principal dessein de la place publique, la conscience de la mort n'a pas plus infiltré les comportements dans leur rapport au monde. "Il serait tout à fait faux d'affirmer que nous avons découvert que nous avons découvert le tragique, la mort, la finitude, etc. La tendance depuis plus d'un demi-siècle maintenant aura été de dissimuler la mort autant que possible. Et bien jamais la mort n'aura été aussi discrète qu'en ces dernières semaines". 

    La solitude et l'isolement se sont accrus comme par un jeu de manipulations presqu'indicibles même au coeur de la déréliction des victimes : "Les gens meurent seuls dans leurs chambres d'hôpital ou d'EHPAD, on les enterre aussitôt (...) sans convier personne, en secret. Morts sans qu'on ait le moindre témoignage, les victimes se résument à une unité dans la statistique des morts quotidiennes, et l'angoisse qui se répand dans la population à mesure que le total augmente a quelque chose d'étrangement abstrait." Des images confirmant cet état de fait ont circulé un temps devant les caméras et chacun est resté désespérément seul dans son chagrin et son angoisse comme jamais auparavant.

    L'obsolescence programmée engendrée par nos sociétés technocrates jusqu'au délire tout en faisant peser les maux sur les frêles épaules des individus, perdus face aux injonctions contradictoires ou non fondées, s'accentue à l'heure où on devrait resserrer les boulons et créer un nouvel horizon grâce à la somme des connaissances holistiques dont nous bénéficions pour la première fois dans l'histoire de l'humanité.

    À quand le prochain épisode ? La mascarade du masque - survenue un peu tard si l'on en croit ses vertus - réserve déjà son lot de surprises qui ne seront pas qu'esthétiques ... les malaises surtout d'ordre respiratoire appelleront surement de nouveaux traitements de ces "effets secondaires". Ces interrogations ont d'ailleurs déjà débuté en ce joli mois de juillet.

    Bel été, quand même !

     

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  • Le festival de jazz cet été à Juan-les-Pins

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    La pandémie aura provoqué des dégâts humains, économiques, sociologiques, affectifs et culturels. Une vérité désormais devenue familière qui n'aura pas découragé les plus résilients.

    Beaucoup de festivals estivaux auront été sacrifiés, certes.

    Mais il y en a qui a résisté à la morbidité et à la mortification durant la période post-covid avec les mesures sanitaires et sécuritaires idoines :

    Cet été le jazz sera au rendez-vous à Juan-les-Pins grâce à un programme alléchant du "Jammin’SummerSession :

    12 concerts Jammin’Summer Session vont se dérouler
    à la Petite Pinède de Juan-les-Pins
    les mercredis et vendredis entre le 15 juillet et le 21 août.

    Jeunes talents du jazz !

    Les concerts sont tous gratuits !
    Il y aura 200 chaises et les mesures barrières COVID seront appliquées.

     

    Ceci en complément aux Jazz Marching Bands et autres concerts et animations, le tout dans le cadre du Summer Pop'Arts d'Antibes Juan-les-Pins."

    Pour se faire saliver, les détails des festivités sur ce coin paradisiaque adoré par Nicolas de Staël de la Côte d'Azur :

    http://www.datapressepremium.com/rmdiff/2006248/Summer_Pop_Arts_2020_AntibesJLP.pdf

    Bel été à tous !

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  • Les nouveaux mots 2021 dictés par la pandémie

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    Les nouveaux mots inscrits dans l’édition prochaine du dictionnaire disponible dès ce mois de juin sont soufflés par l’époque de l’épidémie de COVID 19 qui a marqué l’étrange année 2020. Loin de rester confinée, la langue française s’adapte, se modèle, exprime sa vitalité comme à son accoutumée.

    Déconfinement ainsi que covid (avec les deux genres à choix, étant donné la force de l’usage passant du féminin au masculin et vice-versa sans grande conviction) et nareux font leur entrée fracassante. Geste barrière confirme un sens en soi.

    Le disgracieux anglicisme cluster côtoie désormais tarabuster et discrétionnaire.

    Le numérique inscrit formellement télétravailler, téléconsultation et sexto.

    Des termes existants prennent un sens inédit : traçage et écouvillon.

    L'évolution idéologique de notre société marque aussi un tournant avec son courant "anti-libéral" et "féministe".

    Quelques définitions étonnantes en live ici !

     

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    Vincent L'Epée

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  • Distanciation sociale ou physique ? Le coup de gueule du député jurassien Pierre-André Comte

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    La pandémie du Coronavirus aura entraîné autant de modifications langagières que gestuelles. Le pouvoir qui a tiré l'épingle du jeu est sans conteste le médical et para-médical en imposant de nouvelles injonctions sociales dans tous les secteurs de la vie.

    "Depuis le début de la crise, on nous bassine avec la «distanciation sociale». On use de termes dont je ne sais pas s’ils sont traduits de l’anglais –comme me l’a affirmé dernièrement un responsable politique qui se dit bien informé –, où s’ils émanent d’un recueil d’expressions officielles diffusées par quelque institution fédérale ou internationale. Bref, on en remet une couche chaque fois qu’on peut dans la bouche des initiés. Qu’on se rassure, je ne rue pas dans les brancards. La gravité de la situation, ça se comprend, ne fait aucune place aux humeurs superflues. Mais je ne m’attendris pas non plus devant un si brillant vocabulaire. D’abord, recourir à une traduction de l’anglais -s’il s’agit bien de cela -pour expliquer aux gens qu’ils doivent garder de la distance entre eux pour ne pas se contaminer est une absurdité. Les ressources de notre langue ne suffisent-elles pas à faire comprendre ce conseil ou cette «directive»? «Distanciation sociale», donc. Voilà la formule reprise en chœur par nos autorités et par les médias sans qu’ils se posent la question de sa justesse. Car que suggère-t-elle, du point de vue du français? Que nous nous déconnections de nos proches, de notre famille, de nos amis? Que nous défaisions le lien «social» que les réseaux «sociaux» ou le téléphone nous permettent d’entretenir? En somme, de faire le contraire de ce qu’il faudrait pour préserver notre santé mentale ? Bien sûr que non. Mais voilà un mauvais exemple à montrer quand, par une sotte convenance langagière, on cède à l’uniformisation de l’expression publique. La «distanciation physique», c’est bien autre chose. C’est la nécessité, pour sa propre sécurité et celle d’autrui, de respecter un éloignement minimal des corps comme moyen sanitaire de freiner et d’arrêter la propagation du virus. Les mots veulent dire quelque chose, et il est malheureux qu’on puisse, par désinvolture, paresse ou «parce que ça sonne bien», les détourner de leur sens. Alors que plein d’ordres donnés régissent nos comportements individuels et collectifs, faut-il vraiment qu’on ajoute au chahut sanitaire un vocabulaire aussi inapproprié qu’inapte à nous rassurer sur sa pertinence? J’entends d’ici mes censeurs: arrête de te prendre le chou avec ton français! Que répondre à la terrible injonction? Que d’abord, ce n’est pas «mon français», c’est celui de tout le monde dans l’espace francophone que nous avons la chance d’habiter. Ensuite, tout en saluant l’action conduite parles autorités en charge de la santé publique, je me refuse à leur emboîter le pas quand, dans leur langage, elles se mettent le doigt dans l’œil. Pardons pour la familiarité du propos, mais elle me semblait assortie à ma petite contrariété.

    Alors, chers amis des autorités sanitaires et politiques, abandonnez donc ce vocabulaire. Il n’est pas besoin d’être professeur de français pour le juger impropre. Certes, on ne détruit pas notre langue en parlant de «distanciation sociale», mais on la corrompt un chouia, comme on dit dans nos contrées.

    Le professeur de psychologie sociale Martin Bauer, de la London School of Economics, estime que, dès le début, «c’était un choix de langage malheureux de parler de «distanciation sociale», alors qu’on voulait en réalité parler de «distanciation physique». Dommage que ce soit un Anglais qui nous renvoie à notre propre langue, non? Cette «vacherie» qu’est le coronavirus, selon l’expression de l’immunologue Jean-François Delfraissy, va jusqu’à nous imposer une «vacherie» linguistique en plus. Il est grand temps de le tuer. A mort, l’intrus!"

    Ce coup de gueule, on le doit au au député jurassien Pierre-André Comte. Désireux de remettre l'église au milieu du village, il défend l'expression juste afin de dissiper tout malentendu pour ne pas rajouter des maux aux mots mal dits. CQFD

     

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    L'humour suisse d'un grand

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  • L'excellence du sandwich au Panino Giusto

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    Une formule de midi à 16.90.- frs – un panino + un accompagnement + une boisson non alcoolisée – une PaninoGiusto3.jpgdiversité bacchique exprimée par 6 rouges et 6 blancs parmi les plus grandes marques (dont le Nebbiolo, nom du cépage composant le Barolo et label à part entière), une restauration à base de produits du terroir des régions italiennes du nord au sud, une huile de Ragusa ou les gigantesques oignons de Giarratana (Sicile), un Parmigiano Reggiano de Disolabruna, des légumes grillés en salade, un jambon de Parme de Langhirano, un renversant miel issu du raisin, c’est la philosophie de Panino Giusto, qui a ouvert ses porte le 1er octobre 2019 en centre-ville, entre la gare et le lac Léman, à la rue du Pradier 6.

    L’enseigne italienne existe depuis 40 ans et voilà, qu’elle s’exporte dans la cité de Calvin pour le plus grand bonheur des amoureux de l’art culinaire transalpin, ce sous la houlette du Manager polyglotte Harold Hunziker, d’origine suisse mais ayant vécu le plus clair de son temps en Italie où il suivit sa scolarité. À bas les panini ! Vive le panino, dont le mérite est de rendre ses lettres de noblesse à ce menu à l’apparence banale et souvent malmené ! L’étonnement est au rendez-vous. Fruit de recettes exquises concoctées par des chefs formés à Milan, certifiées par l’Accademia del Panino, le panino giusto (le petit pain juste, correct, le vrai) se décline en diverses versions gastronomiques. Grâce au concours de partenaires suisses choisis avec minutie, les producteurs de la péninsule acheminent leur savoir-faire ancestral érigé en art de vivre jusque dans nos assiettes.

    panino2.jpgDans une ambiance à la fois cosy et chaleureuse aux intonations italiennes imprimant l'Italian Taste dans toute sa splendeur, le cadre flamboyant de 160 m2 composé de peintures métallisées verte et rouge, bois et laiton dont la capacité d’accueil s’élève à près de 80 convives, rappelle l’atmosphère caractéristique des origines. Un canapé design et un bar somptueux dépeignent un goût certain pour la fonctionnalité esthétiquement avérée.

    L’établissement se vit à chaque instant de la journée, du café (excellent, typique) en passant par les midis et l’apéro jusqu’au dîner qui peut se poursuivre jusqu’à 22 h. Des planchettes de charcuterie et de fromage, à déguster un Spritz ou un bon verre de vin à la main, émerveilleront les papilles et les pupilles de chacun. Le tiramisù - fabriqué quotidiennement - est un must ! Sans oublier les apéros du jeudi soir scandé d’un Spritz à … 4.-frs !

    L’essayer, c’est l’adopter ! La dolce vita dans une bouchée de pain avec un goût de reviens-y !

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  • Le (con) texte et le (post) confinement

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    Le confinement a ouvert le champ au besoin pressant d’évasion. Beaucoup ont rêvé de jour comme de nuit de déserts à perte de vue ou de plages au bord d’une mer turquoise sans horizon. Des annonces pour un prochain voyage éventuel pullulent même quand on ne connaît pas encore les dates où la libre circulation sera effective. L’intériorité aura recouvré ses lettres de noblesse dans une société où le bruit et le bavardage font rage. On dévore des bouquins, on lit ou relit des récits marquants, on écoute des orateurs tels que Fabrice Luchini ou Pennac nous conter des fables.

    Les crises se succèdent mais les livres demeurent. On redécouvre l’origine du mot quarantaine  (de l’auteur italien Boccace -, carantela - qui n’a rien à voir avec le chiffre 40 comme on le présumait initialement). S’il est ressenti comme une torture pour certains à cause de l’enfermement imposé, c’est une aubaine pour d’autres qui en ont fait volontairement un style de vie bien avant le marasme. Naturellement, nous viennent en mémoire des bribes de textes de La Peste, de 1984, du Decameron. Mais aussi une lettre de Kafka à son ami Felice décrivant sa vie rêvée au cœur d’une vaste cave isolée éclairée d’une seule lampe où des repas lui seraient livrés, sans un mot, à distance. Dans la même veine, Emily Brontë, louait le choix d’une vie retirée dans un village perdu du Yorkshire, loin des jeux de pouvoir ou de divertissement de la ville. On redécouvre les pages de Stendhal, dit « le Milanais », récitant son isolement forcé mais émerveillé par les beautés artistiques et naturelles de la péninsule italienne. Et la célèbre lettre de Madame de Sévigné datée du 30 avril 1687 à sa fille, circulant désormais sur les réseaux sociaux, nous rappelle le mouvement cyclique de l’histoire réglé par la loi de Sysiphe (« Je vous envoie deux drôles de masques ; c’est la grand’mode. Tout le monde en porte à Versailles. C’est un joli air de propreté, qui empêche de se contaminer (…) Surtout, ma chère enfant, ne venez point à Paris ! Plus personne ne sort de peur de voir ce fléau s’abattre sur nous. (…) Le roi et Mazarin nous confinent dans nos appartements. »

    Avec le rêve, il reste l’espoir d’un basculement d’un monde qui marchait sur la tête à celui où l’on remet collectivement les idées à l’endroit.

    Pendant qu’on covide, notre existence s’encofine … de nouveaux néologismes ou mots-valise fleurissent pour désigner les nouvelles moeurs nées du confinement, qui paraîtraient fous à une autre époque. Ces nouveaux mots pour partager nos maux nous révèlent cette nouvelle dimension d’une réalité sociale qu’on croyait connaître. Pour ne pas mourir idiot ou passer pour un idiot utile, on fait tout pour éviter de paraître un covidiot aux yeux des collèges télétravailleurs et des amis avec lesquels on partage nos coronapéros. On zoome quand ça nous chante, sans raison, avec un zèle de solidaritude, surtout en cas de covidéprime. Dans ce cadre-là, les gestes barrières sont attendus à chaque « rencontre » et l’on regrettera peut-être bientôt le skypéro (ou whatsapéro) quand la semaine ne comptait qu’un seul et même jour, le lundimanche. À quoi ressemblera le 11 mai, jour J du dé-confinement pour chacun de nous ?

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  • Tergiversations

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    C'est dans l'air du temps! La guerre des laboratoires fait rage. La bataille des experts, aussi. Les comportements individuels varient par la force mais les vices ou les vertus s’accentuent selon leur inclination naturelle. Cette époque de confinement ne nous enseigne rien de nouveau que nous sachions déjà. Le Professeur Luc Montagnier, Prix Nobel de Médecine, apporte son grain de sel dans la cacophonie ambiante marquée par une posture du style « je ne sais rien mais je vous dirai tout et il faut quand même décider quelque chose même si rien ne le prouve ». Sa conclusion est qu’il y a une manipulation du virus depuis le début dans un laboratoire de haute sécurité de la ville de Wuhan en Chine ; au virus classique provenant principalement de la chauve-souris se seraient ajoutées, volontairement, des séquences du VIH, ce par la main de techniciens professionnels. L’absence de démonstration étayée ne doit toutefois pas nous faire oublier que la médecine procède par tâtonnements plus que d’hypothèses tranchées et qu’il ne sert à rien de railler des positions s’écartant de la doxa légitimée par un cadre normatif donné. De tout temps, les chercheurs non conventionnels ont été persécutés au point d’en perdre la vie pour des raisons idéologiques ; débattre sur des questions cruciales doit rimer avec recherche de solutions plutôt que démolir mécaniquement la thèse de la chloroquine ou celle d’une intrusion sur un virus dans un but thérapeutique non élucidé.

    Toutes ces tergiversations sur le quoi et le comment de ce maudit microbe qui a changé la face du monde en un clin d’œil rappellent néanmoins un texte visionnaire révélateur d’Alexandre Adler publié en 2009, qui préfigure les drames géopolitiques actuels dans ses moindres détails ; à la page 203 du Nouveau rapport de la CIA – Comment sera le monde de demain ? (édition Pocket), on y lit exactement : « En 2020, de plus en plus de gens porteront des masques chirurgicaux et des gants de caoutchouc en public, par crainte d’une maladie ressemblant à la pneumonie  (…) Cette maladie s’avèrera particulièrement déconcertante, quand après avoir semé la panique au cours de l’hiver, elle semblera disparaître (…), plongeant les scientifiques dans la confusion quant à son origine et à son traitement. »

    Le confinement n'empêchera pas de se ressourcer, de voyager (même virtuellement grâce aux bibliothèques digitalisées ou les documents promotionnels touristiques numérisés en vue des prochaines vacances), de rester connecté ou de se déconnecter, de s'évader (en visionnant le film de notre choix, en écoutant de la musique, en se plongeant dans un bon livre), de poursuivre l'effort sportif afin d'éviter que d'autres dangers sanitaires ne viennent se greffer à la pandémie. Bref, on prend son temps.

    Entre temps perdu, temps retrouvé ou temps pris, on oscille. Au lieu de sombrer dans une morosité sans fond surtout à cause des privations de libertés élémentaires, on se réinvente. Pourquoi ne pas redécouvrir la sagesse des Anciens en s’octroyant le droit à l’otium ? Plus qu'une fuite en avant à l’aide de paradis artificiels en se jetant dans des divertissements par incapacité de rester cloîtré entre quatre murs que Blaise Pascal analysait comme la source des tous les maux sur terre, le temps du loisir studieux est bienvenu, à pratiquer sans modération et sans culpabilité au cas où il serait étonnamment amalgamé à la paresse. Cette démarche existentielle réactivée par Jean-Michel Pire constitue – mieux qu’une simple résilience pavlovienne - une variable de réajustement, une ascèse propice aux épanchements … ainsi qu’à à la réflexion, à la contemplation désintéressée d’œuvres grâce à un rapport non utilitaire au temps, le temps à l’œuvre.

     

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  • Vérité ou fake news ?

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    Un petit machin s’est répandu comme traînée de poudre. Le Covid-19 fait planer la menace d’une épidémie d’une importance similaire à celle de la grippe espagnole, qui a décimé entre 50 et 100 millions de 1918-1919 de personnes. Ce que la guerre n’a pas fait, le virus l’a fait ; en exemple, le jeune artiste autrichien Egon Schiele en a été frappé, à l’instar de sa femme enceinte alors qu’ils avaient survécu au conflit armé qui déchira l’Europe. La grippe dite « asiatique » qui sévit dans les années 1950 avait entraîné plus d’1 millions de morts à l’échelle planétaire. Bien avant, au Moyen-Àge, on n’oubliera jamais la peste noire, qui anéantit près de 40% de la population européenne que l’auteur italien Boccace a relatée dans ses œuvres comme le célèbre Decameron.

    Du point de vue historique, ce drame aux accents pascaliens nous apprend néanmoins qu’on n’assiste ni à une catastrophe d’un genre nouveau, qu'elle n'est pas la résultante de vices endémiques d'une population désignée, ni du capitalisme pas plus d’une systémique étatique et la collapsologie n’expliquera rien non plus ce phénomène inouï.

    Rien de nouveau sous le soleil, donc ! Les représentations de la mort véhiculées par les légendes historiques n’en seront pas plus ébranlées car épuisées depuis des lustres et la grande faucheuse erre partout autour de nous, à chaque respiration.

    Quant aux entreprises de désinformation et de retard dans les mesures prises, c'était attendu mais tu.

    Pourtant, deux choses se dégagent. Primo, la résilience – seul facteur commun entre toutes ces tragédies sanitaires - est au rendez-vous : il n’y a pas d’autre choix. « Il ne faut jamais mollire », exhortait Yvette Jäggi. Deusio, la pollution a nettement chuté, d’après les cartes de la Nasa, notamment dans les cieux chinois et italien.

    Loin de prêcher un éloge de la lenteur, d’un soi-disant retour sur soi ou de nouvelles vertus collectives que la réalité sociale dément quotidiennement, il serait utile de se poser les bonnes questions pour endiguer la transmission de l’infection de ce mystérieux virus sans patient zéro défini (mis à part quelques hypothèses sauvages). Toutefois, le traitement géo-stratégique du mal en dit long sur les rapports de force entre le sud et le nord.

    projetKO-Chloroquine-794x1024.jpgDepuis le début de la propagation du coronavirus, une idée lancinante me taraudait … il me faisait penser toujours au paludisme qu’aucune société pharmaceutique n’a eu intérêt d’éradiquer avec un vaccin dont les composantes sont connues : une communauté dans le besoin dont des membres meurent comme des mouches et qui n’a par conséquent pas les moyens de se payer le médicament n’attire pas sa commercialisation puisque ça n’est pas rentable… Pourtant un homme s’est prêté à l’exercice de la maïeutique. Le Dr. Raoult sort du bois, contre vents et marées, pour  rappeler l’essentiel : accoucher de la solution miracle quelle qu’elle soit pour venir à bout de cette horreur, c’est la priorité ! Et cette potion magique n’est autre que la chloroquine, cette molécule peu chère, déjà appréhendée pour le traitement contre le paludisme au milieu du 20e s ! La polémique enfle jusqu’à diviser le monde en deux camps, les pro et les contra, arguant que tout est dans la méthode (quand on en oublie l’objet). Sa piste thérapeutique, vite qualifiée par les instances du pouvoir de « fake news », est vilipendée par des confrères jaloux de sa trouvaille qui n’en sont pas à l’origine. Faut-il préciser que l’IHU Méditérranée Infection dirigée par ce virologue de renommée mondiale aussi talentueux que courageux, basée à Marseille, compte une cohorte de scientifiques parmi les plus brillants ? Reste à espérer que la doxa des caciques déchirés par des jeux d’influence néfastes et des intérêts égotiques douteux n’empêche pas le succès de cet anti-paludisme au nom de la connaissance et des valeurs déontologiques de la profession. Un fait de taille égaie cette possibilité : à Genève, les HUG l’ont déjà adoptée ; depuis quelques jours, la chloroquine a fait son entrée par la grande porte.

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  • Ecrivain d'un soir

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    Le temps ne s’est pas arrêté ; il a un peu ralenti. Certains décident de voir dans la pandémie qui secoue notre époque une punition divine, les conséquences d'un dérèglement climatique ou encore un symbole fort qui mettrait un terme à notre mode de vie. Loin de moi de soutenir de telles assertions à l'emporte-pièce. De toutes les façons, on sait combien l'expérience ne sert pas à grand'chose ni les leçons de l'histoire dans le déroulement des prises de conscience institutionnelles!

    Profitons donc de prendre un peu de recul, de reprendre contact avec son moi intérieur et les proches même à distance! Une manière de s'enrichir sans rien dépenser tout en ne bougeant pas est de lire ou d'écrire ... L'Alliance Française - section genevoise - lance à nouveau une jolie opération : devenir écrivain d'un soir pour l'amour des mots !

    Toutes les informations décrites ici :

     

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