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Quand l'industrie rencontre l'art

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La vie reprend. L’art, aussi. Pour le plus grand bonheur des amateurs d'art, la deuxième édition de l’Industrie Magnifique occupe la place publique de Strasbourg. Un artiste, un mécène, une œuvre, c’est la devise de cette manifestation culturelle et artistique unique au monde au vu du projet global concret d’invention et de coopération, des procédés et de la durabilité des matériaux utilisés là où on ne les attend pas forcément.

L’eurométropole sur l’axe rhénan accueille dans son sillage plus de 70 artistes soutenues par 35 entreprises alsaciennes de taille qui s’ingénient à sublimer les éléments en créant des sculptures mythiques s’élevant dans l’espace aérien jusqu’au 13 juin 2021. Les différentes formes artistiques explorées nourrissent de manière originale le rapport de ses résidents au territoire, à la ville verte et d’eau qui définit l’iconique Strasbourg.

« Quod vis fac ! » pourrait être le maître-mot de ce binôme artiste-entreprise valorisant leurs savoir-faire respectifs durant près de 24 mois de travail acharné. Une forte émotion narrative se dégage de ces œuvres, essentiellement majestueuses, selon les trois paradigmes : créer, exposer, raconter. Une des plus hallucinantes balades en immersion dont on puisse rêver au détour de ses rues et places qu'il s'agit ici de retracer avec quelques exemplaires du génie humain en interaction avec le monde naturel, urbain, conceptuel, perceptif ou onirique...

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Ainsi, non loin de la Cathédrale de Strasbourg, Portée aux Nues de la plasticienne Bénédicte Bach évoque les nuages grâce aux Tanneries Haas, exprimant la fragilité et la légèreté à partir du cuir délicatement ciselé sous forme de mousse vaporeuse. Ensuite, il faut pénétrer à l’intérieur de la 9.jpgcathédrale pour y découvrir avec stupeur une lune suspendue au cœur de la nef, de l’artiste britannique Luke Jerram, qui renverse la rhétorique de l’évidence en faisant entrer l’espace dans le temps ; avec ses sept mètres de diamètre pour 140 kg, elle a été conçue d’après les photos de la NASA prises à une distance de … cinq kilomètres de l’astre ! Dans la même veine, le partenariat entre l’Ososphère et Vivialys accouche d’un monumental plateau artistique sur la place du Château - Cosmos District – rappelant naturellement qu’il y a de la vie sur terre autant qu’un univers intersidéral ; en réhabilitant la ville sous les étoiles, ce complexe artistique hors norme allie escapades poétiques et connaissances scientifiques pointues en tissant des liens avec un imaginaire elliptique qui bouscule les codes tout en faisant éclater une beauté ineffable.

Sans fairedevagues.jpgEn se dirigeant vers l’Isle, Sans faire de vagues de Gaëtant Gromer & DQE Software interpelle l’impact des activités humaines sur l’environnement et notamment l’extermination des requins à qui on coupe les ailerons pour en en faire de la soupe (alors que sont souvent cuisinées des ailes de poulets à la place) tout en les rejetant cruellement à la mer.

Puis, en déambulant jusqu’à la Place Kléber, Le Serpent 2021 de Bertrand Gadenne soutenu par le Le Serpent.jpgmécène ARTE questionne l’hypothèse du règne animal dans la ville; le serpent, confiné, tente désespérément de s'échapper de sa cage tout comme nous ces derniers mois ... une symbolique autour de l'animal nous transformant en figurants dans le décor.  Dans le même périmètre, on tombe sur la Rivière de verre concoctée par l’Ecole du TNS, du créateur lumière Philippe Berthomé & CIC Est. Juste à côté, le métal émerge de l’eau avec Landscape in Motion de Frédéric Laffont & FEIN ; les miroirs en acier massif font la part belle à la fragmentation du contexte urbain en montrant les changements du Tour de Babel.jpgpaysage dus à l’interaction du vent, de la pluie et de la lumière, magnifiés avec la dimension sonore à l’image des vibrations naturelles entendues, qui viennent renforcer la perception du mouvement. Avec Terre de Ciel, le peintre Patrick Bastardoz réalise une énorme Tour de Babel sur la Place Broglie grâce aux matériaux en terre cuite de l’entreprise Wienerberger comme pour se réapproprier de l’espace public dans sa diversité.

Bien d’autres surprises attendent les spectateurs dans les sinuosités du chef-lieu de l’Alsace … The Cat de Richard Orlinski &PUMA, Les L du Désir de Benjamin Kiffel & L&LProducts, les signes alphanumériques de Yes:no, perhaps par LAb(au) & Hager Group relate l'importance de l'intelligence artificielle (dans l'ordre des photos ci-dessous).

L’objectif de faire rayonner cette attachante région très singulière par la promotion et le développement de la création artistique, de la culture de l’invention et du patrimoine industriel est grandement atteint. Quant l'industrie va à la rencontre de l'art, la réalité dépasse la fiction. Nul doute que cet événement haut en couleur marque une nouvelle signature de Strasbourg, déjà classée à double titre au patrimoine mondial de l’UNESCO.

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