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CIVITAS - Page 3

  • Le Grand Bisse d'Ayent bientôt sur le billet de 100 francs !

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    La valorisation d’un patrimoine naturel pour une illustration officielle n’est pas monnaie courante. C’est désormais chose faite ! Emblématique pour son sentier vertigineux depuis le XVe s., le bisse d’Ayent figurera sur le billet de banque le plus utilisé en cash,  à savoir celui de  Frs 100.--.  Adieu l’effigie d’Alberto Giacometti, d’un côté et sa célèbre et émouvante sculpture L’homme qui marche, de l’autre ! Le nouveau billet de 100 francs suisses montre un authentique versant de l’histoire helvétique : une sensibilité consciencieuse de l’empreinte humaniste et humanitaire dans la recherche d’infrastructures le plus sophistiquées possibles qui profitent au plus grand nombre selon une conception élaborée du bien commun basée sur une volonté de fer.

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    Le climat du Valais autant que ses montagnes ont toujours attiré du monde aussi bien pour sa beauté naturelle époustouflante que pour ses vins exquis que le terreau ensoleillé permet, sans oublier ses spécialités culinaires. Mais la bravoure de ses habitants y est pour beaucoup, qui à travers les siècles ont cherché à sauvegarder et préserver durablement ses ressources naturelles, dont l’or bleu. Pour des raisons de survie :  des animaux à abreuver, des terres arides à arroser et de ses résidents, bien sûr. Les parts d’eau attribuées à chaque famille étaient savamment diligentées, ce en puisant l’eau au fond des vallées, puis en la canalisant dans leurs bisses (nom provenant de l’ancien français désignant un canal de faible pente à ciel ouvert) pour enfin la destiner vers les villageois. C’est ce que nous raconte le merveilleux Musée valaisan des bisses à Ayent, dirigé par l’ethnobiologiste Gaëtan Morard, à découvrir impérieusement, à l’instar des trajets pédestres balisés alentours. En alliant les connaissances en sciences de la vie et humaines, l’épopée est retracée dans tous ses ressorts en remontant le cours des travaux herculéens jusqu’à l’ère romaine ; des objets à caractère fortement symbolique s’exposent à côté de livres aux titres évocateurs, véritables sources d’informations.

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    Le bisse d’Ayent prend son origine dans la rivière de la Lienne s’écoulant sous le mur du magistral barrage de Tseuzier en irriguant les prés et les vignes pour se terminer à l’étang de Revouire. Le vertigineux passage sur les vestiges (boutsets) accrochés à la paroi à Torrent-Croix rejoint par un tunnel a été immortalisé sur le nouveau billet, qui sera mis en circulation le 12 septembre 2019, suite à la conférence de la BNS le 3. La balade à flanc de montagne nourrit assurément l’un des souvenirs impérissables des plus beaux panoramas suisses.

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    La possibilité de prendre le car postal à peu près de n’importe où l’on échoit est un atout touristique indéniable. À deux enjambées de là, un détour au village de villégiature d’Anzère vaut amplement la 69454049_10214911451999700_3562522458311360512_n.jpgpeine, en toutes saisons. Outre les sports d’hiver, la station offre des opportunités de bien-être au SPA composé de deux agréables piscines chauffées interne et externe, surplombé d’un toit de verdures, renfermant une salle de fitness, un jacuzzi et un sauna. De là, un tour au bar à vins central Aymon (où à partir du jeudi soir, l’on peut s’époumoner au karaoké) s’impose. Avec sa vue plongeante sur les Alpes valaisannes, le très bel Hôtel de La Poste à l’architecture de chalet saura agrémenter vos soirées avec une riche carte dont la raclette au feu de bois ainsi que vos nuits avec sa literie caractéristique.

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  • Ces lieux qui jouissent de leur nom loufoque

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    « Aujourd’hui, pour la première fois, je suis heureux de vous montrer Montcuq à la télévision… »Ce sketch du tant regretté humoriste Daniel Prévost dans l’émission Le Petit Rapporteur, 35 ans après, reste dans les mémoires. Du rire jaune des habitants de ce mignon village du Lot à l’époque à la curiosité (un peu malsaine) suscitée ensuite, il n’y a eu qu’un pas. En profitant d’un nom pour se faire un nom, le renversement de la honte à la fierté effectuée en un clin d’œil, ces communes portant un patronyme burlesque ont su tirer profit et développer un attrait touristique certain.

    En France, on recense une quarantaine de hameaux affublés de noms bizarroïdes et drôles : Vinsobres, Anus, Vatan, Corps-Nuds, Bezons, Sainte-Verge, Arnac-la-Poste, Bellebrune, Monteton, Andouillé, Marans, Bouc Etourdi, Minjocèbos (mange-oignon en occitan) …

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    Leur point commun toponymique demeure l’atypicité, la drôlerie sans grossièreté évoquant un côté folklorique de par leur musicalité. Une opportunité réussie pour se faire connaître avec reconnaissance.

    Qu’en est-il des noms franchement saugrenus en Suisse ? Comme attendu, elle ne reste pas en rade en la matière. Sex Rouge au-dessus des Diablerets, Chaudière d’Enfer, Gland, Pissevache, Fin du monde, Evêque, Cul du Chien et Bout-du-Monde à Genève, Scex en Valais, les Dents ou les Têtes ou encore les Pieds ne manquent pas à l’appel. La sémantique a ses raisons que la raison ne connaît pas (forcément) !

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  • Un festival en plein air au coeur de la chaîne volcanique d'Auvergne

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    ART’AIR, UN FESTIVAL HORS DES SENTIERS BATTUS

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    Le CLASSEMENT AU PATRIMOINE MONDIAL DE L’UNESCO DE LA CHAÎNE DES  PUYS-FAILLE DE LIMAGNE, en Auvergne, l’été dernier, fait des émules. Les activités en plein air se diversifient et se multiplient à l’envi. Ce beau site naturel qui mérite d’être parcouru de long en large répond de plain pied à la promesse à « renaître ici » par un voyage onirique et sensoriel sans fausse note en immersion totale dans un legs naturel singulier.

    Sport et culture font bon ménage, la gastronomie s’invite dans des lieux idylliques … Le Festival ART’AIR, qui 20180729_153307.jpgse tient en sa 9e édition du 29 août au 1er septembre 2019 à Royat (Puy-de-Dôme), constitue une piste incontournable pour découvrir ses atouts. La rentrée rime avec prolongement de la saison estivale.

    Au cœur du parc thermal de Royat, le festival attire chaque année grâce au concept unique de l’association ART’AIR plusieurs milliers d’amoureux de randonnées, passionnés de patrimoine, amateurs de grands espaces et d’art culinaire à base de produits frais, issus de la filière de proximité et de partenaires reconnus dans le milieu de la gastronomie locale.

    A travers un concept unique, ART’AIR propose une nouvelle formule de valorisation touristique mixant contenu sportif, animations culturelles et découvertes du patrimoine local.

    En atteste le programme proposé autour de quatre randonnées pédestres : balade urbaine à travers la Métropole, randonnées de 20 kilomètres au cœur du parc de la Chaîne des Puys-Faille de Limagne et en guise de nouveauté cette année, une déambulation à la nuit tombée depuis un point de  rendez-vous jusqu’à un lieu tenu secret pour un concert imprévu !

     

    JEUDI 29 AOÛT 8h30 : Rando Volvic > Ceyssat / 20,2km / D+ : 943m / D- : 625m Départ du bas du Parc Thermal de Royat / Transfert par navette vers Volvic 9h30 : Rando Col de la Nugère > Ceyssat / 16,6km / D+ : 683m /  D- : 483m Départ du bas du Parc Thermal de Royat / Transfert par navette vers Col de la Nugère Déjeuner pause gastronomique et concert de Michael Wookey - Puy des Gouttes 20h : Concert (en cours de programmation) dans un lieu tenu secret (environ 30 min. de marche pour accéder au concert)

    VENDREDI 30 AOÛT 8h30 : Rando Col de Ceyssat > La Garandie / 20,2km / D+ : 653m / D- : 695m Départ du bas du Parc Thermal de Royat / Transfert par navette vers Col de Ceyssat 9h30 : Rando Laschamp > La Garandie / 17km / D+ : 622m / D- : 566m Départ du bas du Parc Thermal de Royat / Transfert par navette vers Laschamp Déjeuner pause gastronomique et spectacle de Ludor Citrik - Puy de la Vache Parc Thermal de Royat : 19h : Apéro Mix & Snack sur place 20h : Concert gratuit de Thé Vanille 21h30 : Concert gratuit de Namdose

    SAMEDI 31 AOÛT 8h30 : Rando Aydat > Chanonat / 20,8km / D+ : 535 m / D- : 869 m Départ du bas du Parc Thermal de Royat / Transfert par navette vers Aydat 9h30 : Rando Fohet > Chanonat / 16,4km / D+ : 364 m / D- : 770 m Départ du bas du Parc Thermal de Royat / Transfert par navette vers Fohet Déjeuner pause gastronomique et spectacle de la Compagnie du désordre - Randol Parc Thermal de Royat : 19h : Apéro Mix & Snack sur place 20h : Concert gratuit de Humanophones 21h30 : Concert gratuit de Djé Baléti

    DIMANCHE 1ER SEPTEMBRE 8h30 : Rando Opme > Royat / 19,1km / D+ : 595 m / D- : 701 m Départ du bas du Parc Thermal de Royat / Transfert par navette vers Opme 9h30 : Rando Gorges de Ceyrat > Royat / 14,2km / D+ : 458 m /  D- : 590 m Départ du bas du Parc Thermal de Royat / Transfert par navette vers Gorges de Ceyrat Déjeuner pause gastronomique - Chatrat 14h-15h30 : Rallye urbain dans Royat (jeu de piste dans la ville de Royat pour toute la famille. Des énigmes, une déambulation…) 15h30 : spectacle de la Compagnie SoON - Royat

    CONTACTS

    Art’Air Festival Association Terre ou Art, Clermont-Ferrand 07 82 41 09 81 contact@art-air.org www.art-air.org

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  • Le Swiss Vapeur Parc frappe fort pour ses 30 ans

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    L’univers du train n’en finit pas de fasciner. Des trains miniatures vous attendent au Bouveret qui vous transportent sur plus de 2km de circuit, immergés dans un paysage enchanteur comme si on s’y croyait.

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    Le Swiss Vapeur Parc, ouvert de mars jusqu’au 3 novembre de 10 h à 18 h, est un petit bijou de technologie et d’esthétique. Dans la droite ligne des politiques de transfert modal, ce joli enclos naturel est joignable en voiture depuis la Suisse sur l’Autoroute A9 ou de France sur la RN 5 en direction d’Evian avant de bifurquer en terre helvétique, en train depuis St-Maurice et en bateau CGN au départ de Lausanne, Vevey, Montreux, Villeneuve en destination de St-Gingolph.

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    En cette année anniversaire – le 30e – on pourra essayer la réplique du Léman Express bien avant l’inauguration prévue en décembre. Ce décor magique est dû certes aux belles mécaniques, aux ponts et tunnels reliant quatre gares presqu’à l’identique mais c’est sans compter les 135 arbres et plantes répertoriées formant un écrin de nature.

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    L’expérience vaut le détour. Au fil des saisons, le jardin ferroviaire égrène des événements ponctuels. Cet été, le public aura le plaisir de participer au Western Vapeur Parc du 6 au 28 juillet sans oublier la nocturne du 31 courant. Des loisirs inoubliables où la fiction rejoint le réel et le dépasse!

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  • Quelle horreur, l'écriture inclusive !

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    L’horreur de la langue inclusive

     

    Le traumatisme du socio-constructivisme n’a pas dit son dernier mot. On croyait savoir enfin comment se comporter langagièrement parlant mais … que nenni ! Les différentes modes pédagogiques (pedagogo, comme disent certains) se suivent, plus ridicules et bêtifiantes les unes que les autres et voilà qu’une nouvelle manière d’écrire est en train de se répandre insidieusement, sans crier gare. « L’écriture inclusive » entre dans la danse. L’interrogation de la féminisation des mots, des titres et des fonctions a été certes malmenée car initiées par des instances publiques sans consultation des organes de promotion de la langue française faisant comme si les problèmes d’égalité de traitement des genres allaient être résolues par un coup de baguette magique grâce à des signes scripturaux visibles et soi-disant lisibles. Or, force est de constater que le politiquement correct continue sur sa lancée et qu’il n’est pas près de s’ingénier à rejoindre une sémantique plus intelligible.

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    Comment fonctionne l'écriture inclusive ?

    « Les infirmier.èr.s. reçoivent leurs nouveaux.elles patient.e.s » (point médian, pour mettre le féminin à égalité avec le masculin).

    « Le Centaure et la Pythie sont fabuleuses » (accord de proximité remplaçant la règle grammaticale du masculin qui l’emporte sur le féminin par un mécanisme pavlovien en réation à la règle inverse qu’on retrouve par exemple « s’il y a une femme et cinq chats, on accorde au masculin » car celui-ci l’emporte grammaticalement).

    « L’actrice Sophie Trucmuche  a promu les  journées du Matrimoine » (féminisation des métiers et des concepts).

    « Les décorateurs et la décoratrice sont satisfaits » (le verbe s’accorde avec le sujet le plus proche mais également avec le plus grand nombre).

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    Franchement, en tant que femme – que dis-je ? … en tant que représentante cis-genre - , je concède ne pas bien comprendre en quoi ce style défend la cause des femmes, comme l’affirment certaines féministes qui le défendent. En revanche, ce qu’on observe, c’est que ces règles étranges sont étrangères à la promotion de notre belle et grande langue, en somme, une véritable arme de destruction massive.

    On imagine en filigrane le casse-tête chinois pour les enseignants, la rédaction des manuels scolaires, les correcteurs, les journalistes, les rédacteurs de discours et les dégâts incommensurables sur les enfants, qui peinent à apprendre à lire et écrire avec l’orthographe habituelle et des règles grammaticales constituées au point de devenir des parasites assez aisément, abandonnés sur le bord du chemin. Sans parler du fossé générationnel au sein d’une même famille, à l’instar d’autres leviers instaurés ces cinquante dernières années activés par l’état, par l’école, jetant l’opprobre sur ses membres, qui finissent par ne plus se comprendre du tout. Le malaise dans les meilleurs professionnels, chez les recruteurs et les candidats à un poste, sera aussi prévisible.

    Il est impératif d’arrêter ce massacre programmé de notre langue, instrument issu de notre patrimoine culturel, notre ciment principal pour la cohésion sociale afin que les dirigeants politiques ne s’approprient de ce genre de niaiseries pour l’imposer à tous les maillons de la logistique quand bien même cette écriture volontairement moche et fortement estropiée s’insinue illicitement déjà dans les métiers d’expression.

     

     

    Micheline PACE

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  • Une tapisserie à Aubusson dévoile un paysage suisse

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    Le temps des vacances avance à grands pas et la destination est à creuser sérieusement pour le bien-être, le patrimoine culturel, et l’art culinaire. La quintessence de ces lieux pittoresques retranscrite par l’écrivain Pierre Michon, auteur de Vies minuscules se vit à chaque minute.

    Aubusson (4).pngAubusson, nichée dans cette contrée fantasmagorique, rime avec ces qualités. 10 ans que la Cité internationale de la tapisserie jouit de la prestigieuse reconnaissance de l’UNESCO pour son patrimoine culturel immatériel de l’Humanité amplement méritée ! Un joyau de savoir-faire incontournable dont l’essor économique n’a cessé de suivre une courbe ascendante depuis presque 5 siècles comme l’atteste la 5e tombée de métier  de la tenture Tolkien (sur 13) en présence, des édiles régionales et - en tout bien tout honneur - de l’ambassadeur du Royaume-Uni en France, Lord Llewellyn, qui s’est évertué à couper les premiers fils. Car le point de départ de la tenture Tolkien rassemble les aquarelles et dessins originaux du célèbre auteur de langue anglophone, préservés à la Bodleian Library d’Oxford. À cela s’ajoute un fait unique : le dessein de tisser des œuvres graphiques de J.R.R. Tolkien bénéficie d’une iconographie elle-même produite par les récits littéraires accouchant de tentures narratives.

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    La réputation de la Creuse en « terre du Milieu » s’en trouve renforcée par le haut taux de fréquentation de cet établissement inédit de renommée mondiale et des programmes de formation ou d’apprentissage des jeunes générations. Historiquement, la manufacture des Gobelins à Paris servait plutôt la royauté alors qu’Aubusson était surtout liée aux commandes privées inspirées grandement de la tradition des Flandres.

    Le déroulement de la tapisserie de 10 mètres carrés, Rivendell, constitue un moment d’émotion et de fierté pour la famille Tolkien, représentée pour l’occasion essentiellement par la belle-fille de l’écrivain, visiblement touchée par les résultats de l’aventure. Quand on imagine les 2000 heures de travail pour la première ligne tissée en en janvier 2018, on comprend facilement combien est minutieux et laborieux chaque motif des ces belles tapisseries qu’on observe à différents endroits.

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  • Rêveries impressionnistes dans le sillon de la Creuse

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    La Creuse, la belle inconnue

    Une terre d’itinérance à la lisère entre langue d’Oc et langue d’Oïl au cœur d’une nature sauvage s’ouvre au fil de rivières torrentueuses et d’éboulis rocheux : la Vallée des peintres. Formidable écrin pour les peintres impressionnistes qui s’y sont succédé suite à une injonction de George Sand, véritable ambassadrice des lieux, qui s’y rendait en villégiature, jusqu’à sa résidence secondaire de Gargilesse, emmenant Chopin dans son sillage, notamment en face de la forteresse de Crozant,

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    place forte de la France médiévale, hissée sur un promontoire rocheux. Qualifiée de petite Suisse berrichonne par l’écrivaine, le territoire de la Creuse a connu un destin en demi-teinte jusqu’à être ressuscitée aujourd’hui après un long oubli. Du fleuve éponyme, elle dira : « La Creuse est peut-être la plus belle rivière au monde (..) Elle dessine de grandes courbes immobiles et transparentes dans de hautes coupures taillées en amphithéâtre (…) ». Ce décor romantique autant que bucolique offre un point de vue insolite sur le rocher de la Fileuse qu’on imagine aisément séduire les amoureux du pinceau.

    En plein milieu de l’hexagone, cette zone de contact entre le bassin parisien et le massif central, résultante de chocs et fractures causés par d’impérieux mouvements tectoniques apparaît telle « une miniature fidèle du paysagisme moderne », selon la formule consacrée de l’historien de l’art, Christophe Rameix.

    Région idéale pour peindre sur le motif grâce aux nuances variées de ses coteaux et de ses fameuses bruyères roses, ses fonds rapprochés et ses vallées ni trop hautes ni trop larges, elle s’est enrichie de sentiers

    62EB11CF-8A4E-43CF-817E-DDE785C3A3D6.jpegd’interprétations qui vous refont revivre les visions illustrées dans les tableaux des Impressionnistes.

    Deux axes se dessinent : Crozant pour Guillaumin et Picabia, Fresselines pour Monet, dont on commémore les 130 ans de sa disparition en cette année 2019.  N’ayant rien perdu de son mystère ni de son charme, peuplée encore par le fantôme de la dame de Nohant, elle abrite l’école de Crozant, désormais aussi importante que celle de Pont-Aven ou de Barbizon, magnifiquement mise en exergue par le Centre d’art Monet-Rollinat ouvert en 2018. « Toujours même temps sombre et pluvieux ! », s’exclamait Monet en avril 1889 ; c’est pourtant ce climat-là qui lui fit produire sa première série de dix toiles dont la vivacité des couleurs est saisissante.

    Si les artistes pleinairistes ont trouvé leur bonheur dans ce site époustouflant, qui se prête naturellement et logiquement à la contemplation par « la tranquillité d’une rue de village, à un bord de rivière, à quelques arbres dans un verger »,

    F8E8B8ED-9FDD-4C48-B57F-0D777CF01B5E.jpegselon Christophe Rameix, c’est aussi parce qu’il recèle une biodiversité inédite valorisée et protégée par des labels officiels : couverts forestiers rassemblant hêtres à houx, tilleuls et érables ; il abrite ainsi une faune riche en espèces (loutre, moule perlière d’eau douce, chauve-souris et une petite libellule appelée Aprion de Mereuse). De ces terres difficilement cultivables mais très agréables à serpenter de nos jours, fleurissent des pâturages communs pour des troupeaux d’animaux dont on peut admirer entre autres les belles rousses (vaches limousines au pelage flamboyant réputées en gastronomie).

    Sur leurs traces, on refait le voyage pictural en reconnaissance des endroits où ils ont posé leur chevalet. En témoigne à la confluence des rivières La Sédelle et La Creuse, l’atmosphère perçue par le grand maître des Eaux semblantes, du Ravin de la Creuse ciel gris ou au déclin du jour, un peu plus loin, Le pont de Vervy et son illustre moulin ... bien que ce paysage rude n'existe plus en tant que tel, laissant la place à une végétation luxuriante. Car « l’art véritable n’a que faire des proclamations et s’accomplit dans le silence », selon les propres termes de Proust, admirateur sans bornes de Monet.

     

    0D146FEA-B26E-44B5-98EF-9627C16F7DDE.jpegL’Auberge de la Vallée

    Mais avant de quitter le Crozant, il faut impérativement faire une halte gastronomique à l’Auberge de la Vallée, sur ce chemin de St-Jacques de Compostèle ; la maison de caractère avec ses trois salles aux couleurs chatoyantes dirigée d’une main de maître par le chef Sébastien Proux, qui a aimé travailler en Suisse également, incarne une cuisine locale de renom privilégiant les produits du terroir comme par exemple l’autruche de Sagnat, le bœuf du limousin, les brasseurs du coin, le safran de St-Blaise apprêtés en menu au nom évocateur Promenade.

     

     

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    Le Centre d’art, espace Monet-Rollinat, 

    dirigé par Pierre Veysseix, est un nouveau musée interactif fort intéressant (2, allée Fernand-Maillaud, 23 Fresselines. Tlj 14h-18h jusqu’au 30 juin et en oct. ; 10h30-12h30 et 13h30-19h de juillet à août). On y découvre parallèlement une pépinière de travaux des protagonistes contemporains férus d’arts plastiques, sonores, graphiques, musicaux ainsi qu’une boutique beaux-arts et une librairie point info.

     

     

     

     

    FF844185-B4D9-4540-8C7F-5F983B6455E5.jpegHôtel Lépinat - centre d'interprétation du patrimoine

    Cette ancienne auberge où séjournaient les peintres est transformée en centre d’études sur l’école de Crozant (Tlj 14h-18h jusqu’au 30 juin, en sept. et oct. ; 10h30-12h et 14h30-18h30 en juil. et août.)

    À voir l'exposition « De vous à moi, Monsieur Monet », du 15 juin au 22 septembre, à la Station des Artistes / Conférence par le peintre Dominique Mantel « 1889 : Monet à Fresselines » organisée par L’œil et la Main le samedi 27 juillet à 15h30 à la Salle Polyvalente.

     

     

    Étape gourmande


    L'Hôtel-Restaurant Nougier, à Fursac (2 place de l’Eglise) constitue assurément l'hébergement de rêve attendu. Les chambres avec cachet attenantes à l’une des meilleures tables de la région en face du fleuve sont très confortables et paisibles. Bib gourmand au Guide Michelin élu « Table distinguée » perpétré sur 3 générations dans une élégante maison rénovée, accostée d’un joli jardin fleuri avec piscine ! La cuisine méridionale est à l’honneur comme le prouvent les recettes à base de légumes (herbes et épices équilibrant les plats et les saveurs), le tout présenté dans des assiettes en porcelaine de Limoges, ce pour magnifier le terroir creusois. L’atmosphère raffinée et conviviale garantie !

    La Creuse, cette belle inconnue, est à visiter à pied ou à vélo. Elle se décline en heures plutôt qu'en kilomètres au point de vous transporter dans un autre temps.

    Aller en Creuse

    En train : De Paris Gare d’Austerlitz à La Souterraine / 2h45. En voiture : 3h de Paris, 5h de Genève.

     

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  • Table ronde 14 mai avec Piccard, Ziegler, Rabhi

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    Dans des temps reculés, l’Occident expliquait le monde en termes religieux d’où découlait un principe de droit divin régissant les sociétés. L’ordre politique se calquait sur ce modèle; l’obéissance civile et le roi tout-puissant, la nation et l’individu constituaient l’imaginaire collectif. Avec la révolution industrielle, le capitalisme s’affranchit du pouvoir politique stricto sensu pour créer un cadre référentiel inédit jusque là où l'individu s’enorgueillit de ses talents, se considérant seul responsables à sa réussite, en faisant fi des inégalités sociales engendrées par des mécanismes inévitables de la prédation; les classes sociales se vouent une guerre sans trouver aucun modus vivendi mais où chacun croit à la participation sociale par le droit de vote. Actuellement, la globalisation a fait volé en éclats ces anciens paradigmes sociaux pour finalement ériger l’individu, nu et seul, en un maillon de la chaîne logistique qui lui échappe tout en s’efforçant d’être le maître de sa vie : ses choix ne sont les siens mais pour ne pas être déclassé, il se sacrifie pour les réaliser, l’hypersexualité devient le principal de ses soucis (le corps-machine passe du statut d'objet à celui de sujet), le paraître et l’avoir cachent mal les désordres qui déchirent la société au point de porter le poids de responsabilités auxquelles il n’a pas été associé. Abandonnant le paradigme socio-économique pur et dur, notre ère se trouve marquée par un besoin d’un nouveau d’un autre type : il sera d’ordre culturel. En témoignent les questions qui préoccupent les citoyens : quelle place a l’homme dans l’univers ? la femme est-elle l’égale de l’homme en droit ? les peuples autochtones ont-ils une identité et le droit d’exister ? les religions relient-elles comme leur étymologie l'indique ou incarnent-elles le mal absolu qui justifient les pires exactions des droits humains ? l’intelligence suffit-elle à résoudre les problèmes ? comment créer du lien ? Le désenchantement du monde s’accompagne désormais d’une décomposition de la société gouvernée jusque là par des caractéristiques martiales. Peut-être que cet ordre fera-t-il place à un nouveau modèle gouverné par un paradigme encore difficile à définir basé sur des valeurs concrètes dont désormais le renversement a fait ses preuves jusqu’à l’absurde?!

    C'est à cette problématique fondamentale à laquelle vous invite l'UNESU ONG ECOSOC en participant à l'événement exceptionnel organisé à l'ONU-Genève le 14 mai prochain :



              Une Table Ronde avec la participation de Bertrand Piccard, Pierre Rabhi, Jean Ziegler orchestrée par Christian Degiorgi.

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    - En ouverture, une allocution d'introduction de Mme Adèle Thorens Goumaz, Conseillère nationale.

    - Une préface enregistrée de Yann Arthus Bertrand lancera le débat.

    - Un intermède musical offert par le duo Calderòn agrémentera cet échange durant la pause.

    Ouvert au public sous condition d'inscription GRATUITE obligatoire :

    https://reg.unog.ch/event/28357/

     

    Au plaisir de vous y rencontrer !

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  • Florence brille de tous ses feux pour le 500e anniversaire de la mort de Léonard de Vinci

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    La Foire Mida 2019

    La 83e Foire Internationale de l’Artisanat de Florence a fait la part belle en tout bien tout honneur au génie universel de Léonard de Vinci dont nous commémorons partout le demi-millénaire de sa disparition. En tant que berceau de la Renaissance, la Toscane s’est drapée des principes mis en exergue pour la fondation de la dignité humaine selon le maître à penser : l’intellect (sous toutes ses formes). Allier la recherche scientifique et la quête artistique pour expliquer le monde autant que pour agir sur lui fut son œuvre tout au long de sa vie au point de valoriser le pouvoir démiurgique de l’homme dans toutes ses créations, tel un architecte du divin selon les canons platoniciens de l’harmonie. L’inventeur des machines vouées à la production qui prévalent jusqu’à nos jours a légué son savoir autant que son savoir-faire à la base de révolutions mentales autant qu’économiques que tout visiteur sera heureux de redécouvrir au cours de cette année légendaire. 

     

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  • Evian ressuscite les derniers impressionnistes

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    Le flamboyant Palais Lumière d’Evian fait la part belle aux peintres du courant intimiste de la Belle Epoque. L’exposition Les Derniers impressionnistes à voir absolument jusqu’au 2 juin 2019 consacrée à la Société nouvelle de peintres et de sculpteurs recouvre l’une des périodes, à cheval sur deux siècles, les plus riches de l’art Européen, dramatiquement rétrogradés après la deuxième guerre mondiale au profit des avant-gardistes considérés comme modernes.

    Y sont présentés comme jamais les œuvres d’Edmond Aman-Jean, Albert Baertsoen, Albert Besnard, Jacques-Emile Blanche, Eugène Carrière, Emile Claus, Charles Cottet, André Dauchez, Georges Desvallières, Henri Duhem, Antonio de La Gandara, Gaston La Touche, Ernest Laurent, Henri Le Sidaner, Henri Martin, René Ménard, René-Xavier Prinet, Jean-François Raffaelli, John Singer Sargent, Lucien Simon, Frits Thaulow et Eugène Vail. Le rituel annuel de réunir ces artistes au printemps à Paris – d’abord sous la présidence de l’écrivain Gabriel Mourey, puis sous celle d’Auguste Rodin – ces peintres et sculpteurs a joué un rôle incontestable dans les processus de reconnaissance publique pour le plus grand bonheur des historiens de l’art, des galeristes, des conservateurs de musée, des amateurs d’art et des visiteurs. Quel est le dénominateur commun entre tous ? D’abord, le goût de l’intimité – découlant en partie d’une littérature mettant en lumière des portraits – et un ravissement devant le spectacle de la nature – propre au romantisme – détachée de son instrumentalisation et aimée pour elle-même.

    De 1895 à 1939, ils ont su s’imposer sur la scène internationale en leur qualité de derniers impressionnistes bien que chacun d’eux nourrissait un style propre totalement identifiable; c’est cette appellation qui perdure jusqu’à nos jours !

    Cette vision sentimentale des objets et des êtres se traduit par l’aspect tragique ou mystérieux dans toutes ces représentations, rendant une profondeur immatérielle que peut-être peu de mots seraient capables de retranscrire. Leur devise touche une perception plongeante de l'espace : montrer ce que l'on ne voit pas en peignant ce que l'on perçoit et non ce que l'on croit savoir du sujet.

    Pendant un demi-siècle, les artistes de la Société nouvelle façonneront une nouvelle conception du monde parallèlement à la naissance de nouvelles disciplines ayant pour dessein de décrire la nature humaine en interaction (le psychanalyste Sigmund Freud naît en 1899 et le philosophe phénoménologue Edmund Husserl meurt en 1939).

    La quête d'une vérité authentifiée des êtres au-delà des formes apparentes s’exprime de fait aussi bien dans les portraits que dans les paysages dessinés : en attestent par exemple les jardins nus ou les tables bien garnies sans âme qui vive de Henri Le Sidaner ou encore les scènes peuplées de René-Xavier Prinet à la recherche d’un temps perdu. Les traits psychologiques se lisent sur les visages autant que la solitude se dégage des décors naturels. Si le paysage comme état d’âme caractérise le plus fortement les derniers impressionnistes grâce au respect de la prédominance du dessin et des valeurs sur la couleur, ceux-ci prirent une place de premier plan dans le concert artistique mondial par leur génie de l’intrusion psychologique (mieux que leurs prédécesseurs) permettant de relever une ambiance singulière auréolée d’énigmatiques ressentis irréductibles.

    Derniers impressionnistes – Le temps de l’intimité  à voir jusqu’au 2 juin 2019
    Palais Lumière // Quai Charles-Albert Besson, 74500 Evian

    www.palaislumiere.fr
      Lundi et mardi de 14h à 18h / du mercredi au dimanche de 10h à 18h

      Charles Cottet-La Pointe du Toulinguet à Camaret.jpgFemmes de Plougastel-Charles Cottet (1863-1925).jpg

     

     

     

     

     

     

     

    René-Xavier PRINET(1861-1946)-Au bord de la Manche.jpgAndré Dauchez-Les Brûleurs de goémon (1931).jpg

     

     

     

     

     

     

     

     

     

    1. Charles Cottet (1863-1925) - La Pointe du Toulinguet à Camaret

    2. Charles Cottet (1863-1925) - Les Femmes de Plougastel

    3. René-Xavier Prinet (1861-1946) - Au bord de la Manche

    4. André Dauchez (1870-1948) - Les Brûleurs de goémon

     

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