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Inclusive ou disjonctive, la langue?

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En me baladant dans la rue, je tombe sur une banderole évoquant un impératif adressé à « tous et à toutes » ; l’ordre des mots choque à plus d’un titre, d’autant que la culture actuelle de la féminisation tendrait plutôt à faire la part belle au genre « sous-représenté ».

Le malaise ressenti aujourd’hui dans notre rapport à la langue ne doit pas nous faire oublier les règles sémantiques mais aussi normatives d’un idiome. En hommage à Alain Rey, disparu en cette année fatidique 2020, on rappellera ses dires : «La langue française est notre bien commun, notre maison, il suffit de la mieux connaître pour l’aimer».

Il ne sert donc à rien d’alourdir les textes d’idioties, de tripatouiller arbitrairement les formes d’expressions.

Les dégâts de l’écriture inclusive s’observent dans tous les secteurs de la vie sociale au point de ne savoir à quel saint se vouer. Ajouter à l’envi à la racine du vocable son suffixe masculin, suivi du soi-disant « point milieu » ou « point médian » et du suffixe féminin équivaut à prendre l’initiative iniquement de déformer la langue française sans se référer aux règles d’usage codifiées, accouchées parfois dans la douleur, imposées avec force et intelligence, qui fait son charme et son unicité.

ob_249ead_2609.jpgFaut-il se remémorer l’acte politique du Roi François 1er instaurant pour la première fois dans l’histoire la langue française (en supplantant le latin) dans les textes officiels par l’ordonnance de Villers-Cotterêts en 1539 en vue de faciliter la bonne compréhension verticale mais aussi horizontale ? « En langage maternel français et non autrement », précisait-il ! Dans la même veine, Bernard Pivot qualifie l’écriture inclusive de scribouillage … « on ne peut pas l’utiliser. C’est illisible, donc c’est idiot », affirme-t-il.

Il faut éviter ce nouveau piège afin de sauver une institution qui lie les locuteurs, enseignée aux élèves et aux allophones désirant d’apprendre cette langue reconnue comme sophistiquée, adoptée longtemps comme langue diplomatique dans le monde. Car une langue, c’est un univers en soi avec ses affinités, ses concepts philosophiques, sa sonorité propre !

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C'est quoi ce charabia ?

Lien permanent 7 commentaires

Commentaires

  • On devra se rappeler que le "combat" de l'écriture inclusive estnotamment l'oeuvre de la pas regrettée Sandrine Salerno. Cette fausse lutte donne aux féministes l'impression d'exister.

    La meilleure solution pour résoudre ce non-problème serait de tourner toutes nos phrases au féminin. Comme cela, plus d'écriture inclusive et plus de crises existentielles. Toutes les mondes seront contentes.

  • Bonjour Micheline,

    J'ai rebondis sur votre billet:

    https://hommelibre.blog.tdg.ch/archive/2021/04/11/langue-quelques-regles-simples-de-feminisation-314401.html

    Bon dimanche.

  • HL, vous avez certes rebondi mais avec un "s" qui n'avait pas sa place. Est-ce bien nécessaire d'oublier les règles simples lorsqu'on dénonce le langage genré!! Bonne soirée.

  • Merci Paul, j'en prends note.
    Je vais engager un relecteur. Ou une relecteuse.

  • Le langage inclusif est une aberration.

    Voici la déclaration de l'Académie française à ce sujet : https://www.academie-francaise.fr/actualites/declaration-de-lacademie-francaise-sur-lecriture-dite-inclusive

  • Bonjour Tous,

    Merci pour vos commentaires à ce sujet, objet de polémiques sans fin. Je mets ici en le lien de la pétition en ligne - en espérant que l'initiative servira à quelque chose - qui pose bien le problème tant discuté déjà :

    https://soseducation.org/petitions-mobilisations-collectives/contre-ecriture-inclusive

    Triste monde où tout fout le camps sans rien d'intéressant à mettre à la place ! Les libertés sont rognées jusqu'à l'os en quelques décennies, les normes sont violées de manière systémique et la robotisation est poussée jusqu'à l'extrême.

    Ne lâchons rien ! Bonne journée à Tous !

  • Voici ce qu'avait déclaré l'Académie française, au sujet de l'aberration qu'est le langage inclusif :

    "Prenant acte de la diffusion d’une « écriture inclusive » qui prétend s’imposer comme norme, l’Académie française élève à l’unanimité une solennelle mise en garde. La multiplication des marques orthographiques et syntaxiques qu’elle induit aboutit à une langue désunie, disparate dans son expression, créant une confusion qui confine à l’illisibilité. On voit mal quel est l’objectif poursuivi et comment il pourrait surmonter les obstacles pratiques d’écriture, de lecture – visuelle ou à voix haute – et de prononciation. Cela alourdirait la tâche des pédagogues. Cela compliquerait plus encore celle des lecteurs.

    Plus que toute autre institution, l’Académie française est sensible aux évolutions et aux innovations de la langue, puisqu’elle a pour mission de les codifier. En cette occasion, c’est moins en gardienne de la norme qu’en garante de l’avenir qu’elle lance un cri d’alarme : devant cette aberration « inclusive », la langue française se trouve désormais en péril mortel, ce dont notre nation est dès aujourd’hui comptable devant les générations futures.

    Il est déjà difficile d’acquérir une langue, qu’en sera-t-il si l’usage y ajoute des formes secondes et altérées ? Comment les générations à venir pourront-elles grandir en intimité avec notre patrimoine écrit ? Quant aux promesses de la francophonie, elles seront anéanties si la langue française s’empêche elle-même par ce redoublement de complexité, au bénéfice d’autres langues qui en tireront profit pour prévaloir sur la planète."

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