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Quelle vie d'après?

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La vie d'après, le monde d'après ... après quoi ? Cette sorte de locution en dit long sur nos existences confinées, étriquées déjà avant pour beaucoup. Si les différentes crises (1995, 2001, 2008, 2015, 2020) ont écorché les moyens et les libertés de la majorité des citoyens, l'année palindrome tant attendue pour sa symbolique imaginaire et scripturale aura changé invariablement la face du monde.

Nos politiques ont pris des mesures qui s'imposaient sûrement. L'actuelle pandémie est traité bien différemment de toutes les précédentes les siècles; en cela, c'est un bon point dans le sens que l'aspect contagieux du virus a investi recherches et procédure de protection pour le bien commun, ce qui est très rare dans l'histoire de l'humanité.

Mais la batailles des "clusters" (autrement dit en bon français "les foyers") fait rage; elle entraîne des mesures coercitives pas toujours cohérentes - les exemples ne manquent pas, ils fleurissent nos conversations quotidiennes sur les bords de trottoirs - alors que les injonctions incitatives font chou blanc. Les bistrots, c'est fini. Les 2 Vincent l'expriment merveilleusement dans un sketch devenu célèbre.


Les musées et les théâtres restent sans public mais les affiches s'étalent tristement sur les voies publiques comme pour accroître le sentiment d'impuissance. On ne peut plus se rendre au cinéma ni en discothèque pour écouter de la bonne musique ou danser ensemble. Même les cours sportifs ou les conférences se déroulent sur zoom. On a redécouvert un temps les vertus du téléphones, un peu oubliées à cause de la multiplicité des réseaux de communication. Le virtuel, tant décrié pour ses méfaits au niveau de la solitude durable et du côté intrinsèquement superficiel, a pris l'avantage "contre toute attente". Plus d'autre choix! On n'invite plus et on n'est plus invité.

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Est-ce vraiment une vie ? La robotisation de nos sociétés nous a déjà fait beaucoup de mal tant physiquement que psychologiquement : on s'éduque souvent douloureusement pour survivre et il faut soigner les maux engendrés par le dressage; et là, patatra, des gestes de barrière s'incrustent pour mieux nous protéger les uns des autres. La violence sociale s'accroît au lieu de faire émerger un peu de solidarité, voire de l'amitié.

Tout le malheur vient du fait que l'homme est incapable de rester seul entre quatre murs, clame certain philosophe. Oui mais, l'homme n'est pas un esprit désincarné et pour gagner sa vie, il faut suer. Les maux collatéraux seront aussi nombreux et irréversibles. Un suicide collectif se préparerait (sans volonté propre ou assistance par un tiers agent) vu que si l'on meurt pas du covid, on pourrait mourir d'ennui, d'inanition, la mort dans l'âme.

 

 

 

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Commentaires

  • Excellent.
    Nous empêcher de vivre pour ne pas mourir !

  • Très bon article ! Une occasion de se réinventer... d'apprendre à s'écouter et de revenir à l'essentiel. Somme toute, cette période sombre semble nous révéler que nous avons besoin avant tout de vivre en conscience dans l'entraide, ni dans l'égocentrisme, ni dans l'égarement. L'interdépendance est pour moi le seul moyen de nous soutenir mutuellement pour ne pas sombrer.

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