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  • Distanciation sociale ou physique ? Le coup de gueule du député jurassien Pierre-André Comte

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    La pandémie du Coronavirus aura entraîné autant de modifications langagières que gestuelles. Le pouvoir qui a tiré l'épingle du jeu est sans conteste le médical et para-médical en imposant de nouvelles injonctions sociales dans tous les secteurs de la vie.

    "Depuis le début de la crise, on nous bassine avec la «distanciation sociale». On use de termes dont je ne sais pas s’ils sont traduits de l’anglais –comme me l’a affirmé dernièrement un responsable politique qui se dit bien informé –, où s’ils émanent d’un recueil d’expressions officielles diffusées par quelque institution fédérale ou internationale. Bref, on en remet une couche chaque fois qu’on peut dans la bouche des initiés. Qu’on se rassure, je ne rue pas dans les brancards. La gravité de la situation, ça se comprend, ne fait aucune place aux humeurs superflues. Mais je ne m’attendris pas non plus devant un si brillant vocabulaire. D’abord, recourir à une traduction de l’anglais -s’il s’agit bien de cela -pour expliquer aux gens qu’ils doivent garder de la distance entre eux pour ne pas se contaminer est une absurdité. Les ressources de notre langue ne suffisent-elles pas à faire comprendre ce conseil ou cette «directive»? «Distanciation sociale», donc. Voilà la formule reprise en chœur par nos autorités et par les médias sans qu’ils se posent la question de sa justesse. Car que suggère-t-elle, du point de vue du français? Que nous nous déconnections de nos proches, de notre famille, de nos amis? Que nous défaisions le lien «social» que les réseaux «sociaux» ou le téléphone nous permettent d’entretenir? En somme, de faire le contraire de ce qu’il faudrait pour préserver notre santé mentale ? Bien sûr que non. Mais voilà un mauvais exemple à montrer quand, par une sotte convenance langagière, on cède à l’uniformisation de l’expression publique. La «distanciation physique», c’est bien autre chose. C’est la nécessité, pour sa propre sécurité et celle d’autrui, de respecter un éloignement minimal des corps comme moyen sanitaire de freiner et d’arrêter la propagation du virus. Les mots veulent dire quelque chose, et il est malheureux qu’on puisse, par désinvolture, paresse ou «parce que ça sonne bien», les détourner de leur sens. Alors que plein d’ordres donnés régissent nos comportements individuels et collectifs, faut-il vraiment qu’on ajoute au chahut sanitaire un vocabulaire aussi inapproprié qu’inapte à nous rassurer sur sa pertinence? J’entends d’ici mes censeurs: arrête de te prendre le chou avec ton français! Que répondre à la terrible injonction? Que d’abord, ce n’est pas «mon français», c’est celui de tout le monde dans l’espace francophone que nous avons la chance d’habiter. Ensuite, tout en saluant l’action conduite parles autorités en charge de la santé publique, je me refuse à leur emboîter le pas quand, dans leur langage, elles se mettent le doigt dans l’œil. Pardons pour la familiarité du propos, mais elle me semblait assortie à ma petite contrariété.

    Alors, chers amis des autorités sanitaires et politiques, abandonnez donc ce vocabulaire. Il n’est pas besoin d’être professeur de français pour le juger impropre. Certes, on ne détruit pas notre langue en parlant de «distanciation sociale», mais on la corrompt un chouia, comme on dit dans nos contrées.

    Le professeur de psychologie sociale Martin Bauer, de la London School of Economics, estime que, dès le début, «c’était un choix de langage malheureux de parler de «distanciation sociale», alors qu’on voulait en réalité parler de «distanciation physique». Dommage que ce soit un Anglais qui nous renvoie à notre propre langue, non? Cette «vacherie» qu’est le coronavirus, selon l’expression de l’immunologue Jean-François Delfraissy, va jusqu’à nous imposer une «vacherie» linguistique en plus. Il est grand temps de le tuer. A mort, l’intrus!"

    Ce coup de gueule, on le doit au au député jurassien Pierre-André Comte. Désireux de remettre l'église au milieu du village, il défend l'expression juste afin de dissiper tout malentendu pour ne pas rajouter des maux aux mots mal dits. CQFD

     

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    L'humour suisse d'un grand

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  • L'excellence du sandwich au Panino Giusto

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    Une formule de midi à 16.90.- frs – un panino + un accompagnement + une boisson non alcoolisée – une PaninoGiusto3.jpgdiversité bacchique exprimée par 6 rouges et 6 blancs parmi les plus grandes marques (dont le Nebbiolo, nom du cépage composant le Barolo et label à part entière), une restauration à base de produits du terroir des régions italiennes du nord au sud, une huile de Ragusa ou les gigantesques oignons de Giarratana (Sicile), un Parmigiano Reggiano de Disolabruna, des légumes grillés en salade, un jambon de Parme de Langhirano, un renversant miel issu du raisin, c’est la philosophie de Panino Giusto, qui a ouvert ses porte le 1er octobre 2019 en centre-ville, entre la gare et le lac Léman, à la rue du Pradier 6.

    L’enseigne italienne existe depuis 40 ans et voilà, qu’elle s’exporte dans la cité de Calvin pour le plus grand bonheur des amoureux de l’art culinaire transalpin, ce sous la houlette du Manager polyglotte Harold Hunziker, d’origine suisse mais ayant vécu le plus clair de son temps en Italie où il suivit sa scolarité. À bas les panini ! Vive le panino, dont le mérite est de rendre ses lettres de noblesse à ce menu à l’apparence banale et souvent malmené ! L’étonnement est au rendez-vous. Fruit de recettes exquises concoctées par des chefs formés à Milan, certifiées par l’Accademia del Panino, le panino giusto (le petit pain juste, correct, le vrai) se décline en diverses versions gastronomiques. Grâce au concours de partenaires suisses choisis avec minutie, les producteurs de la péninsule acheminent leur savoir-faire ancestral érigé en art de vivre jusque dans nos assiettes.

    panino2.jpgDans une ambiance à la fois cosy et chaleureuse aux intonations italiennes imprimant l'Italian Taste dans toute sa splendeur, le cadre flamboyant de 160 m2 composé de peintures métallisées verte et rouge, bois et laiton dont la capacité d’accueil s’élève à près de 80 convives, rappelle l’atmosphère caractéristique des origines. Un canapé design et un bar somptueux dépeignent un goût certain pour la fonctionnalité esthétiquement avérée.

    L’établissement se vit à chaque instant de la journée, du café (excellent, typique) en passant par les midis et l’apéro jusqu’au dîner qui peut se poursuivre jusqu’à 22 h. Des planchettes de charcuterie et de fromage, à déguster un Spritz ou un bon verre de vin à la main, émerveilleront les papilles et les pupilles de chacun. Le tiramisù - fabriqué quotidiennement - est un must ! Sans oublier les apéros du jeudi soir scandé d’un Spritz à … 4.-frs !

    L’essayer, c’est l’adopter ! La dolce vita dans une bouchée de pain avec un goût de reviens-y !

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  • Le (con) texte et le (post) confinement

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    Le confinement a ouvert le champ au besoin pressant d’évasion. Beaucoup ont rêvé de jour comme de nuit de déserts à perte de vue ou de plages au bord d’une mer turquoise sans horizon. Des annonces pour un prochain voyage éventuel pullulent même quand on ne connaît pas encore les dates où la libre circulation sera effective. L’intériorité aura recouvré ses lettres de noblesse dans une société où le bruit et le bavardage font rage. On dévore des bouquins, on lit ou relit des récits marquants, on écoute des orateurs tels que Fabrice Luchini ou Pennac nous conter des fables.

    Les crises se succèdent mais les livres demeurent. On redécouvre l’origine du mot quarantaine  (de l’auteur italien Boccace -, carantela - qui n’a rien à voir avec le chiffre 40 comme on le présumait initialement). S’il est ressenti comme une torture pour certains à cause de l’enfermement imposé, c’est une aubaine pour d’autres qui en ont fait volontairement un style de vie bien avant le marasme. Naturellement, nous viennent en mémoire des bribes de textes de La Peste, de 1984, du Decameron. Mais aussi une lettre de Kafka à son ami Felice décrivant sa vie rêvée au cœur d’une vaste cave isolée éclairée d’une seule lampe où des repas lui seraient livrés, sans un mot, à distance. Dans la même veine, Emily Brontë, louait le choix d’une vie retirée dans un village perdu du Yorkshire, loin des jeux de pouvoir ou de divertissement de la ville. On redécouvre les pages de Stendhal, dit « le Milanais », récitant son isolement forcé mais émerveillé par les beautés artistiques et naturelles de la péninsule italienne. Et la célèbre lettre de Madame de Sévigné datée du 30 avril 1687 à sa fille, circulant désormais sur les réseaux sociaux, nous rappelle le mouvement cyclique de l’histoire réglé par la loi de Sysiphe (« Je vous envoie deux drôles de masques ; c’est la grand’mode. Tout le monde en porte à Versailles. C’est un joli air de propreté, qui empêche de se contaminer (…) Surtout, ma chère enfant, ne venez point à Paris ! Plus personne ne sort de peur de voir ce fléau s’abattre sur nous. (…) Le roi et Mazarin nous confinent dans nos appartements. »

    Avec le rêve, il reste l’espoir d’un basculement d’un monde qui marchait sur la tête à celui où l’on remet collectivement les idées à l’endroit.

    Pendant qu’on covide, notre existence s’encofine … de nouveaux néologismes ou mots-valise fleurissent pour désigner les nouvelles moeurs nées du confinement, qui paraîtraient fous à une autre époque. Ces nouveaux mots pour partager nos maux nous révèlent cette nouvelle dimension d’une réalité sociale qu’on croyait connaître. Pour ne pas mourir idiot ou passer pour un idiot utile, on fait tout pour éviter de paraître un covidiot aux yeux des collèges télétravailleurs et des amis avec lesquels on partage nos coronapéros. On zoome quand ça nous chante, sans raison, avec un zèle de solidaritude, surtout en cas de covidéprime. Dans ce cadre-là, les gestes barrières sont attendus à chaque « rencontre » et l’on regrettera peut-être bientôt le skypéro (ou whatsapéro) quand la semaine ne comptait qu’un seul et même jour, le lundimanche. À quoi ressemblera le 11 mai, jour J du dé-confinement pour chacun de nous ?

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