UA-105021232-1

  • Rêveries impressionnistes dans le sillon de la Creuse

    Imprimer

    La Creuse, la belle inconnue

    Une terre d’itinérance à la lisère entre langue d’Oc et langue d’Oïl au cœur d’une nature sauvage s’ouvre au fil de rivières torrentueuses et d’éboulis rocheux : la Vallée des peintres. Formidable écrin pour les peintres impressionnistes qui s’y sont succédé suite à une injonction de George Sand, véritable ambassadrice des lieux, qui s’y rendait en villégiature, jusqu’à sa résidence secondaire de Gargilesse, emmenant Chopin dans son sillage, notamment en face de la forteresse de Crozant,

    1250EF3F-86A8-49F3-8CA9-2830720BBB16.jpeg

    place forte de la France médiévale, hissée sur un promontoire rocheux. Qualifiée de petite Suisse berrichonne par l’écrivaine, le territoire de la Creuse a connu un destin en demi-teinte jusqu’à être ressuscitée aujourd’hui après un long oubli. Du fleuve éponyme, elle dira : « La Creuse est peut-être la plus belle rivière au monde (..) Elle dessine de grandes courbes immobiles et transparentes dans de hautes coupures taillées en amphithéâtre (…) ». Ce décor romantique autant que bucolique offre un point de vue insolite sur le rocher de la Fileuse qu’on imagine aisément séduire les amoureux du pinceau.

    En plein milieu de l’hexagone, cette zone de contact entre le bassin parisien et le massif central, résultante de chocs et fractures causés par d’impérieux mouvements tectoniques apparaît telle « une miniature fidèle du paysagisme moderne », selon la formule consacrée de l’historien de l’art, Christophe Rameix.

    Région idéale pour peindre sur le motif grâce aux nuances variées de ses coteaux et de ses fameuses bruyères roses, ses fonds rapprochés et ses vallées ni trop hautes ni trop larges, elle s’est enrichie de sentiers

    62EB11CF-8A4E-43CF-817E-DDE785C3A3D6.jpegd’interprétations qui vous refont revivre les visions illustrées dans les tableaux des Impressionnistes.

    Deux axes se dessinent : Crozant pour Guillaumin et Picabia, Fresselines pour Monet, dont on commémore les 130 ans de sa disparition en cette année 2019.  N’ayant rien perdu de son mystère ni de son charme, peuplée encore par le fantôme de la dame de Nohant, elle abrite l’école de Crozant, désormais aussi importante que celle de Pont-Aven ou de Barbizon, magnifiquement mise en exergue par le Centre d’art Monet-Rollinat ouvert en 2018. « Toujours même temps sombre et pluvieux ! », s’exclamait Monet en avril 1889 ; c’est pourtant ce climat-là qui lui fit produire sa première série de dix toiles dont la vivacité des couleurs est saisissante.

    Si les artistes pleinairistes ont trouvé leur bonheur dans ce site époustouflant, qui se prête naturellement et logiquement à la contemplation par « la tranquillité d’une rue de village, à un bord de rivière, à quelques arbres dans un verger »,

    F8E8B8ED-9FDD-4C48-B57F-0D777CF01B5E.jpegselon Christophe Rameix, c’est aussi parce qu’il recèle une biodiversité inédite valorisée et protégée par des labels officiels : couverts forestiers rassemblant hêtres à houx, tilleuls et érables ; il abrite ainsi une faune riche en espèces (loutre, moule perlière d’eau douce, chauve-souris et une petite libellule appelée Aprion de Mereuse). De ces terres difficilement cultivables mais très agréables à serpenter de nos jours, fleurissent des pâturages communs pour des troupeaux d’animaux dont on peut admirer entre autres les belles rousses (vaches limousines au pelage flamboyant réputées en gastronomie).

    Sur leurs traces, on refait le voyage pictural en reconnaissance des endroits où ils ont posé leur chevalet. En témoigne à la confluence des rivières La Sédelle et La Creuse, l’atmosphère perçue par le grand maître des Eaux semblantes, du Ravin de la Creuse ciel gris ou au déclin du jour, un peu plus loin, Le pont de Vervy et son illustre moulin ... bien que ce paysage rude n'existe plus en tant que tel, laissant la place à une végétation luxuriante. Car « l’art véritable n’a que faire des proclamations et s’accomplit dans le silence », selon les propres termes de Proust, admirateur sans bornes de Monet.

     

    0D146FEA-B26E-44B5-98EF-9627C16F7DDE.jpegL’Auberge de la Vallée

    Mais avant de quitter le Crozant, il faut impérativement faire une halte gastronomique à l’Auberge de la Vallée, sur ce chemin de St-Jacques de Compostèle ; la maison de caractère avec ses trois salles aux couleurs chatoyantes dirigée d’une main de maître par le chef Sébastien Proux, qui a aimé travailler en Suisse également, incarne une cuisine locale de renom privilégiant les produits du terroir comme par exemple l’autruche de Sagnat, le bœuf du limousin, les brasseurs du coin, le safran de St-Blaise apprêtés en menu au nom évocateur Promenade.

     

     

    2F599E13-85E1-459F-85D1-137A5A0B2B55.jpeg

    Le Centre d’art, espace Monet-Rollinat, 

    dirigé par Pierre Veysseix, est un nouveau musée interactif fort intéressant (2, allée Fernand-Maillaud, 23 Fresselines. Tlj 14h-18h jusqu’au 30 juin et en oct. ; 10h30-12h30 et 13h30-19h de juillet à août). On y découvre parallèlement une pépinière de travaux des protagonistes contemporains férus d’arts plastiques, sonores, graphiques, musicaux ainsi qu’une boutique beaux-arts et une librairie point info.

     

     

     

     

    FF844185-B4D9-4540-8C7F-5F983B6455E5.jpegHôtel Lépinat - centre d'interprétation du patrimoine

    Cette ancienne auberge où séjournaient les peintres est transformée en centre d’études sur l’école de Crozant (Tlj 14h-18h jusqu’au 30 juin, en sept. et oct. ; 10h30-12h et 14h30-18h30 en juil. et août.)

    À voir l'exposition « De vous à moi, Monsieur Monet », du 15 juin au 22 septembre, à la Station des Artistes / Conférence par le peintre Dominique Mantel « 1889 : Monet à Fresselines » organisée par L’œil et la Main le samedi 27 juillet à 15h30 à la Salle Polyvalente.

     

     

    Étape gourmande


    L'Hôtel-Restaurant Nougier, à Fursac (2 place de l’Eglise) constitue assurément l'hébergement de rêve attendu. Les chambres avec cachet attenantes à l’une des meilleures tables de la région en face du fleuve sont très confortables et paisibles. Bib gourmand au Guide Michelin élu « Table distinguée » perpétré sur 3 générations dans une élégante maison rénovée, accostée d’un joli jardin fleuri avec piscine ! La cuisine méridionale est à l’honneur comme le prouvent les recettes à base de légumes (herbes et épices équilibrant les plats et les saveurs), le tout présenté dans des assiettes en porcelaine de Limoges, ce pour magnifier le terroir creusois. L’atmosphère raffinée et conviviale garantie !

    La Creuse, cette belle inconnue, est à visiter à pied ou à vélo. Elle se décline en heures plutôt qu'en kilomètres au point de vous transporter dans un autre temps.

    Aller en Creuse

    En train : De Paris Gare d’Austerlitz à La Souterraine / 2h45. En voiture : 3h de Paris, 5h de Genève.

     

    D43AD86B-C73C-4987-86EC-5557E4DF104E.jpeg

     

    Voir plus de photos

    Lire la suite

    Lien permanent Catégories : Associations 6 commentaires
  • Table ronde 14 mai avec Piccard, Ziegler, Rabhi

    Imprimer

    Dans des temps reculés, l’Occident expliquait le monde en termes religieux d’où découlait un principe de droit divin régissant les sociétés. L’ordre politique se calquait sur ce modèle; l’obéissance civile et le roi tout-puissant, la nation et l’individu constituaient l’imaginaire collectif. Avec la révolution industrielle, le capitalisme s’affranchit du pouvoir politique stricto sensu pour créer un cadre référentiel inédit jusque là où l'individu s’enorgueillit de ses talents, se considérant seul responsables à sa réussite, en faisant fi des inégalités sociales engendrées par des mécanismes inévitables de la prédation; les classes sociales se vouent une guerre sans trouver aucun modus vivendi mais où chacun croit à la participation sociale par le droit de vote. Actuellement, la globalisation a fait volé en éclats ces anciens paradigmes sociaux pour finalement ériger l’individu, nu et seul, en un maillon de la chaîne logistique qui lui échappe tout en s’efforçant d’être le maître de sa vie : ses choix ne sont les siens mais pour ne pas être déclassé, il se sacrifie pour les réaliser, l’hypersexualité devient le principal de ses soucis (le corps-machine passe du statut d'objet à celui de sujet), le paraître et l’avoir cachent mal les désordres qui déchirent la société au point de porter le poids de responsabilités auxquelles il n’a pas été associé. Abandonnant le paradigme socio-économique pur et dur, notre ère se trouve marquée par un besoin d’un nouveau d’un autre type : il sera d’ordre culturel. En témoignent les questions qui préoccupent les citoyens : quelle place a l’homme dans l’univers ? la femme est-elle l’égale de l’homme en droit ? les peuples autochtones ont-ils une identité et le droit d’exister ? les religions relient-elles comme leur étymologie l'indique ou incarnent-elles le mal absolu qui justifient les pires exactions des droits humains ? l’intelligence suffit-elle à résoudre les problèmes ? comment créer du lien ? Le désenchantement du monde s’accompagne désormais d’une décomposition de la société gouvernée jusque là par des caractéristiques martiales. Peut-être que cet ordre fera-t-il place à un nouveau modèle gouverné par un paradigme encore difficile à définir basé sur des valeurs concrètes dont désormais le renversement a fait ses preuves jusqu’à l’absurde?!

    C'est à cette problématique fondamentale à laquelle vous invite l'UNESU ONG ECOSOC en participant à l'événement exceptionnel organisé à l'ONU-Genève le 14 mai prochain :



              Une Table Ronde avec la participation de Bertrand Piccard, Pierre Rabhi, Jean Ziegler orchestrée par Christian Degiorgi.

    unesu 2019_img.jpg



    - En ouverture, une allocution d'introduction de Mme Adèle Thorens Goumaz, Conseillère nationale.

    - Une préface enregistrée de Yann Arthus Bertrand lancera le débat.

    - Un intermède musical offert par le duo Calderòn agrémentera cet échange durant la pause.

    Ouvert au public sous condition d'inscription GRATUITE obligatoire :

    https://reg.unog.ch/event/28357/

     

    Au plaisir de vous y rencontrer !

    Lien permanent 0 commentaire
  • Florence brille de tous ses feux pour le 500e anniversaire de la mort de Léonard de Vinci

    Imprimer

    La Foire Mida 2019

    La 83e Foire Internationale de l’Artisanat de Florence a fait la part belle en tout bien tout honneur au génie universel de Léonard de Vinci dont nous commémorons partout le demi-millénaire de sa disparition. En tant que berceau de la Renaissance, la Toscane s’est drapée des principes mis en exergue pour la fondation de la dignité humaine selon le maître à penser : l’intellect (sous toutes ses formes). Allier la recherche scientifique et la quête artistique pour expliquer le monde autant que pour agir sur lui fut son œuvre tout au long de sa vie au point de valoriser le pouvoir démiurgique de l’homme dans toutes ses créations, tel un architecte du divin selon les canons platoniciens de l’harmonie. L’inventeur des machines vouées à la production qui prévalent jusqu’à nos jours a légué son savoir autant que son savoir-faire à la base de révolutions mentales autant qu’économiques que tout visiteur sera heureux de redécouvrir au cours de cette année légendaire. 

     

    20190423_161550.jpg20190423_163320.jpg20190423_161753.jpg

    20190423_163432.jpg

    Lire la suite

    Lien permanent 1 commentaire