UA-105021232-1

Un nouveau roman de l'auteure genevoise Anne Perrin

Imprimer

PERRIN.jpgUne rentrée littéraire fracassante! "Bleue est la morsure" s'entend comme un cri viscéral dont l'origine reste mystérieuse, à l'instar de l'existence. Le préambule annonce la couleur: L'innommable resurgit toujours. Tel un être en sursis, le personnage principal, détestable et sans état d'âme, a bien réussi socialement selon les critères usuels du paraître. Vendre des best-sellers demeure sa raison de vivre et ça lui sert fort bien; multimillionnaire, il parcourt les jours et les années, indifférent à ce qui l'entoure et à son propre impact sur son environnement, multipliant ses conquêtes auxquelles il ne donne pas plus d'importance qu'au reste, étranger à lui-même jusqu'à se traiter de corps sans relief à mettre à la poubelle. De son appartement ménagé en sanctuaire où se déroule la majeure partie de sa vie sans ressentir le besoin d'un ailleurs, ne serait-ce que pour satisfaire quelques nécessités, il poursuit son destin sans encombre, nourri d'un sentiment de toute-puissance. Ayant compris très tôt que les principes sont souvent utilisés pour infliger les pires humiliations et douleurs sous couvert de bienséance, le narrateur affirme ne tolérer que la prison qu'il s'impose.  Les faux-semblants, il les fuit comme la peste tout comme il se fuit lui-même. Jusqu'au jour où ... Les mailles du filet se resserrent suite à l'entrée en scène d'un journaliste qui le fait chanter.

L'homme qui dit je s'en sortira-t-il ? Ce sera la garde à vue qui révèlera les secrets de cet ètre qui s'est construit contre vents et marées, révélant la blessure béante d'un enfance brisée dont la survie physique autant que psychique n'était nullement gagnée d'avance et à quel prix, le souffle de vie a pu se frayer un chemin au point peut-être de commettre l'irrémédiable.

Pour la 500ème publication de l'éditeur Jacques Flament, le choix est audacieux. Avec ce roman qui tient en haleine le lecteur à chaque page, Anne Perrin, née le 15 mars 1966 à Genève, raconte la manière dont une vie part en vrille alors que tout semblait ficelé, sur des rails, où l'absurdité de l'existence s'entrechoque avec la brutalité des faits qui reviennent en boomrang, à l'image d'un pied de nez du destin sans répit, démontrant que la mort à crédit ne laisse aucune place au jeu de gagnant/perdant. Egalement, technicienne de théâtre, assistante de réalisation, l'auteure suisse nous livre une écriture poétique malgré la crudité des propos, peignant les travers dune société composée d'individus seuls et sans racine, réifiés, pouvant procréer ses monstres qu'une écoute aurait pu sauver de la catastrophe. Une peinture des aspects de la Geworfenheit aussi limpide que vertigineuse au grés des circonstances ci et là ! 

Une femme aurait pu jouer ce rôle ... Mais laquelle? Quel rôle aura au juste dans ce destin brisé une disparition datant de plus de quarante ans qu'on croyait classée et jetée dans le fleuve Léthé ? Avec maestria, Anne Perrin tisse les ressorts d'une hagiographie semblant décousue à prime abord tout en dessinant les contours d'un visage à découvert.

 

Pour le commander le roman, veuillez cliquer ici :

https://www.jacquesflamenteditions.com/474-bleue-est-la-morsure/

 

Lien permanent 1 commentaire

Commentaires

  • J'ai dévoré ce roman d'une traite. Je ne l'ai pas lâché. L'action est soutenue, va même crescendo. Une très belle réussite ...

Écrire un commentaire

NB : Les commentaires de ce blog sont modérés.

Optionnel